Le rapport de l'Unesco lève le voile sur les langues rares et disparues du Maroc !!!

Discussion dans 'Scooooop' créé par Dexter, 25 Février 2009.

  1. Dexter

    Dexter Visiteur

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    Le constat mondial du rapport

    2.500 langues seraient en voie de disparition à travers le monde, et 200 d'entre elles se sont éteintes en un demi siècle.

    Rappelons qu'une dizaine de langues (Han chinois, Anglais, Hindi, Français, Espagnol, Arabe, Portugais, Malais -en Indonésie-, Swahili -en Afrique de l'Est-, …) sont utilisées couramment pas la moitié de l'humanité.

    Cette situation est alarmante dans la mesure où elle porte atteinte à la diversité culturelle. Il parait nécessaire de s'intéresser à la situation culturelle et linguistique dans notre pays et plus largement au Maghreb.

    Le cas Maghrébin dans l'histoire

    Historiquement, l'espace Maghrébin, dans les limites de l'empire almohade, est constitué de couches de civilisations «amazigh» et «sémites» successives.

    La civilisation Gétule (Jazoula) de l'antiquité a été assimilée par la civilisation Zenata au début de l'Islam avant d'être elle-même remplacée par les Sanhaja de l'empire Almoravide.

    Les comptoirs phéniciens (de langue proche de l'arabe) sont devenus les foyers de la civilisation arabe entre les VIII et XIIIè siècles.

    Puis les bédouins issus de la confédération des Banû Hillal sont venus au Maghreb par vagues successives du XIè au XVIè siècle et sont à l'origine des dialectes hassanya, Gharbi, Hawzi et charkaoui, et se sont mélangé aux doukkalli, chaoui, jbli...

    Finalement le dialecte hispano-arabe est venu enrichir les cités du nord du Maroc (Rabat-Salé, Tétouan, Tanger, Larache, Oujda, Fès), complexifiant encore la carte des dialectes arabes.


    Le rapport nous permet d'aborder le cas des cultures minoritaires amazighes

    Le dialecte Sanhaja d'Azilal des Ait Rouati a disparu, ainsi que celui des Zenaga (Idnagen), les anciens dialectes saharaouis pré-hassanis ne compterait plus que 5.000 locuteurs dont seulement 20% au Maroc, les Srair de la région de Taza ont aussi disparu.

    Le Ghomari, dialecte jbli-tarifit ne compterait que 100 locuteurs, et est donc considéré comme sérieusement en danger.

    Le Snoussi, une variante du Tarifit de la région d'Oujda et de Tlemcen est considéré en danger et compte sur nos deux pays près de 35.000 locuteurs.

    Le Figuig, dialecte Zenati de la région du même nom est lui aussi relativement en danger, avec seulement 20.000 locuteurs.

    Comment le rapport définit-il les langues?

    La situation des idiomes amazighes comme l'Imragen de la baie de Lagouira n'est parlé que par 500 locuteurs tandis que le Karodje de Tabelbla, issu d'une structure Songhai africaine et d'imprégnation amazigh puis arabe est considéré comme “en grand danger”.

    Dans la vallée saharienne du Saoura anciennement marocaine, les dialectes Sanhaja Tidikelt et Taknassit comptent 130.000 locuteurs dans la vallée saharienne et sont respectivement “sérieusement en danger ”et “en situation critique”.

    Le rapport s'intéresse également au judéo-berbère, qui est pourtant une multiplicité de variantes hébraïsantes de chacun des dialectes amazigh du Maroc, et bien sûr le judéo-arabe (qui à nouveau peut être arabo-andalous, ladino, fassi, marakchi…).

    Ainsi, la grande lacune du rapport de l'UNESCO est de ne pas spécifier les choix et raisons (souvent politiques) qui permettent de distinguer une langue d'un dialecte, chaque vallée de l'Atlas utilisant une variante des trois langues amazigh particulières.

    Et ce sans compter la grande variété de dialectes arabes, au moins au nombre de 10 grands groupes, qui subissent aujourd'hui une uniformisation et un appauvrissement sans précédent, une simplification par la centralisation et l'urbanisation ; une fusion dans le magma informe de la “darija” d'aujourd'hui.

    Uniformisation linguistique dans le monde

    D'ailleurs le phénomène d'uniformisation linguistique autour d'une seule langue ou dialecte est commun à de nombreux pays donc cet idiome n'est pas la langue officiel, Darija au maroc, Woloff au Sénégal, Bambara au Mali, Hassanya en Mauritanie, Swahili en Tanzanie.

    A cela s'ajoutent les politiques nationalistes qui imposent des langues officielles seules dignes d'enseignement, le Turc, l'Arabe, le Français, le Thai, le Birman, ou le Han chinois en sont de très clairs exemples.

    Ajoutons que systématiquement les populations qui sont minoritaires sont marginalisées sur le plan socio-économique au départ, et sont tenues à l'écart des institutions politiques.

    Ll'abandon de leur langue, tout en signifiant la perte amère de leur identité et de leur histoire est souvent vécue comme un progrès, même si elle ne fait que matérialiser leur dépendance à l'égard des locuteurs naturels du groupe majoritaire.

    SIMON PIERRE

    source : [​IMG]
    lien : http://maghreb.msn.com/Actualites/ViewArticle.aspx?Cat=Local&Id=2009-February-25_07_43_19
     
  2. @@@

    @@@ Accro

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