Mères célibataires : le coût de l’hypocrisie

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par @@@, 19 Septembre 2008.

  1. @@@

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    Les grossesses hors mariage sont un vrai drame pour les mères et les enfants. Les lois, obsolètes, sont à repenser.

    Rachida Dati a des origines Marocaines, célibataire elle est enceinte et ne veut pas dévoiler le nom du père. La presse Marocaine s’y intéresse plus que la Française, question de culture probablement. Alors qu’en Occident ce n’est nullement un problème, chez nous c’est la catastrophe, avec une grande différence. C’est que chez eux il s’agit de grossesse désirée.
    La réponse qu’on donne depuis toujours est tirée de la religion et de la morale.
    Sociale : ce n’est pas licite donc cela n’existe pas. Or, cela existe et en nombre conséquent. Les jeunes filles n’ont reçu aucune éducation sexuelle et se trouvent dépourvues face au problème. Pour parler cru, la plupart des «victimes», sont très jeunes, n’ont pas d’activité sexuelle régulière, pour nombre d’entre elles, la grossesse intervient alors qu’elles sont encore vierges. Pas de contraception donc et inégalité face à l’I.V.G, au fameux curtage. Celles qui ont les moyens, y accèdent malgré l’interdit légal, au point d’en faire un moyen de contraception à posteriori. Les autres, celles qui proviennent des couches démunies, soit recourent à des «avorteuses» au péril de leur vie, soit quittent leur famille, se retrouvent dans la rue et grossissent les rangs des prostituées bas de gamme.


    Le principe de réalité s’impose
    Le discours moral, religieux nie la réalité sociale. Aucune fille, aucun garçon, quelles que soient leurs convictions, n’attendent ou n’attendront d’approcher la trentaine, de se marier, pour entamer une vie sexuelle. L’abstinence est trop exceptionnelle pour être significative.
    Au-delà de ces principes et de leur supposé bien-fondé, il faut traiter ce fléau dramatique.
    Aujourd’hui et malgré les efforts d’une série d’ONG, très courageuses hyper-actives, les filles mères vivent une tragédie, sont dans leur extrême majorité acculées à la prostitution. Leurs enfants, les « Hramis » sont socialement rejetés, deviennent des enfants de la rue très rapidement et sombrent dans la marginalité.
    Traiter ce problème, c’est d’abord faire de la prévention. Adolescents et adolescentes doivent savoir que, même sans pénétration vaginale, il y a risque de grossesse. Ils doivent savoir que le préservatif évite bien des problèmes. Il faut donc mettre à leur disposition ce moyen de contraception et de protection face aux MST. Cela paraît couler de source, mais d’autres l’interprètent comme une incitation à la débauche.
    Ensuite il faut absolument légaliser l’avortement, surtout dans ces cas-là qui mettent généralement aux prises des adolescents à qui on ne peut imposer le mariage. L’avortement est illicite, c’est un fait. Mais peut-on imposer à la société, au nom d’un précepte religieux, d’envoyer en enfer des milliers de jeunes filles et de nouveaux-nés tous les ans. Or, la réalité, c’est que les filles des familles aisées, celles qui se prostituent déjà dans des catégories élevées, arrivent toujours à trouver un médecin qui brave l’interdit et pratique l’IVG. L’enfer est pour celles qui proviennent des milieux les plus défavorisés, comme toujours. Ce débat doit sortir de l’ordre moral et même du droit des femmes à disposer de leur corps, principe universel aujourd’hui, pour pouvoir traiter un problème concret.
    Il y a tout de même deux tendances, contradictoires, majeures à noter. Certaines familles, dans les quartiers les plus défavorisés, bravent la pression sociale, gardent leur fille et son enfant, et tentent d’élever celui-ci. A l’inverse, d’autres cachent la grossesse et organisent l’infanticide après l’accouchement. Il n’y a qu’à voir le nombre d’infanticides où fille et mère sont condamnées. On n’arrive pas à ces extrémités de manière spontanée.
    Au lieu de faire de ce sujet un tabou, si on en discutait de manière rationnelle ? C’est ce débat que nous avons l’ambition d’introduire.


    http://www.lagazettedumaroc.com/articles.php?id_artl=17991&r=2&sr=852
     

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