Les mariages augmentent, mais aussi les divorces

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 5 Février 2006.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    Après deux ans de l'entrée en vigueur du code de la famille, le ministre de la Justice, Mohamed Bouzoubaâ, est optimiste malgré les reproches de certaines associations. Quelques militantes associatives estiment, en effet, que la communication et la sensibilisation autour de ce grand texte n'a pas été à la hauteur des aspirations. La hausse du nombre des cas de répudiation et de divorces en témoigne.


    Cette hausse est due à la non compréhension des dispositions du code de la famille. En 2005, le nombre des cas est de 29.668 dont 9.983 divorces alors qu'en 2004, on n'enregistre que 26.914 cas dont 7.213 divorces.

    Il n'y a pas lieu de s'inquiéter, estime Mohamed Bouzoubaâ car ce taux est en régression par rapport à 2003 où l'on a noté 44.922 répudiations et divorces. Par ailleurs, le divorce consensuel sous contrôle du juge a augmenté de 166,08 %. La hausse du nombre des cas des divorces est due entre autres à la procédure du “ chiqaq ”, une mesure qui s'avère facile à appliquer.

    La Moudawana a renforcé le droit de la femme à demander le divorce pour préjudice subi (femme battue, délaissée, abandonnée sans moyens de subsistance…) : le divorce est prononcé par le juge à la demande de l'épouse. Aussi, la femme peut-elle obtenir le divorce d'une manière plus aisée que par le passé. En effet, selon les statistiques, le divorce appelé “ Khouleê ” a baissé de l'ordre de 6,34 % entre 2004 et 2005 et de 43,07 % par rapport à 2003. Il est passé de 21.076 cas à 11.238.

    D'après le ministre de la Justice, de grands efforts ont été déployés pour la bonne application de la Moudawana. Ainsi, le nombre des mariages a connu une hausse notable en 2005 de l'ordre de 3,4 % par rapport à 2004. On enregistre, ainsi, 244.795 mariages contractés en 2005 contre 236.574 en 2004.

    L'abolition de la règle qui soumettait la femme, au titre de la “wilaya” dans le mariage, à la tutelle d'un membre mâle de sa famille a été largement utilisée. Quelque 49.175 filles majeures ont contracté, elles-mêmes, leur mariage en 2005 alors qu'en 2004, elles étaient en nombre de 34.475. Aussi, peut-on comprendre que les Marocains commencent à être de plus en plus conscients du contenu de la Moudawana.

    La polygamie, qui nécessite des conditions spéciales, est en diminution. Elle est passée de 904 cas à 841, soit une baisse de 6,97 %. Auparavant, le mari avait pour obligation d'aviser l'épouse de sa décision de prendre une deuxième épouse et d'informer celle-ci qu'il est déjà marié, l'autorisation du juge n'étant pas requise.

    Ces statistiques ont été présentées lors d'une journée d'études à Rabat dédiée à l'évaluation de l'expérience de deux années de l'application de la Moudawana. Le ministre de la Justice souligne qu'un grand chemin a été parcouru grâce aux efforts de toutes les personnes concernées. " L'intervention d'office du ministère public dans toute action visant l'application des dispositions du code de la famille est on ne peut plus bénéfique ". Encore faut-il bien comprendre toutes les dispositions du code de la famille.

    Les juges, en l'occurrence, ne doivent pas être rigides dans l'application d'un texte qui concerne toute la société. La souplesse est recommandée !


    LEMATIN
     

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