Le scénario secret de la privatisation des tabacs

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 24 Septembre 2006.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    En prévision de la cession de 80% de la Régie des Tabacs au groupe Altadis, l'engagement pris par Fathallah Oualalou sur les 20 % restant n'était qu'une man½uvre de diversion. Le ministre de l'économie avait promis que cette seconde vente transiterait par la Bourse de Casablanca. Alléchés par cette privatisation prometteuse, les opérateurs financiers ont nourri de réels espoirs. Or, au final, les boursicoteurs sont restés sur leur faim.

    Certes, le repreneur de la Régie des Tabacs courait un risque réel de dépréciation de son investissement, au cas où le marché aurait mal réagi à cette introduction.

    Mais avoir fait croire que le complément de 20% pourrait passer par la Bourse a laissé un goût amer aux opérateurs boursiers et au personnel de la Régie des Tabacs. Selon le schéma initial, le personnel allait hériter, à des conditions avantageuses, de 6% du capital de la Régie.

    De l'aveu même d'un haut responsable gouvernemental, sous couvert d'anonymat, «l'Etat a, en effet, vendu les 100% de la Régie des Tabacs lors de la première cession. Les 520 millions de Dhs supplémentaires au prix de cession initial correspondent à la cession du monopole sur le tabac».
    La cession des 20% de la Régie des Tabacs par le gouvernement à Altadis aurait été prévue dans le «deal» dès le départ. Il s'agissait d'un package ou encore d'une entente globale entre le gouvernement et celui qui a, dans un premier temps, acheté les 80% de l'entreprise nationale…

    En clair, la promesse de cession fut consentie par le gouvernement pour céder les 20% restants du capital dès 2003. De l'autre côté, la promesse d'achat par le groupe Altadis fut également inscrite dans le même document. Chose faite cette année : le gouvernement marocain, à travers son ministère des Finances, empoche le second chèque correspondant à la cession des 20% du capital de la Régie des Tabacs. Il semblerait également là aussi que le groupe franco-espagnol ait payé le prix fort. Quatre milliards de dirhams au lieu de 3,5 milliards ont été versés, le 10 août dernier, dans les caisses de l'Etat.


    Philosophe, Amine Benabdesslem, le président du directoire de la Société des Bourses de Valeurs de Casablanca, a confié au Matin : «Nous gardons l'espoir d'être entendus pour les futures privatisations. Notamment Comanav, Drapor et Biopharma».



    LeMatin
     

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