Les mercantis font la loi à Tafraout : Les prix ne craignent pas les communiqués

Discussion dans 'Info du bled' créé par Info du bled, 22 Août 2009.

  1. Info du bled

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    C’est l’anarchie dans la ville en cette période estivale qui draine des milliers de visiteurs. En effet, devant une demande accrue des produits alimentaires provoquée par ces affluences, rien ne peut plus retenir l’avidité des commerçants pour les gains illicites. C’est dire qu’à leurs yeux, les acheteurs ne sont plus que synonymes de pigeons. Et «étriller tant qu’on peut ses clients», semble être la devise que se partagent cyniquement tous les marchands de la ville. C’est l’occasion d’opérer des majorations vertigineuses illégales. Aucun produit n’a échappé au diktat des vendeurs sans scrupule. A commencer par les légumes. Il suffit de faire une visite chez les marchands, aussi bien au centre-ville qu’au marché de légumes, pour s’en convaincre.
    On s’aperçoit ainsi que la tomate est tarifiée à 8 dh, la pomme de terre (6 dh), les carottes (5 dh), les piments verts (8 dh). Item pour les fruits dont les prix ont outrageusement augmenté. Le raisin a atteint 16 dh le kilo, les pastèques et melons sont cédés respectivement à 7 et 8 dh le kilo. Des prix jugés exorbitants par les consommateurs comparativement à ceux pratiqués en cette même période au marché d’approvisionnement d’Inzegane. Les écarts dépassent largement les marges bénéficiaires réglementaires. Sachant que le tarif d’un kilo de tomate n’y dépasse pas 3 dh, la pomme de terre (2 dh), les carottes (1,5 dh) et les piments verts (4 dh). Quant aux fruits, selon un marchand de gros du souk d’Inezgane d’où se ravitaillent les légumiers de la ville, le raisin, la pastèque et le melon sont cédés respectivement à 6,2 et 2,5 dh. S’agissant des viandes, la révision à la hausse concerne également les différentes variétés de ce produit très consommé dans la région en cette période en raison des moussems et échanges de visites familiales très fréquentes entre visiteurs et autres membres de leurs familles sur place. Si donc la viande rouge (ovine et bovine) est vendue entre 70 et 75 dh le kilo, soit une augmentation de 10 à 15 dh par rapport aux tarifs normaux, le prix du poulet est par contre, excessivement cher, sachant qu’il est passé de 23 dh à 35 dh le kilo. Des hausses injustifiées eu égard à ceux pratiqués dans les différents souks avoisinants comme Idawsmlal et Aït Abdellah, où la viande de la même qualité est exposée sur les étals à 55 et 60 dh, au moment où la viande blanche y coûte entre 23 dh et 25 dh.
    Autres produits dont les prix ont connu des augmentations insensées : le lait et certains produits dérivés. Notamment, le petit lait «Leben» et le lait caillé «Raib» prisés en été par les consommateurs. Le berlingot d’un litre de l’un ou l’autre de ces produits laitiers, a atteint 12 dh. Mais c’est surtout à la faveur de l’insuffisance des quantités distribuées par les sociétés dans la région (Centrale Laitière et Jaouda) par rapport à une subite demande «gargantuesque» en la matière, qui ont provoqué cet état de fait. Donnant ainsi libre cours aux marchands indélicats et gérants d’autres laiteries de même acabit d’écouler sous cap cette «rare marchandise», en proie ainsi aux spéculations des plus folles.
    Le secteur des services n’a pas été épargné non plus par cette absurde spirale de renchérissements illicites. Particulièrement, celui du transport. Les voyageurs en provenance de Tiznit et Agadir à destination de Tafraout ont dû subir les «lubies» des plus déraisonnables des chauffeurs de taxis qui leur imposent des tarifs insensés. Comme nous le font savoir ces membres d’une famille tafraoutie qui ont dû, faute de places dans les moyens de transport, casquer à Tiznit 120 dh chacun. Ceci alors que le prix normal en vigueur est fixé à 37,50 dh. Les visiteurs et habitants sont indignés par ces comportements malhonnêtes.
    On pointe du bout du doigt les autorités locales qui n’ont rien fait pour remettre de l’ordre en la demeure. «Nous dénonçons vivement l’incurie des autorités de la région face à ce désordre. Les prix flambent sans raison tant que l’offre est abondante; le rigoureux affichage des tarifs n’est pas respecté. Ce qui laisse croire que l’on est sciemment abandonnés pour se faire plumer par ces marchands malhonnête!», nous déclare, furieux, le président d’une association de développement locale.
    En effet, selon nos sources, tout en étant en connaissance de cause, les autorités locales n’ont entrepris aucune action préventive pour pallier le manque de produits alimentaires en cette période estivale dans la région. Encore moins d’effectuer les contrôles pour barrer la route aux spéculateurs. Même les plaintes des citoyens lésés n’ont pas pu faire bouger le dispositif du service des fraudes. Pour preuve, ce consommateur qui nous a déclaré qu’il s’est fait payer un litre de Leben à 12 dh. Face à cet abus, il s’est plaint auprès du pacha de la ville, croyant que son acte de civisme allait mettre fin à cette hausse illicite. Mais qui, à sa grande surprise, découvrira tristement le lendemain, le marchand incriminé en train d’écouler tranquillement son petit lait au même prix.








    Source : libe.ma
     

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