Livre et Edition: Le chantier est ouvert

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 31 Juillet 2005.

  1. freil

    freil Libre Penseur

    J'aime reçus:
    52
    Points:
    48
    Dans le sillage de la stratégie menée par les pouvoirs publics visant le rehaussement du niveau d’alphabétisation des populations, un regain d’intérêt pour le livre est aujourd’hui bien réel.

    L’idée de faire de nos plages un espace de loisirs et de culture, comme celle de multiplier les lieux d’apprentissage sont à mettre à l’actif de cette orientation positive au soubassement fort sur le degré d’instruction et sur l’industrie culturelle plus particulièrement celle du livre.

    La volonté existe donc, et pour l’appréhender concrètement on ne peut ne pas rappeler certaines actions ayant présidé à cette étape dont notamment, l’organisation d’un séminaire, début mai dernier, sur les bibliothèques universitaires au service de la recherche scientifique. Une rencontre qui s’est voulue une réflexion sur la situation actuelle des bibliothèques et des centres d’information dédiée à la recherche scientifique et sur les perspectives de leur développement et qui a réunie diverses sensibilités concernées par la promotion de l’outil documentaire pour discuter des moyens et des approches devant permettre de parvenir aux résultats escomptés en terme de développement de ce patrimoine afin d’en faire un levier de la recherche dans notre pays.

    Rappeler également, la création d’un Centre d’Inventaire et de Documentation du Patrimoine (CIDP), à l’initiative du ministère de la Culture avec le soutien de la Fondation de la Maison des Sciences de l’Homme, et ce, dans l’objectif de répondre au besoin de contribuer à la protection, à la connaissance et à la mise en valeur du patrimoine matériel et immatériel ainsi qu du patrimoine naturel.

    Le ministre de la Culture, M. Mohamed Achaâri qui avait présidé l’inauguration de ce centre, avait souligné que « le capital culturel national est peu valorisé et souvent menacé de dégradation ou de disposition ».


    C’est dire tout l’enjeu socio-économique et culturel pour le Maroc d’aider à la mise en place de structures dédiées, ayant pour mission de développer et de promouvoir la connaissance auprès tant des chercheurs, des décideurs ainsi que du large public.

    C’est donc en droit fil de cette stratégie soutenue que se situe cette récente initiative du ministère de la Culture demandant aux éditeurs marocains de lui faire part de la situation du marché du livre : problèmes qu’il connaît, handicaps et les freins qui entravent son développement.

    Cette action, outre qu’elle entre dans une approche globale d’organisation des secteurs d’activité et de leur mise à niveau, revêt une dimension beaucoup plus profonde au regard du fait qu’elle touche un domaine vital qui, malheureusement, est perçu comme le parent pauvre au sein de tout le monde arabe : L’édition et le livre.

    Beaucoup d’écrits ont en effet, été consacrés à cette question, aussi bien d’écrivains et de penseurs arabes et étrangers ainsi que des experts, des chercheurs et des organismes spécialisés de l’Organisation des Nations Unies, notamment le Fonds des Nations Unies pour les Sciences et la Culture (UNESCO), l’ISESCO et le PNUD.

    Leur point commun est que le monde arabe est en grande partie illettré. Plus grave, d’après des données du Programme des Nations Unies pour le Développement : les Arabes constituent cinq pour cent de la population mondiale mais ne produisent qu’un pour cent des livres dans le monde. Il y a quelques années, les pays arabes n’ont produit que près de 2.000 ouvrages, malgré les 280 millions de lecteurs qu’ils comptent.

    Cela représente moins que la production d’un pays comme la Turquie avec une population qui correspond au quart de la population des pays arabes. Même les livres traduits - d’une importance capitale pour l’acquisition et le transfert du savoir - sont beaucoup plus rares dans le monde arabe que dans d’autres régions avec des niveaux comparables d’alphabétisme et de développement économique. D’ailleurs, pas plus de 10.000 ouvrages (dix mille) ont été traduits vers l’arabe au cours du dernier millénaire, selon un rapport du PNUD, ce qui correspond au nombre d’ouvrages traduits vers l’Espagnol chaque année.

    C’est dire toute l’impasse culturelle dans laquelle se trouve le monde arabe et donc la nécessité de s’inscrire dans une dynamique qui prône la rupture avec ce qui a été de mise.

    Là est le choix du Maroc du renouveau dont la volonté se mesure aujourd’hui à l’aune de nombre de chantiers d’envergure qu’il mène et qu’il compte résolument concrétiser.

    De ces chantiers et de leur importance, Monsieur le ministre de l’Intérieur, Mustapha Sahel, dans un entretien récent accordé à un confrère casablancais, en a tracé les contours, à la hauteur de l’ambition de notre pays de relever tous les défis et de triompher sur tous les aspects du mal développement que sont l’analphabétisme, la pauvreté, la marginalisation et l’exclusion.

    Par:Abdelkader MOUHCINE

    Source: L'OPINION.
     

Partager cette page