Le taux de remplissage des barrages passe à 53,5%

Discussion dans 'Info du bled' créé par kochlok03, 31 Janvier 2007.

  1. kochlok03

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    La politique de l’eau conditionnée par l’alternance entre périodes sèches et crues ravageuses

    Le taux de remplissages des barrages est passé de 44,6% au 29 janvier 2006 à 53,5% à la méme date de cette année.

    Les retenues actuelles sont de 8 milliardsde m3 en reservve contre 6,7 milliard de m3 l’ année dernière. Les barrages Hassan II, Dkhila, Sidi Idriss, Ahl Souss, Allal el Fassi et Gouzoulane sont presque remplis à 100%.

    Au Maroc, comme dans de nombreux pays aujourd’hui, la question de la ressource en eau devient un enjeu socio-économique essentiel à mesure que les années de sécheresse se succèdent. Par ailleurs, notre pays se distingue par sa tradition hydraulique ancestrale et a toujours accordé le plus grand intérêt à la mobilisation de l’eau. Cet intérêt est largement justifié par son climat semi-aride d’une part et par le fait qu’il considère cette ressource comme un facteur déterminant dans l’essor économique d’autre part.

    L’analyse chronologique montre bien ceci.

    Conscient de leur rôle capital, le Maroc a depuis longtemps accordé une place importante à la réalisation des barrages dans ses plans de développement nationaux. Une planification sage et rigoureuse, se traduisant par des réalisations d’importants barrages, a permis au Maroc de franchir une étape prodigieuse dans le développement de ses ressources en eau. En effet, des oueds, tel le Sebou, se sont fait la triste réputation d’élever périodiquement leurs lots de victimes par le biais de crues ravageuses. Là encore, la construction des retenues d’eau a permis d’endiguer le phénomène et de garantir la sécurité des personnes et des biens.

    Néanmoins, l’épisode sec qu’avait traversé le Maroc en début de la décennie
    1980, a eu un impact plus important sur les zones éloignées des grands barrages et ne disposant pas de ressources souterraines, ce qui s’est traduit par un exode rural sans précédent.

    Dans ce sens, la réalisation de petits barrages, en complément au programme de grands barrages, est-elle apparue comme une nécessité visant à fixer les populations dans le monde rural en apportant une denrée vitale et une nouvelle source de revenus.

    Ayant constaté le désarroi de la population rurale face aux effets de la sécheresse, les pouvoirs publics ont décidé, dès le milieu des années
    1980, d’orienter la politique de l’eau vers la construction des petits barrages d’intérêt local, pour redynamiser l’économie de ces zones. Ainsi, suite aux hautes directives du feu SM Hassan II, un programme de réalisation des petits barrages a été lancé en 1985 en concertation avec d’autres partenaires.

    Les années 80/90 ont apporté une preuve indiscutable de la justesse de cette option. Les changements climatiques ont commencé à produire leurs effets néfastes sur la pluviométrie au Maroc, les années de sécheresse ont commencé à se succéder avec leurs lots de vaches maigre, le pire ayant été évité grâce à l’existence des barrages qui permettent de réguler l’approvisionnement en eau quand les apports du ciel deviennent irréguliers.

    Les années
    90 ont vu la prise de conscience de l’importance du mode de gestion de l’eau, parallèlement à une recrudescence de sécheresses qui ont lourdement pesé sur l’économie et le développement du pays. C’est en 1995, par la Loi 10/95 sur l’Eau que le Maroc a décidé d’une réforme en profondeur par la création des Agences de Bassin. L’esprit de cette réforme est de mettre en œuvre une gestion intégrée de la ressource, qui soit à la fois durable, décentralisée et participative.

    Gestion décentralisée car ces agences sont créées en remplacement, et sur la base des Directions Régionales de l’Hydraulique (DRH), organes déconcentrés de la DGH. Leur conseil d’administration compte des représentants de
    11 ministères différents. Chaque agence a autorité et compétence sur un bassin hydrographique, donc une zone délimitée naturellement. Gestion intégrée, car il s’agit pour les agences de veiller au développement, à la gestion et à la protection des ressources en eau, et non plus à leur seule mobilisation. La compétence des agences s’étend par ailleurs à des missions régaliennes de police et de gestion des eaux et des ouvrages en remplacement des DRH.

    Et gestion participative, car ces agences doivent constituer un espace de concertation entre les acteurs régionaux du secteur de l’eau.

    Ainsi, avec ses
    116 retenues d’eau, soit plus de 16 milliards de m3, le Maroc a déjà adopté plusieurs solutions et a réussi à mobiliser quelque 80 % de ses eaux de surface qui peuvent l’être. L’autre solution au déséquilibre dans la répartition des ressources hydriques, initiée aussi du temps du défunt souverain, consiste à couvrir les besoins en eau et compenser les déficits de certaines régions par le transfert des excédents de bassins hydriques via des galeries et autres canalisations. C’est le principe de solidarité régionale qui est aussi appliqué en matière de tarification de l’eau potable.


    L’assainissement des eaux usées n’est pas seulement une solution alternative. C’est une obligation malheureusement négligée. Moins du dixième des eaux rejetées sont actuellement traitées. Recycler, c’est non seulement dépolluer et protéger environnement en général et nappes phréatiques en particulier, c’est-à-dire les fragiles trésors en eau cachés sous terre, mais aussi mieux valoriser les ressources hydriques déjà mobilisées.

    Le dessalement est une solution incontournable dans les provinces du Sud du Maroc. C’est seulement le dernier recours, dans les autres régions, quand les autres solutions auront atteint leurs limites. D’ici là, la recherche scientifique marocaine en la matière évolue et réponds déjà aux besoins, certes, modestes, exprimés en ce sens jusqu’à présent.

    La question hydrique au Maroc est si sérieuse, considérée d’importance stratégique par les plus Hautes Autorités, qu’un Conseil Supérieur lui a été consacré. Instance de réflexion et des prises de décisions stratégiques.


    source: lopinion
     

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