Les grands groupes s'intéressent au Maroc

Discussion dans 'Scooooop' créé par Angelika, 2 Février 2006.

  1. Angelika

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    Un secteur bancaire de plus en plus concentré

    Il ne reste que 17 banques sur le marché financier marocain alors qu'il en comptait 21 en 2000. La politique de concentration et de fusion a permis de restructurer le secteur en raison du resserrement des marges d'intermédiations.

    Selon une étude de la Mission économique française au Maroc sur les banques, «la rentabilité globale et la situation prudentielle des banques généralistes commerciales sont satisfaisantes, ce qui garantit leur capacité à s'adapter aux nouvelles normes imposées par les dispositifs de Bâle II qui entrera en vigueur dès 2007».

    Les banques françaises présentes au Maroc par le canal de trois filiales locales, bénéficient de la restructuration du secteur, puisque le CIC (Crédit Industriel et Commercial) a, en juin 2004, fait son entrée (à hauteur de 10%) dans le capital de la troisième banque marocaine, la BMCE.

    Le groupe des Caisses d'épargne entre également au Maroc via le CIH. La présence étrangère est plus ou moins marquée à travers les filiales présentes dans l'actionnariat. BNP Paribas participe à hauteur de 65,05 % dans la BMCI. La Société Générale contrôle 51,9 % de la Société Générale Marocaine de Banques (SGMB), le groupe Crédit Agricole contrôle 52,7 % du Crédit du Maroc.

    Il y a également des participations minoritaires, mais significatives. Le CIC, depuis juin 2004, avec 10% dans le capital de la Banque Marocaine du Commerce Extérieur (BMCE BANK). Santusa Holding (Groupo Santander) participe à hauteur de 14,48 % du capital d'Attijariwafa bank et le Crédit Agricole avec 1,44 %, mais présent à hauteur de 35 % dans les filiales stratégiques telles que Wafasalaf et Wafagestion.

    Au niveau institutionnel, la réforme de la loi bancaire de 1993 accompagne la révision des statuts de la Banque centrale. Le secteur bancaire marocain se partage en quatre catégories d'établissements.

    Il y a les banques de dépôts classiques, parmi lesquelles on trouve les cinq grandes banques privées qui réalisent près des deux tiers de la collecte des dépôts bancaires, à savoir : Attijariwafa bank, la Banque Marocaine du Commerce Extérieur (BMCE) et les trois filiales françaises, en l'occurrence la SGMB, la BMCI et le Crédit du Maroc.

    Le Crédit Populaire du Maroc (CPM), leader historique du secteur, est constitué de la Banque Centrale Populaire (BCP) et son réseau de Banques Populaires Régionales (BPR). Organisme public particulièrement concerné par la collecte de la petite épargne et la distribution de crédits aux PME, la BCP est devenue une société anonyme en février 2002. Elle est engagée depuis cette date dans un processus de privatisation.

    Les anciens organismes financiers spécialisés dans le financement de secteurs d'activités particuliers -Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH), Caisse nationale du crédit agricole (CNCA) et la Banque nationale pour le développement économique (BNDE)- sont engagés dans un processus de restructuration et d'assainissement.

    La CNCA s'est pourvue de nouveaux statuts publiés en décembre 2003, qui prévoient que des conventions soient passées avec l'Etat pour ce qui concerne les activités requérant un soutien spécifique, en particulier pour les petites et moyennes exploitations agricoles. La BNDE a été reprise en 2003 par la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), établissement public aux missions proches de celles de la Caisse de dépôts et de consignation française).

    Le CIH est passé sous le contrôle de la CDG et du Groupe Caisses d'Epargne Françaises. Diverses autres banques dont la création répond à des besoins spécifiques : Bank Al Amal, pour le financement de projets d'investissement des Marocains résidant à l'étranger, Mediafinance et Casablanca Finance Markets qui interviennent sur le marché des titres négociables de la dette, et le Fonds d'équipement communal (FEC) dédié au financement des collectivités locales.



    La consolidation du système financier

    Les accords du comité de «Bâle II» entrent en vigueur à partir de 2007. Ce nouveau dispositif a été conçu pour mieux sécuriser le système bancaire, tant à l'échelle internationale que locale, et maîtriser les risques liés à la mondialisation.
    Dans les faits, tous les établissements seront concernés, qu'ils soient ou non filiales de groupes internationaux. C'est d'ailleurs une occasion d'aligner leur organisation et leur outil de gestion de risques avec leur stratégie future.

    Pour Bank Al-Maghrib, cet accord, qui se substitue à celui de 1988 et dont les insuffisances se sont faites sentir dans le temps, constitue une opportunité pour améliorer la gestion des risques au niveau des banques et mettre la supervision bancaire en conformité avec les principes fondamentaux du Comité de Bâle.


    Ainsi, les actions menées par Bank Al-Maghrib depuis plusieurs années, en tant qu'autorité de contrôle bancaire, s'inscrivent dans les recommandations édictées par le comité de Bâle et visent à consolider le système bancaire national afin qu'il contribue, sur des bases saines, au financement du développement économique du Royaume.

    Bâle II vise donc à renforcer la bonne santé et la stabilité du secteur bancaire. Parmi les mesures envisagées, Bâle II prévoit d'accorder aux banques une ristourne en termes de capital à allouer aux crédits qu'elles consentent pour autant qu'elles puissent faire la preuve qu'elles appliquent un système sophistiqué de gestion de leurs risques. Cela leur donnera un avantage compétitif.

    Sans entrer dans les détails techniques du projet (500 pages), l'essentiel est de se rappeler que le Comité de Bâle n'émet que des recommandations. C'est au législateur national d'intégrer les règles prudentielles en droit positif. La marge de man½uvre que le législateur donnera au régulateur est pour ainsi dire d'ordre politique.

    Cela peut conduire à des interprétations divergentes et en arriver à fausser la concurrence. Mais ce qui est certain est que cela donne au législateur de recadrer les recommandations, strictement sectorielles, dans un environnement plus vaste.

    Enfin, Bank Al-Maghrib projette à court terme de réaliser des études d'impact globales relatives à l'application du nouvel accord et de communiquer aux banques les premières versions des textes relatifs à cet Accord.

    Source : LE MATIN
     

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