L'IER répertorie l'ensemble des lieux de détention

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 29 Mai 2005.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

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    Driss Benzekri est ferme et tranchant : il ne va pas y avoir de renouvellement du mandat de l'IER. Dans un entretien accordé à notre confrère "Assahra Al Maghribiya", il dévoile une partie du bilan d'action de l'instance qu'il préside et met l'accent sur la nécessité pour l'ensemble des forces vives de la Nation d'adopter une approche tournée vers l'avenir.

    "Depuis le début des années quatre-vingt dix, dit-il, le rétablissement de la vérité sur les violations des droits humains a constitué un sujet de débat et de polémique politique et une base de recherche pour trouver des solutions à ce problème aussi bien de la part de l'Etat que de la classe politique ". La première étape a consisté en le dédommagement des victimes et personnes concernées, alors que la deuxième a été centrée sur la responsabilité de l'Etat et des autres parties dans les conflits, partisans, régionaux et tribaux, comme c'est le cas pour les zones du Rif et du Moyen Atlas.

    " L'un des aspects nouveaux apportés par l'IER (Instance Equité et Réconciliation), ajoute-t-il, consiste en l'amorce d'un débat sur la recherche de la vérité au niveau de la société et l'ouverture d'un dialogue avec les victimes concernées, l'élite et l'ensemble des citoyens".
    En dépit de la reconnaissance par l'Etat de sa responsabilité, il y a lieu de souligner que durant la période qui a précédé l'avènement de l'instance précitée, le débat ouvert sur cette question faisait défaut.

    Les auditions publiques, qui ont constitué l'une des plus importantes activités de l'IER, ont insisté sur la responsabilité de l'Etat et permis de mettre le doigt sur les effets des violations des droits humains, aussi bien sur les victimes concernées que l'ensemble de la société. L'accent a été également mis sur les conditions de la réconciliation, la démocratie et la modernisation.


    L'analyse des contextes historiques et politiques a, de son côté, permis de dégager environ vingt principaux événements, lesquels portent sur les tiraillements partisans, les confrontations avec l'opposition, les émeutes et les mouvements sociaux.

    " Notre attachement à la vérité, précise M. Benzekri, n'a eu d'égal que notre souci de mettre le doigt sur les dysfonctionnements des appareils accusés de violations de la loi ".
    " Mais, toujours est-il, reprend-t-il, qu'il est impératif à présent d'étaler au grand jour le sort des personnes disparues et des victimes décédées et enterrées dans les lieux de détention".
    Il a été procédé, à cet effet, au recensement de l'ensemble des lieux de détention secrets et informels, de séquestration et de cimetières cités dans les registres officiels.

    Pour ce qui est de la polémique suscitée autour du prolongement du mandat de l'IER et de son avenir, le président de cette instance n'a pas cessé d'affirmer que c'est à la demande de la majorité des associations humanitaires que le prolongement du mandat a été fait.

    " L'une des leçons tirées des expériences étrangères, annonce-t-il en guise de conclusion à ce chapitre, consiste en la non définition de notre action sur l'application du programme arrêté et la proposition de recommandation ".
    Cela dit, il n'en demeure pas moins important de souligner que ce qui compte pour l'instant est de réfléchir sur l'après présentation du rapport de l'IER et d'accorder à la mise en ½uvre de ses recommandations et propositions l'intérêt qu'elles méritent.

    Tout en signalant que " les violations des droits de l'Homme sont multiples et connues dans la littérature juridique internationale ", M. Benzekri estime, en revanche, qu'elles ne s'appliquent pas de manière automatique à tous les cas et à toutes les situations.

    " Toute comparaison entre ce qui se passe aujourd'hui et les événements du passé serait erronée ", souligne-t-il avant de reprendre que " les violations des droits humains faisaient partie du système et du mode de gestion de la chose publique ".
    Et de trancher dans le débat : " A mon avis, les caractéristiques de ce système répressif ont disparu, et ce, par la volonté même des appareils concernés ".
    Concernant le présent, il est convaincu, comme il le dit de manière explicite et sans ambages, que " les violations intervenues durant le nouveau règne sont des fautes et des aspects de dérapage qui peuvent trouver des solutions au sein des institutions judiciaires " et que " les seules exceptions à signaler concernent les attentats terroristes du 16 mai ". Mais toujours est-il que les dérapages observés à ce niveau doivent être énumérés et répertoriés.

    Quant aux divergences portant sur les procès, il considère qu'elles sont " d'ordre politique et non judiciaire ".
    Abstraction faite des interprétations juridiques, " l'intérêt du pays exige un consentement politique sur les violations flagrantes des droits humains ".
    Dans cet ordre, révèle-t-il, l'IER va accueillir, le mois prochain, des acteurs des droits humains appartenant à différents pays arabes, qui veulent s'enquérir de l'expérience marocaine.

    En ce qui concerne le problème de l'impunité, il a annoncé que son instance est partie d'une conviction selon laquelle il est impossible de traduire en justice l'ensemble des personnes susceptibles d'être responsables des violations graves des droits humains, surtout que certains événements remontent à quarante ans.
    Et de conclure sur une note positive : " L'essentiel, aujourd'hui, est de consolider l'Etat de droit et d'élaborer une stratégie d'action tournée vers l'avenir ".
    Un plan d'action constamment à l'ordre du jour.


    Par Aziz Khamliche
    Source: LeMatin.ma












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