Madrid : la police demande ses papiers à un Africain tabassé

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par @@@, 25 Août 2009.

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    Dimanche 1er août, 6 heures du matin : Alfredo Albino Sonda, un Guinéen de 32 ans, attend un bus sur la place de Cibeles, en plein centre de Madrid, après une nuit festive. La plupart des lignes nocturnes passent par ce lieux ultra-touristique et il y a donc plusieurs autres personnes présentes lorsque trois jeunes l'entourent, menaçants, et lui lancent : « Pourquoi êtes-vous aussi nombreux ici ? »

    Alfredo Albino tente une réponse mais soudain, les injures et les coups commencent à pleuvoir. Pendant plus de quinze minutes, selon son témoignage, ils s'acharnent en utilisant tout ce qui leur tombe sous la main : bouteilles, pierres, et même une matraque rétractable illégale.

    Un personne plus menue aurait eu du mal à s'en sortir
    Les quelques témoins qui tentent de s'interposer sont, menacés et lorsqu'un bus ouvre ses portes pour qu'il s'y réfugie, les trois forcenés lancent une pierre à l'intérieur, qui blesse une passagère.

    Enfin, la police arrive.

    Mais, stupeur, les agents demandent immédiatement ses papiers à la victime, en même temps qu'à ses trois agresseurs.

    Alfredo Albino est plutôt costaud et les agents estiment apparemment qu'il n'est pas en si mauvais état. Mais l'attaque a été tellement brutale, selon les témoignages, qu'une personne plus menue aurait eut du mal à s'en sortir.

    « Les jeunes continuaient à l'insulter et à le menacer devant la police »
    « C'est hallucinant, les jeunes continuaient à l'insulter et à le menacer devant la police », dénonce Esteban Ibarra, président de l'association espagnole Mouvement contre l'intolérance.

    « Les agents auraient dû, dès leur arrivée sur les lieux, constater qu'ils se trouvaient devant une agression clairement raciste, motivée par la haine et attentant donc aux droits fondamentaux de la victime. C'est un délit qui est recensé dans notre code pénal mais que les mentalités n'ont pas encore assimilé en Espagne.


    Nous avons besoin d'un gros travail d'éducation psychologique de la part du ministère de l'Intérieur, comme on l'a fait en Espagne avec beaucoup d'efficacité pour la violence conjugale »


    Ses douleurs aux vertèbres cervicales préoccupent les médecins
    Ce n'est que plus de vingt-quatre heures plus tard, lorsqu'Alfredo Albino contacte l'association, qu'Esteban Ibarra l'amène à l'hôpital pour un examen et un rapport officiel listant ses blessures.

    Les médecins sont particulièrement préoccupés par les coups reçus au niveau des vertèbres cervicales qui lui causent encore des douleurs aujourd'hui.

    Rapport en main, le Guinéen présente enfin sa plainte à la police. On est déjà lundi. Mais heureusement, les agresseurs, qui ont entre 25 et 27 ans, ont été identifiés, pendan que lui était contrôlé. Ils risquent entre un à trois ans de prison ou une lourde amende.

    La crise alimente les attaques xénophobes
    Selon les rapports élaborés régulièrement par le Mouvement contre l'intolérance, les attaques motivées par la haine sont nombreuses -350 agressions en 2008- et la crise économique accentue les tensions alors que le taux de chômage atteint déjà 18%.


    Encore pratiquement inexistante dans les années 90, la population étrangère a décuplé pendant le boom économique de la dernière décennie et représente désormais plus de 11% de la société espagnole.

    Maintenant que le travail se fait plus rare, les espagnols « d'origine » reviennent vers les emplois qu'ils avaient abandonnés aux nouveaux venus pendant la période faste. Une concurrence pour les mêmes postes qui mène à des tensions.

    « Une immigration jetable après usage »
    C'est cette conception utilitariste de l'immigration que dénonce Esteban Ibarra

    « En Espagne, on a utilisé les immigrés quand tout allait bien et aujourd'hui, vu les difficultés, on les rejette. Comme si l'immigration était “jetable” après usage . »


    La police a quant à elle déclaré au quotidien 20 Minutos que son intervention avait été « correcte » puisqu'elle a identifié les agresseurs sur le moment. Selon les propos anonymes rapportés par le journal, ils « n'avaient pas d'antécédents et n'appartenaient pas à un mouvement d'extrême droite. »


    http://www.rue89.com/ibere-espace/2...ice-demande-ses-papiers-a-un-africain-tabasse
     

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