Low-cost aérien: Faut-il avoir peur de l’ouverture?

Discussion dans 'Info du bled' créé par pouet, 24 Juin 2006.

  1. pouet

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    · «Aucune crainte», pour les opérateurs nationaux

    · A condition de bénéficier des mêmes incitations

    · La phase de préparation dépassée



    Juillet 2006 ne sera pas comme les autres. C’est en tout cas ce que laissent entendre de nombreux observateurs avec l’arrivée de Easy jet dans le ciel marocain. La low-cost britannique, redoutable et non moins redoutée, desservira le Maroc à partir de Londres. Pour 30,99 Livres Sterling, soit près de 500 dirhams, les passagers pourront se rendre de la capitale anglaise à Marrakech. Classes affaires et touristes de masse sont concernées. Annoncée il y a quelques mois déjà, l’arrivée d’Easy Jet au Maroc, est loin d’être passée inaperçue. Le Maroc, entré de plain-pied dans l’ère de la libéralisation aérienne, pourra-t-il faire face à cette nouvelle concurrence? Pour les responsables d’Atlas Blue, première low-cost marocaine, filiale du groupe Royal Air Maroc, «le Maroc a été préalablement préparé à affronter la concurrence. Il ne devrait donc pas y avoir de véritable crainte». Aux côtés d’Easy jet, Ryan Air devrait aussi desservir le Maroc dès le mois de novembre. Cette low-cost européenne qui draine plus de 33 millions de passagers à travers le monde et développe l’activité de plusieurs aéroports, assurera des dessertes de Frankfurt vers Fès et Marrakech et de Marseille vers Fès, Marrakech et Oujda pour des tarifs d’à peine 400 DH l’aller. Les compagnies low-cost marocaines, Atlas Blue et Jet4You parviendront-elles à pratiquer des prix similaires? «Atlas Blue se développe de la même façon que Easy Jet puisque nous programmons déjà les mêmes vols, affirme Zouheir El Aoufir, président du directoire de la compagnie, les prix obéissant aux lois de l’offre et de la demande». Des conditions restent toutefois indispensables pour pouvoir pratiquer des prix similaires. «Les prix sont construits selon une structure économique qui tient compte de l’ensemble des coûts de revient. Pour avoir le même niveau de tarification, il faudrait donc que les incitations soient les mêmes pour toutes les compagnies». Taxes versées à l’Office national des aéroports, opérations marketing : les incitations sont diverses et «pas forcément appliquées de la même façon à tout le monde», précise-t-il. Le marketing est particulièrement pointé du doigt. A titre d’exemple, la société «Airport marketing services», le ministère et l’Office national marocain du tourisme ont signé un accord portant sur l’inscription officielle de la destination Maroc parmi les liens promotionnels du très visité site de la low-cost irlandaise. Ce qui ne manquera pas de booster les ventes vers cette destination. Côté marocain, sur ce dernier point, les choses semblent avancer lentement. «Nous n’avons encore rien de concret à ce propos», affirme el Aoufir. Or, les choses devraient actuellement passer à la phase opérationnelle aussi bien pour les lignes charter que régulières».
    La phase de préparation est aujourd’hui dépassée. Chacune des compagnies doit avoir déjà élaboré sa stratégie de conquête. Jet4You, qui ne disposait jusqu’à présent que d’un seul appareil, s’apprête à recevoir le second. Première low-cost privée marocaine, son partenariat avec TUI (un des principaux actionnaires) lui garantit toutefois un seuil minimal de passagers. Atlas Blue, qui profite de son appartenance au groupe Royal Air Maroc, affiche des résultats «conformes au business-plan initial». «Il est essentiel de disposer d’un partenaire stratégique», affirme le président du directoire. Avec huit avions, dont deux acquis récemment, la compagnie prévoit une croissance de l’ordre de 20%, et de 37% en matière de nouvelles capacités injectées. Mais c’est également par l’existence d’importants partenariats que la low-cost assure un seuil minimal de passagers. Parmi ces derniers, les groupes Marmara et FRAM avec lesquels Atlas Blue a signé des contrats s’étalant sur plusieurs années, constituent des «partenaires industriels». Sa stratégie de développement consiste d’abord à renforcer les dessertes existantes pour arriver à des fréquences quotidiennes sur des destinations prisées comme Londres ou Milan. «Un de nos principaux objectifs est de consolider notre position sur les marchés traditionnels», affirme El Aoufir. Cela n’empêche pas pour autant la compagnie de s’ouvrir sur de nouveaux marchés. L’Europe de l’est apparaît comme une destination fétiche. Une des toutes dernières ouvertures s’est effectuée sur la Hongrie depuis juin à peine.
    Car «plus on diversifie la clientèle, plus les chances de réussite sont grandes».

    www.leconomiste.com
     

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