Le sucre en morceaux porté disparu

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 1 Février 2006.

  1. freil

    freil Libre Penseur

    J'aime reçus:
    52
    Points:
    48
    Depuis quelques semaines, aux rayons des supermarchés, des supérettes et même chez l'épicier du coin, c'est le même constat. Le sucre en morceaux a disparu des commerces.

    Parmi la gamme de produits que le groupe Cosumar et ses quatre filiales (SUTA, SUCRAFOR, SUNABEL et SURAC), appartenant au holding ONA, fabrique et commercialise, figure le sucre en morceaux. Utilisé essentiellement pour le café, il existe en boîtes de carton de 1 kg ou en paquets de 5 kg. Or, depuis quelque temps, ce produit est absent du marché marocain. Cette subite disparition pousse les consommateurs à se diriger vers le sucre en poudre, utilisé essentiellement pour les gâteaux ou les autres mets sucrés ou encore à casser le lingot en morceaux difformes et inégaux, ce qui n'est pas chose aisée, d'autant plus que cela ne permet nullement de doser son café. Reste le sucre importé destiné seulement aux poches bien garnies.
    Oracle Business Intelligence.

    Pourquoi ce manquement à l'approvisionnement du marché marocain? Est-ce une stratégie adoptée par la Cosumar? Ou est-ce la conséquence de ce qui se produit à l'échelle internationale ? Aujourd'hui, le sucre se comporte, en effet, de moins en moins comme une denrée alimentaire, mais de plus en plus comme une énergie. Dernièrement, les tensions dans l'affaire du nucléaire iranien ont propulsé les cours du sucre à leur plus haut niveau depuis 1981 et ce dans le sillage du pétrole. Le cours du pétrole s'est propulsé à 68 dollars 48. Par contagion, les cours du sucre ont grimpé de plus de 6 %. En un an, les prix ont quasiment doublé. Car, le sucre est devenu une énergie. Au Brésil, le premier producteur mondial, la moitié de la production de sucre est transformée en éthanol qu'on mélange ensuite avec de l'essence. Vu la cherté du pétrole, la demande d'éthanol devrait quadrupler en quatre ans. Au Maroc, les prix d'achat de matières premières et de produits finis sont fixés et régle mentés par l'Etat. Ces prix sont gelés depuis plus de 10 ans.

    Pour expliciter la disparition du sucre en morceaux, nous nous sommes dirigés vers Cosumar qui se défend de toute pénurie en matière de sucre tout en nous rassurant d'une augmentation de la capacité de production effective depuis le 18 janvier. C'est que le niveau de disponibilité des produits n'est plus le même. Et pour cause la réorganisation de la disponibilité de toute la gamme sur le territoire national. A cela s'ajoute bien entendu le fait que le sucre en morceaux ne représente que moins de 20 000 tonnes/an soit moins de 2% du volume total du sucre. Par ailleurs, la distribution est répartie entre les agences de Cosumar situées dans les différentes régions du Maroc et entre les distributeurs grossistes qui approvisionnent le marché par leurs propres circuits. Le granulé vient en tête de liste avec 48 %, s'en suit le pain de sucre avec 38 %, le lingot 10,7 % et enfin en morceaux 1,8 %.

    Au Maroc où le pain de sucre, fabriqué à partir de la canne à sucre cultivée dans les régions de Souss et de Chichaoua, fit son apparition au 12ème siècle, l'activité sucrière est un vecteur de dynamisation de l'économie régionale. En effet, 18.000 hectares sont semés de betteraves par an ; 1.200.000 tonnes de betteraves produites annuellement et 7 000 emplois agricoles permanents et 300 emplois industriels, ce qui équivaut à 2 millions de journées de travail par an. Par ailleurs, COSUMAR a acheté SUTA (Sucreries du Tadla), SUNAT (Sucrerie nationale du Tadla) et SUBM (Sucrerie de Béni Mellal) dans le cadre de la privatisation. Désormais, la Cosumar contrôle 100% du marché.


    Pour rappel, la betterave, en tant que substitut de la canne, ne sera connue que vers le milieu du 18ème siècle, grâce à un scientifique allemand. Depuis, la betterave est devenue la source première de sucre en Europe et dans certains pays d'Afrique du Nord, notamment le Maroc et l'Egypte.

    La production moderne du sucre raffiné à partir du sucre brut importé remonte à 1929 avec la construction de la raffinerie COSUMA par la firme française Saint Louis. La production du sucre à paartir de la betterave a commencé dès 1963 et celle de la canne à sucre dès 1972.

    Une origine lointaine

    Sukkar en arabe, saccharum en latin, zucchero en italien, seker en turc, zucker en allemand, sugar en anglais... le "sucre" a une étymologie indienne et vient du mot sanscrit "sarkara". Le sucre a été d'abord découvert dans la canne à sucre qui poussait à l'état naturel dans les îles du Pacifique Sud, il y a près de 4.000 ans.

    L'Inde a été le premier pays à extraire le jus naturel de la canne à sucre pour en faire le premier sucre brut que l'on appelait "gur" (librement traduit par "goût sucré" vers l'an 500 avant Jésus-Christ.

    Depuis l'Inde, le savoir-faire pour l'extraction du sucre s'est propagé vers l'ouest, jusqu'au Moyen-Orient, puis en Europe lors des croisades.

    Pendant des siècles, le sucre constituait une "épice", très prisée et coûteuse, utilisée uniquement par la noblesse et les rois.

    Christophe Colomb emporta la canne à sucre pour la planter dans les Antilles, donnant ainsi le coup d'envoi à la production de sucre dans le Nouveau Monde.

    Vers le milieu du XVIIIème siècle, un scientifique allemand trouva un substitut à la canne à sucre : la betterave à sucre. Depuis, cette dernière matière est devenue la source première de sucre en Europe et pour certains pays de l'Afrique du Nord, notamment le Maroc.


    LIBERATION
     

Partager cette page