Les seigneurs du Sahara

Discussion dans 'Discussion générale' créé par mous chle7, 28 Juin 2005.

  1. mous chle7

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    Soutenus par une manne financière, une certaine légitimité tribale et une confiance makhzénienne, ils tiennent toujours les rênes du Sahara. Sauf si la nouvelle élite, aujourd’hui en éclosion, et l’orientation démocratique de l’état, encore timide, venaient à les déstabiliser.


    "On a tout essayé au Sahara sauf la démocratie". La suggestion vient d’un proche du roi Mohammed VI. Jusque-là, il n’y a eu que des hésitations. Les dernières interpellations de gros pêcheurs servent, certes, à calmer les griefs populaires. Mais le 
    sentiment d’injustice économique persiste tant que les richesses ne sont pas redistribuées. Certains nouveaux gouverneurs rompent certes avec les anciennes méthodes et ouvrent leurs bureaux aux doléances des populations. Mais les mandarins engraissés par le ministère de l’Intérieur ne permettent pas aux plus jeunes d’avoir voix au chapitre. L’IER est au chevet des victimes oubliées des lieux de détention locaux. Mais la frustration des Sahraouis persistera tant que leurs militants de droits de l’homme seront mis sous embargo, sur conseil des puissants "indics" du régime.
    Finalement, tout tourne autour de ces seigneurs du Sahara, généralement créés de toutes pièces par le duo Hassan II – Basri. "Ayant une connaissance très fine de la réalité tribale, les deux hommes ont divisé, corrompu et perverti les ordres établis pour mieux régner sur place", explique l’anthropologue Mustapha Naïmi. Aujourd’hui, cette élite fabriquée est toujours maîtresse à bord. "Certains puissants dépensent régulièrement jusqu’à 10 millions de dirhams pour remporter les campagnes électorales", raconte cet observateur avisé. Ils sont toujours omniprésents : dans les affaires (le sable, la pêche, les agréments), le Parlement et les regroupements tribaux. Bref, la vieille garde bloque tous les accès aux nouveaux venus.
    Il est vrai qu’une nouvelle élite, parallèle, associative, technocratique, est discrètement propulsée. Il est tout aussi vrai que l’administration locale – tout au moins certains gouverneurs – ne se sent pas toujours obligée de transiter par les "incontournables" hommes forts du régime. Il est vrai qu’une nouvelle génération de cadres a de plus en plus de mal à dealer avec des hommes dépassés. Exemple, cette anecdote : un groupe d’investisseurs américains atterrit sur place et va voir un président de région lui demandant conseil. "Quel serait notre meilleur apport pour les Sahraouis ?". Réponse du dignitaire local : "Une usine de Coca cola". Ils en ont ri, mais ce jeune responsable, qui a assisté à la scène, a ri jaune. "C’et avec cette élite dépassée que nous devons continuellement traiter", proteste-t-il, la mort dans l’âme.
    Les remarques sur les dégâts faits par la vieille garde ne se font plus aussi discrètement qu’avant. Aussi, pudeur sahraouie oblige, plusieurs notables, se sentant visés, se font de plus en plus discrets. Mais même si les hommes sont de moins en moins présents en public, leurs biens, bâtisses, demeures et richesses accumulées sont trop visibles. Voire arrogants. Normal. Le Makhzen les a aidés, des années durant, à s’engraisser et à faire fructifier leur patrimoine. Pourquoi était-ce toujours les mêmes ? Qu’est ce qui justifiait le choix des individus ? Quels mécanismes le ministère de l’Intérieur, sous le puissant Basri, a-t-il mis en ½uvre pour les entretenir ? Et pourquoi ses successeurs, El Himma en particulier, n’ont-ils pas rompu le cordon ombilical avec eux ? L’histoire de l’ascension des seigneurs du Sahara est un feuilleton, entre grandeur et décadence. Flash back.

    Histoire d'une ascension
    Nous sommes en 1975. Quinze kilomètres au sud de Tarfaya, les militaires prennent la relève des volontaires pour continuer l’exploration d’un terrain encore méconnu. La méfiance est donc à son comble, des deux côtés. Le Polisario existe depuis près de trois ans. Le temps pour ses premiers fondateurs de faire tourner la machine propagandiste. "Le Maroc tuera vos fils et violera vos femmes", tel est le message distillé ici et là. Résultat, de nombreuses migrations vers l’est. Dans le lot, on retrouvera de nombreux leaders historiques, des chefs de grandes familles sahraouies qui constitueront immédiatement l’ossature du mouvement indépendantiste. Mais beaucoup son restés, dont quelques chefs de l’armée de libération. Certains, ainsi que de nombreux Sahraouis, seront jetés dans les bagnes d’Agdz et de M'gouna dès la fin des années 70. Entre enlèvements et exactions, la progression militaire marocaine se fait dans la douleur.
    "Cette campagne a d’abord touché les intellectuels et les chefs de tribus dont le Maroc soupçonnait l’adhésion aux thèses du Polisario. Avec le départ d’une autre partie à Tindouf, le Sahara se vidait de son élite et perdait son leadership historique", explique un chercheur sur place. La mission militaire touchant à sa fin, il fallait donc penser à en trouver une autre pour assurer la continuité.
    Certains spécialistes du dossier résument alors la stratégie du Maroc en une phrase : "reproduire au Sahara marocain le même schéma tribal que celui qui se dessinait de l’autre côté de la frontière", mais avec de nouvelles têtes, plus dociles et enclines aux positions du pouvoir central à Rabat. "Traditionnellement, le Makhzen casse une tribu puissante en mettant en avant un membre d’une tribu de moindre importance. Hassan II et Basri ont joué la même stratégie de substitution après 1975", explique l’anthropologue, Mostapha Naimi. Ibrahim Ghazal, sociologue, va plus loin. "Il ne faut pas oublier la connivence de certains Sahraouis non plus. Beaucoup ont servi de guides à l’armée marocaine dans sa progression sur le terrain, d’autres ont comploté contre certains leaders historiques par égoïsme ou pour des règlements de compte tribaux".

    Premières cooptations
    Les deux premières têtes s’imposèrent presque d’elles même. Il y a d’abord, Kahtri El Joumani. Ce Sahraoui pure souche a rallié le Maroc depuis les îles Canaries, quelques jours seulement après la marche verte. Chef d’une grande famille, il sera reçu par Hassan II et propulsé au devant de la scène médiatique comme "le" Sahraoui du Palais. Le deuxième est beaucoup plus jeune et s’appelle Khelli Henna Ould Rachid. Ingénieur trentenaire, il a co-fondé un parti espagnol (PUNS) mais a vite rallié le royaume également. Son profil a séduit le monarque qui l’a "couvert de sa bénédiction". Au fil des années, d’autres figures apparaissaient. Maintenant que les hommes existent, il fallait les doter des moyens de leur leadership. "Un chef sahraoui se doit d’avoir un pouvoir spirituel, savant et économique pour orienter et entretenir sa tribu", fait remarquer Ibrahim Ghazal, sociologue sahraoui. Cet enrichissement avait donc une logique. "Celle de légitimer par l’argent le pouvoir de ces nouveaux leaders, et de leur donner les moyens de maintenir le calme dans la région, d’être des leaders d’opinion", note Abdelmajid Ghazal, militant associatif. Les largesses de Rabat prenaient alors la forme de licences de pêche, d’autorisation pour l’exploitation de carrières de sable, de passation de grands marchés de construction et d’équipement, etc. Nous sommes à la fin des années 80, et la richesse de ces nouveaux notables est encore un sujet tabou.
    Le temps est aux élections, et donc à la confection des premières cartes électorales du Sahara. Les municipalités seront "équitablement" distribuées aux hommes du pouvoir. L’objectif étant d’assurer un contrôle géographique d’une zone à haut risque politique. "Cela a continué longtemps après. L’argent a fini par pervertir la société sahraouie, entretenue désormais par un état providence", explique un membre de la GSU sur place. Si l’on se fie aux explications des militants sahraouis, le Sahara n’a jamais connu d’élections transparentes. Les voix se sont toujours achetées, au vu et au su de tout le monde.
    Paradoxalement, le pouvoir de ces nouveaux chefs s’élargissait au rythme des crises - nombreuses- qui traversaient la région et qu’ils étaient censés désamorcer. "à l’apparition de chaque problème, ces dignitaires se tournaient vers l’état demander plus de ressources pour parer aux nouvelles situations. Une sorte de pompiers de services", note un journaliste local. Et l’Etat cédait une fois sur deux. Ce qui incitera nos chefs à entretenir la crise, devenue désormais source de revenus. "Ils se feront alors une spécialité dans la rédaction de rapports sécuritaires. Tous les mécontents (chômeurs, jeunes, grévistes, etc) se verront coller des étiquettes de séparatistes, à tort ou à raison", fait noter Abdelmajid Belghazal. Ces produits locaux du régime sont devenus, avec le temps, ses yeux et oreilles sur place. Leur richesse, démesurée, grossière et désormais visible, allait, elle, crescendo du fait des privilèges accordés par le pouvoir central. La base déchante donc naturellement, et l’écart qui la sépare de son élite devient béant. "Ce qui est normal dans une société sahraouie basée sur le Kafaf (se contenter de l’essentiel) et de âfaf (pudeur)", relève à juste titre Ibrahim Ghazal. Cela durera jusqu’en 1999, date des célèbres émeutes sociales de Laâyoune. Des confrontations sanguinaires qui mettront le Sahara à feu et à sang. Les dernières émeutes sahraouies gérées par Basri (les premières sous Mohammed VI) seront révélatrices de l’échec d’un système. Celui de l’entretien d’une base bâillonnée à travers une élite pervertie par l’argent. Un brin séparatistes, les revendications de l’époque étaient cependant d’abord, sociales et économiques.

    Le tournant ?
    Ce sera le début d’un tournant timide dans la gestion de ces élites sahraouies. L’état (et ses nouvelles élites) découvre que ses hommes au Sahara n’ont aucune emprise réelle sur la masse. Au mieux, ils ont fait porter la Draâ (habit traditionnel) aux décisions prises à Rabat, durant les vingt dernières années. Pire, leur influence peut s’avérer négative en cas de consultation référendaire.
    Le relatif élan de liberté aidant, une société civile balbutiante voit le jour sur place. Elle rassemble des élites jeunes, instruites et à la conscience politique aigue. Les technocrates à la tête des nouvelles institutions de l’état apprennent à mieux les connaître. A approcher des personnes hier diabolisées. Le contact est prometteur, de l’aveu des jeunes élites elles-mêmes. Les autorités locales ne s’en cachent pas non plus. S’exprimant en privé, ce haut responsable fera un constat sans appel : "On ne peut plus avancer en traitant avec les élites en place actuellement. Il y a trop de calculs politiciens et d’intérêts privés. En plus, ils sont culturellement dépassés". Verraient-ils en ces jeunes une alternative aux élites en place ?
    Mine de rien, c’est la toute nouvelle télé régionale de Laâyoune, qui matérialise un éventuel renversement de situation. En adoptant un ton virulent, en pointant les dysfonctionnements dans la gestion du quotidien et en donnant la parole aux mécontents, elle court-circuite les réseaux traditionnels de l’information et permet un contact direct entre les populations et le pouvoir central. Au passage, elle démasque une gestion défaillante et donne plus de visibilité à des intervenants longtemps marginalisés, souvent porteurs d’idées nouvelles et novatrices.
    Quant au processus d’équité et de réconciliation, il sert à mettre la lumière, pour la première fois, sur les véritables chefs du Sahara, hier jetés dans les bagnes du royaume. Certes, le travail de l’instance au Sahara a été, à plus d’un égard, critiqué. On lui reconnaît cependant, la réhabilitation –même symbolique- des ex-détenus de M'gouna et d’Agdz et des chefs de l’armée de libération. Cela compte, d’autant que ces derniers n’ont pas perdu tout leur pouvoir sur la population locale. "Ils restent des producteurs d’opinion, des refuzniks de la gestion actuelle", note un membre de l’AMDH.
    Selon plusieurs militants associatifs, la transformation de l’essai dépend de trois facteurs au moins. La réhabilitation du volet culturel, l’assainissement de la réalité politique et la redistribution équitable des richesses économiques. Vaste chantier, mais certains (c’est déjà une victoire) y croient. "En fait, tout se rejoint" affirme Ibrahim Ghazal, qui continue : "Le non respect de l’héritage historique sahraoui pervertit tous les systèmes d’organisation de la société locale. C’est l’origine de tous les problèmes d’aujourd’hui". Ici au Sahara, plus qu’au Dakhil, les partis politiques passent pour de vulgaires échoppes, courant derrière les grosses fortunes locales. La société civile en est à ses débuts, quand elle n’est pas récupérée et instrumentalisée par quelques gouverneurs. La solution (c’est désolant de le dire) reste encore une fois entre les mains de l’état. En limitant l’utilisation de l’argent pendant les élections et en imposant aux partis un minimum de rigueur, les règles élémentaires d’un jeu électoral seraient ainsi réunies.
    En redistribuant les richesses de la région de manière plus équitable ensuite, elle permettrait aux populations de se prendre en main, de décider de leur avenir. Soit, mais comment ?

    Que faire des seigneurs ?
    À ce jour (et ce n’est pas prêt de changer), l’essentiel des ressources du Sahara est concentré entre les mains d’une dizaine d’individus. Que faire dans ce cas ? Les en déposséder, en plus d’être non réglementaire, serait une grossière erreur, qui en fera de légitimes persécutés. En plus, note ce journaliste local, la région a besoin d’eux. "Tout au long de ces dernières années, ils ont tissé des relations solides au Maroc et à l’étranger. Ils ont créé des lobbys qui, bien orientés, pourraient servir les intérêts de la communauté. Ce n’est pas impossible, Rabat devrait simplement y mettre du sien". L’expérience a apparemment déjà réussi à Tan Tan. Pour schématiser, disons que pour l’exploitation d’une carrière de sable, un puissant de la région a eu l’exclusivité de l’exploitation pendant 20 jours, alors que les 10 restants ont été équitablement accordés à plusieurs coopératives de jeunes investisseurs alors que jusque là, le puissant en question en avait le monopole.
    L’approche, quoique séduisante, ne peut être généralisée à l’ensemble du territoire. Une résistance des plus influentes parmi les seigneurs du Sahara est à craindre. Si en plus, les uns et les autres font jouer leurs appuis et lobbies - souvent financiers-, la population locale serait mal lotie. Ce n’est pas un appel au statu quo. Mais, apparemment, le Sahara est encore tenu en laisse par ses seigneurs. Même si ces derniers ne sont plus à l’apogée de leur puissance.

    Khelli Henna Ould Rachid. L’homme qui veut être président


    Le plus controversé des seigneurs du Sahara est aussi le plus puissant. éternel président du conseil municipal de Laâyoune, Khelli Henna Ould Rachid a été parlementaire et même ministre des affaires sahariennes sous Hassan II. L’homme en a gardé des séquelles. Sur place, il se fait encore appeler M. le ministre, et refuse de quitter l’aéroport Hassan 1er de Laâyoune avant de prendre son café dans la salle officielle en compagnie de quelques dignitaires locaux. L’homme n’a jamais caché ses appétits politiques, depuis l’époque 
    coloniale, quand il travaillait pour les services espagnols avant de créer un parti politique (PUNS). à terme, il voudrait, ni plus ni moins, être le président du gouvernement autonome sahraoui. Pour cela, l’homme présente des atouts de taille. C’est d’abord un R’guibi, et donc majoritaire au niveau tribal. C’est ensuite un homme instruit (diplôme espagnol en ingénierie) et un négociateur "rodé" –du fait, en grande partie, de sa maîtrise du français. Il a ses hommes partout, y compris à Rabat, où il compte encore quelques appuis au ministère de l’Intérieur.
    Khelli Henna, qui ne porte plus la Daraâ sahraouie, est aussi un richissime homme d’affaires, à la tête d’un véritable empire financier. Avec ses frères, il détient le monopole de l’exploitation des carrières de sable et de l’export (de sable) vers les îles Canaries, dispose de quelques licences de pêche et de plusieurs biens immobiliers au Maroc et d'investissements à l’étranger. Véritable architecte des alliances en temps d’élections, Khelli Henna s’est longtemps présenté (ainsi que ses hommes) sans concurrent. Ces dernières années, le nom de ce puissant politicien a été mêlé à de nombreuses affaires, à commencer par le soulèvement de Laâyoune en 1999, en passant par ses relations avec Basri et des largesses, financières, dont il a profité pour faire prospérer ses propres affaires. Selon des observateurs locaux, l’homme qui doit avoir 55 ans aujourd’hui, serait en perte de vitesse, et il serait le premier à s’en rendre compte. Selon cet avocat sahraoui, "il se considère toujours au dessus du lot, snobe tout le monde, jusqu’au Premier ministre mais tente de se rapprocher à nouveau de la base mécontente qu’il essaye d’intégrer à son giron".

    Khettar El Joumani. Le chef mystique

    C'est le chef de fil historique de la grande famille des Joumani. Fils de Khatri, on le présente comme un homme pieux, conservateur et discret. Respecté par tous les Lebouihat (sous-fraction des Rguibat), plusieurs de ses cousins forment l’essentiel de la force militaire du Polisario. Récemment, suite à la querelle électorale qui a opposé sa famille aux Ould Rachid à Laâyoune, c’est lui qui a mené les négociations avec El Mostapha Sahel, ministre de l’Intérieur. La politique, il y est tombé grâce (ou à cause) de l’intervention de son cousin Omar Hadrami, ex-dirigeant du Polisario rentré dans les années 90. En plus d’un cheptel de camélidés de plus de 12.000 têtes (évalués à 10.000 dirhams la tête), les Joumani ont également des intérêts dans le secteur de la pêche (entre licences et unités de congélation), du transport (actionnaires de la CTM), les hydrocarbures (PNA est aujourd’hui la deuxième compagnie du Sahara après Atlas de Hassan Derham). à Laâyoune, Smara ou Dakhla, Khettar El Joumani est une sommité sahraouie. Entre autres, à cause de son côté mystique. L’homme, qui n’occupe pas de poste de responsabilité politique, veille personnellement à la distribution de la Zakat qui arrive, selon divers témoignages, jusqu’aux membres de sa famille installés à Al Hoceima ou Sidi Kacem. C’est ensuite un personnage populaire, presque aimé par presque tous pour sa générosité envers les nécessiteux. "De nombreux commerçants font appel à lui plutôt qu’aux banques pour les petits prêts", dit de lui un responsable local. Politiquement, Khettar El Joumani est bien le seul, à la légitimité historique non contestée. Aujourd’hui, la famille El Joumani constitue avec les Ould Rachid, les deux véritables pôles du pouvoir sahraoui. Ce qui fait finalement l’affaire des autorités qui verraient d’un mauvais ½il le monopole de ce pouvoir ou, pire, sa matérialisation entre les mains d’une seule personne.

    Hassan Derham. Le footballeur devenu politicien

    Rien ou presque ne prédestinait Hassan Derham à peser aussi lourdement dans l’équation sahraouie. L’homme est d’abord issu des Ait Baâmrane, il est donc à moitié berbère. Il n’a ensuite montré d’intérêt à la chose politique et économique que tardivement, en 1993, suite au décès de son père, Hammad (un homme riche, d’une grande sagesse). Avant, le jeune Hassan Derham se donnait corps et âme au sport. Il a été footballeur au sein de la renaissance de Tan Tan (d’où il est originaire) avant d’intégrer l’équipe de Laâyoune qu’il 
    préside aujourd’hui. Parlementaire MP après avoir été RNI, il est issu d’une grande famille de capitalistes, éparpillés à travers tout le pays. Aujourd’hui à la tête de la première compagnie d’hydrocarbures du Sahara (Atlas), il a su diversifier ses investissements et tisser de solides relations commerciales avec les îles Canaries. Mais ce grand homme d’affaires a, de l’avis de plusieurs personnes, un défaut : "il manque de courage". Dans un souci évident de préserver ses intérêts économiques, il ménage tous ses adversaires politiques et tente de se rattraper sur le terrain social. Généreux et disponible, il n’hésite pas à mettre la main à la poche pour calmer les mécontents. C’est ainsi qu’il est devenu pompier en chef aux yeux du pouvoir central à Rabat. Politiquement, Hassan Derham ne peut se targuer d’aucune assise tribale sahraouie. Il en a finalement fait un avantage pour gagner les élections, se présentant comme "le plus marocain" des candidats. Lors de ses meetings, il n’hésite pas à parler en berbère à ses électeurs (les gens du Dakhil) qui constituent la véritable force électorale au sahara. Ce qui explique aussi, qu’en période d’élections, Hassan Derham devient un allié convoité par tous. Ce parlementaire simple et aimable se permet toutefois quelques petites folies. à bord de son jet privé, il s’envole pour aller assister à plusieurs matchs de son équipe favorite : le Real Madrid.

    Profil. Le Sahraoui de l’Intérieur

    Rachid Rguibi (photo p.22) est connu au Sahara pour être "le sahraoui du ministère de l’Intérieur". Ceux qui le connaissent de plus près savent qu’il est l’homme de Khelli Henna Ould Rachid. En plus de lui être proche, au niveau tribal, il serait son plus gros soutien au sein de l’agence de développement des provinces du Sud. Ces accointances lui valent des critiques de connaisseurs pour son "tri partial de l’information provenant du Sahara". Que lui reproche-t-on au juste ? De "se servir du renseignement pour mieux diviser les tribus sur le terrain", explique ce spécialiste. Nommé en 2003 gouverneur au ministère de l’Intérieur pour s’occuper des affaires sahariennes, il a été auparavant conseiller près du Premier ministre pour le même dossier. Cet originaire d’El Jadida a gravi tous les échelons. Il a commencé au début des années 80 comme chef de cabinet de l’ancien président de la Chambre des représentants, le sahraoui Dey Ould Sidi Baba. Grâce à un réseau de notables, partisans ou pas, qui servent d’indicateurs, Rguibi a cultivé l’image d’un homme-clé. L’est-il vraiment ?

    Ibrahim Ould Hammad. Mystérieuse ascension

    Voilà un homme qu’aucune assise tribale ni familiale ne prédisposait à jouer un quelconque rôle au Sahara. De l’aveu de ses propres cousins, il est un "accident" de l’histoire. En 1975, Ibrahim Ould Hammad est chauffeur de camion. Aujourd’hui, c’est l’un des plus grands entrepreneurs du Sahara et l’une des plus grandes fortunes du royaume. Il n y a pourtant rien fait. Ce Izrguiyin tenait un petit commerce à Smara, avant de créer une entreprise de construction à Laâyoune. Le gouverneur de l’époque, Saleh Zamrag, le prend alors sous son aile (sans raison connue) et lui confie de grands travaux de construction. Pour l’anecdote, on dit que c’est lui qui a construit Laâyoune. Le petit entrepreneur devient grand et s’associe, selon des sources locales, au même Saleh Zamrag et à… Basri, dont il n’aurait été que l’homme de paille. Aujourd’hui, son entreprise est la plus grande du Sahara, il contrôle une usine de ciment près de Laâyoune, des conserveries de poisson, dispose de parts dans une station thermique pour ne citer que cela. Ce qui faut de lui le premier employeur d’une belle partie de sa propre tribu et donc un poids électoral non négligeable. Sexagénaire, l’homme a toujours vécu dans l’ombre et traîne la réputation d’un "radin fini". Selon de nombreux observateurs, il est facilement influençable ,du fait de son manque d’instruction mais reste, au final, un fidèle des Oulad Rachid. Récemment, son nom a été cité plus d’une fois dans des scandales urbanistiques locaux sans qu'il ne soit jamais inquiété.

    Sahara. La carte des tribus

    À quoi pourrait servir l’arbre généalogique des tribus sahraouies ? A comprendre que socialement, ces structures ancestrales sont restées quasi immuables. En plus d’être opérationnelles, elles ont été figées politiquement pour servir de base à l’identification des populations locales. Les territoires occupés par chaque confédération de tribus (Tekna, Rguibat, Ouled Dlim) n’ont pas beaucoup changé depuis un siècle. La carte peut aussi aider à comprendre les enjeux de pouvoir latents depuis 1972. Plusieurs tribus, autrefois leaders (Aït Oussa, Azouafit, Izerguiyin, Aït Moussa), ont été réduites à peau de chagrin, décimées pour grossir les rangs du Polisario ou renvoyées en Mauritanie. Commanditées à partir de Rabat, d’autres (Yaggout, Thalat, Ouled Cheikh) ont été artificiellement promues pour servir de relais du Makhzen. Enfin, cette généalogie peut montrer la complexité des alliances, allégeances et rebellions à l’½uvre au sein de chaque tribu. Savoir qu’un serviteur du ministère de l’Intérieur et un leader du Polisario proviennent du même camp peut en surprendre plus d’un. Raison de plus pour lire attentivement cette carte.

    Tel Quel
     
  2. nournat

    nournat Wld l3iyachiya

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    Re : Les seigneurs du Sahara

    ça parait tres interessant mais c'est un ptit peu long , alors ça c'est pour demain matin ncha2allah ;))
     
  3. mous chle7

    mous chle7 Visiteur

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    Re : Les seigneurs du Sahara

    c est vrai mais je crois que c est une enquete complete 3la s7abes l7ale f sa7ra, et je voulais transmettre toutes les infos [06c]
     
  4. fassi

    fassi Citoyen

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    Re : Les seigneurs du Sahara

    tu as lu ce qu e tu viens de coller ici??
     
  5. mous chle7

    mous chle7 Visiteur

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    Re : Les seigneurs du Sahara

    pkoi cette question a khouya?
     
  6. nournat

    nournat Wld l3iyachiya

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    Re : Les seigneurs du Sahara

    pour que tu lui fasses un petit resumé ! ;))))))
    genre : " la solution du probleme du sahara marocain est dans la democratie et la decentralisation "
     
  7. fassi

    fassi Citoyen

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    Re : Les seigneurs du Sahara

    non parceque je l'ai lu et g trouve que le maroc a fais des pratiques vicieuse pour avoir le control sur le sahara
     
  8. nournat

    nournat Wld l3iyachiya

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    Re : Les seigneurs du Sahara

    ça personne ne peut le nier , mais ça n'as rien avoir avec la marocainetée du sahara , parce que les autorités de driss bassri faisaient les meme pratique sur tout le territoire Marocain de tanger a lgouira ! sinon derb ghallaf et derb soltan victimes eux aussi de telles pratiques reclameront aussi leures republiques ;)))
     
  9. fassi

    fassi Citoyen

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    Re : Les seigneurs du Sahara

    il ne fallait pas publier cet article parce qu'on devine facilement que les sahraouis n'ont jamais voulu etre marocain.
     
  10. mous chle7

    mous chle7 Visiteur

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    Re : Les seigneurs du Sahara

    wa dak si lfassi, tu vivais au maroc toi? tout le monde sait ce qui c est passé avant pendant et apres la marche verte, pendant que les citoyens marché il y avait un appuis d of9ir a smara, wash nta kain un territoire riche, entourer par des voisins qui veulent le voler, et tu nous demande d utliser les bonnes maniere pour l avoir, va dire ca a la france pour la corse ou a l espagne pour toutes les regions qui veulent l independance.
    toi tu attaque et tu defend, j arrive pas a voir ton point de vue. en plus la culture general ca aide  ;-)
     

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