Les violences se poursuivent au Brésil malgré un recul des autorités

Discussion dans 'Info du monde' créé par RedEye, 20 Juin 2013.

  1. RedEye

    RedEye - أبو عبدالرحمن - Membre du personnel

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    Des heurts ont opposé mercredi soir manifestants et policiers à Niteroi, de l'autre côte de la baie de Rio, malgré l'annonce d'une baisse du prix des transports en commun par les autorités.

    C'est la hausse de ces tarifs qui avait allumé il y a dix jours l'étincelle de la fronde qui embrase le Brésil, en pleine Coupe des Confédérations de football (15-30 juin).

    Des policiers d'élite, armés de boucliers, ont tiré des gaz lacrymogènes sur un groupe de manifestants qui essayaient de bloquer le pont de 15 km surplombant la mer qui relie Rio de Janeiro à Niteroi, a constaté un photographe de l'AFP.

    Les manifestants ont renversé un bus, saccagé deux vitrines d'agences bancaires avant d'ériger des barricades en bois auxquelles ils ont mis le feu, pour maintenir la police à distance, toujours selon le photographe.

    La manifestation a réuni plus de 7.000 personnes, selon la police, dont la plupart s'étaient rassemblées dans le calme, devant la mairie.

    Mais un groupe de 200 à 300 protestataires s'est déplacé jusqu'à la station des ferries, pour commettre ces violences.


    Admettre en aucun cas ces violences
    "Nous respecterons toujours la manifestation démocratique, pacifique mais nous ne pouvons admettre en aucun cas ces violences, ces désordres qui créent des problèmes aux habitants de Niteroi", a déclaré le maire de la ville, Rodrigo Neves, à la télévision Globo news avant la fin de la mobilisation qui a duré plus de cinq heures.

    Les manifestations ont commencé timidement à Sao Paulo il y a dix jours et se sont rapidement étendues à tout le pays, tout comme les revendications.

    Les protestataires, surtout des jeunes de la classe moyenne rejetant classe politique et médias traditionnels, qui se mobilisent via les réseaux sociaux, stigmatisent désormais plus largement la précarité des services publics de base au regard des milliards dépensés pour l'organisation du Mondial-2014.

    Mercredi aussi, des échauffourées violentes ont eu lieu à Fortaleza (nord-est) en marge du match Brésil-Mexique de la Coupe des Confédérations que la Seleçao a remporté 2 à 0. Quelque 25.000 protestataires s'étaient massés dès le matin aux abords du stade protégé par un impressionnant dispositif de sécurité.

    D'autres manifestations ont eu lieu mercredi à Belo Horizonte, Rio Branco en Amazonie et à Brasilia.

    Cédant à la pression populaire, les mairies de Sao Paulo et Rio de Janeiro se sont résolues mercredi à baisser les tarifs des transports en commun, comme d'autres villes avant elles mardi.

    Le gouvernement, impuissant à désamorcer le plus vaste mouvement social en 20 ans au Brésil, avait annoncé dans la matinée l'envoi en renfort de troupes d'élite de la police pour protéger les six villes hôtes de la compétition: Rio, Recife, Fortaleza, Belo Horizonte, Salvador de Bahia et Sao Paulo.

    "Un cirque"
    Les annonces de baisse des tarifs des transports en commun à Rio de Janeiro et Sao Paulo sont intervenues à la veille d'une journée sensible: des manifestations sont convoquées partout dans le pays jeudi. Et notamment à Rio -théâtre lundi soir de scènes de guérilla urbaine-, en marge du match Espagne-Tahiti au stade Maracana.

    "Nous protestons car l'argent investi dans les stades devrait l'être dans l'éducation et dans la santé. Ils ont monté un cirque aux yeux du monde", déclarait un manifestant de Fortaleza, Matheus Dantas, 18 ans, à propos de la Coupe des Confédérations et du Mondial.

    A l'intérieur du stade, violant les consignes de la Fédération internationale de football (Fifa), certains spectateurs ont brandi des pancartes de soutien aux manifestants sur lesquelles on pouvait lire: "Mon Brésil est dans les rues. Le géant s'est réveillé".

    Pelé demande d'oublier la confusion
    L'attaquant vedette de la Seleçao brésilienne Neymar, transféré à prix d'or au FC Barcelone et lui-même ciblé par certains protestataires, s'est déclaré solidaire mercredi du mouvement après trois de ses coéquipiers mardi, en critiquant l'action du gouvernement.

    "Je suis triste de tout ce qui se passe actuellement au Brésil. J'ai toujours pensé qu'il ne devrait pas être nécessaire de descendre dans la rue pour réclamer de meilleures conditions de transports, de santé, d'éducation et de sécurité. Tout ça, c'est le DEVOIR du gouvernement", a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.

    En revanche, le roi "Pelé", 72 ans, trois fois champion du monde avec le Brésil en 1958, 1962 et 1970, a demandé dans une vidéo de soutenir la sélection brésilienne et d'oublier les manifestations.

    "Nous allons oublier toute cette confusion qui se passe au Brésil et nous allons penser que la sélection brésilienne est notre pays, est notre sang", a dit Pelé.

    La présidente Dilma Rousseff s'était déclarée mardi "à l'écoute" des revendications légitimes des manifestants, sans avancer de proposition concrète pour régler un conflit qui ne semble pas près de s’essouffler.

    Sa cote de popularité a chuté de huit points de mars à juin, mais reste très élevée, à 71%, selon un sondage réalisé avant la fronde sociale, confirmant une première enquête d'opinion antérieure publiée il y a quelques jours.



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