L'Etat va consacrer 55 % de son budget à la lutte contre la pauvreté

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 10 Juin 2005.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

    J'aime reçus:
    145
    Points:
    0
    Dans le cadre de la mise en ½uvre de l'Initiative nationale du développement humain (INDH), 55% du budget de l'Etat sont consacrés au volet social. Cette stratégie repose sur quatre axes d'intervention. C'est ce qui ressort de la réunion présidée, mercredi à Rabat, par le Premier ministre, Driss Jettou, et qui a vu la participation de plusieurs membres du gouvernement, ainsi que les représentants des départements ministériels concernés.

    M. Jettou a réitéré «la ferme volonté du gouvernement à mettre en place ce programme dans les délais précisés dans le discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, en date du 18 mai 2005».

    Au cours de cette réunion, le ministre des Finances et de la Privatisation a procédé à l'inventaire, à la présentation et au diagnostic de l'ensemble des programmes engagés par le gouvernement dans le domaine social et qui représentent 55% du budget de l'Etat.

    D'autre part, le ministère de l'Intérieur et le ministère du Développement social, de la Famille et de la Solidarité ont exposé les projets de stratégies de mise en ½uvre de l'INDH, et ce, à travers quatre principaux axes, à savoir la lutte contre la pauvreté en milieu urbain, la lutte contre la pauvreté en milieu rural, la lutte contre la précarité et le développement d'activités génératrices de revenus.

    M. Jettou a appelé «à la mise en cohérence des programmes des différents départements ministériels en vue de mettre en place une stratégie globale et enrichie prenant en compte la démarche régionale». Une série de réunions, présidées par le Premier ministre, auront lieu toutes les semaines pour le suivi et l'élaboration de la stratégie de l'INDH.


    L'Initiative Royale pour le développement humain est venue à point nommé pour combler les déficits dont souffre le Maroc en matière sociale. Le Souverain a pris cette décision sur la base de plusieurs rapports alarmants et qui prouvent que les mesures de développement initiées par le Royaume ne profitent pas à l'ensemble de la population.

    Des disparités flagrantes existent aux niveaux social et régional. Et la faible croissance du pays semble accentuer le phénomène des inégalités sociales. La notion de Maroc utile et de Maroc inutile trouve toujours sa raison d'être dans la réalité.

    Il est clair qu'il n'y a pas de développement économique sans développement humain. Cet indicateur est devenu incontournable dans toutes les stratégies de croissance pour les Etats et même pour les organismes onusiens ou autres. Même les théories les plus orthodoxes qui ne croient qu'aux performances économiques ou financières changent de tendance pour s'intéresser au volet social.

    La pauvreté reste un phénomène typiquement rural. En effet, plus de 25% de la population rurale vit en dessous du seuil de la pauvreté, contre seulement 12% pour la population urbaine. L'intensité de la pauvreté a aussi considérablement augmenté durant la dernière décennie sous l'effet de la sécheresse.

    En matière de santé, le pays a fait aussi des progressionsn, mais qui restent toutefois limitées comparativement à d'autres pays. La moyenne des naissances par femme a considérablement baissé, de 6,3 à 2,6, tandis que le nombre de décès d'enfants de moins d'un an chutait de 115 à 39 pour mille naissances vivantes.

    On note notamment le fait que les taux de couverture d'assurance maladie sont les plus faibles de la région, atteignant seulement 15% de la population. La couverture sanitaire connaît des disparités régionales accentuées. L'accès aux services en zones rurales est très limité, de même que la qualité de ces services.


    Mais le système éducatif national fait face actuellement à de nouveaux défis. L'Etat consacre au secteur 25% du budget soit plus de 6,6% du PIB, l'un des niveaux les plus hauts par rapport aux pays similaires. Mais en contrepartie, le taux d'analphabétisme reste conséquent avec une part prépondérante pour les femmes notamment en milieu rural. Et plus de 2,5 millions d'enfants ne connaissent pas le chemin de l'école.

    Par ailleurs, il est à rappeler que l'économie nationale reste largement tributaire de l'agriculture qui contribue à hauteur de 16% du PIB et emploie 50% de la population active avec des effets d'entraînement sur d'autres branches d'activité. Mais ce secteur, lui aussi, demeure intimement lié aux aléas climatiques.

    Ce qui explique les fluctuations fréquentes de la croissance.

    En matière d'accessibilité d'eau potable et d'électricité, là aussi, on trouve des disparités flagrantes entre monde rural et urbain. Deux programmes ont été initiés et ont vu la contribution de plusieurs bailleurs de fonds étrangers. Ils prévoient la généralisation de l'accès à l'eau et l'électricité à l'aube de l'année 2007 dans tout le territoire national avec un taux de couverture de 90%. Au niveau de l'habitat, là encore, on trouve que les pauvres sont les plus mal lotis. La population démunie vit encore dans des conditions précaires.

    En l'absence d'actions de grande envergure et de proximité, les bidonvilles continueront d'exister et de faire foison. La lutte contre l'habitat insalubre manque de visions et surtout de fonds. L'enveloppe nécessaire pour l'éradication des bidonvilles est estimée à plus de 5,5 milliards de DH.

    Au niveau du logement social, pour combler le déficit en la matière il faut doubler le rythme de production de l'habitat social et le porter à plus de 100.000 unités par an à moyen terme et répondre ainsi aux besoins des couches à revenu limité.

    Par Charaf Jaidani
    Source: Le Matin
     

Partager cette page