Les insurgés à 60 kilomètres de Bagdad

Discussion dans 'Info du monde' créé par dul2, 13 Juin 2014.

  1. dul2

    dul2 salam alikom

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    Alors que le gouvernement irakien se prépare à défendre la capitale Bagdad contre les insurgés djihadistes, le pouvoir religieux chiite appelle la population à prendre les armes pour défendre le pays. De leur côté, les Américains étudient la situation, mais excluent toute intervention au sol.
    Pendant ce temps, les djihadistes sunnites de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) poursuivent leur progression vers la capitale irakienne. Les forces rebelles se trouvent désormais à une soixantaine de kilomètres au nord-est de Bagdad.

    Selon le quotidien Le Monde, les islamistes armés progressent sur trois axes vers la capitale irakienne.

    L'armée irakienne tente tant bien que mal de ralentir leur avancée par des raids aériens et des offensives terrestres. Le gouvernement a d'ailleurs annoncé vendredi avoir mis en place un nouveau plan pour protéger la ville.

    « Il s'agit d'une situation exceptionnelle et tout relâchement permettra à l'ennemi de tenter d'attaquer Bagdad. [...] Il faut que nous soyons prêts », a indiqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur, le général Saad Maan. Ce plan prévoit entre autres un déploiement massif de forces de sécurité.

    Les États-Unis n'enverront pas de troupes

    Le président américain Barack Obama a exclu vendredi toute intervention militaire de troupes américaines en Irak. « Nous ne pouvons pas le faire à leur place », a déploré M. Obama en précisant que les États-Unis avaient investi beaucoup d'argent dans la formation des forces de sécurité irakiennes.

    M. Obama entend étudier les autres possibilités qui s'offrent à lui pour soutenir, avec d'autres pays de la région, le gouvernement irakien.« J'ai demandé à mon équipe [...] de préparer un éventail d'options pour soutenir les forces de sécurité irakiennes », a poursuivi le président depuis la Maison-Blanche. Il a prévenu qu'il ne fallait pas s'attendre à une action américaine « du jour au lendemain » et que le processus de décision et de planification d'une action, quelle qu'elle soit, devrait prendre « plusieurs jours ».

    « Nous voulons être certains d'avoir une bonne compréhension de la situation. Nous voulons nous assurer d'avoir rassemblé les renseignements nécessaires pour que, si je décide d'agir, d'une manière ou d'une autre, nos actions soient ciblées, précises et efficaces », a-t-il poursuivi.

    Le président américain a invité les leaders irakiens à mettre de côté leurs différends religieux pour assurer la stabilité du pays à long terme. Il estime que la progression des « terroristes de l'EIIL » constitue un danger pour la population irakienne et éventuellement pour la sécurité des Américains.

    Le président Barack Obama avait laissé planer un doute, jeudi, sur d'éventuelles frappes aériennes américaines pour venir en aide au gouvernement du chiite Nouri Al-Maliki.

    Les insurgés sunnites se sont emparés au cours de la nuit de deux villes de la province de Diyala, dans l'est de l'Irak, abandonnées par l'armée, rapportent des sources proches de la sécurité. Les djihadistes de l'EIIL ont pris Saadiyah et Djalaoula, ainsi que plusieurs villages autour des monts Himrine, qui servent depuis longtemps de refuge aux militants armés sunnites.

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    Les milices de l'EIIL se sont emparées mardi de Mossoul, la deuxième ville d'Irak, et menacent désormais Bagdad après une offensive fulgurante vers le sud.

    L'Iran à la rescousse?

    Ironiquement, l'Iran chiite pourrait se porter au secours de l'Irak de Nouri Al-Maliki et des Américains. Préoccupé par la progression des djihadistes sunnites en Irak, l'Iran n'exclut pas la possibilité de coopérer avec les États-Unis dans le dossier irakien.

    « Nous pouvons travailler avec les Américains pour mettre fin à l'insurrection au Proche-Orient », a déclaré le responsable iranien en faisant référence aux événements en Irak. « Nous sommes très influents en Irak, en Syrie et dans de nombreux autres pays. »

    Allié du président syrien Bachar Al-Assad, l'Iran s'inquiète du contrôle des djihadistes de l'EIIL sur un territoire qui chevauche la frontière entre la Syrie et l'Irak. Or, les djihadistes profitent de la rébellion contre le gouvernement syrien pour progresser vers Bagdad.

    Tous deux confrontés au djihadisme sunnite, les deux anciens ennemis pourraient faire front commun dans ce dossier.

    Washington soutient toutefois que de telles discussions entre les deux pays n'existent pas.

    Les chiites lancent un appel aux armes

    Craignant un renversement du gouvernement chiite du premier ministre Nouri Al-Maliki et pour la sécurité des populations qui sont directement menacées par les insurgés, un représentant du grand ayatollah Ali Al-Sistani, la plus haute autorité du chiisme en Irak, a appelé vendredi toute la population irakienne à se lever et à prendre les armes pour défendre le pays et repousser l'offensive des troupes de l'EIIL.

    « Les citoyens qui peuvent porter les armes et combattre les terroristes pour défendre leur pays, leur peuple et leurs lieux saints, doivent se porter volontaires et s'enrôler dans les forces de sécurité pour mener cet objectif sacré. » — Cheikh Abdel Mehdi Al-Karbalaï, au nom de l'ayatollah Sistani
    Vers une crise humanitaire prolongée

    Le Conseil de sécurité de l'ONU a offert son soutien « unanime » jeudi au gouvernement irakien et au peuple de l'Irak dans leur combat contre le terrorisme. Les Nations unies rapportent la mort de dizaines de civils, ainsi que des exécutions sommaires.

    L'ONU estime que, jusqu'ici, au moins 500 000 Irakiens ont dû fuir les combats à Mossoul tandis que 40 000 autres ont subi le même sort dans les villes de Tikrit et de Samarra, selon l'Organisation internationale pour les migrations, qui anticipe une crise humanitaire prolongée en Irak.

    Le Programme alimentaire mondial (PAM) a quant à lui lancé une première opération d'urgence pour fournir une aide alimentaire à 42 000 personnes déplacées par le conflit en Irak cette semaine.

    Dans un premier temps, le PAM fournira environ 550 tonnes de nourriture par mois aux Irakiens à partir des Émirats arabes unis et de la Turquie.


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    Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a pour sa part reçu des témoignages faisant état de l'exécution de 17 civils employés par la police et d'un employé judiciaire dans le centre de la deuxième ville d'Irak, Mossoul, tombée aux mains des djihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant.

    Quatre femmes se sont suicidées après avoir été violées, 16 Jordaniens ont été capturés et les centaines de détenus libérés par les djihadistes cherchent à se venger des personnes responsables de leur incarcération, a ajouté le porte-parole, Rupert Colville.

    « Nous avons également des informations indiquant que les forces gouvernementales ont également commis des excès, en particulier le bombardement de zones civiles les 6 et 8 juin. Il y a des affirmations selon lesquelles jusqu'à 30 civils auraient été tués. »

    Les insurgés à 60 kilomètres de Bagdad | ICI.Radio-Canada.ca
     

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