Les Marocains accusés des attentats de madrid : Les erreurs espagnoles

Discussion dans 'Info du bled' créé par omarigno, 21 Avril 2006.

  1. omarigno

    omarigno Visiteur

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    Le juge Juan Del Olmo dépose son rapport de plus de 1400 pages devant les juges espagnols pour boucler les investigations du 11 mars madrilène. La Gazette du Maroc s’est procuré ce document et en fait une lecture. Un dossier qui charge plusieurs Marocains presque sans preuves pour quelques- uns des accusés. À la fois rapport fait à la hâte, malgré les deux ans d’investigations
    (les partis politiques en Espagne ne sont pas d’accord sur son contenu) sans oublier les amalgames qui rappellent quelques faux-pas du rapport de Balthazar Garzon.



    C’est un sommaire des plus simples où l’on découvre que le juge Juan Del Olmo était confronté à la nécessité d’un travail d’urgence pour présenter son document. Et à cette urgence, il y a d’abord une raison de poids. Le juge devait statuer s’il fallait garder en détention les 119 accusés du dossier du 11 mars après la date butoir de deux ans. Pour reconduire cette même période, il fallait donc présenter un rapport avec des chefs d’inculpation définis, quitte à ce qu’ils soient revus plus tard. Et ce scénario a déjà eu lieu concernant plusieurs Marocains présentés au lendemain des attentats de Madrid 2004 comme étant «de dangereux criminels et de grands terroristes». On rappelle ici les cas de Mohamed El Bekkali, Mohamed Chaoui, Abderrahim Zbakh, les frères Cheddadi, Driss Chebli, Abdelaziz Benyaïch pour ne présenter que quelques noms aujourd’hui célèbres dans le monde. Ils ont tous été libérés pour manque de preuves. Pour certains magistrats en Espagne qui ont fait entendre leurs voix, il faudra s’attendre à d’autres relaxations pour « manque de preuves avant la fin de la deuxième période de détention ».

    Les failles d’un rapport
    Quand le juge Juan Del Olmo présente le cas Jamal Zougam, il ne s’appuie que sur quelques minces preuves. Il y a cette affaire de témoin oculaire. La Gazette du Maroc apporte ici la preuve que ce fameux témoin n’est autre qu’un Marocain poursuivi en justice par ce même Jamal Zougam « pour coups et blessures ». Le témoin du juge Del Olmo a été condamné à plusieurs mois de prison dans un procès qu’il a perdu face à Zougam. Au lendemain des attentats de Madrid, il est le seul témoin dans tout Madrid à avoir vu Jamal Zougam sortir de la gare où les trains allaient exploser! Ensuite, on nous parle d’empreintes dans la fameuse maison de Morata De Tajuna ; là où les explosifs ont été préparés. Jusqu’à cet instant, il semblerait qu’il s’agisse d’une preuve hypothétique que la presse espagnole réclame et que l’Audience nationale n’a pas encore présentée. Présenté comme un gros calibre, il ne doit faire face qu’à ces minces preuves que d’aucuns qualifient de « pas sérieuses ». Dans le cas Zougam, il y a un autre point qui laisse pour le moins perplexe. On s’en souvient après l’extradition de Rabei Osman El Sayed, connu sous le nom de l’Egyptien de Milan vers Madrid, que ce dernier a été donné par le même juge Del Olmo comme le cerveau des attentats. Ce même Egyptien qui a nié avoir dealé dans ces attentats avec Zougam. Pourtant. Ce dernier porte le chapeau alors que celui qui avoue avoir « organisé ces attentats » n’est accusé que comme conspirateur. Sans oublier que Zougam a été arrêté en 2001 par le juge Balthazar Garzon et relâché pour manque de preuves dans le cadre des enquêtes sur la cellule espagnole alors dirigée par le Syrien Abou Dahdah. La commission rogatoire française diligentée par le juge Bruguière s’était elle aussi soldée par un fiasco faisant du Marocain un suspect innocent. Que s’est-il passé depuis ? Zougam aurait-il hérité de la cellule de Madrid ? Rien n’est plus incertain dans l’absence de faits tangibles. Et un rapport ne peut s’appuyer sur des suppositions et des interprétations pour charger des accusés présumés.

    Le cas Abouchar
    Il était absent de la liste des accusés et des suspects. Mais l’été 2005 devait nous révéler un autre « gros calibre ». Arrêté en Serbie, il est accusé d’être un auteur matériel. Ce qui dérange dans le cas Abouchar, c’est qu’il est aujourd’hui présenté comme le septième suicidé de Leganes. Et c’est là que le rapport part dans tous les sens. D’abord le même juge Del Olmo avait avancé le nom de Saïd Berraj comme l’évadé de Leganes. Ses photos ont été placardées dans tous les aéroports européens avec plusieurs mandats d’arrêt à l’appui. Puis du jour au lendemain, ce n’est plus lui le septième larron de Leganes, mais Abdelmajid Abouchar. Ce dernier étant le néophyte du groupe des accusés malgré quelques accointances avec plusieurs des accusés. Mais là, certains avancent « que tous les Marocains de Lavapiés se connaissaient entre eux. Cela ne fait pas d’eux tous des complices de Zougam ». Dans le même lot des auteurs matériels, le juge Del Olmo introduit le nom de l’Espagnol, José Emilio Suarez Trashorras. Celui qui a négocié les explosifs devient auteur matériel. Pourtant, cet ex-mineur des Asturies peut répondre des mêmes faits qu’au moins quinze autres accusés dont Rafa Zouheir, Antonio Toro, Almallah, Fouad El Morabit, Larbi Ben Sallam et d’autres. On évoque ici le cas de l’Espagnol pour démontrer que beaucoup de profils d’accusés ont été mélangés. Osman Sayed devient conspirateur, Hassan El Haski, donné comme ponte du fameux GICM, et Youssef Belhaj, un idéologue « avéré » ne sont plus les responsables directs. Comment peut-on appréhender cette question quand on sait que les cerveaux des attaques sont plus dangereux que les pseudo kamikazes.
    Dans cette large palette d’erreurs relevées dans le rapport Del Omo, on n’arrive pas à s’expliquer la charge contre les détenus marocains alors que sur les 29 accusés, il y a neuf Espagnols impliqués, plusieurs Syriens, un Libanais et d’autres Algériens. Il faut aussi revenir sur le cas Saîd Berraj, présenté par les juges espagnols comme l’un des suicidaires présumés et dont le nom disparaît aujourd’hui des poursuites !
    À la lecture de ce rapport, on se rend compte qu’il y a plus de littérature retraçant la vie des prévenus que des faits qui peuvent étayer la thèse forte d’un réel groupe de terroristes. Car dans cette affaire du 11 mars, la vérité est morte le 3 avril 2004 à Leganes quand le groupe Oulad Akcha, Ahmidan, Kounjaa et Serhane Fakhet a décidé d’en finir par la voie du suicide. Pour le reste, il faut des faits solides pour ne pas tomber dans les travers du juge Garzon qui juge Abdelaziz Benyaïch à neuf ans de prison ferme avant de le relâcher tout comme Driss Chebli donné comme l’ami et le confident de Mohammad Atta et de Ramzi Benalshibh, condamné à 29 ans de prison, pourtant libre depuis quinze jours

    http://www.lagazettedumaroc.com/articles.php?id_artl=9727&r=2&sr=852
    Article propose par MATAPAYOS

     

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