Lundi noir après la faillite de Lehman Brothers

Discussion dans 'Info du monde' créé par ChA3nOuNa, 16 Septembre 2008.

  1. ChA3nOuNa

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    L'annonce de la faillite de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers a provoqué, lundi 15 septembre, un nouveau séisme sur la scène financière mondiale, certains rapprochant la crise actuelle de la crise de 1929, alors que les autorités financières mondiales tentaient d'éviter une crise majeure.

    La banque, qui a demandé à être protégée contre ses créanciers par le chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, a annoncé des dettes s'élevant à 613 milliards de dollars au 31 mai, et le total des actifs se montant quant à lui à 639 milliards de dollars. La dette exigible par les trente premiers créanciers de la banque d'affaires atteignait 158 milliards de dollars au 2 juillet, l'essentiel de ce montant étant constitué d'obligations bancaires (155 milliards de dollars), puis de prêts bancaires, dont le plus élevé s'élève à 463 millions de dollars, par la banque japonaise Aozora.

    FONDS DE 70 MILLIARDS DE DOLLARS

    Clôturant les premières, les Bourses asiatiques ont donné le ton à un lundi noir sur les places financières mondiales, Bombay en baisse de 3,35 %, Taïwan de 4,09 %. La chute s'est poursuivie plus tard sur les Bourses européennes : la Bourse de Francfort affichait à la clôture un recul de 2,74 %, celle de Londres de 3,92 %. A Paris, le CAC 40 a connu sa quatrième plus importante baisse de l'année en clôture à -3,78 %.

    Afin d'éviter une crise majeure, les autorités financières se sont efforcées de rassurer les marchés financiers, les Banques centrales prenant des mesures pour leur apporter des liquidités. La Banque centrale européenne et la Banque d'Angleterre sont ainsi intervenues lundi matin en injectant respectivement 30 milliards d'euros et 5 milliards de livres (6,3 milliards d'euros). Dès dimanche, la Banque centrale américaine avait par ailleurs pris des mesures techniques, en acceptant des titres bancaires risqués et difficilement vendables en échange de cash pour les banques en difficultés. Dix grandes banques, américaines et étrangères, ont aussi très vite mis en place un fonds de 70 milliards de dollars dans lequel elles pourront puiser si elles risquaient de se retrouver à court de liquidités.

    "GRANDE DÉPRESSION"


    Alors que l'ancien président de la Réserve fédérale américaine, Alan Greenspan, analysait dès dimanche la crise actuelle comme "un événement qui se produit une fois tous les cinquante ans, probablement une fois par siècle", ou que le candidat démocrate à l'élection présidentielle américaine Barack Obama évoquait "la crise financière la plus grave depuis la grande dépression [de 1929]", d'autres observateurs se sont voulus plus rassurants.

    Le Prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz a estimé que la crise financière actuelle devrait être moins grave que celle des années 1930. "On peut bien sûr se tromper mais le point de vue général est que nous disposons aujourd'hui d'outils en matière de politique fiscale et monétaire pour éviter une autre grande dépression", a-t-il déclaré à l'AFP. L'économiste prévoit que la situation devrait continuer à se détériorer sur les marchés financiers et sur le marché immobilier, mais que la mondialisation devrait jouer un rôle d'amortisseur. Optimiste, le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, a lui assuré que le système bancaire était "sain et solide" et que les Américains pouvaient avoir confiance dans la sécurité de leurs comptes bancaires.

    D'autres espéraient que la liquidation de Lehman Brothers accélère la réforme qui semble s'amorcer vers une reconcentration du secteur financier. Après le rachat de Bear Stearns par JP Morgan en mars, Bank of America a officialisé, lundi, le rachat d'un autre grand nom de Wall Street, Merrill Lynch, pour 50 milliards de dollars. Selon le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, "un long processus" semble engagé de "consolidation des secteurs financiers". "A posteriori, une fois l'orage passé, cette recomposition [du secteur financier] pourrait être perçue comme un début de guérison et marquer la fin de l'aléa moral qui pesait sur le secteur", estimaient les analystes de CM-CIC Securities, l'aléa moral décrivant la notion qu'ont les opérateurs financiers que les pouvoirs publics interviendront toujours au dernier moment pour éviter une crise généralisée, ce qui les incite à prendre des risques.

    Dans le cas de Lehman Brothers, les autorités fédérales américaines ont refusé d'apporter de l'argent frais, après avoir déboursé 29 milliards de dollars pour assurer le rachat en urgence de Bear Stearns et s'être engagées jusqu'à 200 milliards la semaine passée pour maintenir sur pied les organismes hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac.

    source:lemonde
     
  2. sadalif

    sadalif Visiteur

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    Faillite de Lehman Brothers: plongeon des marchés en asie

    Les bourses asiatiques ont à nouveau plongé mardi sur fond d'inquiétude des marchés sur une grave crise financière mondiale et alors que les investisseurs réagissent aux ennuis de Lehman Brothers et Merrill Lynch, deux des fleurons de Wall Street.

    Ce nouveau plongeon survient alors que lundi noir à Wall Street réagissait au séisme "Lehman Brothers" avec une forte chute de l'indice Dow Jones des valeurs industrielles qui a terminé la séance à la bourse de New York à 10.917,51 points, en baisse de 504,48 points, soit 4,42%, par rapport à la clôture de vendredi. Il s'agit du plus fort recul en points en clôture de séance à Wall Street depuis les attentats du 11-Septembre. Le Dow Jones repasse du même coup sous la barre des 11.000 points pour la première fois depuis deux mois.

    La Banque du Japon, dont le gouverneur doit tenir une réunion d'urgence avec le gouvernement nippon, a injecté 2.500 milliards de yens (16,9 milliards d'euros) sur les marchés monétaires alors que les instances de régulation de l'ensemble des places asiatiques s'ingéniaient également à soutenir leurs systèmes financiers.

    A Tokyo, l'indice Nikkei des valeurs japonaises a chuté de 5,3%, à 11.560,66 points à la mi-séance tandis que le Hang Seng cédait 5,7% à Hong Kong. Ces deux places -les plus importantes d'Asie- étaient fermées lundi, jour férié.

    Toutes les autres places asiatiques et océaniques subissaient également une dégringolade de Mumbai (ex-Bombay) à la Corée du Sud et l'Australie, de Singapour à Taïwan, de Shanghaï aux Philippines.

    En Chine, l'indice composite de la bourse de Shanghaï a cédé 3,2% tandis que le fonds d'investissement Hua An Fund Management, l'un des plus importants du pays, avertissait d'ores et déjà d'un risque d'énormes pertes potentielles.

    Le plongeon de Wall Street mais aussi des places européennes puis asiatiques fait suite à la déconfiture simultanée de deux des plus prestigieuses institutions financières américaines: la banque d'affaires Lehman Brothers et le géant du courtage Merrill Lynch. Lehman Brothers s'est placée lundi sous la protection de la loi américaine sur les faillites tandis que Merrill Lynch, également fragilisée, était rachetée par la Bank of America. Deux nouvelles qui ont fait chuter les marchés à travers le monde.

    Et déjà, les financiers de la planète se trouvent confrontés à un autre sujet d'inquiétude et retiennent leur souffle: le géant américain de l'assurance American International Group (AIG) a été autorisé à piocher jusqu'à 20 milliards de dollars d'avoirs dans ses filiales afin de trouver les liquidités nécessaires à sa survie. AP

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