Les États-Unis ont la preuve

Discussion dans 'Info du monde' créé par titegazelle, 30 Août 2013.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Les États-Unis ont la preuve
    que Damas a eu recours à des armes chimiques


    Le secrétaire d’État américain John Kerry a assuré ce vendredi que les services de renseignements américains détenaient la preuve que le régime de Bachar al-Assad avait attaqué des bastions rebelles à plusieurs reprises à l'arme chimique. | AFP / JEWEL SAMAD


    Tour à tour, les États-Unis et la France ont tenté de motiver les troupes internationales en assurant être capable d'agir, avec ou sans l'ONU, en Syrie. Tous veulent trouver une «réponse appropriée» face au régime de Bachar al-Assad, soupçonné d'avoir ordonné une attaque meurtrière supposée chimique le 21 août dans la banlieue de Damas. Alors que le parlement britannique a rejeté jeudi l'idée d'une intervention militaire, les États-Unis cherchent toujours ce vendredi «une coalition internationale», assure le chef du Pentagone, Chuck Hagel.

    En France, le gouvernement se tient «prêt» depuis plusieurs jours. L'une des plus modernes frégates françaises, le Chevalier Paul, a quitté jeudi matin Toulon (Var) pour le large syrien alors que le président François Hollande recevait le chef de l'opposition, Ahmad Jarba, à l’Élisée. Ce dernier a remercié la France pour son soutien mais demande que Bachar al-Assad soit jugé par la Cour pénale internationale. Le Parlement français est convoqué en session extraordinaire mercredi prochain.

    Bachar al-Assad, lui, défie la communauté internationale. Le président syrien s'est engagé à «défendre» son pays «contre toute agression» des Occidentaux et estime que la Syrie sortira «vainqueur» d'une éventuelle confrontation. Le régime peut encore compter sur ses alliés, tel l'Iran qui menace les États-Unis et Israël en cas d'intervention ou encore la Russie qui bloque une réponse commune de l'ONU depuis son siège au Conseil de sécurité.

    Les événements de ce vendredi

    19 h 15. Washington n'interviendra ni seul ni dans l'immédiat. Lors de son allocution sur la Syrie, le secrétaire d’État américian John Kerry explique que le gouvernement compte dans un premier temps s'entretenir avec «le peuple américain», via des consultions du Congrès, comme celle qui s'est tenue jeudi soir, et avec ses alliés, que sont la France, la Ligue arabe, ou encore l'Australie. Il est favorable à une action militaire ciblée, sans troupes au sol, menée au sein d'une coalition internationale. «Nous ne sommes pas seuls», lance-t-il à plusieurs reprises au milieu de cet émouvant discours.

    19 heures. John Kerry assure avoir en main toutes les preuves que Damas a eu recours à des armes chimiques. Dans une allocution solennelle au sujet de la Syrie, le secrétaire d’État américain assure que selon «des rapports des services de renseignement américains», plusieurs attaques à l'arme chimique ont été perpétrées par l'armée de Bachar al-Assad sur les bastions rebelles, notamment le 21 août. «Nous savons que les roquettes ont été lancées uniquement depuis des zones contrôlées par le régime», assure-t-il, ajoutant que des responsables de l'armée syrienne ont été aperçus en plein préparation sur les lieux des attaques trois jours avant les bombardements. Ces attaques ont tué «1429 civils, dont 426 enfants», précise-t-il.

    18 h 50. François Fillon estime que «la France ne peut agir à la légère et à la remorque de quiconque».

    18 heures. L'OTAN ne participera pas à une opération militaire en Syrie. Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, déclare ne pas voir «de rôle pour l'OTAN dans une réaction internationale au régime syrien». Il n'en condamne pas moins l'usage d'armes chimiques, qu'il qualifie d' «acte terrifiant et horrible» et de «crime qui ne peut être ignoré».

    17 h 40. Une députée bretonne réclame une consultation du Parlement. Alors qu'au Royaume-Uni, les députés viennent de dire non à toute intervention militaire sur le sol syrien, l'élue socialiste du Finistère Patricia Adam, également présidente de la Commission de la Défense à l'Assemblée nationale, estime, à titre personnel, qu'en France aussi, le Parlement devrait être consulté avant que le chef de l’État, également «chef des armées» (article 15 de la Constitution), ne décide d'intervenir militairement à Damas ou ailleurs. «La France est une des rares exceptions en Europe où le Parlement s'exprime a posteriori, c'est-à-dire quatre mois après le début des opérations extérieures», regrette la députée. Qui du oui ou du non l'emporterait ? «Je pense que de part et d'autre de la majorité et de l'opposition, il y a un partage des opinions», répond l'élue.


    17 h 20. Manifestation anti-guerre à Istanbul (Turquie). Plus d'un millier de personnes ont manifesté pour exprimer leur opposition à toute intervention militaire des forces occidentales en Syrie. «Non à une intervention des impérialistes et des États-Unis en Syrie !», «Les peuples sont frères», peut-on lire sur les pancartes des protestataires. Le gouvernement turc, persuadé que «le régime (de bachar al-Assad) est responsable» des attaques à l'arme chimique commises le 21 août, est favorable à une intervention militaire. Le ministre des Affaires étrangères vient en effet d'exhorter la communauté internationale à «entamer dès à présent une initiative qui mettra fin à la guerre en Syrie».

    17 h 10. John Kerry va faire une déclaration solennelle. Le secrétaire d’État américain (l'équivalent du ministre des Affaires étrangères) va s'exprimer en fin d'après-midi (16h30 GMT, soit 18h30 à Paris) sur la situation en Syrie. Dans un premier discours prononcé lundi dernier, il avait dénoncé «le massacre aveugle de civils» et assuré que «les États-Unis répondront à cette attaque». Il a participé hier soir à une consultation du Congrès par le président Obama, à l'issue de laquelle le chef de l'Etat a conclu qu'il prendrait sa décision en fonction des intérêts des États-Unis et tenté de rassurer ceux qui craignent une répétition des épisodes irakien et afghan en prônant «ne approche limitée, sur mesure». Mais Washington hésite encore à intervenir en se passant d'une résolution de l'ONU.

    16 h 50. Barack Obama réunit son équipe de sécurité nationale. Le président américain est actuellement en train de consulter son équipe de sécurité nationale «pour discuter de l'utilisation d'armes chimiques par le régime Assad le 21 août», indique un haut responsable de l'administration Obama. La Maison Blanche n'a pas encore clairement défini sa position face à la situation en Syrie. Obama prône une réponse ferme contre le régime de Damas pour protéger les intérêts et les alliés des Américains dans la région et empêcher la prolifération d'armes chimiques. Mais il hésite à intervenir militairement sans coalition internationale, d'autant que les échecs irakien et afghan sont encore dans tous les esprits. Il fait face à la pression de certains sénateurs républicains, tels que John McCain, qui le somment de bombarder le pays sans plus attendre.

    16 h 30. Israël déploie ses anti-missiles pour se protéger d'une éventuelle attaque de la Syrie. Une batterie anti-missiles est installée à Tel-Aviv depuis ce matin. Elle est positionnée vers le nord, en direction de la Syrie, dont l’État hébreu craint d'éventuelles attaques sur son sol en cas d'intervention militaire étrangère à Damas. L'armée israélienne est «plus forte que jamais», assure le président israélien Benjamin Netanyahu. Pour autant, Israël n'envisage pas d'intervenir en Syrie. La population est d'ailleurs hostile à 77% à cette idée, selon un sondage publié dans le journal Maariv.

    16 h 20. Ban Ki-moon va rencontrer cet après-midi les 5 membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU. Le secrétaire général de l'ONU va s'entretenir avec les ambassadeurs français, britannique, américain, russe et chinois à partir de 16 heures GMT (18 heures à Paris) pour discuter de la situation en Syrie. Ils n'ont pas adopté de position commune jusqu'ici : la proposition de résolution du Royaume-Uni impliquant une intervention militaire a été refusée mercredi par la Russie et la Chine et n'a donné lieu à aucune déclaration commune, même du côté «occidental».

    16 heures. La Syrie refuse que l'ONU rende un «rapport partiel» sur une éventuelle attaque à l'arme chimique dans la banlieue de Damas. Des enquêteurs de l'ONU s'apprêtent à clore leur mission dans la banlieue de Damas où ils essaient de déterminer si (et par qui) des armes chimiques ont été utilisées lors de la terrible attaque qui a frappé les environs de la capitale le 21 août. Mais pas question que le secrétaire général de l'ONU rende un rapport partiel immédiatement après la fin de la mission, insiste le ministre des Affaires étrangères syrien Walid Mouallem, qui souhaite que la mission «achève (d'abord) son travail et que l'on ait connaissance des résultats des analyses des prélèvements collectés par la mission».

    15 h 30. Une école bombardée à l'arme chimique dans le nord de la Syrie. Une vidéo amateur postée sur internet montre les conséquences d'un récent bombardement qui a visé une école dans le nord de la Syrie, à Urum al Kubra, près d'Alep. On y voit un professeur au visage brûlé raconter qu'un avion a attaqué l'établissement et ciblé un groupe d'élèves. La vidéo, non datée, a été postée par quelqu'un se réclamant proche des rebelles. Une autre vidéo, sur laquelle on voit des dizaines d'enfants brûlés ou pris de convulsions, rapporte que cette attaque a fait 7 morts et 50 blessés. On y voit un docteur comparer les effets de ces armes chimiques au napalm, cette substance corrosive que les Américains déversaient sur les Vietnamiens durant la guerre. Des reporters de la BBC se sont rendus sur les lieux de l'attaque et ont pu filmer les victimes semblables «à des zombies».

    15 h 15. L'Italie craint une «déflagration mondiale» en cas d'intervention militaire étrangère. La minsitre des Affaires étrangères italienne Emma Bonino estime que la Syrie «réagira» forcément à d'éventuelles frappes étrangères, ce qui pourrait déclencher une guerre de plus grande échelle. Elle prône la voi diplomatique, assurant que «même si c'est plus lent, plus dur et même si cela semble parfois ne pas réussir, l'exercice de la pression diplomatique et de la pression politique est l'unique solution à poursuivre». Rome s'est dit défavorable à toute intervention sans aval de l'ONU.

    14 h 45.
    Michèle Alliot-Marie (UMP) critique l'attitude «velléitaire» de François Hollande. L'ex-ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy, qui fut aussi ministre de la Défense sous Jacques Chirac, fustige les «hésitations, les aller-retour et finalement l'absence de capacité de décider» du chef de l'Etat, jugeant que l' «on a l'impression qu'il n'y a aucune vision stratégique de François Hollande» et que l' «on ne sait pas ce qu'il veut faire sur Bachar al-Assad» ni «à quoi servirait une intervention militaire». MAM s'est également dite «persuadée que l'on aurait pu obtenir beaucoup de choses du régime syrien en agissant aussi avec la Russie plutôt qu'en essayant de la repousser dans une autre position».

    14 h 20.
    Sondage : les Américains partagés face à une action militaire. Selon un sondage pour NBC News, quatre Américains sur 10 seulement soutiennent l'idée d'une action militaire américaine contre le régime syrien en réponse à l'utilisation d'armes chimiques, mais 50% sont en revanche favorables à une action limitée à des frappes aériennes. Une très large majorité (79%) dit souhaiter que Barack Obama obtienne l'autorisation du Congrès avant toute intervention militaire en Syrie. La loi américaine requiert en théorie une autorisation votée par le Congrès pour tout déploiement durable de forces à l'étranger, mais les présidents américains ont toujours estimé qu'ils disposaient du pouvoir constitutionnel de déclencher des opérations militaires sans aval parlementaire. Seuls 21% jugent qu'une intervention servirait les intérêts américains - 33% pensent l'inverse, 45% sans opinion

    13 h 30.
    Poutine ne prévoit pas de s'entretenir en tête-à-tête avec Obama lors du G20. Le Kremlin assure qu'aucune rencontre bilatérale entre le président russe et son homologue américain n'est inscrite sur le programme du G20 qui se tiendra les 5 et 6 septembre à Saint-Petersbourg. Vladimir Poutine, «évidemment, accueillera Obama comme les autres dirigeants, lui serrera la main. Pour le reste nous verrons», indique le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov, à l'heure où les deux pays s'opposent presque frontalement sur l'idée d'une intervention en Syrie. Un sommet bilatéral était prévu à Moscou début septembre mais Barack Obama avait annoncé le 7 août dernier qu'il refusait d'y participer, en raison d'un manque de «progrès» dans les relations russo-américaines. Pas sûr que la crise syrienne les fera changer d'avis.

    13 h 20.
    Il n'y a «pas de position commune» au sein de l'Union européenne. C'est ce que reconnaît le chef de la diplomatie lituanienne, Linas Linkevicius, qui participe à une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Vilnius (Lituanie). Mais «nous nous consultons activement», assure-t-il. Cette rencontre n'a pas pour objet l'intervention en Syrie mais les élections du parlement européen en 2014.

    13 h 15.
    La Belgique salue le refus du Parlement britannique, qui s'avère «conforme à celle du gouvernement belge», déclare le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders. Bruxelles «demande des preuves avant toute intervention en Syrie» et attend «la position du Conseil de sécurité», précise-t-il, ajoutant qu' «il ne faut pas brûler les étapes» et qu' «il faut respecter un ordre international», «même s'il faudra sanctionner ceux qui ont utilisé des armes chimiques».

    13 heures.
    L'UE «prend note» du refus du Parlement britannique, mais ne prend pas position. «Nous avons pris note du débat qui s'est déroulé au Parlement à Londres et des déclarations du Premier ministre (David) Cameron», indique Sébastien Brabant, le porte-parole de la chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton. «Il ne nous revient pas de commenter les débats internes qui se déroulent dans les Etats membres», ajoute-t-il.

    12 h 45.
    La Pologne reproche à la Russie d'avoir livré des armes chimiques à Damas. «La Russie ne cesse de souligner son opposition à l'usage d'armes chimiques, mais nous savons bien que l'arsenal syrien provient du temps de l'URSS, c'est la technologie soviétique», fustige le ministre des Affaires étrangères polonais Radoslaw Sikorski devant la presse en marge d'une séance du Parlement. La Russie et la Syrie sont en effet liées par des accords de coopération militaire depuis la Guerre Froide. Après l'éclatement des affrontements entre le régime syrien et les rebelles en 2011, Moscou a continué d'équiper l'armée de Bachar al-Assad, en lui livrant notamment des armes chimiques.

    12 h 30.
    Cyprus Airways reprogramme ses vols sur Beyrouth. Comme Air France, la compagnie nationale aérienne chypriote Cyprus Airways décide de reprogrammer ses vols pour Beyrouth, en annulant les vols de nuit, en raison des tensions liées à l'éventualité d'une intervention militaire en Syrie. «L'heure de départ de l'aéroport de Larnaca a été programmée à 05H15 le matin au lieu de 20h30 le soir (...) de façon à ce que l'appareil ne passe pas la nuit à Beyrouth», précise la compagnie.

    12 h 05.
    La Russie salue le rejet par le Parlement britannique d'une intervention. Selon le Kremlin, des frappes en Syrie porteraient un «coup sérieux» à l'ordre mondial. C'est ainsi, que la Russie a salué la décision du Parlement britannique de rejeter une éventuelle intervention en Syrie.

    12 heures.
    Air France adapte les horaires de son vol Paris-Beyrouth. Une liaison a été modifiée en raison des tensions en Syrie. Le vol 562 dans le sens Paris-Beyrouth, qui décollait auparavant de Roissy Charles de Gaulle à 16h35 (14h35 GMT), partira désormais à 20h30 (18h30). Le vol 561 dans le sens Beyrouth-Paris, décollera lui désormais à 10h55 (08h55 GMT) , heure locale, au lieu de 10h15 (08h15 GMT).

    11 h 40.
    De violents combats près de Damas. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), des combats ont lieu au sud-ouest de Damas, quatre jours après la visite des inspecteurs de l'ONU. Depuis des mois, l'armée tente en vain d'y reprendre deux localités rebelles. Jeudi, les bombardements avaient fait huit morts, dont au moins une femme et un enfant, à Mouadamaiyat al-Cham, et un mort à Daraya.

    11 h 20.
    Berlin exclut de participer à une intervention militaire en Syrie. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, exclut une participation allemande à une intervention militaire dans le quotidien régional allemand Neue Osnabrücker Zeitung. «On ne nous a pas demandé» une telle participation et «nous ne l'envisageons pas», précise-t-il. Le gouvernement allemand avait cependant signifié dès lundi qu'il approuverait une réaction internationale: «Nous insistons pour que le Conseil de sécurité des Nations Unies parvienne à une position commune et que le travail des inspecteurs de l'Onu soit terminé le plus rapidement possible», poursuit le ministre.

    11 h 10.
    Obama et Hollande doivent s'entretenir dans l'après-midi. Interviewé dans Le Monde, François Hollande estime la France peut agir sans son allié britannique. «J'aurai aujourd'hui même un échange approfondi avec Barack Obama», précise-t-il en revanche se disant prêt à une intervention aux côtés des Etats-Unis.

    11 heures.
    Dernière sortie pour les experts de l'ONU. Les experts des Nations Unies ont quitté leur hôtel pour le dernier jour de leur enquête sur l'utilisation présumée d'armes chimiques le 21 août. Tous sont partis à bord de trois voitures de l'ONU, accompagnées par deux voitures des forces syriennes. Selon un membre des services de sécurité, ils se rendaient à l'hôpital militaire de Mazzé, où sont soignées des victimes de l'attaque chimique présumée.



    A.R. et M.-P. R. | Publié le 30.08.2013, 07h00 | Mise à jour : 19h41
    http://www.leparisien.fr/internatio...alition-internationale-30-08-2013-3092571.php



    Un professeur raconte la scène

     
    Dernière édition: 30 Août 2013
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