Les vendeurs ambulants de dvd piratés font recette

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 21 Septembre 2005.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

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    Les vendeurs ambulants se mettent aux nouvelles technologies. A chaque coin de rue, des vendeurs de VCD et de DVD piratés installent leurs «tables».
    Ce commerce est apparemment l'un de ces petits métiers qui rapportent le plus en ce moment.

    C'est à ne point en douter le nec plus ultra des vendeurs ambulants ces jours-ci. Ainsi, faute d'emploi, des centaines de diplômés chômeurs se convertissent vers cette activité «pour faire vivre leur famille», précise un jeune vendeur.

    D'ailleurs, ces jeunes propriétaires de «tables» ne sont qu'un maillon de la chaîne. Ils se contentent simplement de revendre des films, émissions et clips déjà piratés et gravés. Il faut cependant préciser que leur commerce n'est pas pour autant moins florissant.

    L'autre maillon de la chaîne est constitué des fournisseurs de ces produits. A Derb Ghallef, le spectacle de pirates professionnels en train de confectionner leurs produits contrefaits en se servant de matériel informatique de pointe est tout à fait ordinaire.

    Ils écoulent leurs produits à des prix très compétitifs et à la portée de toutes les bourses. De l'avis de la majorité des vendeurs, c'est aux graveurs que commerce profite le plus. Il faut dire que les prix des CD en gros défient toute concurrence.

    A titre d'exemple, le CD vierge coûte 1 dirham. Les prix peuvent aller jusqu'à 2 DH selon la qualité. Quant aux DVD, ils coûtent 2,50 DH en gros. Pour ce qui est de la prestation de gravure, elle est de 6 DH pour les DVD et 3 DH pour les CD, précise un étalagiste à Derb Ghallef.

    C'est d'ailleurs dans ce marché casablancais, dont la notoriété dépasse les frontières marocaines, où se concentrent les vendeurs de produits piratés. Ils présentent leurs produits sur étalage ou à même le sol à des prix imbattables et même dérisoires : des VCD à 4 ou à 5 DH, des DVD à 10 DH... Pour les vendeurs, ces prix sont indéniablement à la portée des petites bourses marocaines.


    Descentes et confiscation n'ont presque pas inquiété ces derniers. Derb Ghallef avait en effet connu, il y a un mois de cela, un raid mené conjointement par les forces de l'ordre, les autorités locales et des membres de l'Association professionnelle des producteurs et éditeurs de phonogrammes (Appep).

    Bilan: quelque 10.000 articles (CD, VCD, DVD…) saisis. Mais même après cette descente musclée, les vendeurs se sont remis à leur commerce de plus belle.
    Le piratage fait ainsi rage au Maroc, à Casablanca plus qu'ailleurs. Que ce soit des ½uvres artistiques ou d'autres produits, le piratage est devenu une mode et une solution commerciale très rentable. Un secteur informel qui a son incidence sur l'économie marocaine et qui frappe principalement l'industrie musicale et cinématographique nationale.

    Ainsi, l'industrie musicale connaît, depuis peu, une guerre insatiable entre pirates, artistes, producteurs marocains et internationaux et mélomanes de tous bords.

    Mais les vendeurs des CD audio ont leurs argumentaires pour justifier leur entreprise : « Aujourd'hui, le prix d'un CD original vaut entre 65 DH en moyenne pour un produit local, et 275 DH pour un autre importé. Tout le monde ne peut se procurer ces produits à ce prix-là. Le prix d'achat d'un CD original représente, à titre d'exemple, plusieurs jours d'argent de poche pour les jeunes, notre principale clientèle », souligne un pirate informatique.

    Autre secteur qui souffre considérablement de cette situation : le secteur du cinéma. Les DVD et les VCD piratés ont en effet négativement affecté le secteur cinématographique. A cause des prix très bas des produits de contrefaçon, le taux de remplissage des salles de cinéma a considérablement chuté pour se situer aujourd'hui à 35%.

    Lors de l'ouverture, récemment, d'une journée de réflexion sur la lutte contre la contrefaçon et la piraterie, le ministre de la Communication, Nabil Benabdallah, avait souligné que son département avait fait de la lutte contre le piratage l'une de ses priorités en 2005, en raison des dégâts économiques et des préjudices moraux causés par ce phénomène au Maroc. Avec un taux moyen de plus de 70% pour les secteurs du logiciel, de la musique et du cinéma, le piratage engendre des pertes économiques de près de deux milliards de DH au Maroc.

    Hajar Dehhani
    Le Matin
     

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