Le Rap Marocain Encore A L’honneur Sur TelQuel.

Discussion dans 'Discussion générale' créé par YSF, 4 Février 2006.

  1. YSF

    YSF Khasser

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    La planète rap est en pleine effervescence. Collaboration entre rappeurs reconnus, agitation sur le Net, préparation de la relève, le mouvement semble se défaire peu à peu des maux qui ont plombé son émergence au Maroc: petites guerres stériles, conflits d'ego, absence de production et de médiatisation. L'union fait la force. Le rap marocain a longtemps souffert de querelles de clocher entre rappeurs partisans d'un rap underground très critique de la réalité marocaine et amateurs d'un rap plus édulcoré et grand public.

    C'était une reproduction à l'échelle marocaine, donc miniature, du “big conflit” West Coast/East Coast du rap américain. C'était le jeu du “je t'insulte, tu m'insultes”, explique Bigg qui y a beaucoup joué avant de s'assagir. “Cela fait partie de la culture rap. On se fait un nom en insultant un rappeur plus célèbre. S'il vous répond, c'est gagné” explique Amine de l'association Urban Style. Les anciens du rap se sont calmés cependant car “ils ont compris que le mouvement rap ne peut s'installer durablement au Maroc que si tout le monde collabore”, explique DJ Key. Beaucoup, à l'image de Bigg ou d'autres, ont dépassé ce stade de l'insulte, passage presque obligé du genre, pour se consacrer davantage à leur art et privilégient aujourd'hui les rencontres artistiques. “L'esprit a changé aujourd'hui, il y a désormais une ligne de fracture entre les anciens qui collaborent ensemble et la nouvelle génération encore empêtrée dans l'insulte gratuite”, constate Azed qui, sur son opus Street album, a invité Colonel, Mafia C et K.Libre. “Le déclic est venu selon moi suite à la compilation Au-delà de J.Bralt'Art. Pour préparer cet album, nous avons vécu ensemble pendant une semaine alors que, jusque-là, on ne se connaissait pas”, raconte Mohcine des Fnaïre. L'opus réunissait, entre autres, côté marocain, Bigg, Masta-Flow, Loubna, Fnaïre et K-Libre. Aujourd'hui, cette première découverte de l'autre porte ses fruits puisque Bigg a enregistré son album dans le studio des Fnaïre à Marrakech. Il y a invité neuf membres de la planète rap marocaine rencontrés à Agadir lors de la préparation de la compilation Au-delà de J.Bralt'Art. : “Tu fais toujours mieux en conjuguant les talents”, explique Bigg qui ajoute : “Vu l'état de la production rap au Maroc, travailler chacun de son côté équivaut à pisser dans un violon. A contrario, plus les albums produits seront costauds et professionnels, mieux ce sera pour le mouvement”, surenchérit Amine de l'association Urban Style.

    Le rap envahit le Net
    Si tous les rappeurs espèrent enfin avoir droit à une production professionnelle et un circuit de distribution véritablement efficient, ils ne se bercent pas d'illusions et investissent le Net pour pallier ces tares. Car, si les H-Kayne ont réussi à signer avec Platinium, ils ne sont que l'arbre qui cache la forêt, un monde où prévaut la culture du “do it yourself”, explique Momo, co-organisateur du Boulevard des jeunes musiciens. “Les médias ont beaucoup parlé du mouvement il y a trois ans, puis le soufflé est vite retombé. Il a fallu prendre le relais en se battant avec ses propres moyens pour populariser le rap. Le mouvement a alors investi la Toile, là où se trouve le public”, explique Amine. “Le Net tue les distances et permet à chacun de connaître la production des autres. Pour rappel, Mafia C s'est fait connaître il y a un an grâce à la Toile”, confirme Chatman de Casacrew. Un “fais-le par toi-même” facilité par le genre, “un pc, un micro, une table de mixage et vous pouvez lâcher le morceau sur le net alors que les groupes de fusion marocains ont davantage de soucis de logistique”, commente Momo. C'est sans aucun doute cet avantage comparé, allié au manque de visibilité dans les médias, qui explique l'effervescence du rap marocain sur internet.

    Depuis deux ou trois ans, les sites et skyblogs consacrés au genre se multiplient, proposant des forums de discussions pour aficionados, des news et des téléchargements de morceaux. Qui plus est, les rappeurs de la place ne sont pas dupes, ils savent que le téléchargement est le seul moyen pour atteindre une population-cible sans moyens. “Il y a un public rap, mais pas de marché car les amateurs du genre sont hazqine (fauchés)”, explique Bigg, ardent défenseur du téléchargement et du piratage par Derb Ghallef. “Nous n'en sommes pas encore à vouloir faire de l'argent, mais à essayer de conquérir un public qui peut, par ce moyen, découvrir d'autres formes de rap beaucoup moins médiatisées”, ajoute Bigg. Le téléchargement est aussi le meilleur moyen de ne pas faire de concessions artistiques. Les rappeurs de Zanka Flow ont choisi de mettre tous leurs titres sur leur skyblog pour ne pas, entre autres, être contraints de censurer leurs propos : “Quand bien même on trouverait un producteur, il n'est pas question pour nous de nous modérer pour être produits”, explique Muslim, membre de Zanka Flow.

    Associatif et relève
    Monter sur scène est une gageure quand on fait du rap car “ce genre musical est très mal perçu par les agences d'événementiel”, explique Bigg. Le Festival de Casablanca et le Festival Timitar d'Agadir ont franchi le pas en ouvrant leurs scènes aux rappeurs, mais les autres ne suivent pas encore. A défaut de scènes, des associations comme Urban Style ont organisé leur propre manifestation, “I love Hip Hop”, une mini tournée de 3 dates à Casablanca, Meknès et Marrakech. Urban Style est aussi à l'origine de soirées hip hop de Meknès, le ramadan dernier. L'expérience meknassie d'Urban Style, où l'associatif a contribué à fermenter la petite galaxie rap de la rue de Paris, a fait des émules à Casablanca, réputée jusque-là surtout pour son fonctionnement par clans. “Le principe de l'association nous permet d'obtenir une fois par mois le complexe Sidi Belyout pour faire monter sur scène de nouveaux rappeurs”, explique Chatman de CasaCrew, qui a créé, il y a deux ans, l'Union de la jeunesse. L'association sise à Bournazel, quartier populaire de Casablanca, reproduit aussi, grâce à un studio ouvert il y a à peine quelques mois, la recette qui a fait le succès des rappeurs meknassis, soutenus par Fawzi qui a préparé des maquettes abouties pour H.Kayne et K.Libre, avant leur passage au Boulevard des jeunes musiciens : “Nous avons un studio d'enregistrement où nous accueillons des rappeurs débutants, avec aux manettes, un ingénieur du son professionnel”, explique Chatman de CasaCrew. Objectif reconnu pour les groupes soutenus par l'association casablancaise : le Boulevard des jeunes musiciens. L'expérience meknassie a fait des émules aussi à Marrakech où les Fnaïre managent deux groupes émergents, en prévision du prochain Boulevard: Brada et Mc Line. “Marrakech n'est pas une ville où le rap a une assise solide, nous espérons ainsi installer le mouvement durablement”, conclut Mohcine des Fnaïre.


    Internet. Portail pour tous les rappeurs
    Le portail raptiviste.net a été lancé il y a 4 mois par 4 rappeurs de Salé et Meknès pour fédérer la communauté rap, des BBoy's aux Dj's en passant par les grapheurs et les MC's. Bâti sur le principe participatif, les “activistes” peuvent proposer des news, leurs morceaux à télécharger ou participer à la première net tape 100% marocaine. Le succès ne s'est pas fait attendre, si bien qu'aujourd'hui le nombre des membres inscrits dépasse les 4 000 et que 3 000 personnes par jour visitent le portail, les week-ends. Il a réussi également à séduire beaucoup de rappeurs reconnus de la place qui donnent volontiers leurs derniers morceaux en exclusivité à télécharger. “C'est le premier vrai portail de rap au Maroc. Il y a une vraie mise à jour et pas une ‘mise à mois’ ou ‘mise à ultérieurement’” commente Bigg qui a lâché quelques morceaux de son futur album sur le site.

    Par Hassan Hamdani (TelQuel)

    [:Z] [28h] [25h]
     
  2. MATAPAYOS

    MATAPAYOS Citoyen

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    Re : Le Rap Marocain Encore A L’honneur Sur TelQuel.

    tres bon article merci ,vive 3awdlil et gamehdi , pour ecouter du rap marocain visitez mon blog
     
  3. NoUnOuS

    NoUnOuS Prepare to Die x____x

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    Re : Le Rap Marocain Encore A L’honneur Sur TelQuel.

    Déja posté ICI
    wa ch7al zwina mni katgol déja posté lol
     
  4. MATAPAYOS

    MATAPAYOS Citoyen

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    Re : Le Rap Marocain Encore A L’honneur Sur TelQuel.

    wa yeeeh zwina men li ka tegoulouha a les modo bhal el me9edem dial el mou9ata3a fach kayegoulik : sir w reje3 gheda we jim me3ak l extrait we el 2 fotos
     
  5. NoUnOuS

    NoUnOuS Prepare to Die x____x

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    Re : Le Rap Marocain Encore A L’honneur Sur TelQuel.

    wa tta achman m9adam ola mo9a6a3a, c'est juste pour éviter les doubles posts oukan [22h]
     
  6. MATAPAYOS

    MATAPAYOS Citoyen

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    Re : Le Rap Marocain Encore A L’honneur Sur TelQuel.

    ana be3da fach nekeber bghit newli bhalk : moderateur [22h]
     

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