Les ambitions nucléaires des Arabes

Discussion dans 'Scooooop' créé par HANDALA, 2 Décembre 2007.

  1. HANDALA

    HANDALA Bannis

    J'aime reçus:
    91
    Points:
    0
    Les ambitions nucléaires des Arabes ​



    Dopés par les ambitions iraniennes, les pays arabes proclament aujourd’hui quasiment tous leurs ambitions nucléaires. Certes, il ne s’agit à ce stade que de développer des programmes civils et pacifiques, sous le contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et dans le respect des règles du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

    Les considérations économiques peuvent en outre justifier la démarche dans de nombreux pays qui dépendent d’importations de plus en plus coûteuses pour leur consommation énergétique.

    C’est le cas de la Jordanie, qui souhaite inaugurer sa première centrale en 2015, du Maroc où l’Office national d’électricité (ONE) a annoncé vouloir réfléchir à la mise en place d’une filière nucléaire, et même de l’Egypte qui produit du pétrole, mais en quantité insuffisante pour sa consommation intérieure et jure que les 4 centrales qu’elle entend construire avant 2020 fonctionneront dans la « transparence ».

    Cette course à l’atome, même pacifique, n’en traduit pas moins la crainte, dans les pays arabes sunnites, d’une « bombe chiite » made in Iran. C’est bien parce que l’Iran est désormais « un pays du seuil », très près de posséder l’arme nucléaire, que les grands Etats sunnites du Moyen Orient ont décidé d’acquérir à leur tour la maîtrise technique du cycle de l’atome.

    Ils se doteront de centrales civiles mais ils posséderont le savoir-faire qui leur permettra par la suite s’ils le veulent, s’ils se sentent menacés, passer au nucléaire militaire. C’est d’ailleurs pourquoi les pays producteurs de pétrole partagent cet engouement pour l’atome.


    A la fin de 2006 les pétro-monarchies du Golfe, Arabie saoudite en tête, avaient annoncé très officiellement le lancement d’un programme nucléaire civil. En Arabie Saoudite, c’est le vice-ministre de la défense Khaled Ben Sultan qui est responsable de ce programme. Il a fait venir en Arabie Saoudite des ingénieurs pakistanais et égyptiens. A Riyad, comme au Caire, on voit mal au nom de quoi les Israéliens hier, les Iraniens aujourd’hui, pourraient se doter de l’arme atomique tandis que les Arabes devraient se l’interdire pour toujours.

    Ces programmes nucléaires civils sont parfaitement conformes aux règles du TNP.

    Officiellement, les pays occidentaux ont d’ailleurs plutôt bien accueilli les projets arabes… dont ils espèrent qu’ils se traduiront par des contrats dont bénéficieront leurs entreprises.

    Cette nouvelle ambition suscite néanmoins une certaine inquiétude à Washington et dans les capitales européennes où l’on craint l’émergence, dans cette région du monde, de pouvoirs islamistes qui, s’ils héritaient d’installations nucléaires civiles, pourraient assez vite passer à des applications militaires.

    Les Occidentaux auraient sans doute mieux fait d’accepter l’idée, régulièrement mise en avant par l’Egypte dans le cadre de l’AIEA ou de la renégociation du TNP, d’un Moyen Orient dénucléarisé. Mais ce serait là désavouer Israël, pays officieusement doté depuis les années 50 de l’arme atomique…

    Dominique Lagarde
    l'observateur

     

Partager cette page