Les Savants Musulmans

Discussion dans 'Bibliothèque Wladbladi' créé par titegazelle, 9 Juin 2012.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    LES SAVANTS MUSULMANS

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    Sciences et techniques islamiques

    Les sciences et techniques islamiques se sont développées au Moyen Âge, dans le contexte politico-religieux de l'expansion arabe et musulmane. Le monde arabo-musulman est à son apogée du VIIIe au milieu du XIIe siècle : c’est l’âge d'or de la science dans les pays Arabes.
    Cette culture scientifique a pris son essor à Damas sous les derniers Omeyyades, puis à Bagdad sous les premiers Abbassides. Elle débute par une traduction accompagnée de lecture critique des ouvrages de l'Antiquité en physique, mathématique, astronomie ou encore médecine, traductions qui concourront à la genèse d'une culture arabe « classique ».
    Dans ce contexte, la langue arabe, langue de l'islam, jouera un rôle essentiel comme outil et véhicule de cette culture qui n'est déjà plus une simple transmission de la pensée grecque car elle comporte de nombreuses innovations. La situation de carrefour de l'Empire arabe explique également en partie les influences indiennes voire chinoises.
    Selon Ahmed Djebbar, si les acquis sont incontestables dans de nombreux domaines, les arabo-musulmans cultiveront l'hermétisme avec l'alchimie ou l'astrologie et conserveront également le géocentrisme de Ptolémée.
    Dans sa monumentale Histoire des sciences, George Sarton montre comment après les Égyptiens, les Sumériens, les Grecs, les Alexandrins, les Romains, les Byzantins, les savants du monde musulman (Persans, Arabes, Berbères...) ont dominé, en une suite ininterrompue, de 750 à 1100.

    Citons notamment :
    - le chimiste Jabir Ibn Hayyan (vers 800),
    - le père de l'algèbre et des algorithmes Al-Khawarizmi (780-850),
    - le médecin Ibn Firnas (810-887) qui en 880 construisit la première machine volante faite d'étoffe et de plumes,
    - Rhazès (Al Razi, mort en 925) qui fut le fondateur du premier hôpital,
    - l'astronome et historien Al-Biruni (973-1050),
    - le philosophe et médecin Avicenne (980-1037),
    - Omar Khayyam (1047-1122), mathématicien et poète.

    À partir du XIIe siècle, émergent les savants européens mais ils doivent encore compter avec :
    - le philosophe Averroès (1126-1198),
    - le médecin et théologien juif Maïmonide (1135-1204),
    - le géographe et voyageur Ibn Battûta (1304-1377),
    - et l'historien Ibn Khaldoun (1332-1406).


    L'essor des sciences dans le monde arabo-musulman
    L'extension du monde arabo-musulman a mis en contact plusieurs civilisations différentes : l'empire arabe, construit à partir du VIIe siècle, prend le contrôle politique des territoires anciennement hellénisés (Alexandrie d'Égypte par exemple). Les savants musulmans ont donc pu consulter les ouvrages scientifiques de l'Antiquité. Au VIIe siècle, les Arabes détruisent l'empire sassanide et sauvegardent le savoir de l'ancienne Perse.
    Les conquérants arabes se sont trouvés en contact avec la civilisation indienne, à l'est. Ils ont aussi rencontré les Chinois pendant le règne du premier abbasside Abû al-`Abbâs à la victoire de Talas. Cette victoire a été l'occasion d'acquérir un certain nombre de techniques chinoises dont celle de la fabrication du papier. Le papier a rapidement remplacé le parchemin dans le monde musulman : des manufactures furent créées à Samarkand, Bagdad, Damas et au Caire.
    Les dirigeants musulmans ont encouragé la recherche scientifique et la diffusion du savoir : Harun ar-Rachid (calife de 786 à 809) imposa l'usage du papier dans toutes les administrations de l'empire. Sous l'administration de ses vizirs barmécides, Bagdad devint la capitale intellectuelle de son époque. Des écoles et des bibliothèques furent construites. Al-Mamun, calife de 813 à 833, avait réuni à Bagdad des savants de tous horizons, quelles que soient leurs croyances. Féru d'astronomie, il crée en 829, dans le quartier le plus élevé de Bagdad, près de la porte Chammassiya (du Soleil), le premier observatoire permanent au monde, l'Observatoire de Bagdad, permettant à ses astronomes, qui avaient traduit le Traité d'Astronomie du grec Hipparque, ainsi que son catalogue d'étoiles, d'étudier le mouvement des astres. En 832 fut fondée la Maison de la sagesse (Baït al-hikma).
    Abu Raihan al-Biruni calcule le diamètre de la Terre, et affirme que la Terre tournerait sur elle-même, et cela bien avant Galilée, reprenant les écrits d'Ératosthène d'Alexandrie (IIIe siècle av. J.-C.).
    La langue arabe, commune à tout l'empire, a également été un facteur déterminant dans la diffusion des connaissances et de l'élan scientifique.


    Mathématiques

    La civilisation arabo-musulmane a joué un grand rôle dans l'histoire des mathématiques en sauvegardant mais aussi en approfondissant l'héritage antique. Ce rôle a été particulièrement novateur en algèbre, grâce à l'adoption à la fin du VIIIe siècle du système décimal et des chiffres indiens (incluant, à la différence des chiffres romains, le zéro), en analyse combinatoire et en trigonométrie. Avec Al-Khawarizmi, les Arabes sont les auteurs de la désignation par « x » de l'inconnue dans les équations; cependant, les carrés, cubes, racines carrées et racines cubiques font encore l'objet de signes spéciaux et non d'exposants.
    Les mathématiques ont été utilisées par les savants arabes comme auxiliaires d'autres disciplines telles que l'astronomie, les techniques de constructions géométriques (mosaïque, muquarnas, coupole …) mais aussi à des fins purement religieuses pour calculer les coordonnées géographiques et indiquer la direction de La Mecque.
    En géométrie, les mathématiciens arabes reprennent les travaux grecs (Euclide) grâce à un effort de traduction et de copie des traités de l'Antiquité, souvent encouragé par le pouvoir politique. Ainsi les Arabo-musulmans ont intégré les acquis de l'Antiquité et les ont utilisé comme base pour leur propre développement.

    L'empire musulman dominait la médecine au Moyen Âge grâce à des personnages tel que Avicenne, auteur de la celebre encyclopédie médicale Qanûn, Ibn Nafis, qui décrit la circulation sanguine pulmonaire, et al-Razi, initiateur de l'usage de l'alcool en médecine. Au XIe siècle, l'Andalou Abu-l-Qasim az-Zahrawi (appelé Abulcassis en Occident) écrit un ouvrage de référence sur la chirurgie. Maïmonide (1135-1204), médecin juif du sultan ayyoubide Saladin, influença également la médecine arabe. Les hôpitaux servaient à la fois d'école de médecine et de lieux de soins ce qui correspond à l'invention de la médecine hospitalière.

    Les premiers hôpitaux ouvrent, en tant que léproserie au départ, puis évoluent pour traiter les maladies du corps humain comme celles de l'esprit. L'anesthésie, pratiquée dans l'Antiquité par l'ingestion d'opium, de mandragore ou de diverses autres substances donnant envie de dormir, est perfectionnée par l'utilisation d'une éponge imbibée par un mélange de ces substances. Séchée, cette spongia somnifera comme elle sera appelée permet au chirurgien d'opérer en soumettant le patient aux vapeurs de l'éponge humidifiée avant l'emploi et qui plongeait les patients dans un état proche de l'anesthésie générale, mais qui ressemble plutôt à un état analgésique accompagné de perte de conscience. On y découvre le fonctionnement de la petite circulation pulmonaire et de la circulation sanguine. La dissection était également pratiquée. C'est ainsi que des aspects anatomiques incompris des médecins grecs anciens sont découverts. La traduction des textes latins et grecs fut encouragée et les savants venaient à Bagdad et de toutes les régions de l'empire.

    [FONT=&quot]Abu Bakr Mohammad Ibn Zakariya al-Razi
    Abu Al-QasimAvicenneAvenzoar
    Ibn NafisAbu Muhammad Ibn al-Baitar



    Physique, chimie, optique

    La civilisation arabo-musulmane compte des alchimistes renommés. En cherchant de l'or, ils travaillent sur d'autres matières comme par exemple l'acide nitrique et perfectionnent la distillation (alambic est un mot d'origine arabe comme alcool). La chimie connut une impulsion décisive avec Jâbir ibn Hayyân (vers 845) et s'illustra avec la manipulation de nombreux produits minéraux, végétaux et animaux.

    Le développement sans précédent de l'industrie papetière conduira à la mise au point d'encres, de papiers de qualités différentes capables de supporter dorures et enluminures, à la maîtrise de fermentations et de procédés d'encollage. La rame de papier est un autre mot d'origine arabe (ramza).
    Ibn al-Haytham, Ibn Sahl (premier découvreur des lois de la réfraction, exposées plus tard par Descartes), Taqi al-Din et al-Kindi ont réalisé des manuscrits d'optique.




     
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    Technologie


    La civilisation arabo-musulmane a su assimiler les techniques découvertes en Orient et dans les pays conquis, les perfectionner et les enrichir puis les transmettre à l'occident. On leur doit notamment de remarquables automates, comme ceux des trois frères Banou Moussa et de nombreuses machines hydrauliques décrites par le savant Al-Djazari dans son traité Recueil utile sur la théorie et la pratique de l'art des procédés ingénieux. Dans le domaine militaire, ils ont développé des techniques découvertes en Chine et ont mis au point de nouveaux engins qui en font des précurseurs dans l'usage de la poudre. Ils se sont intéressés aux problèmes de l'irrigation et ont développé de nombreux types de moulins. On leur doit aussi le perfectionnement de systèmes à engrenage notamment dans le domaine de la mesure du temps.

    Les systèmes d'irrigation sont souvent considérés comme un acquis de la civilisation arabo-musulmane. La noria (mot d'origine arabe) mue par un manège, était déjà connue des Romains car l'irrigation était une nécessité déjà ancienne dans ces régions semi-arides nouvellement conquises. En matière d'hydraulique, on leur doit sans doute l'exploitation de nappes profondes en Afrique du nord, Sicile et Espagne car la technique était déjà maîtrisée en Iran, grâce à la technique des qanats.


    L'industrie du papier est certainement la plus emblématique de l'expression technique arabo-musulmane avec l'apparition de moules en bambou, une standardisation des formats (notamment 1 x 1,414) et l'utilisation de l'énergie hydraulique pour la fabrication de la pâte. En générant des techniques affluentes, elle conduira à quelques évolutions sociales caractéristiques d'un nouveau système technique (travail des femmes dans les ateliers, création de corporations et de nouveaux métiers) sans toutefois atteindre la dimension d'une véritable révolution technique.

    D'une façon générale, les arabo-musulmans semblent avoir fait preuve de pragmatisme, acceptant les techniques de l'occupé en évitant ainsi les troubles socio-économiques liés à toute révolution technique en profondeur.


    Étant au départ un peuple nomade, ils possèdent une technologie peu développée car les installations techniques avancées nécessitent la sédentarisation. Ils manquèrent de fer, du fait de la rareté des gisements et de sources d'énergie insuffisantes, et furent contraints de l'échanger contre de l'or et des épices. La navigation fluviale (Nil, Euphrate) est restée proche de celle de l'antiquité et les innovations en matière de navigation semblent limitées bien que Roberto Sabatino Lopez leur attribue l'invention de la voile latine. La maîtrise de l'espace leur a posé problème comme aux Romains, et il faudra attendre le XVe siècle pour trouver le premier pont en pierre dans l'Europe turque. L'industrie textile s'appuiera largement sur les développements des régions soumises (textiles égyptiens, tapis persans). La vie religieuse de l'Islam exigeait la ville et on assistera à la création d'une vingtaine de centres urbains, mais le plus souvent selon des plans réguliers déjà connus du monde gréco-romain.


    Dans le domaine militaire, ils ont contribué, avec l'empire chinois et l'empire byzantin, à développer les techniques sur les engins de sièges comme les trébuchets à contrepoids et de mangonneaux. La cotte de mailles et l'épée sont empruntés aux occidentaux. L'arbalète est connue tardivement au IXe siècle. On peut citer le traité d'armurerie composée pour Saladin (Salah Eddine) de l'ingénieur Murda al Tarsusi écrit dans la deuxième moitié du XIIe siècle ou le Kitab Aniq fi al-Manajaniq (Livre élégant sur les trébuchets), écrit par Yusuf ibn Urunbugha al-Zaradkash. Mais ces livres ne semblent pas indiquer d'originalités par rapport aux techniques occidentales de l'époque en ce qui concerne la machinerie de guerre et l'artillerie à contrepoids. Ils ont perfectionné l'usage de la poudre venue de la Chine. Hasan al-Rammah, dans son traité al Furusiya w'al Munasab al_Harbiya (traité de l'art du combat à cheval et des machines de guerre) décrit des techniques chimiques pour améliorer les performances de la poudre à canon et présente de nombreuses applications de celle-ci dans le domaine militaire, notamment ce qui semble être une des premières conceptions de missile, appelé L'œuf qui bouge lui même et brûle, mais on ne sait pas si l'engin fut seulement imaginé ou bien réellement utilisé. L'arquebuse apparaît dans les armées du royaume de Grenade nasride au XIIIe siècle ; c'est ainsi que l'Occident chrétien acquiert la poudre inventée par la civilisation chinoise.

    Au final, c'est peut-être dans son rapport original avec l'art que la technique s'est le plus enrichie au contact de la civilisation arabo-musulmane.


    L'effet de diffusion technologique du fait de l'unité politique de l'empire sera bientôt tempéré par le fractionnement en nombreux califats indépendants.

    Al-Djazari
    Alhazen

    Frères Banou Moussa



    Astronomie

    L'astronomie se développe peu en Europe lors du Moyen Âge, mais elle est alors florissante dans le monde arabe. Les scientifiques de cette civilisation reprennent les études du grec Claude Ptolémée (IIe siècle) tout en améliorant son système. Ainsi, les premières traductions en arabe de l''Almageste datent du IXe siècle.
    À cette époque, cet ouvrage était perdu en Europe. En conséquence, l'Europe occidentale redécouvrit Ptolémée à partir des traductions des versions arabes : une traduction en latin a été réalisée par Gérard de Crémone à partir d'un texte provenant de Tolède, en Espagne. Il fut incapable de traduire de nombreux termes techniques - il retint même le nom arabe Abrachir pour Hipparque.

    L'astronomie est la discipline reine car elle permet une meilleure connaissance des territoires par la détermination des longitudes et des latitudes. L'astronomie arabe s'est attachée à résoudre des problèmes concernant la pratique de l'Islam : déterminer les dates du ramadan, calculer l'heure des cinq prières quotidiennes, fixer la direction de La Mecque. Il ne faut pas perdre de vue que la civilisation musulmane se fonde sur un calendrier lunaire et sur les échanges commerciaux lointains.

    Jusqu'à l'apparition de la lunette astronomique, l'observation des astres a progressé grâce à l'utilisation de l'astrolabe : cet instrument qui servit également à la navigation, a probablement été inventé par Hipparque. Il a ensuite été amélioré dans le monde islamique, avant d'atteindre l'Europe vers 970, par l'intermédiaire du moine Gerbert d'Aurillac. Ce dernier rapporta un astrolabe d'Al-Andalus.

    L'astronome perse al-Farghani écrit beaucoup sur le mouvement des corps célestes ; son œuvre est traduite en latin au XIIe siècle. À la fin du Xe siècle, un grand observatoire est construit près de Téhéran par l'astronome al-Khujandi. Il effectue une série d'observations qui lui permettent de calculer l'obliquité de l'écliptique. En Perse, Omar Khayyam compile une série de tables et réforme le calendrier. Un grand observatoire est construit à Istanbul, pour l'astronome arabe, Taqi al-Din. Les savants musulmans de l'époque médiévale qui s'occupent d'astronomie sont nombreux (al-Battani, al-Farabi, Omar Khayyam, al-Kindi, al-Hasib al-Misri, al-Maghribi, al-Razi, Ibn al-Haytham, al-Biruni, al-Sufi, al-Tusi, al-Kashi, Qadi-zadeh Roumi, Oulough Beg, Taqi al-Din)… al-Sijzî remet en cause la fixité de la Terre.

    L'astrologie arabe est en relation avec l'astronomie : les horoscopes sont établis en fonction des astres et nécessitent l'utilisation d'instruments d'observation.



    Géographie

    Au cours du Moyen Âge, les géographes arabes, tels qu'Idrissi, Ibn Battuta, et Ibn Khaldun ont conservé et enrichi l'héritage gréco-romain, syriaque, perse et indien.

    À partir du VIIIe siècle, les premiers géographes musulmans perpétuent entre autres l'œuvre des géographes de l'Antiquité (Hérodote, Pline l'Ancien ou encore Ptolémée), puis dès le XIe siècle se développent une véritable littérature géographique originale en plus d'un savoir-faire cartographique.


    Les grands géographes sont :

    - Al Masudi, mort en 957, Muruj adh-dhahab ou Les prairies d'or, est le manuel de référence des géographes et des historiens du monde musulman. Il a beaucoup voyagé à travers le monde arabe ainsi qu’en Extrême-Orient.
    - Al Bakri, auteur du Routier de l’Afrique blanche et noire du nord-ouest, rédigé à Cordoue vers 1068
    - Yaqout al-Rumi (XIIIe siècle), Livre des pays
    - Al Idrissi, (mort vers 1165), Description de l'Afrique et de l'Espagne
    - Ibn Battûta (mort en 1377) est le premier géographe de culture arabe à se rendre en Afrique subsaharienne, Europe et en extrême Est de l'Asie, à Gao,en Chine,Inde, Espagne et à Tombouctou, ; son ouvrage principal s’intitule Présent à ceux qui aiment à réfléchir sur les curiosités des villes et les merveilles des voyages.
    - Ibn Khaldoun, (mort en 1406) est un historien et philosophe d' Afrique du Nord. Certains le considèrent comme l'historien des sociétés arabe, berbère et perse. Il est l’auteur des Prolégomènes historiques et d’une Histoire des Berbères.
    - Léon l'Africain, (mort en 1548), est l’auteur d’une précieuse description de l'Afrique
    - Rifa'a al-Tahtawi (mort en 1873) traduisit des ouvrages médiévaux de géographie et d’histoire. Son œuvre porte surtout sur l’Égypte musulmane.

    - Carte de Piri Reis : La carte de Piri Reis est une carte ancienne, découverte en 1929 lors de la restauration du Palais de Topkapi à Istambul. Elle est attribuée à l'amiral et cartographe ottoman Piri Reis qui l'aurait tracée en 1513. Dessinée sur une peau de gazelle, elle détaille les côtes occidentales de l'Afrique et les côtes orientales de l'Amérique du Sud. Au Sud de ces dernières, un tracé fait l'objet d'interprétations contradictoires.

    La cartographie progresse pendant l'âge d'or de la civilisation musulmane. Grâce à la boussole, transmise par les Chinois, et aux tables de coordonnées géographiques, il devient plus facile aux marchands de se déplacer.

    [FONT=&quot]Ibn BattutaAboul FédaAl Idrissi
    Al MasudiAl-MuqaddasiLéon l'Africain
    Al BakriIbn FadlânIbn Hawqal
    [FONT=&quot][FONT=&quot]Carte de Piri Reis




    Botanique, zoologie, agriculture

    Les Arabes traduisent les traités de Dioscoride (De Materia Medica) et font progresser la pharmacopée. Le mot sirop est d'origine arabe. L'utilisation des alambics permet d'extraire des substances telles que l'essence de rose, l'eau de fleur d'oranger. Ils perfectionnent également le raffinage du sucre, venu de Perse, et introduisent la confiserie dans l'alimentation et la conservation des végétaux. On leur doit l'extension jusqu'à l'Atlantique de la culture de la canne à sucre, du riz, du coton. Leur acquis principal réside dans la création de jardins botaniques expérimentaux (Al-Andalus), l'Al-munia est à la fois lieu d'acclimatation, de plaisir et d'étude où les plantes sont considérées sous tous leurs aspects : alimentaire, parfum, médicinale, utilitaire et décoratif. La zone de culture de certains fruits (bigarades, citrons, bananes, dattes) et de certaines fleurs (crocus sativus dont on tire le safran, jasmin ), de plantes utilitaires (murier à soie) connait une expansion qui suit celle de l'islam. Grâce à la maîtrise de l'hydraulique des méditerranéens qu'ils améliorent avec les moulins, grâce à leur curiosité pour les techniques agricoles et les connaissances botaniques, et surtout grâce à l'immensité des territoires qu'ils mettent en relation, les agronomes arabo-musulmans font considérablement évoluer la triade méditerranéenne antique blé-vigne-olivier.

    À partir du travail de sélection de la dynastie perse des Sassanides, ils créeront les chevaux arabes, les alezans, qui étonneront tant les premiers croisés par leur agilité. La création de races originales de chameaux de bât sera un atout essentiel pour la maîtrise de l'espace.


    Quelques ouvrages :
    - Ibn Bakhtishu, Livre de la propriété des animaux
    - Al-Qazwini, Les Merveilles de la création



     
  3. titegazelle

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    Philosophie


    Les sources de la philosophie islamique proviennent à la fois de l'islam en lui-même (Coran et Sunna) ainsi que de la philosophie grecque, iranienne préislamique et indienne.

    C'est en cherchant à affiner la doctrine de l'islam et à interpréter correctement les hadiths, tout en extrapolant sur les questions religieuses qui n'avaient pas été explicitement tranchées dans le Coran, que naît la méthode de l'ijtihad. Avec elle s'ouvrent les premiers débats philosophiques et théologiques en islam, notamment entre les partisans du libre arbitre ou Qadar (de l'arabe : qadara, qui a le pouvoir), et les djabarites (de djabar : force, contrainte), partisans du fatalisme.


    Le calife Al-Mamun fait du motazilisme la doctrine officielle en 827 et crée la Maison de la sagesse en 832. Très rapidement, la philosophie grecque est introduite dans les milieux intellectuels persans et arabes. L'École péripatétique commence à avoir des représentants parmi eux : ce fut le cas d'Al-Kindi, d'Al-Farabi, d'Ibn Sina (Avicenne), et d'Ibn Rushd (Averroès).


    Ceux qui cherchaient par une démonstration philosophique à conforter et démontrer le bien-fondé de leur foi religieuse ont été recrutés par Hunayn ibn Ishaq, un arabe chrétien qui dirige la maison de la sagesse dans les années 870. Ils ont collecté, traduit et synthétisé tout ce que le génie des autres cultures grecque, indienne, perse ont pu produire avant d'entreprendre les commentaires sur ces œuvres. C'est ce travail qui forme les bases de la philosophie musulmane du IXe et Xe siècle. Ceux qui utiliseront cette méthode dite Ilm-al-Kalâm basée sur la dialectique grecque seront appelés mutakalamin. En réponse au motazilisme, Abu al-Hasan al-Ash'ari, initialement un motaziliste lui-même, développe le Kalâm et fonde l'école de pensée acharite qui s'appuie sur cette méthode. Ainsi le kalâm et la falsafa influenceront plusieurs madhhabs.


    Sous le califat des Abbassides, un certain nombre de penseurs et de scientifiques, et parmi eux de nombreux musulmans non-sunnites ou des non-musulmans (en particulier des lettrés chrétiens syriaques, ceux-ci les ayant auparavant traduits du grec en syriaque, puis en arabe), jouent un rôle dans la transmission à l'Occident des savoirs grec, indien, et d'autres sagesses préislamiques, mésopotamiennes et perses. Trois penseurs spéculatifs, les deux Persans al-Farabi et Avicenne, et l'Arabe al-Kindi, combinent l'aristotélisme et le néoplatonisme avec d'autres courants dans l'Islam. Ils furent considérés par beaucoup comme déviants par rapport à l'orthodoxie religieuse, et certains les jugèrent même comme des philosophes non-musulmans.


    Les Ismaéliens ne sont pas à l'écart de l'influence de la philosophie néoplatonicienne et plusieurs penseurs collaborent pour produire à Basra une encyclopédie :
    [FONT=&quot]Ikhwan al-Safa

    Le XIIe siècle voit l'apothéose de la philosophie pure et le déclin du Kalâm. Cette suprême exaltation de la philosophie doit être attribuée, pour une large part au Persan Al-Ghazali et au Juif Juda Halevi. En émettant des critiques, ils ont produit par réaction un courant favorable à la philosophie par une mise en cause des concepts et en rendant leurs théories plus logiques et plus claires. Ibn Bajjah et Averroès ont produit les plus belles œuvres de la pensée islamique. Averroès clôt le débat par son œuvre d'une grande hardiesse. La fureur des orthodoxes est en effet telle que le débat n'est plus possible. Les orthodoxes s'en prennent sans distinction à tous les philosophes et font brûler les livres. Le débat se poursuivra, mais en Occident, par l'intermédiaire des Juifs.


    D'aucuns considèrent Ibn Khaldoun comme le dernier grand penseur de ce temps philosophique islamique ; il vécut au XIVe siècle. Il fut avec son grand-œuvre Al-Muqqadima (en particulier sa brillante introduction) en avance sur son époque et l'inventeur de la sociologie.


    [FONT=&quot]AverroèsAvenpaceAl-KindiIbn TufaylAl-Farabi
    Al-BiruniIbn TaymiyyahJalal Ud Din RumiAl-Ghazali
    AvicenneIbn ArabîIbn HazmOmar KhayyamIbn Khaldoun



    Théologie

    Ce terme n'a pas la même importance que pour la théologie chrétienne.
    En effet, la théologie musulmane repose sur la révélation par Mohamed à travers le Coran de l'existence du Créateur, Allah, Unique, Omniscient et Omnipotent. Cela impose donc de nombreuses limites d'interprétations, car jamais les enseignements philosophiques tirés ne peuvent mettre en cause le Coran.

    Plusieurs écoles théologiques ont été créées à partir de plusieurs systèmes de pensée qui s'affrontent :

    - En premier lieu le système méthodologique et la théologie associée appelée [FONT=&quot]Kalâm, basée sur la réflexion.
    - Le
    [FONT=&quot]soufisme, basé sur une étude [FONT=&quot]mystique, voire [FONT=&quot]ésotérique, de l'Islam

    Le Kalâm est utilisé pour élaborer les lois ([FONT=&quot]fiqh).

    D'autre part, d'autres branches de l'islam dotées chacune de leur doctrine multiplient les théologies islamiques.


    Rifa'a al-TahtawiIbn Al-Qayyim
    Ibn TaymiyyahAverroèsAsh'ari
    Jalal Ud Din RumiAbd El-Kader





    [FONT=&quot]
     
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    ÉCONOMIE



    Elle est fondée sur le commerce et la recherche technologique. Les marchands avaient les méthodes suivantes :

    - leurs déplacements groupés leurs permettaient d'être volés moins facilement ;
    - ls ne transportaient pas d'argent liquide sur eux grâce aux chèques ;
    - ils développaient le commerce maritime grâce à la création de compagnies maritimes ;
    - ils avaient une monnaie gagée sur l'or qu'ils mesuraient en carats ;
    - ils mettaient en place un système d'entrepôts appelés caravansérails.


    Structures de commerce

    Caravansérails
    Un caravansérail est un bâtiment qui accueille les marchands et les pèlerins le long des routes et dans les villes. Selon les endroits, le nom change : dans le monde iranien, il s'appellera plutôt khan alors qu'au Maghreb, c'est le mot funduq qui est le plus couramment employé.
    On pourrait comparer le caravansérail à un relais de poste en Europe ou à un ryokan au Japon.
    Un caravansérail est toujours fortifié, et comporte à la fois des écuries (ou des enclos) pour les montures et les bêtes de somme, des magasins pour les marchandises et des chambres pour les gens de passage. Il est fréquent que les magasins se trouvent au rez-de-chaussée et les chambres au premier étage. Les wakala sont des édifices urbains où les marchands déposent et vendent leurs marchandises à des grossistes. L'un des plus importants est la wakala d'Al-Ghuri, au Caire.
    C'est aussi un lieu d'échange fréquenté par de nombreux étrangers.



    Marchés - Souk
    Dans les villes, les marchés sont des lieux importants. Ils prennent le nom de souk en arabe et de bazar en persan. Ils sont en général organisés par corporations. Les échoppes et les réserves se trouvent au rez-de-chaussée et le premier étage comprend les logement des marchands, et parfois leurs ateliers s'ils vendent leur propre production. Toutefois, les métiers dégageant des odeurs indésirables (tanneries) et présentant des risques d'incendies sont relégués aux extrémités du marché ou à l'extérieur de la ville. On trouve souvent dans les souk des logements à louer.
    C’est aussi un lieu de transactions commerciales. Il est presque toujours en plein air ; seuls certains souks des médinas sont parfois couverts. Son équivalent en persan ou turc est un bazar. En langue amazighe, la langue berbère, il est appelé ameznaz (lieu de vente) et en espagnol el socco.


    Il existe des souks ruraux et des souks urbains. On y trouve tout ce dont les populations d'une société traditionnelle ont besoin. Les gens y viennent généralement pour s'approvisionner mais les campagnards y écoulent également les surplus de leur modeste production ou encore certains produits de plus forte valeur ajoutée, tels que le bétail, en cas de besoin d'argent liquide.
    Les commerces y sont généralement organisés par quartiers et par branches commerciales suivantes : l'alimentation, l'habillement, l'équipement, les produits ruraux bruts, l'artisanat rural et les services. Les produits commercialisés reflètent bien le niveau de vie des zones où se tient le souk.

    Dans les souks, il faut généralement marchander, c'est-à-dire que les prix ne sont pas fixes et qu'il est possible de discuter avec le vendeur pour trouver un prix qui convienne. En se promenant dans les souks, il arrive parfois de se faire interpeller par certains marchands.
    Les souks contiennent des boutiques, mais également des ateliers et parfois des habitations.


     
  5. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Bonjour, Wladbladi
    Voilà ! La liste des Savants Musulmans est relativement complète jusqu'à preuve du contraire. <D
    Il y a tellement de choses que l'on ignore... ou, plutôt, que j'ignore !
    :p
    Je vous souhaite une bonne lecture :)
     
  6. RedEye

    RedEye - أبو عبدالرحمن - Membre du personnel

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    merciiiiiii bent 3omiii, c très instructif
     
  7. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    C'est vrai que c'est très instructif car j'ai appris des informations dont je n'ai jamais entendu parler :p
    Je vais passer à autre chose.
    Merci à toi aussi, Weld 3ommi :)
     

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