Lettre ouverte au Premier ministre : Les ONG marocaines des droits de l'Homme demandent le soutien d

Discussion dans 'Info du bled' créé par oisis73, 3 Novembre 2006.

  1. oisis73

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    Le 31 octobre dernier, les organisations marocaines membres du Réseau euroméditerranéen des droits de l'Homme (REMDH), l'AMDH, l'OMDH, l'Espace associatif et l'ADFM, ont envoyé une lettre ouverte au Premier ministre, Driss Jettou.

    D'après des informations qui leur seraient parvenues lors de la réunion des partenaires euroméditerranéens tenue récemment à Bruxelles en vue de la conférence ministérielle Euromed d'Istanbul prévue les 14 et 15 novembre destinée à adopter une déclaration et un plan d'action euromed pour le renforcement du rôle des femmes dans la société, les représentants des gouvernements arabes partenaires ont opposé une fin de non recevoir à un certain nombre de prises de positions et de mesures proposées dans le projet de Plan d'action.

    Selon les membres du REMDH, il s'agit particulièrement du refus de la référence explicite au principe de l'égalité entre les hommes et les femmes et aux normes internationales relatives aux droits humains des femmes et plus particulièrement la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), de la remise en question de l'indivisibilité et l'universalité de ces droits et la mise en avant de la suprématie des lois internes sur les conventions internationales et de la négation de la mise en place de tout mécanisme de suivi des mesures préconisées dans le projet de Plan d'action ainsi que tout engagement financier pour sa mise en ½uvre.

    « C'est un problème qui est récurrent. La majorité des pays arabes soulignent qu'ils ont leurs propres spécificités et qu'ils n'ont pas besoin de s'aligner sur des conventions internationales. Or la déclaration des droits de l'homme, les pactes et les conventions internationales sont le résultat d'un consensus entre les différentes spécificités culturelles, sociales, religieuses… Les pays arabes essayent donc de manipuler leur engagement pour freiner l'évolution de la société civile et les réformes démocratiques dans le monde arabe», nous a déclaré Amina Bouayach, présidente de l'Organisation marocaine des droits de l'Homme.


    Ainsi, les organisations signataires de la lettre interpellent le gouvernement marocain pour informer l'opinion publique sur le point de vue défendu par le Maroc lors de la réunion de Bruxelles et sur ses propres prises de position par rapport à celles du groupe Machrek /Maghreb, les engagements qu'il compte prendre pour défendre, lors de la conférence d'Istanbul, un principe constitutionnel qui est celui du respect par le Maroc des droits de l'Homme, tels qu'universellement reconnus et pour conformer ses positions avec ses engagements nationaux et internationaux en la matière, y compris ceux qui ont présidé à son élection au Conseil des droits de l'Homme en mai 2006.

    De la même manière, l'espace associatif, l'AMDH, l'OMDH et l'ADFM expriment leur inquiétude devant ces positions qui constituent un «recul de taille » par rapport aux progrès déjà réalisés par le Maroc en matière de respect des droits de l'Homme et de promotion des droits des femmes pour lesquels d'énormes sacrifices ont été consentis. « Nous demandons à ce que le Maroc et le gouvernement marocain défendent les ONG arabes lors de la conférence d'Istanbul pour qu'elles puissent avoir un espace d'expression libre où elles pourront faire entendre leurs voix sans peur.

    La Constitution marocaine est claire : le Maroc est attaché aux valeurs des droits de l'Homme. Nous sommes en avance par rapport aux autres pays arabes. Le Maroc doit donc être conséquent avec ce qui se passe chez lui», conclut Amina Bouayach.

    le matin​
     

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