L'inflation française au plus bas depuis un demi-siècle

Discussion dans 'Info du monde' créé par @@@, 15 Mai 2009.

  1. @@@

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    La baisse des prix des matières premières s'est répercutée sur les étiquettes en un an. Mais la France est encore loin d'un scénario de déflation.

    Les français auront certainement du mal à y croire. Depuis le passage à l'euro, ils ont l'impression que les étiquettes n'ont cessé d'augmenter ; et ce sentiment n'a pas évolué au cours de ces derniers mois. Mais les chiffres sont là. Les prix à la consommation n'ont progressé que d'un petit 0,2 % en avril par rapport à mars, portant la hausse des étiquettes à 0,1 % en un an, selon l'Insee. Une inflation aussi faible n'avait pas été constatée depuis… 1957 !

    La baisse des prix est particulièrement forte par rapport à avril dernier dans l'énergie (- 13,8 %) qui bénéficie encore du recul des cours de matières premières entre fin 2008 et début 2009. Rien qu'en avril, les prix des produits pétroliers ont perdu 22,4 %. « Nous bénéficions aujourd'hui d'une sorte de contrecoup » , note Nicolas Bouzou, économiste chez Asterès. Il y a tout juste un an, les prix des matières premières étaient en effet à un sommet, et les Français s'affolaient devant l'envolée des prix à la pompe.

    «L'inflation pourrait être temporairement négative vers le milieu de l'année pour reprendre ensuite», indiquait le président de la BCE, Jean-Claude Trichet la semaine dernière. Aujourd'hui, les économistes s'attendent à ce que l'inflation entre en territoire négatif dès le mois prochain. Mais la plupart d'entre eux réfutent un scénario comparable à celui des années 1930 aux États-Unis. La France n'est «pas encore en déflation (baisse autoentre­tenue des prix), qui est un ­processus beaucoup plus complexe et dangereux qu'une baisse des prix due au reflux du prix des matières premières énergétiques», relève Cyril Blesson, économiste chez Seeds Finance.

    Pour preuve, le glissement annuel de « l'indice des prix sous-jacent » - c'est-à-dire hors énergie et produits alimentaires, qui sont les prix les plus volatils - est encore de 1,6 % en avril. Les prix des services continuent également d'augmenter (+ 2,4 % sur un an). Tout comme les prix dans la grande distribution (+ 0,8 % sur un an).

    Les pays les plus atteints par la récession sont, eux, déjà en train de constater une inflation négative : l'Espagne a enregistré en avril pour le deuxième mois consécutif un recul des prix qui atteint 0,2 % sur un an. Pour la première fois depuis les années 1950, l'inflation aux États-Unis est également tombée dans le rouge en mars, à - 0,4 % sur un an. En Grande-Bretagne, l'indice des prix au détail est devenu négatif en mars pour la première fois depuis cinquante ans.

    Soutien au pouvoir d'achat
    À Bercy, on voit dans la publication de ces chiffres des raisons de se réjouir. «La baisse de l'inflation agit comme un facteur de soutien à la consommation dans le contexte diffi­cile d'une remontée du chô­mage» , explique l'entourage de la ministre de l'Économie, Christine Lagarde.

    De fait, «c'est tout de même près de 15 % de la consommation totale des ménages qui voit ses prix baisser» , a calculé Nicolas Bouzou.


    Grâce à la modération des prix, le pouvoir d'achat a progressé au 4e trimestre de + 0,9 % (après + 0,1 % au 3e trimestre), selon les derniers chiffres dispo­nibles.

    http://www.lefigaro.fr/conso/2009/0...ncaise-au-plus-bas-depuis-un-demi-siecle-.php
     

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