Le rôle des abeilles dans notre écosystème

Discussion dans 'Bibliothèque Wladbladi' créé par titegazelle, 11 Avril 2012.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Quel rôle jouent les abeilles dans notre écosystème ?


    Pourquoi de plus en plus d’abeilles meurent-elles ?
    Depuis plusieurs années, les apiculteurs font face à un phénomène inquiétant :
    la mort de certaines de leurs abeilles, voire d’essaim tout entier.
    Les causes sont malheureusement nombreuses,
    donc plus difficiles à combattre puisque chacune se traite de manière différente.




    Les causes naturelles

    Le frelon asiatique
    Appelé aussi Vespa Velutina, ce frelon, qui vit normalement en Inde, en Chine ou en Indonésie, aurait débarqué en France par un arrivage de poteries chinoises dans le Lot-et-Garonne en 2004. L’espèce, qui s’est depuis adaptée aux conditions climatiques, n’a cessé de se développer.
    Cette prolifération n’est pas de bon augure pour les abeilles, qui sont les malheureuses victimes de ces frelons dévastateurs. Ceux-ci tuent les abeilles - qui contrairement aux abeilles asiatiques n’ont pas de quoi se défendre - afin de nourrir leurs larves. Les frelons sont capables d’en tuer deux toutes les trois secondes. Cinq frelons suffisent à condamner une ruche.

    Le Varroa destructor
    Également venu d’Asie, cet acarien a envahi l’Europe à partir des années 50. Pouvant être considérés comme des parasites, ces Varroas destructor vivent aux dépens des abeilles.
    Les jeunes Varroas se nourrissent des larves, ce qui entraîne des malformations et a donc un impact sur la ruche entière. Les femelles adultes, quant à elles, sucent le sang des abeilles. Si la prolifération de l’acarien est grande au sein d’une même ruche, la colonie se voit rapidement dépeuplée.

    Le Nosema ceranae
    Encore un parasite venu d’Asie ! Le nosema, lui, attaque ses victimes de l’intérieur lorsqu’elles sont déjà affaiblies. Une fois ingéré par une abeille, il entre dans l’intestin et s’y reproduit jusqu’à détruire presque entièrement la paroi intestinale de l’insecte. Cette pathologie provoque des carences chez l’abeille qui va chercher à se nourrir davantage, puisant ainsi dans les réserves destinées au reste de la ruche. L’abeille contaminée, à cause de sa faiblesse, va donc attraper plus de bactéries et mourir.
    Si la reine est touchée, elle peut devenir stérile ou pondre des œufs de mauvaise qualité, ce qui peut signer la fin d’une colonie.


    Les causes « humaines »

    Les insecticides
    Les abeilles qui butinent les champs sont clairement affectées par les pesticides utilisés en enrobage des semences. Certains pesticides développent chez les abeilles exposées des modifications au niveau des enzymes de leur cerveau. Ces changements ne les font pas nécessairement mourir mais il leur est plus difficile de voler, s’orienter ou communiquer entre elles. Des conséquences qui, à terme, portent atteinte à la vie d’une ruche.

    La surexploitation
    Comme stipulé précédemment, le Nosema ceranae s’attaque aux abeilles déjà affaiblies. Et l’une des causes d’affaiblissement des butineuses est l’homme ! A force d’exploiter les pollinisatrices, puisqu’elles produisent du miel pour elles mais aussi pour nous, elles sont fatiguées. Et comme chacun sait, un être épuisé est plus vulnérable, c’est là que les Nosema entrent en jeu. Profitant de la faiblesse des abeilles, elles prolifèrent comme expliqué ci-dessus. Des traitements existent pour combattre ces parasites, mais il fatigue également beaucoup les abeilles… c’est un cercle vicieux !

    La déforestation
    En détruisant des hectares de végétation, l’Homme prive les abeilles d’une grande source de nourriture. Et une fois de plus, s’il y a moins d’abeilles, il y a moins de pollinisation et donc moins d’arbre ou de nourriture, etc, etc.

    La spécialisation agricole
    Les abeilles ont besoin d’une alimentation variée, ce que l’agriculture moderne ne privilégie pas. L’Homme produisant en un même lieu des hectares entiers d’une même variété, l’alimentation des butineuses est donc toujours la même, ce qui ne favorise en rien leur bien-être.

    Le réchauffement climatique
    L’homme est à l’origine de l’effet de serre, qui crée des hivers plus doux ou au contraire plus rigoureux. Durant les doux, les abeilles, qui pensent trouver des fleurs à butiner qu’elles ne rencontreront évidemment pas, font des allers-retours inutiles qui les épuisent. A l’inverse, pendant les hivers rudes, les abeilles ne peuvent pas sortir de leur ruche. Ainsi confinées, la prolifération de maladie s’accroît.







    Disparition des abeilles :
    deux insecticides sur le banc des accusés


    Deux études parues fin mars révèlent la responsabilité de deux insecticides sur l’inquiétante disparition des abeilles.

    L'effet de certains produits phytosanitaires sur les insectes pollinisateurs commence à se préciser.

    Les insecticides sont depuis de nombreuses années au centre du débat sur la disparition des abeilles. Des accusations justifiées mais toujours un peu vagues, qui ont fini par s’éclaircir la semaine passée. Vendredi 30 mars, la revue américaine Science pointait du doigt deux insecticides de la famille des néonicotinoïdes, des produits agissant sur le système nerveux des insectes. La molécule commune à ces insecticides aurait des effets néfastes sur le développement et le comportement des abeilles domestiques.

    Moins de reines des abeilles
    Contrairement aux études réalisées jusqu’alors, les deux récemment présentées ont été réalisées dans des conditions naturelles et non en laboratoire. Pendant six semaines, sur un terrain clos, une colonie de bourdons terrestres a été exposée à de faibles doses d’imidaclopride – matière active de l’insecticide Gaucho. Les insectes sont souvent exposés à cette molécule dans la nature.
    Ce groupe a été comparé à des colonies témoins et le verdict est sans appel. Les bourdons ayant ingéré une dose, même faible, d’imidaclopride, ont pris moins 8 à 12 % de poids en moins que les autres. Surtout, on déplore 85 % de reines en moins chez les « intoxiqués » ! Or, nous savons la reine est la principale fécondatrice d’un groupe donné.
    Réalisée sous la direction de Penelop Whitehorn et Dave Goulson de l’université de Stirling au Royaume-Uni, cette étude pourrait expliquer le déclin de l’espèce observé depuis plusieurs années. David Goulson explique même que certaines espèces de bourdons énormément répandues en Amérique du Nord « ont plus ou moins disparu » et « trois espèces sont désormais éteintes » au Royaume-Uni.

    Des abeilles complètement perdues
    La seconde étude, effectuée en France, est d’autant plus surprenante. Mickaël Henry, chercheur à l’Institut National de la Recherche Agronomique, et Axel Decourtye de l’Association de Coordination Technique Agricole, ont équipé 650 abeilles d’une puce RFID. Après que la moitié des butineuses aient reçu une dose létale de thiamethoxam, composant de l’insecticide Cruiser, les 650 pollinisatrices ont été lâchées à 1 kilomètre de leur ruche. Grâce à la puce électronique, les chercheurs ont pu suivre le parcours des abeilles, et là aussi constater une nette différence entre celles exposées à l’insecticide et les autres. Les abeilles exposées avaient deux à trois fois plus de chances de mourir, n’ayant pas retrouvé leur chemin à temps.
    La firme Syngenta, productrice du Cruiser, a tout de suite riposté. Pour elle, l’étude menée est très éloignée de la réalité, puisque les doses de thiamethoxam injectées aux abeilles seraient au moins trente fois plus élevées que celles reçues dans la nature.
    Cette étude a tout de même alerté le ministère de l’Agriculture, qui envisage de retirer le pesticide Cruiser du marché, si l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire donnait elle aussi un avis négatif d’ici fin mai.


    Source : http://www.reponseatout.com/pratiqu...-insecticides-sur-le-banc-des-accuses-a106702
     

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