Le vrai taux de chômage ? 13.7% et non pas 9.1%

Discussion dans 'Scooooop' créé par rayaning, 25 Mai 2011.

  1. rayaning

    rayaning Accro

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    Le vrai taux de chômage ? 13.7% et non pas 9.1%
    Le taux de 9,1% est une moyenne entre urbain et rural, or, dans la campagne on est en situation de plein emploi avec 3,9% de chômeurs seulement. Le chômage est principalement urbain et il frappe plus fortement les jeunes de 15-34 ans.


    Et si le vrai chiffre du chômage, celui qui mérite toute l’attention des pouvoirs publics et qui doit même les interpeller, était 13,7 % et non de 9,1% ? 13,7 %, c’est le taux de chômage urbain et 9,1 % celui du chômage à l’échelle nationale, à l’issue du premier trimestre 2011, tels que dévoilés par le Haut commissariat au Plan, l’organe officiel de la statistique dans le Royaume. En fait, c’est le chômage en milieu rural, qui s’établit à 3,9%, qui tire vers le bas la moyenne nationale. Or, ce taux de chômage hors villes est à un niveau...de plein emploi, et cela depuis une dizaine d’années, puisqu’en 2000 ce taux était déjà à 5%. Notons bien d’ailleurs qu’en dix ans, le chômage rural n’a baissé que de 1,1 point, ce qui est normal, puisque à 5 % on est, selon les normes internationales, dans le plein emploi. Le chômage urbain, en revanche, a lui, baissé, sur cette période, de 7,7 points, selon la dernière étude du HCP sur l’emploi et le chômage au Maroc au cours de cette dernière décennie.
    Ces chiffres portent au moins deux significations. D’abord, les créations d’emplois se font essentiellement en milieu urbain : en effet, sur les 1,56 million d’emplois créés entre 2000 et 2010, 69% l’ont été en milieu urbain. Les campagnes n’en ont reçu donc que 483 600 emplois (31%) en une décennie. Ensuite, deuxième signification, les populations du monde rural, jusqu’à une date récente, et même aujourd’hui encore, trouvent toujours à s’occuper et, du coup, échappent à la définition universelle du chômage. C’est la raison pour laquelle, d’ailleurs, le taux de sous-emploi dans le rural est plus élevé (13,2%) qu’en milieu urbain (10%). Et ce constat se vérifie à chaque enquête sur l’emploi : lorsque le chômage baisse, le sous-emploi augmente, et c’est valable aussi bien dans le rural que dans l’urbain.

    Jeunes de 15 à 29 ans : 9 000 emplois perdus en dix ans

    Sans doute, est-ce pour cette raison que l’emploi au Maroc, qu’il soit urbain ou rural, est «dans sa grande majorité peu conforme aux normes de l’emploi décent», estime le patron du HCP, Ahmed Lahlimi. Celui-ci dit comprendre du reste qu’une bonne partie des actifs occupés vivent leurs situations comme une «forme de chômage déguisé» ou une «solution d’attente dans l’espoir d’emplois plus stables, mieux rémunérés et répondant à leur prétention professionnelle».
    Une autre raison supplémentaire pour ne tenir compte que du taux de chômage urbain (13,7%), c’est la proportion de jeunes urbains (entre 15 et 24 ans) frappés par l’inactivité. Ils étaient en effet 31,3% à être sans travail en 2010. Dans les campagnes, le chômage touchant cette tranche d’âge est de 8,4%. Pareil pour les 25-34 ans : 19,1 % de chômage dans les villes et seulement 4,4% dans le rural.
    Très clairement, les centres urbains sont donc des lieux de fortes frustrations et, potentiellement, de contestations. Les jeunes, de plus en plus formés, ouverts sur le monde, du fait du développement des technologies de l’information, deviennent plus exigeants et rechignent à occuper des postes qui ne répondent pas à leurs aspirations. Il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que les emplois créés aient profité davantage aux adultes âgés de 40 à 59 ans (112 000 emplois en moyenne annuelle depuis 2000), et de 30 à 39 ans (46 000 emplois en moyenne annuelle) ; tandis que chez les jeunes de 15 à 29 ans, au contraire, 9 000 emplois ont été perdus chaque année
    C’est que, face à ce changement générationnel, l’économie, elle, est restée sur ses vieilles structures. L’offre d’emploi paraît ainsi en déphasage par rapport à l’offre de travail ; et ce déphasage ne porte pas que sur le volume de l’emploi créé, toujours insuffisant, mais aussi, et peut-être surtout, sur la nature de cet emploi. Ainsi, le Maroc a créé en moyenne 156 000 emplois par an au cours de la dernière décennie (2000-2010). Cela reste insuffisant au regard de la transition démographique que traverse le pays (réduction de la part des moins de 15 ans et gonflement de la part de la population en âge de travailler et qui va de 15 à 59 ans). Et la problématique se complique encore avec la transition culturelle (aspiration plus forte au bien-être et développement du consumérisme) qui découle ou accompagne la transition démographique.

    Des emplois précaires et géographiquement mal répartis

    Parallèlement, les structures de l’économie sont, elles, restées à peu près les mêmes : 80% de la croissance est assurée par l’agriculture, le BTP et les services. Or, ces secteurs, selon le HCP, se caractérisent par la faiblesse de leurs multiplicateurs d’emplois, et notamment d’emplois qualifiés (voir encadré) et il se trouve que l’industrie a perdu pied au cours de la derrière décennie: sa part dans la valeur ajoutée globale a baissé de 18% en 2000 à 14% en 2010.
    Concentré donc dans le BTP, l’agriculture et les services, qui sont à forte intensité de main-d’œuvre (84 000 emplois par an en moyenne dans les services depuis 2000, 48 000 dans le BTP et 13 000 dans l’agriculture), l’emploi créé, nous dit le HCP, est globalement «peu conforme aux normes de l’emploi décent». Ce constat est étayé par des chiffres qui méritent d’être signalés : 2 salariés sur 3 travaillent sans contrat et cette proportion dépasse les 90% dans l’agriculture et le BTP. 23% des actifs occupés, soit 2,4 millions de personnes, ne sont pas rémunérés, et cette proportion est de 42% dans le rural. Enfin, 8% du volume total de l’emploi est soit occasionnel, soit saisonnier et cette tendance à la précarité s’est accrue au cours de ces trois dernières années où ce type d’emploi représente 76% des postes nouvellement créés. Cette précarité de l’emploi se double d’une répartition géographique déséquilibrée : dans le Grand Casablanca, 28 000 emplois nouveaux sont créés chaque année, à Marrakech-Tensift-Al Haouz 17 000, tandis que la région de Tadla-Azilal, au contraire, perd 1000 postes par an en moyenne. C’est de cette disparité géographique et générationnelle que découle probablement le sentiment chez beaucoup que les chiffres du chômage et de l’emploi ne recouvrent pas vraiment la réalité.
    Cela dit, malgré la précarité des emplois créés et leur insuffisance en volume, les politiques publiques (soutien des prix, revalorisations des salaires et des revenus, accès facilité au crédit...) ont vigoureusement et globalement soutenu le pouvoir d’achat des ménages, dans un contexte marqué par une modération des prix à la consommation, et plus généralement par une maîtrise de l’inflation. Il en résulte que la consommation finale, en particulier la consommation des ménages, est devenue, comme on sait, une des variables principales de la croissance. La consommation finale, celle des ménages et celle des administrations publiques contribue pour 67% à la croissance du PIB marocain. Or, précise encore le HCP, la consommation, en termes d’emplois, a un faible multiplicateur : 1 emploi indirect pour 10 emplois directs créés.
    L’investissement, autre composante de la demande intérieure, a certes une plus grande capacité de création d’emplois (5 emplois indirects pour 10 emplois directs) mais il n’a pas encore libéré tout son potentiel en ce domaine. Consenti très largement dans les infrastructures, cet investissement n’a pas à ce jour eu son prolongement nécessaire, c’est-à-dire l’investissement productif, donc créateur d’emplois pérennes et de qualité.
    L’autre conséquence de ce modèle fondé sur la demande intérieure (consommation et investissement), selon l’analyse du HCP, est que, du fait que cette demande est très largement satisfaite par les importations, le déficit commercial ne cesse de se creuser, d’une part, et que, ce faisant, le Maroc crée des emplois chez ses fournisseurs. C’est le propre des modèles de croissance fondés exclusivement ou principalement sur une demande interne satisfaite par les importations - et ceci sans parler des problèmes qui peuvent se poser au niveau de la balance des paiements. Dans ces conditions, tenir compte du chômage urbain comme d’un indicateur du chômage national n’est pas exagéré...


    Comparaisons : Agriculture : 2 emplois indirects pour 10 directs
    Dans l’agriculture, par exemple, quand on crée 10 emplois directs, cela ne génère que 2 emplois indirects. Idem dans le BTP. Dans les services, 10 emplois directs créent 3 emplois indirects. Mais globalement, ce sont des emplois dits banals, car s’adressant pour 65% à une main-d’œuvre sans qualification et pour 30% aux aides familiales. Dans l’industrie, en revanche, c’est l’exact contraire qui s’y produit : dans l’industrie alimentaire, 1 emploi direct crée 5 emplois indirects, dans l’industrie chimique, 2 emplois indirects pour 1 emploi direct...Et souvent, il s’agit d’emplois de qualité, donc valorisant au mieux les qualifications.



    Salah Agueniou. La Vie éco
    www.lavieeco.com

    2011-05-25
     
  2. FathiRedouane

    FathiRedouane Bannis

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    Est ce que le chômage "déguisé" est pris en compte dans ces statistiques ?
     
  3. popo40

    popo40 Accro

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    tiens ils ne déclarent pas leurs activités pour profiter de l'allocation chômage!!!
    il serait plus sage de nettoyer tout ces postes qui ne servent à rien, les emplois fictifs c'est devenu une mode: bikhir makandiro wallo, dourane hada makane!!!
    had lablad wa9fa bilbaraka hada makane , et non la sueur de ces hommes!!!
     
  4. odejiste

    odejiste Pervers Certifié

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    3adi dawla katdhek 3la bnadem w bnadem kayti9 dghia
     

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