Les infirmières britanniques et la foi de leurs patients musulmans

Discussion dans 'Scooooop' créé par raja_casa, 5 Décembre 2007.

  1. raja_casa

    raja_casa دمعة و ابتسامة

    J'aime reçus:
    184
    Points:
    0
    Les infirmières britanniques appelées à prendre soin de la foi de leurs patients musulmans

    Londres, le mercredi 5 décembre 2007 – Le temps de l’hospitalisation ne doit pas signifier une rupture totale avec ses rites quotidiens. Assurer aux patients le séjour le plus confortable possible et éviter les risques de désorientation parfois liés à l’hospitalisation chez les personnes âgées passe entre autres par le respect de leur foi. En Grande-Bretagne, où cette conviction est particulièrement forte et où sont mis fréquemment en place de nouveaux dispositifs pour répondre à ce principe, il est régulièrement réaffirmé que toutes les conditions doivent être mises en œuvre pour qu’un patient ne soit pas obligé d’aller à l’encontre de ses préceptes religieux à l’occasion d’une hospitalisation. C’est ainsi qu’un programme public de formation a été initié à l’intention des personnels hospitaliers et notamment des infirmières. Il s’agissait notamment de rappeler les principes et les rites de la religion musulmane.



    En direction de la Mecque

    Ces séances de formation auront été l’occasion pour le National Health Service (NHS) de présenter aux infirmières une nouvelle disposition qui s’appliquera à l’ensemble des établissements l’année prochaine. Afin de permettre aux patients musulmans d’effecteur leurs cinq prières quotidiennes, sans contrevenir aux règles qu’ils se doivent de respecter, les infirmières devront, lorsque cela leur sera possible, déplacer le lit (à roulettes !) des malades qui le souhaiteront en direction de la Mecque. En outre, elles devront aider les patients à réaliser les ablutions, qui sont normalement obligatoires avant chaque prière. Avant l’application de cette disposition dans tous les établissements régis par le NHS, le Yorkshire et l’hôpital de Dewsbury jouent les pionniers en la matière. La recommandation qui s’applique depuis quelques jours semble plutôt bien acceptée par les responsables hospitaliers et par les infirmières. Très enthousiaste, Catherine Briggs, cadre infirmier de l’hôpital de Dewsbury assure : « Certains de nos patients musulmans nous ont souligné que si le personnel était mieux averti de la culture musulmane, la qualité du service en serait améliorée ». De même, Beverley Brook, qui a été l’une des premières à bénéficier de la formation remarque : « Même si je connaissais déjà pas mal de choses sur la religion musulmane, cela m’a permis de comprendre comment des petits changements quotidiens peuvent vraiment faire la différence pour nos patients musulmans ».

    Contestations

    L’adhésion n’est cependant pas unanime. Les journaux britanniques relaient ainsi depuis le début de la semaine le témoigne d’infirmières inquiètes de la surcharge de travail que ces manipulations quotidiennes risquent très certainement d’entraîner. Le manque d’esprit pratique du NHS est également fortement déploré par certaines professionnelles chevronnées. L’une d’elles, qui exerce à l’hôpital de Dewsbury, cité par le Daily News ce 4 décembre remarque qu’il aurait été plus simple de créer des unités dédiées aux patients musulmans très pratiquants, où tous les lits seraient tournés vers la Mecque ! Cette solution aurait cependant peut-être conduit à la stigmatisation de certains malades. Dans la sphère politique, les réactions se font plus amères encore, telle celle du député conservateur David Davies qui a regretté que les deniers du NHS ne soient pas employés à des priorités plus éminentes et qui a suggéré que les proches des patients musulmans pourraient seconder les infirmières surmenées pour mener à bien ces tâches.

    En France, la circulaire du 2 février 2005 ne rendrait sans doute pas possible une telle initiative. Elle rappelle en effet que « le libre choix exercé par le malade, ne doit pas perturber la dispensation des soins ». Un an après l’arrivée dans certains établissements britanniques d’une « blouse » pour les malades ressemblant fortement à une burqa et tandis que de nombreux hôpitaux proposent des menus « halal », la Grande-Bretagne confirme qu’elle a une conception de la laïcité très différente de celle qui prévaut en France.

    L.C.

    Publié le 05/12/2007 au Journal Internationnal de Médecine
     

Partager cette page