Liban: l'élection de Michel Sleimane

Discussion dans 'Scooooop' créé par osiris, 25 Mai 2008.

  1. osiris

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    Liban: l'élection de Michel Sleimane met fin à 18 mois de crise politique

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    Chrétien maronite et garant de la neutralité de l'armée dans la crise politique que le Liban traverse depuis 18 mois, le général Michel Sleimane a été élu dimanche à la présidence du pays par les députés, comme prévu par l'accord de Doha de partage du pouvoir et de réconciliation entre pro et antisyriens.
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    Le vote avait été reporté 19 fois depuis le départ du président pro-syrien Emile Lahoud à l'expiration de son mandat, le 23 novembre dernier. Le chef des armées a recueilli les voix de 118 des 127 législateurs votants, avec six bulletins blancs et trois nuls, selon le président de l'Assemblée nationale, le chiite Nabih Berri.

    L'annonce de l'élection de Michel Sleimane, vécue par beaucoup de Libanais comme une promesse de normalisation, a été saluée à Beyrouth par des tirs de joie, quelques explosions se faisant également entendre. A Aamchit, le fief du nouveau président au nord de la capitale, où la séance du Parlement était retransmise sur écran géant, des scène de liesse étaient également signalées.

    Elu pour réconcilier deux camps diamétralement opposés -la majorité antisyrienne soutenue par l'Occident et l'Arabie saoudite, et l'opposition conduite par le Hezbollah, proche de l'Iran et de la Syrie- Michel Sleimane a appelé les Libanais à l'unité dans sa prestation de serment.

    "Je vous appelle, politiciens et citoyens, à entamer une nouvelle phase appelée le Liban et les Libanais, afin de réaliser les intérêts de la nation", a-t-il lancé, en présence de plusieurs dignitaires étrangers. Des chefs de diplomatie de pays arabes ou européens, parmi lesquels le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, assistaient à la séance.

    Avant de devenir à 59 ans le seul candidat de compromis à la magistrature suprême du Pays du Cèdre, le général Sleimane aura traversé de nombreuses crises au cours de ses neuf années à la tête de l'armée. Son grand talent aura été de maintenir l'unité et l'impartialité de l'institution ces trois dernières années, alors que le Liban semblait sombrer dans la guerre civile.

    Certains membres de la majorité parlementaire ont certes reproché au commandant en chef de l'armée d'abuser de sa neutralité, notamment lorsque le Hezbollah imposait sa loi dans des quartiers sunnites de Beyrouth. Mais le troisième général à accéder à la présidence du Liban depuis l'indépendance en 1943 a fait valoir que sa position avait permis de prévenir d'autres bains de sang et de préparer le terrain à l'accord de Doha.

    La majorité antisyrienne et l'opposition emmenée par le Hezbollah sont parvenues à un accord mercredi au Qatar pour tenter de sortir le Liban de sa crise politique aiguë. Le pays a failli rebasculer dans la guerre entre factions, comme en 1975-90, lors de combats de rue qui ont fait 67 morts la seule semaine dernière.

    L'accord de Doha est avantageux pour le Hezbollah, qui obtient 11 ministres dans un nouveau gouvernement d'unité nationale contre 16 à la majorité antisyrienne, et bénéficiera d'un droit de veto sur les décisions du gouvernement. Le départ des six ministres proches du Parti de Dieu avait marqué un tournant dans la crise en juin 2006, paralysant l'exécutif.

    Malgré son opposition à cet accord qui fait, selon lui, la part trop belle au Hezbollah, le président américain George W. Bush a félicité Michel Sleimane pour son élection. "Je suis sûr que le Liban s'est choisi un leader soucieux de protéger sa souveraineté, d'étendre l'autorité du gouvernement sur tout le (pays) et de se conformer aux résolutions du conseil de sécurité des Nations unies", a-t-il souligné dans un communiqué.

    De son côté, le président français Nicolas Sarkozy se "réjouit vivement que cette élection mette un terme à la période difficile que le Liban vient de traverser" et espère se rendre "très prochainement" à Beyrouth.


    AP
     

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