MALI

Discussion dans 'Bibliothèque Wladbladi' créé par titegazelle, 14 Février 2013.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Le Mali



    Le Mali, officiellement République du Mali, est un pays d'Afrique de l'Ouest, frontalier de la Mauritanie et de l'Algérie au nord, du Niger à l'est, du Burkina Faso et de la Côte d'Ivoire au sud, de la Guinée au sud-ouest et du Sénégal à l'ouest.

    Ancienne colonie française du Soudan français, le Mali est devenu indépendant le 22 septembre 1960, après l'éclatement de la Fédération du Mali regroupant le Sénégal et le Soudan français. Sa devise est «un peuple, un but, une foi» et son drapeau est constitué de trois bandes verticales verte, jaune et rouge.
    La république du Mali a conservé les frontières héritées de la colonisation. Antérieurement, plusieurs royaumes et empires se sont succédé, englobant une partie plus ou moins importante du Mali actuel et des pays limitrophes.

    Avec 14 517 176 habitants en 2009, la population malienne est constituée de différentes ethnies, dont les principales sont les Bambaras, les Bobos, les Bozos, les Dogons, les Khassonkés, les Malinkés, les Minianka, les Peuls, les Sénoufos les Soninkés (ou Sarakolés), les Sonrhaïs, les Touareg, les Toucouleurs. Le français est la langue officielle, mais la population parle majoritairement les langues nationales, le bambara étant la plus utilisée.
    Avec une économie encore essentiellement rurale, le Mali, pays enclavé, fait partie des 49 pays les moins avancés (PMA) en termes de développement socio-économique.
    Le pays fait partie de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et de l'Union africaine.
    Bamako, ville située au sud-ouest et qui comptait 1 809 106 habitants en 2009[SUP]4[/SUP], est la capitale du pays.


    Toponymie


    La République du Mali tient son nom de l'ancien Empire du Mali fondé par Soundiata Keïta au XIII[SUP]e[/SUP] siècle et qui a connu son apogée au XIV[SUP]e[/SUP] siècle.
    En 1959, les deux colonies françaises du Soudan français et du Sénégal fondent la Fédération du Mali qui obtient son indépendance. Lors de l'éclatement de cette fédération, les Soudanais conduits par Modibo Keïta, déclarent leur indépendance et donnent à leur pays le nom de République du Mali.


    Histoire : Histoire du Mali.
    (Détail complet après cet article)


    Histoire pré-coloniale
    Cinq empires ou royaumes importants se sont succédé : l’empire du Ghana, l’empire du Mali, l’empire songhaï, le royaume bambara de Ségou et l'empire peul du Macina. Son économie reposait sur l’agriculture, l’élevage et le commerce transsaharien avec les peuples d’Afrique du Nord intéressés par l’or, le sel et les esclaves mais aussi la culture. À son apogée l’empire s’étend de l’Atlantique au Nigeria et du Nord de la Côte d’Ivoire au Sahara.

    De 1883 à 1960, une colonie française
    Après l'invasion par la France en 1883, le Mali devient une colonie française sous le nom de Soudan français. Le 4 avril 1959, le Sénégal et le Soudan se regroupent pour former la Fédération du Mali, qui accède à l'indépendance le 20 juin 1960. Deux mois plus tard, le Sénégal se retire de la fédération et proclame son indépendance. Le 22 septembre 1960, le Soudan proclame à son tour son indépendance sous la conduite de Modibo Keïta, tout en conservant le nom de Mali.

    De 1960 à aujourd'hui, après l'indépendance
    En 1968, Modibo Keïta est renversé par un coup d'État conduit par un groupe d'officiers ayant à leur tête Moussa Traoré, qui instaure une dictature. Le 26 mars 1991, celui-ci est renversé à son tour par le général Amadou Toumani Touré. Après une période de transition, ce dernier restaure la démocratie avec l'élection d'Alpha Oumar Konaré en 1992, qui sera réélu en 1997.
    En 2002, Amadou Toumani Touré, qui a quitté l'armée pour se présenter, est élu président de la République du Mali, et réélu en 2007.


    2012-2013, des conflits croisés
    Conflit malien de 2012-2013.

    (Détail complet après cet article)


    De janvier à avril 2012, le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) attaque les camps militaires maliens et les villes situés dans les régions de Gao, de Tombouctou et de Kidal remettant en cause l'unité territoriale du Mali dont l'armée est mise en difficulté.

    Le 22 mars 2012, le gouvernement est renversé par un coup d'État conduit par de jeunes militaires qui dénoncent son incapacité à gérer le conflit sévissant au nord du pays. L’unité politique du pays est plus que jamais menacée. Ces soldats mutins dirigés par le capitaine Amadou Haya Sanogo prennent le contrôle de la présidence, puis annoncent la dissolution des institutions et la suspension de la Constitution ; et ce, à un mois de l'élection présidentielle. Ce coup d'État entraîne le départ d'Amadou Toumani Touré et la mise en place d'un couvre-feu temporaire. Les violences qui suivent le renversement du pouvoir entraînent la mort d'une personne et en blessent une quarantaine d'autres.

    Le 1[SUP]er[/SUP] avril 2012, la rébellion Touareg, constituée du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et d'un mouvement salafiste Ançar Dine, contrôle les trois régions situées au nord du Mali. Le MNLA réclame l'indépendance de l'Azawad tandis qu'Ançar Dine souhaite imposer la charia. Les deux mouvements revendiquent le contrôle des principales villes.


    Le 4 avril, le MNLA décide unilatéralement la fin des opérations militaires à compter du 5 avril à minuit (TU). Deux jours plus tard, le 6, le MNLA proclame l'indépendance de l'Azawad.

    La proclamation de l'indépendance de l’Azawad par les touaregs du MNLA a été condamnée de façon catégorique par les différents partis maliens ainsi que par l’Union africaine et la communauté internationale ; ces partis affirment que l’intégrité territoriale du Mali n’est pas négociable et souhaitent que le MNLA revienne à la raison, de gré ou de force.

    Le 11 janvier 2013 devant la progression des rebelles au-delà de la ligne de séparation des deux Mali et la prise de la ville de Konna, verrou stratégique dans la marche sur Bamako, l'état d'urgence est déclaré dans le pays. À la suite de la demande du président du Mali par intérim Dioncounda Traoré, la France sollicite l'accord de l'ONU pour déclencher l'Opération Serval de libération du pays. Le 13 janvier 2013 marque le début du recul des islamistes, l'Armée Française poursuivant sa progression vers le nord. Des troupes de la CEDEAO sont attendues. La France a demandé à l'ONU d'accélérer l'arrivée de troupes d'appui et une mission d'assistance de l'Union européenne est attendue pour février 2013.


    Politique


    Le Mali est une république avec un parlement unicaméral. Le pouvoir exécutif est représenté par le président et son gouvernement. Le pouvoir législatif par l'Assemblée nationale. La plus haute autorité judiciaire est la Cour suprême.

    La démocratie a été instaurée en 1991, après le coup d'État d'Amadou Toumani Touré contre le régime autoritaire de Moussa Traoré, suite aux révoltes populaires. Malgré des difficultés importantes, notamment lors des élections présidentielle et législative de 1997, le Mali a maintenu la démocratie, faisant figure d'exemple pour l'Afrique. Cependant, la faible participation électorale et la non-compréhension par une partie importante de la population des enjeux électoraux fragilisent cette démocratie.

    Depuis l'indépendance du Mali, cinq chefs d'État se sont succédé :

    En mars 2012, un coup d'État est lancé par des militaires suite aux rébellions du nord-Mali avant les élections présidentielles, engendrant couvre-feu temporaire et départ de Toumani Touré. En avril, les Touaregs du MNLA proclament l'indépendance du Nord du pays, mais celle-ci n'est reconnue par personne. Les conflits continueront et s'aggraveront, conduisant à l'engagement de forces internationales au début de l'année 2013.

    Ordres et décorations du Mali

    • Ordre National du Mali
    • Ordre du Mérite Agricole

    Administrations


    Les institutions du Mali sont définies par la Constitution adoptée par référendum le 12 janvier 1992 instituant la Troisième république. Elles sont actuellement suspendues depuis le coup d'État militaire de mars 2012 dirigé par le capitaine Amadou Sanogo, président du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État.

    Le président de la République
    Le président de la République est le chef de l’État. Il est garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire, du respect des traités et accords internationaux. Il veille au fonctionnement régulier des pouvoirs publics et assure la continuité de l'État.
    Il nomme le Premier ministre et les membres du gouvernement. Présidant le Conseil des ministres qui se réunit chaque semaine le mercredi, il signe les ordonnances et les décrets. Il promulgue également les lois adoptées par l’assemblée nationale.

    Le président de la République est le chef suprême des armées.
    Le président de la République peut dissoudre l’Assemblée nationale. Lorsque les institutions de la République, l'indépendance de la Nation, l'intégrité du territoire national, l'exécution de ses engagements internationaux sont menacés d'une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le président de la République décrète l'état de siège et l'état d'urgence et prend des mesures exceptionnelles dans un cadre fixé par la constitution.

    Le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelables une fois.
    En cas de vacance de la présidence ou d’empêchement absolu ou définitif constaté par la Cour constitutionnelle, les fonctions du président de la République sont exercées par le président de l’Assemblée nationale en attendant l’élection d’un nouveau président de la République dans une période de 21 à 40 jours.

    Le général Amadou Toumani Touré, président de la République depuis 2002, a été renversé le 22 mars 2012 par un coup d'État militaire dirigé par le capitaine Amadou Sanogo, président du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État.


    Le gouvernement
    Le Premier ministre et les ministres sont nommés par le président de la République. Ils se réunissent toutes les semaines en conseil des ministres sous sa présidence.
    Le poste de Premier ministre, occupé depuis 2011 Cissé Mariam Kaïdama Sidibé, est actuellement vacant depuis le coup d'État du capitaine Sanogo.

    L’Assemblée nationale
    L’Assemblée nationale est la chambre unique du Parlement. Elle adopte les lois qui sont ensuite promulguées par le président de la République. Elle contrôle le travail du gouvernement.
    Les députés, au nombre de 147, sont élus au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans. La dernière élection a eu lieu en 2007.
    Le poste de président de l’Assemblée nationale, occupé par Dioncounda Traoré avant le coup d'État du capitaine Sanogo, est actuellement vacant, les institutions ayant été suspendues..

    Le Haut Conseil des collectivités territoriales
    La mission du Haut Conseil des collectivités territoriales est fixé par la constitution : « étudier et de donner un avis motivé sur toute politique de développement local et régional ». Les Conseillers Nationaux sont élus pour cinq ans au suffrage indirect. Ils assurent la représentation des collectivités territoriales de la République. Les Maliens établis à l'extérieur sont représentés au Haut Conseil des Collectivités.

    75 conseillers nationaux siègent Haut conseil des collectivités au à raison de 8 conseillers pour chacune des régions et le district de Bamako et de 3 conseillers représentant les Maliens établis à l'extérieur. Ils sont élus au suffrage indirect pour un mandat de 5 ans au niveau de chaque région et du district de Bamako par un collège composé de l'ensemble des conseillers communaux en exercice. Les dernières élections ont eu lieu 18 mars 2007.
    Le président du Haut Conseil des Collectivités territoriales est actuellement Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haïdara.


    Autres institutions

    Justice
    Cour constitutionnelle, Cour suprême, Médiateur de la République et Commission nationale des droits de l'homme.

    Santé
    - Éducation


    Forces armées

    Les Forces armées et de sécurité du Mali sont responsables de la défense de l'intégrité territoriale et la souveraineté du Mali.
    Selon la Bibliothèque du Congrès (Library of Congress) en 2005, l'armée malienne est «sous-payée, mal-équipée et dans le besoin de rationalisation». Elle a souffert de l'intégration des rebelles touarègues dans l'armée régulière à la suite d'un accord conclu en 1992 entre le gouvernement et les groupes rebelles

    Fondées le 10 octobre 1960 après l'indépendance du pays vis-à-vis de la France, elles comprennent plus de 7 000 hommes. Elles se composent d'une armée de terre, une armée de l'air, une garde nationale ainsi que d'une gendarmerie.
    Les forces armées maliennes ont participé à des missions de maintien de la paix en République démocratique du Congo, au Liberia, en Sierra Leone et Centrafrique.
    Durant les années 2000 et au début des années 2010, des militaires maliens sont entraînés par des instructeurs américains dans le cadre de l'opération Enduring Freedom - Trans Sahara.

    Entre janvier et avril 2012, l'armée malienne subit une série de revers aboutissant à la partition de facto du pays. Le New York Times rapporte début 2013 que «Le quasi-effondrement de l'armée malienne, et notamment des unités entraînées par les États-Unis, suivi d'un coup d’État mené par un officier entraîné par les Américains, a stupéfié et embarrassé les leaders militaires américains.»

    En décembre 2012, l'Union européenne décide d'apporter son aide à l'armée malienne à travers la mission de formation de l'Union européenne au Mali.
    Le 11 janvier 2013, la France déclenche l'opération Serval en riposte à une offensive vers le Sud de djihadistes venus du Nord-Mali, que l'armée malienne n'a pas réussi à contrer.
    Début février 2013, les effectifs sont estimés par le ministre des affaires étrangères malien Soumeylou Boubèye Maïga à moins de 3 000 militaires opérationnels sur un effectif théorique de 14 000 hommes.


    Commandement
    En janvier 2013, le commandant en chef des armées est le président de la République par intérim Dioncounda Traoré, le ministre de la Défense est le colonel-major Yamoussa Camara, le chef d'état-major général est le colonel-major Ibrahima Dahirou Dembélé.

    Armée de terre
    Avant le début du conflit de 2012, on comptait les moyens matériels suivants :

    • 21 chars T-34
    • 18 chars Type 62
    • 12 chars T-54E/55
    • nombre non communiqués de chars PT-76
    • 30 blindés BTR-40
    • 20 blindés BRDM-2, 16 remis en état après le déclenchement du conflit.
    • 10 blindés BTR-60, 19 BTR-60PB ont été réceptionnés fin 2012.
    • 10 blindés BTR-152
    • 5 blindés RG-31 Nyala
    • 8 pièces d'artillerie tractées D-30 (122 mm)
    • 6 pièces d'artillerie tractées M-1944 (100 mm) # 6
    • 6 canons D-44 (85 mm)
    • 6 pièces d'artillerie antiaérienne M-1939 (37 mm)
    • 6 pièces d'artillerie antiaérienne S-60 (57 mm)
    La disponibilité des chars est très faible. Les principaux moyens utilisés sont des véhicules utilitaires tout terrain 4x4 - en majorité des Toyota Hilux et Land Cruiser série 7 - dont 142 commandés en Algérie en 2012. Plusieurs de ces derniers sont équipés de mitrailleuses de DShK de calibre 12,7 × 108 mm ou KPV de calibre 14,5 × 114 mm au lieu des SMB de calibre 7,62 × 54 mm R précédemment utilisés.
    Plusieurs véhicules capturés en 2012 ont été détruit par l'aviation française en janvier 2013.
    Les armes individuelles dont de conception soviétiques, fusil d'assaut AK-47, fusil SKS et lance-roquettes RPG-7 entres autres.


    Organisation
    Un bataillon malien s'est replié au Niger en mai 2012.

    Force aérienne

    La principale base aérienne est l'Aéroport international de Bamako-Sénou. Le taux de disponibilité du matériel est quasi-nulle en 2012. Au moins un Mi-24 a été capturé lors de l'insurrection malienne de 2012 par les Touaregs à Gao.

    [TABLE="class: MsoNormalTable, width: 463"]
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    Aéronef
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    Type
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    Versions
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    Acquis
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    Notes
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    [TD] Aero L-29 Delfin
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    Avion d'entraînement
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    [TD] Acquis auprès de l'URSS en 1983[/TD]
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    [TD] Antonov An-2 Colt[/TD]
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    AN-2P 'Colt'
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    [TD] Acquis auprès de l'URSS en 1962[/TD]
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    [TD] Antonov An-24 Coke[/TD]
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    Avion de transport
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    [TD] Acquis auprès de l'URSS en 1976[/TD]
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    [TD] Antonov An-26 Curl[/TD]
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    Avion de transport
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    [TD] Acquis auprès de l'URSS en 1976
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    [TD] Basler BT-67 Turbo Dakota[/TD]
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    Avion de transport
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    BT-67 Turbo Dakota
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    2
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    [TD] Eurocopter AS350 Écureuil[/TD]
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    Hélicoptère de transport
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    AS 350B
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    1
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    [TD] Harbin Z-9 (en)[/TD]
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    Hélicoptère de transport
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    Variante chinoise du Eurocopter AS365 Dauphin
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    2
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    [TD] Stockés[/TD]
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    [TD] Mikoyan-Gourevitch MiG-17 Fresco[/TD]
    [TD]
    Avion de chasse/attaque au sol
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    [TD]
    MiG-17F/UTI
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    6
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    [TD] 5 Mig-17F et un UTI acquis auprès de l'URSS en 1965; 5 en service dans les années 1990, stockés en plein air et abandonnés depuis 1999.[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD] Mikoyan-Gourevitch MiG-21 Fishbed J[/TD]
    [TD]
    Avion d'attaque au sol
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    [TD]
    MiG-21BIS/MF/UM
    [/TD]
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    14
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    [TD] Acquis auprès de l'URSS en 1976. A participé à des combats au Tchad dans les années 1980. 2 détruits accidentellement dans les années 1990. En grande partie stockée[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD] Mikoyan-Gourevitch MiG-15 Fagot[/TD]
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    Avion d'entraînement
    [/TD]
    [TD]
    MiG-15UTI
    [/TD]
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    Aucun
    [/TD]
    [TD] Acquis auprès de l'URSS en 1965. Hors service, garde l'entrée de la base aérienne de Sénou[/TD]
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    [TR]
    [TD] Mil Mi-8 Hip[/TD]
    [TD]
    Hélicoptère de transport
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    [/TD]
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    [TR]
    [TD] Mil Mi-24 Hind[/TD]
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    Hélicoptère d'attaque
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    [TD]
    Mi-24D
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    2
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    [TD] Acquis auprès de la Bulgarie en 2007. Remotorisé fin 2012.[/TD]
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    [TR]
    [TD] Yakovlev Yak-18 Max[/TD]
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    Avion d'entraînement
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    [TD]
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    2
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    [TD] Acquis auprès de l'URSS en 1983[/TD]
    [/TR]
    [/TABLE]

    Gendarmerie
    Écoles militaires
    Deux écoles relèvent des forces armées maliennes :


    SUITE.....

     
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    Géographie


    Le Mali, avec ses 1 241 238 kilomètres carrés, est le plus vaste État d'Afrique de l'Ouest après le Niger. Il est enclavé à l’intérieur de l’Afrique occidentale entre le tropique du Cancer et l'Équateur. Il est traversé par deux grands fleuves : le Sénégal et le Niger. La plus grande part de la population vit en zone rurale. La densité, très variable, passe de 90 hab./km[SUP]2[/SUP] dans le delta central du Niger à moins de 5 hab./km[SUP]2[/SUP] dans la région saharienne du Nord.

    Le pays possède des frontières communes avec la Mauritanie, l'Algérie, le Niger, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée et le Sénégal.
    Outre la capitale Bamako, les villes principales sont Kayes, Ségou, Mopti, Sikasso, Koulikoro, Kidal, Gao, Tombouctou.

    Le pays possède trois zones climatiques :

    • les deux tiers nord du pays, entièrement désertiques, appartiennent au Sahara méridional, avec des précipitations annuelles inférieures à 127 mm. Cette région est traversée par des nomades avec leurs troupeaux ;
    • le centre : la région sahélienne, relativement sèche (aux pluies tropicales relativement insuffisantes), est couverte de steppe remplacée progressivement vers le sud par la savane. La vallée du Niger est cultivée grâce à certains travaux de mise en valeur : on y trouve du riz, du coton, du karité (appellation en langue bamana), de l'arachide, du mil, du sorgho. Une vaste étendue dans le centre du Mali est constituée de marécages, dus aux nombreux bras du Niger ;
    • la région soudanaise est une zone avec des précipitations de 1 400 mm par an et des températures moyennes comprises entre 24 °C et 32 °C. Elle est, dans sa partie nord, couverte de savane devenant de plus en plus dense et se transformant progressivement en forêt vers le sud.
    Le relief est peu accentué. Les plaines alluviales, très vastes, sont toutefois dominées par quelques plateaux calcaires et de grès (plateaux mandingues et dogon). Le point culminant du Mali est le [[mont Hombori] (1155 m)].

    Subdivisions


    Le Mali est divisé en huit régions et un district. Ces subdivisions portent le nom de leur ville principale. Les trois régions du nord : Gao, Kidal et Tombouctou représentent les deux tiers de la superficie du pays pour seulement 10 % de sa population. Deux nouvelles régions devraient bientôt voir le jour, suite à un récent projet de loi, il s'agit des régions de Ménaka et de Taoudeni. Neuf autres régions seront créées au cours des cinq prochaines années. Il s'agit des régions de Nioro, Kita, Nara, Dioïla, Koutiala, Bougouni, San, Bandiagara et Douentza.

    Au sud le pays est divisé entre les régions de Kayes, Koulikoro, Mopti, Ségou, Sikasso et le district de Bamako.
    La décentralisation est une réforme majeure en cours. Elle vise à transférer des compétences aux collectivités territoriales afin que les affaires locales soient gérées au plus près des populations.
    Cette réforme a pour base une refonte complète du découpage territorial hérité de l'administration coloniale et se distingue par le processus de consultation populaire qui a permis la création des communes sur la base de regroupements volontaires de villages et de fractions suivant des critères bien définis.

    Il y a 703 communes au Mali, dont 684 nouvelles communes ont été créées en 1996. Une loi de 1999 confirme cette réorganisation administrative et territoriale du Mali en créant les cercles (regroupement de communes) et les régions (regroupement de cercles).
    L'État malien a créé une direction nationale des collectivités territoriales au sein du Ministère de l'Administration Territoriale et des Collectivités Locales (MATCL) chargée de suivre la mise en œuvre de la décentralisation et le renforcement des capacités des collectivités territoriales. Des dispositifs d'appui technique et d'appui financier sont également en place.


    En 2005, un document cadre de la politique nationale (DCPN) de décentralisation (2005-2014) a été adopté et s’articule autour de quatre axes majeurs, à savoir :

    • Le développement des capacités des collectivités territoriales ;
    • L’amélioration de la déconcentration des services de l’État ;
    • Le développement de la citoyenneté ;
    • Le développement des prestations privées des services au niveau local.
    En 2005, la huitième Institution de la République du Mali a été créée. Le Haut Conseil des Collectivités Territoriales assure la représentation nationale des collectivités territoriales. Son avis est requis sur toutes les questions concernant la politique de développement local et régional, la protection de l’environnement et l’amélioration de la qualité de vie des citoyens à l’intérieur des collectivités territoriales.

    Environnement


    La savane soudanienne occidentale est une écorégion terrestre définie par le WWF, appartenant au biome des Prairies, savanes et brousses tropicales et subtropicales de l'écozone afrotropicale. Elle s'étend sur le centre-sud Sénégal, le Burkina Faso, le sud malien, le sud nigerien, le nord de la Côte d'Ivoire, du Bénin, de la Gambie, du Ghana, de la Guinée et du Nigeria.

    Cette savane est bordée au nord par un biome désertique et au sud par des forêts tropicales. Les écorégions de l'ouest et de l'est sont séparées par le plateau de Mandara, qui occupe une partie du massif montagneux de haute altitude qui sépare l'ouest de l'Afrique de son centre. Ce massif offre une frontière naturelle pour plusieurs taxons végétaux et permet de différentier ces deux écorégions, par exemple l'Isoberlina. La faune est au contraire identique de part et d'autre mis à part quelques petits animaux endémiques à une zone, par exemple comme Crocidura Cendrillon, Lemniscomys linulus des mammifères, ou comme huit espèces de reptiles, et trois d'amphibiens endémique dans cette zone.

    Le climat de cette savane est chaud et sec, elle est constituée pour sa partie boisée de grandes espèces d'arbres et pour sa partie herbeuse d'«herbes à éléphant». L'altitude varie de 200 à 400 mètres.
    L'habitat a été considérablement réduit, dégradé et fragmenté par les activités agricoles, le feu, et l'exploitation forestière et la fabrication de charbon de bois. Les populations de la plupart des grandes espèces de mammifères ont été décimées par la chasse trop intensive. Ceci est particulièrement vrai dans les zones densément peuplées comme au Nigéria.

    La savane ouest soudanienne, dans sa partie septentrionale, abrite également la limite méridionale de l'extension des plateaux à brousse tigrée.


    Aires protégées


    En 2008, seulement, 6,7 % de cette zone est protégée, ce qui représente cependant 90 000 km[SUP]2[/SUP].
    Les parcs nationaux sont :

    Économie

    Le Mali est un pays en développement, avec 65 % de son territoire en région désertique ou semi-désertique. L'activité économique est surtout limitée autour de la région fluviale irriguée par le fleuve Niger. Environ 10 % de la population est nomade et environ 80 % travaille dans l'agriculture ou la pêche. L'activité industrielle est concentrée autour des activités agricoles. L'immigration constitue une très importante manne de revenus.
    Le Mali dépend de l'aide étrangère et est très vulnérable aux fluctuations des prix mondiaux du
    coton, son exportation principale.

    En
    1997, le gouvernement a mis en place un programme d'ajustement structurel réclamé par le FMI qui a aidé la croissance, la diversification et les investissements étrangers. Ces réformes économiques et la dévaluation du Franc CFA en janvier 1994 ont soutenu une croissance moyenne de 4 %. Des entreprises multinationales ont développé les opérations de prospection de l'or en 1996-1998, et le gouvernement prévoit que le Mali deviendra un exportateur majeur d'or dans la région sub-saharienne. Il est d'ailleurs actuellement le troisième exportateur africain, derrière l'Afrique du Sud et le Ghana. L'or est la première source d'exportation du pays, suivi du coton et du bétail.

    Pour ce qui est des principaux partenaires commerciaux, le principal pays importateur du Mali est le Sénégal avec 13,1 % en 2008 et le principal pays exportateur est la Chine avec 26,7 % en 2008. En dehors de ces pays, le Mali a aussi, comme partenaires commerciaux, la France, la Côte d’Ivoire, la Belgique, le Luxembourg, la Grande-Bretagne et l’Allemagne. De très nombreuses références historiques attestent de l’existence d’un potentiel minier confirmé au Mali.

    Le produit intérieur brut par habitant était estimé à 380 dollars en 2005 (selon World Development Indicators (WDI) database).
    Le Mali est membre de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Le Mali s’est hissé au niveau de premier producteur de coton de l’Afrique au sud du Sahara. Il possède le premier troupeau de bétail de la sous-région, assure l’autosuffisance alimentaire durable en année de pluviométrie normale et subvient à l’ensemble de ses besoins en céréales sèches. Grâce aux réussites déjà constatées et au regard des potentialités déjà existantes, notamment dans les cultures irriguées et l’élevage qui reste à développer, le Mali a donc démontré qu’il peut devenir la grande puissance agricole de la sous-région.


    Suite à la chute du cours du coton sur le marché en 2005, les paysans maliens produisent aujourd'hui à perte. Les agriculteurs dégagent des marges de plus en plus étroites et sont obligés de contracter des dettes. La CMDT (Compagnie malienne du développement des textiles) achète le kilogramme de coton 160 francs CFA alors que la production de ce même kilogramme coûte 190 francs CFA. Le Mali envisage des alternatives, mais il n'est pas facile de sortir de la monoculture. Le Mali est détenteur de plusieurs faiblesses, mais il y a entre autres les sécheresses répétitives depuis les années 1970, la baisse des matières premières produites, la hausse des coûts de production et le secteur industriel peu développé, ce qui engendre une grande importation des biens de consommation.
    Le Mali est également confronté au problème de la dette. Les organisations mondiales ont poussé le Mali à adopter des politiques d’ajustement structurel avec la privatisation de certains secteurs de l’économie.


    Quant à la dévaluation du franc CFA, censée favoriser les exportations, elle a surtout divisé par deux la valeur des capitaux nationaux et donc les capacités d'investissement nationales ; les exportations maliennes de produits transformés sont avant tout bloquées par des barrières administratives, et non du fait de leur prix.

    En plus du coton (12[SUP]e[/SUP] producteur mondial en 2004) et de ses dérivés (graine de coton), le Mali est un important producteur de mangues (200 000 tonnes) dont une faible partie seulement est exportée (3 000 tonnes) malgré un énorme potentiel. C'est un gros producteur et exportateur de bétail dans la région :

    • cheptel bovin 7,8 millions de têtes (comparaison : 20,7 en France)
    • cheptel caprin 22 millions de têtes (comparaison : 11,4 en France).
    L'or occupe la première place dans les recettes d'exportation du Mali (75 % en 2009) suivi du bétail, du coton et du fer. D'autres produits comme l'arachide (360 000 tonnes produites en 2003) s'exportent fortement.

    En ce qui concerne l'immobilier, le Mali est un pays en chantier. Il existe de nombreux projets publics et privés dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics. La demande en matériaux de construction est en très forte croissance. Aussi, les créneaux suivants offrent d'énormes possibilités d'investissement : fabrique de briques, cimenteries, fabrication de chaux et de peintures, production de plâtre, fabrication de fer à béton et autres, menuiserie métallique ou de bois pour les bâtiments, fabrication d'appareils électriques (ampoules, disjoncteurs, prises, gaines).

    Le tourisme, encore circonscrit à quelques zones, se développe depuis quelques années. Citons notamment les sites classés au patrimoine mondial de l'humanité UNESCO : le Pays Dogon, Tombouctou, Djenné, le tombeau des Askia à Gao. Certains de ces sites ont été profanés à Tombouctou et Gao depuis l'occupation par les islamistes en juillet 2012.
    Le Mali possède comme principales ressources naturelles des produits agricoles.

    En effet, 80 % de la population étant active trouve un emploi dans ce domaine. Les vingt autres pourcent sont dans l’industrie et les services. Leur production est surtout basée sur les céréales qui constituent l’essentiel de leur base alimentaire. Ces céréales sont surtout : le mil, le sorgho, le riz, le maïs, le fonio ainsi que le blé. Il y a aussi quelques tubercules tels que : l’igname, la pomme de terre et le manioc. Une des cultures ayant eu une certaine montée en production est celle de la production fruitière et maraîchère. Les bananes, les mangues et les oranges forment une importante exportation vers les pays d’Europe et les pays arabes.
    La production cotonnière domine l’agriculture industrielle, mais malgré cela elle a quand même connu une baisse de 5,23 %. Aujourd’hui le coton est produit à perte et cela depuis la chute du marché en 2005. L’industrie n’a malheureusement jamais réussi à atteindre de nouveau le prix de vente d’avant la crise.


    En 2012
    , une entreprise canadienne a fait des sondages exploratoires en vue d’exploiter une mine d’uranium dans la région de Faléa.

    Le PIB est principalement tiré par les secteurs primaire et tertiaire. Le PIB de 2006 était de 3 132 milliards de francs CFA et a augmenté à 3 344 milliards de francs CFA en 2007. L’inflation en 2009 était de 2,2 %. Le Mali espère réaliser un taux de croissance nominal du PIB de 7,8 %. En 2008 et 2009, la croissance devrait légèrement s'accélérer pour atteindre un taux moyen annuel de 4,8 %. Les exportations sont de 0,915 milliard de dollars et les importations de 0,927 milliard de dollars. Le PIB par secteurs (principaux) l’agriculture 45 %, l’industrie 17 % et les services 38 %. Les services occupent 13 % de la population active et contribuent pour 38 % au PNB du pays. Le secteur public n'occupe plus que 22 % des effectifs salariés du pays.
    Un important pourcentage de la population vit sous le seuil de pauvreté soit 36,1 % (2005) avec un taux de chômage qui est très élevé soit de 30 %. Et puis, 30 % de ce total résident dans un milieu urbain tandis que la majorité des démunis vivent dans un milieu rural.
    (Sources : http://www.indexmundi.com/fr/mali/index.html#Économie, http://www.emergence-mali.com/economie.html)

    Indicateurs de développement


    Indice de développement humain (IDH) : 173[SUP]e[/SUP] sur 177 en Classement IDH des pays, 2005, 175[SUP]e[/SUP] sur 177 en 2011.
    Indicateur de pauvreté humaine: 107[SUP]e[/SUP] sur 177 (56,4 %).
    Le rapport national sur le développement humain 2006 porte sur les relations entre la dégradation de l'environnement et ses effets sur les conditions de vie et de bien-être des populations. Les recommandations touchent principalement la maîtrise des eaux, la diminution de la pression humaine sur les ressources forestières, le contrôle des déchets chimiques toxiques, la lutte contre l'ensablement et la désertification. Il propose notamment de renforcer les capacités de gestion des populations locales et réclame l'application de la réglementation existante.


    .......
     
  3. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Démographie


    Le Mali a 14,5 millions d'habitants, dont 53,3 % de femmes.
    La pauvreté est importante puisque les 10 % de la population la plus pauvre ne consomment que 2,4 % des consommations totales du pays et les 10 % les plus riches en consomment 30,2 % (2001).
    Avec 6,54 enfants par femme, le Mali possède l'un des taux de fécondité les plus élevés au monde. La croissance très rapide de la population constitue un problème fondamental pour l’amélioration du niveau de vie des Maliens, d'autant plus que les deux tiers de la superficie du Mali sont arides ou semi-arides.

    Santé


    L'espérance de vie à la naissance est de 53,06 ans en moyenne, 51,43 ans pour les hommes et 54,73 ans pour les femmes (estimation de 2012).

    SIDA au Mali
    Le taux de prévalence moyen national du VIH est de 1,3 % en 2006 contre 1,7 % en 2001 dans la population générale. Cependant cela est marqué par une féminisation de l’épidémie, en effet le taux de prévalence observé chez les femmes enceintes est de 3,5 % depuis 2002. Cependant le pourcentage de personnes ayant entendu parler du VIH a baissé, sur la tranche d’âge de 15 à 49 ans, et est passé de 90,3 % à 86,2 % pour les femmes et de 98,1 % à 90,6 % chez les hommes. Parmi eux, 20,7 % a eu des rapports sexuels avant l’âge de 15 ans. Pour les femmes la proportion est de 24,7 % contre 5,4 % pour les hommes. 9,3% des femmes et hommes de 15-49 ans ont eu des rapports sexuels avec plus d’un partenaire au cours des 12 derniers mois.
    Dont 25,3 % des hommes et 5,9 % des femmes.


    Éducation


    Le taux d’alphabétisation se situe entre 23 et 46 % selon les sources. Ce taux est plus faible parmi les femmes, la majorité des élèves étant des garçons. L'alphabétisation au Mali est en développement.

    Culture


    Le Mali a su conserver les éléments importants de ses cultures traditionnelles. Les griots (ou «Djéli») exercent toujours leurs fonctions de musiciens-poètes transmettant l’histoire du pays et des hommes sur plusieurs générations. Bakary Soumano, chef des griots du Mali de 1994 à 2003, a contribué à réhabiliter les fonctions du griot dans la société moderne.
    Parmi les grands écrivains maliens, on peut citer Amadou Hampâté Bâ.
    Parmi les cinéastes de renommée internationale, on peut citer Cheick Oumar Sissoko et Souleymane Cissé.


    Langues


    Le français est la langue officielle, mais la plus utilisée est le bambara qui est parlé par 80 % de la population. Cette dernière, ainsi que douze autres (bobo, bozo, dogon, peul, soninké, songhaï (ou Songoy), sénoufo-minianka, tamasheq, hassanya, khassonké, madenkan et le maninkakan) sont reconnues par l'État comme des langues nationales.

    Le recensement de 1987 a enregistré la langue parlée par les personnes de plus de 6 ans. Le bambara arrive largement en tête (38,3 %), suivi du peul (11,7 %), du dogon (6,9 %), du songhay (6,3 %) et du soninké (12,3 %). La connaissance du français a également beaucoup progressé. En 1960, 66 000 Maliens savaient lire et écrire en français. En 1985, ils étaient 564 000. En 2009, ils sont 2,2 millions.


    Religion


    Selon les données du CIA World Factbook, l'islam est la principale religion pratiquée au Mali (90 %) alors que les catholiques, protestants et animistes représentent à peu près 10 %. La religion est omniprésente au Mali. Il est rare de trouver un village sans sa mosquée. Mais des cérémonies animistes, pourtant interdites par l'islam, persistent encore dans quelques villages majoritairement musulmans.
    L'un des lieux célèbres du christianisme au Mali est la ville de Kita dans la région de Kayes (1[SUP]re[/SUP] région) où se trouve la cathédrale Notre-Dame où a lieu le pèlerinage catholique annuel au Mali.


    Communautés


    La population du Mali est divisée en plusieurs communautés. Les peuples nomades et semi-sédentaires se trouvent au nord. Les Maures, les Kountas et les Touaregs se partagent environ 10 % de la population. Les premiers sont traditionnellement spécialisés dans le commerce de la gomme arabique tandis que les seconds et les troisièmes sont éleveurs nomades ; ils se déplacent en permanence à la recherche de pâturages frais pour leur bétail.

    Plus au sud, on trouve les Bambaras (28 %) qui représentent le groupe majoritaire, autour de la capitale Bamako, ainsi que les Malinkés qui leur sont apparentés et les Soninkés, les Peuls, les Sénoufos, les Bwas, les Bozos, les Dogons, les Songhai, les Khassonkés.
    Les Touaregs, les songhaïs, les Kounta et les Bérabich résident dans le nord du Mali, la partie la plus aride et la moins peuplée du pays.les Bellahs, qui sont d'anciens esclaves des Touaregs, vivent dans ces mêmes régions.


    Musique


    Les mélodies traditionnelles, autrefois jouées sur la kora, continuent d'alimenter la musique d'aujourd'hui via des interprètes dignes descendants des griots tels Diaby doua, Mamadou Diabaté, Ganda Fadiga, Toumani Diabaté, Babani Koné, Ami Koïta, Tata Bambo, Mah Kouyaté, Sekou Kouyaté. Parmi les non-griots, on peut également citer Salif Keïta, Ali Farka Touré, Boubacar Traoré, Oumou Sangaré et Samba Touré.
    La diversité de la musique malienne met en valeur la diversité culturelle du Mali. On peut ainsi trouver différents styles musicaux comme les chansons de chasseurs, la musique du wassolou, les griots, etc.
    Les instruments utilisés sont essentiellement le n'goni, la kora, le balafon, le bara, le n'dounu.

    La musique malienne est surtout connue à travers des célébrités comme Amadou et Mariam Bagayogo, le "couple aveugle" qui a créé Beaux dimanches (Le dimanche à Bamako…), Ali Farka Touré le deux fois nommé aux Grammy Awards, Salif Keïta, Habib Koité, Samba Touré, héritier de la musique d'Ali Farka Touré, Mama Sissoko qui fut plagié par le célèbre chanteur américain Carlos Santana et dont l'affaire fut portée devant la justice américaine en 2005, Oumou Sangaré, Oumar Koïta qui est naturalisé allemand, ou encore Mokobé jeune malien de France qui a su s'imposer dans le milieu du rap tout en n'oubliant pas ses racines et en collaborant avec plusieurs artistes africains. Ballaké Sissoko œuvre par ses collaborations avec des musiciens européens comme le violoncelliste Vincent Ségal ou le pianiste Ludovico Einaudi au rayonnement de la kora et de la culture malienne.
    La musique dogon est bien souvent l'oubliée de ce patrimoine très riche. Cette musique dogon est diverse et variée. Elle est étroitement associée aux différents rites : mariages, funérailles, etc. Après Kadja Lélé, la vétérane, la jeune chanteuse Déné Issébéré est l'emblème de cette culture musicale dogon aussi bien au Mali qu'en dehors des frontières maliennes.
    La musique touareg est appréciée au-delà des frontières maliennes, notamment le blues touareg ; elle est représentée entre autres par le groupe Tinariwen, initiateur et leader de ce courant musical.
    En plus d'elle, il y a le célèbre reaggaeman Koko Dembélé qui a composé beaucoup de titres en langue dogon.


    Média


    Les médias au Mali sont constitués par la presse écrite (en français et quelques journaux en langues nationales), par la radio de proximité, par la télévision, ainsi que par plusieurs services liés (satellite, câble, internet).

    Les journaux sont concentrés dans la capitale Bamako ou dans les grandes villes régionales. Le réseau des radios libres croit à grande vitesse. Ces radios atteignent la grande majorité de la population en diffusant des émissions dans les langues locales. L'accès à internet se développe tant au niveau de l'extension des infrastructures, de la réduction des coûts et de la familiarisation des usagers aux outils les plus courants. On note plusieurs collaborations de sites internet avec des journaux, des radios et des télécentres communautaires.
    L’artisanat du Mali est très riche, il varie d’une région à une autre, d’une ethnie à une autre.




    [TABLE="class: MsoNormalTable"]
    [TR]
    [TD="colspan: 4"]
    Fêtes et jours fériés
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    Date
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    Nom français
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    Nom local
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    Remarques
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    [TD] Jour de l'an[/TD]
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    [TD] Fête de l'armée du Mali[/TD]
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    [TD] Journée des Martyrs[/TD]
    [TD] Chute du régime de Moussa Traoré[/TD]
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    [TD] Fête du travail[/TD]
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    [TR]
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    [TD] Fête de l'Afrique[/TD]
    [TD] Création de l'Organisation de l'unité africaine[/TD]
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    [TD] Jour de l'Indépendance[/TD]
    [TD] Proclamation de la République du Mali (Indépendance accordée par la France le 20 juin 1960 à la Fédération du Mali).[/TD]
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    [TD][/TD]
    [TD] Noël[/TD]
    [TD] Naissance de Jésus-Christ[/TD]
    [/TR]
    [/TABLE]

    Sont également fériées un certain nombre de fêtes dépendant du
    calendrier musulman : Korité (fin du Ramadan), Tabaski (commémoration du sacrifice d'Abraham), Maouloud (naissance de Mohamed), Tamkharit (nouvel an musulman).

    Francophonie

    Les régions du Mali de Gao, Kayes, Kidal, Koulikoro, Mopti, Segou, Sikasso et de Tombouctou sont membres de l'Association internationale des régions francophones.
    De plus le Mali est membre de l'Assemblée parlementaire de la francophonie de même que de l'Organisation internationale de la francophonie.

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    A SUIVRE / HISTOIRE DU MALI
     
  4. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Histoire du Mali



    Préhistoire

    Les premières traces de peuplement humain remontent au V[SUP]e[/SUP] millénaire av. J.-C., on trouve en effet des vestiges néolithiques du Sahara vert dans l'Adrar des Ifoghas. Les premières formes de vie urbaine apparaissent vers 250 avant notre ère à Djenné-Djenno.

    Le Mali a été le berceau de trois grands empires : l'empire du Ghana, l'empire du Mali et l'empire Songhaï. Il est par la suite une colonie française de 1895 à 1960. Quelques années après son indépendance, il subit la dictature de Moussa Traoré avant de connaître un régime démocratique (depuis le début des années 1990).


    Empire du Ghana
    Aussi nommé Ouagadou, il est érigé par les Sarakolés au IV[SUP]e[/SUP] siècle. Il fonde sa prospérité sur le sel et l'or. L'empire se désagrégera en 1076 suite aux percées des Berbères venus islamiser l'Afrique occidentale.

    Empire du Mali

    Fondé au XI[SUP]e[/SUP] siècle il sera unifié par Sundjata Keïta en 1222 qui proclame la Charte du Manden. En 1312 à son apogée sous le règne de Mansa Moussa il s'étendait sur une région comprise entre l'océan Atlantique et le Niger.
    Ce souverain sera célèbre pour les fastes de son pèlerinage à la Mecque. Son armée était composée de 100 000 soldats.

    La prospérité de l'empire reposait sur le commerce transsaharien du cuivre, du sel, de l'or et des étoffes. Les caravanes favoriseront également les échanges culturels.
    Tombouctou, Gao et Djenné furent les centres économiques et culturels de cette civilisation au centre de l'islam soudano-malien.


    Empire Songhaï

    Fondé par Sonni Ali Ber puis Askia Mohammed, il supplante l'empire du Mali à partir du XV[SUP]e[/SUP] siècle. Il s'étend alors sur la plus grande partie du Mali actuel. En 1591 l'empire est quasiment entièrement démantelé par les troupes du pacha Djouder en provenance du Maroc.
    Succéderont une mosaïque de petits États : les royaumes Bambaras de Ségou et du Kaarta, l'Empire Peul du Macina, l'Empire Toucouleur, le Royaume du Kénédougou, etc.
    La pratique de l'esclavage se développe pendant cette période. Au XIX[SUP]e[/SUP] siècle les Bambaras qui comme les Dogons ont résisté à l'islamisation sont victimes de la guerre sainte menée par le chef musulman El Hadj Oumar Tall.


    Autres royaumes

    Royaumes Bambaras (Section vide)

    Royaume Peul du Macina
    L’Empire peul du Macina, appelé «Diina», est un empire théocratique fondé au XIX[SUP]e[/SUP] siècle par le marabout Peul Sékou Amadou de clan Barry. Il s’étend sur une partie du Mali actuel, de Tombouctou au nord, au pays Mossi au sud, de la Mauritanie à l’est à la région de Mopti, avec Hamdallaye comme capitale.
    Les Peuls, venus du Fouta Toro, s’étaient installés dans la région vers la fin du XIV[SUP]e[/SUP] siècle. Au début du XIX[SUP]e[/SUP] siècle, les «satigué,ardos», chefs de clan Peuls, de clan Dicko, contrôlaient la région.

    Sékou Amadou, exilé à Noukouma après avoir rencontré des problèmes avec les oulemas de Djenné, y livre sa première bataille en 1818 contre les ardos, alliés au Fama (roi) de Ségou. C’est la victoire qui le conduit à déclarer le Jihad et à conquérir Djenné un an plus tard en 1819. Il fait raser la grande mosquée construite par le roi Koi Koumboro et fait édifier une nouvelle mosquée.

    Il fonde alors un empire théocratique qu’il nomme diina, ce qui signifie «foi en l’Islam». Il divise son empire en 5 régions, chacune dirigée par un gouverneur militaire et un conseil religieux. Il fonde la ville d’Hamdallaye qui devient la nouvelle capitale, où siège le conseil de la diina, composé de quarante chefs religieux et militaires, et placé sous son autorité. Il développe l’enseignement coranique. L'empire est régi par la charia malékite.

    L’économie repose sur l’élevage bovin et ovin. Sékou Amadou impose au nomade Peul la sédentarisation. Les populations bambaras, soninkées, bwa, dogons, et peuls animistes, sont touchées par divers djihads lancés par les partisans de sékou amadou, les vaincus deviendront des «riimaybe», des «serviteurs» et travaillent dans l’agriculture. Pour développer le commerce, Sékou Ahmadou uniformise les unités de mesure sur le territoire de l’Empire. Les royaumes bambaras de Ségou et du kaarta, résistants, ne subissent pas l'autorité de la diina.

    En ce qui concerne la Diina, il s'agissait plus d'un royaume que d'un véritable empire. Son autorité s'étendait des actuelles régions maliennes de Mopti, le nord de la région de Ségou, jusqu'à Tombouctou. L'État faisait frontière avec les États mossis au nord du Burkina Faso.

    En 1844, à la mort de Sékou Ahmadou, c’est son fils Amadou Sékou puis son petit-fils Ahmadou Ahmadou en 1852 qui se succèdent sur le trône.
    En 1862, alors que l’empire est encore prospère, il est attaqué par l’empereur Toucouleur El Hadj Oumar Tall qui s’empare de Djenné et d’Hamdallaye.


    Empire Toucouleur

    L’Empire toucouleur a été fondé au XIX[SUP]e[/SUP] siècle par El Hadj Oumar Tall, de l’ethnie toucouleur, sur une partie de l’actuel Mali.

    Oumar Tall revient d’un pèlerinage à La Mecque en 1836 avec les titres d’El Hadj et de Khalife de la confrérie Tidjania pour le Soudan. Après avoir séjourné dans le Fouta-Djalon (actuelle Guinée), son pays natal est au Fouta-Toro (actuel Sénégal), d’où il démarre son djihad (guerre sainte) en 1850.
    Ne réussissant pas à vaincre l’armée coloniale française, il va, après l’échec du siège du fort de Médine en juillet 1857, déplacer son empire vers l’Est en attaquant les royaumes Bambaras. Conquérant Ségou le 10 mars 1861, il en fait la capitale de son empire, en laissant la gestion un an plus tard à son fils Ahmadou Tall pour partir conquérir Hamdallaye, capitale de l’Empire peul du Macina. Il se réfugiera à Deguembéré, près de Bandiagara. En 1864, il meurt mystérieusement dans les montagnes de Bandiagara.
    Son neveu Tidiani Tall prend la succession et installe la capitale de l’Empire Toucouleur à Bandiagara.
    A Ségou, Ahmadou Tall continue de régner mais entre en conflit avec ses frères. En 1890, les Français entrent à Ségou en s’alliant avec les bambaras. Ahmadou est obligé de s’enfuir à Sokoto, dans le nord du Nigeria.


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  5. titegazelle

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    LES TROIS GRANDS EMPIRES


    EMPIRE DU GHANA

    L'empire du Ghana (de ghana, «roi guerrier»), qui a existé de 300 environ à 1240, fut l'un des trois grands empires marquant la période impériale ouest-africaine. Il s’étendait du moyen Sénégal à la région de l’actuelle Tombouctou dans une région qui englobait une partie des actuels Sénégal, Mali et Mauritanie. Désigné par ses habitants comme l'Empire Wagadou, il se fit connaître en Europe et en Arabie comme l'Empire du Ghana. Le royaume du Ghana s'est constitué au VIII[SUP]e[/SUP] siècle avec l’exportation d’or et de sel, important pour la conservation des aliments.

    Le terme Wagadou signifie "ville des troupeaux"; le mot dou est un terme de la langue Mandé qui signifie "ville" et que l'on retrouve dans nombre de lieux d'Afrique de l'Ouest (telle la capitale du Burkina Faso, Ouagadougou); le mot waga signifie approximativement "troupeau".

    Les origines de l'Empire

    Deux thèses existent sur les origines du royaume du Ghana qui deviendra plus tard un empire.


    • Selon la tradition orale ouest-africaine, la fondation de l'empire aurait eu lieu vers le III[SUP]e[/SUP] siècle av. J.-C. et le fondateur en serait un homme venu de l’Est, nommé Dinga Cissé.

    • Selon les sources médiévales rédigées par des chroniqueurs arabophones, le royaume aurait été fondé par les Soninkés, peuple animiste vivant à la limite sud du Sahara. Le royaume de Ghana s’agrandit par la suite pour devenir un empire en dominant les dirigeants des chefferies situées aux alentours.
    Un peuple animiste au système matrilinéaire
    La classe dirigeante du Wagadou était principalement animiste et la succession se faisait de manière matrilinéaire, le successeur du roi était ainsi le premier fils de sa sœur préservant ainsi avec certitude la lignée familiale. Dans la langue wolof cette sœur est appelée Linguère. Sa première fille devient Linguère impériale à son tour.

    La dynastie Soninké

    D’après le «Tarikh es Soudan», "histoire du Soudan" en français, le Ghana aurait été fondé au III[SUP]e[/SUP] siècle par le peuple noir de cultivateurs, les Soninkés.

    Au VII[SUP]e[/SUP] siècle, l’astronome arabe Al Farazi cite le premier le «Ghâna, pays de l’or».

    En 734, les premiers Arabo-Berbères pénètrent au Ghana, où les souverains Soninkés sont au pouvoir. L’occupation du Maghreb par les Arabes favorise le trafic de l’or et des esclaves entre le Ghana et le Sijilmassa, et du même coup, son expansion et sa richesse.


    La dynastie des Cissé Tounkara

    Mais à la fin du VIII[SUP]e[/SUP] siècle un soninké légendaire, le roi du Wagadou Kaya Magan Cissé (signifiant «le maître de l’or») refoule les étrangers berbères. Au début du règne du premier souverain des Cissé Tounkara, son royaume ne s’étend que sur le Wagadou et sur l’Aouker, mais quelques années plus tard, il réalise l’unité de tous les Soninkés.
    Ghâna est le nom que porte le souverain. Ce terme signifierait chef de guerre (nwana). Il est aussi appelé Kaya-Maga (ou plus précisément Kanηe Mahan), qui signifie en soninké «roi de l’or» ou «maître de l’or». En effet, dans cette région, les pépites sont considérées comme maléfiques et seul le roi a le pouvoir d’en conjurer le sort.

    L’or est étroitement lié à la naissance et à l’importance du Ghana. La généralisation de l’utilisation du dromadaire à partir de la fin du II[SUP]e[/SUP] siècle facilite les liaisons avec l’Afrique du Nord. Le «pays de l’or» correspond à la région aurifère du Bambouk, sur laquelle s’étend l’autorité des souverains du Ghana, dont la capitale a été localisée à Koumbi Saleh, au sud de l’actuelle Mauritanie.

    À la fin du IX[SUP]e[/SUP] siècle, les souverains de Ghana étendent leur autorité à l’ouest sur la région aurifère du Galam et sur le Tekrour, à proximité de Djenné et de Tombouctou, et au nord sur certaines tribus berbères du Sahara.

    Au X[SUP]e[/SUP] siècle, les Berbères d’Aoudaghost se révoltent contre l’autorité du tounka (roi) de Ghana, qui est mis à mort par le chef des insurgés. Vers 990, un successeur du roi de Ghana assassiné s’empare du royaume d’Aoudaghost, qui est placé sous l’autorité d’un fonctionnaire.

    L’apogée du Ghana se situe au XI[SUP]e[/SUP] siècle. Le pays est richissime. La fédération de royaumes s’est peu à peu centralisée autour du roi, détenteur de tous les pouvoirs religieux, militaires et judiciaires. La capitale du royaume, Koumbi, peuplée de 20 000 habitants, est partagée entre les musulmans et les Soninkés, animistes.

    Le Royaume du Ghana se trouve affaibli par la poussée des musulmans Sahariens Almoravides (XI[SUP]e[/SUP] siècle) et la destruction partielle de Koumbi Saleh (1076) mais c'est surtout la sécheresse liée à une exploitation intensive des ressources forestières qui conduit à la dispersion des Soninkés. Le royaume du Ghana décline alors progressivement jusqu'à sa conquête par le royaume de Sosso de Soumaoro Kanté (XII[SUP]e[/SUP]/XIII[SUP]e[/SUP] siècle), puis perd définitivement son indépendance après son intégration dans l’Empire du Mali de Sundjata Keïta après 1240.



    EMPIRE DU MALI

    Fondé au XI[SUP]e[/SUP] siècle il sera unifié par Sundjata Keïta en 1222 qui proclame la Charte du Manden. En 1312 à son apogée sous le règne de Mansa Moussa il s'étendait sur une région comprise entre l'océan Atlantique et le Niger. Ce souverain sera célèbre pour les fastes de son pèlerinage à la Mecque. Son armée était composée de 100 000 soldats.
    La prospérité de l'empire reposait sur le commerce transsaharien du cuivre, du sel, de l'or et des étoffes. Les caravanes favoriseront également les échanges culturels.
    Tombouctou, Gao et Djenné furent les centres économiques et culturels de cette civilisation au centre de l'islam soudano-malien..


    Sources

    Pour aborder l'histoire du royaume du Mali il convient de commencer par présenter les sources qui nous permettent d'appréhender cette histoire. Elles sont peu nombreuses, équivoques et lacunaires, ce qui permet encore aujourd'hui d'émettre à partir d'une même source plusieurs hypothèses.


    Les sources écrites

    Elles sont de deux types : les sources écrites exogènes, les seules dont nous disposons jusqu'au XVI[SUP]e[/SUP] siècle et les sources écrites endogènes, qui prennent le relais des précédentes à partir du XVI[SUP]e[/SUP] siècle et qui émanent des cercles lettrés de la Boucle du Niger. Les premières englobent les écrits des voyageurs et compilateurs arabes, Al Bakri XII[SUP]e[/SUP] siècle Al Umari, Ibn Battuta et Ibn Khaldoun XVI[SUP]e[/SUP] siècle pour les plus essentiels. Les secondes sont les fameux Tarikh, le Tarikh al-Soudan et le Tarikh al-Fattach, Chroniques/Histoire des Noirs et Chronique du chercheur, qui apparaissent après la conquête de l'Empire songhaï par les Marocains et qui traitent un peu du Mali.
    Les récits des voyageurs portugais apportent des informations sur un royaume du Mali plus tardif et qui a beaucoup régressé.

    Les traditions orales et les études archéologiques

    Eu égard à la place qu'occupaient les Jeli à la cour malienne, et étant donné que cette fonction sociale existe toujours, les traditions orales occupent une grande place dans les études sur le Mali ancien. Elles n'ont pas fait l'objet d'un recueil général et d'une publication groupée qui permettrait des études comparatives. Elles sont censément fixées et transmises de génération en génération de façon formalisée mais elles varient d'un village à l'autre, d'une région à l'autre et grâce au recueil précoce de ces traditions aux premières heures de la colonisation il est possible de voir qu'elles ont subi aussi des altérations dans le temps.

    Elles sont donc sujettes à caution et il ne faut pas y voir un réservoir brut d'informations historiques car elles reflètent des enjeux sociaux et informent davantage sur les représentations des sociétés où elles ont émergé. La tradition la plus connue est celle relatant l'ascension au pouvoir de Sunjata Keita qui a fait l'objet de nombreuses publications, notamment par D.T. Niane Sunjata ou l'épopée mandingue.
    Enfin peu d'études archéologiques sont disponibles et la plus importante, celle de Filipowiak à Niani en 1965, 1968, et 1973 n'a pas donné de résultats probants pour la période médiévale (XIII-XVI).

    Étymologie

    On peut penser que le mot Mali (qui veut dire hippopotame en Mandingue, Bambara et Dioula) vient du nom de l'hippopotame, puisque la tradition veut que le père fondateur de l'empire, Soundiata Kéïta se soit noyé dans le Sankarani.
    Les habitants de l'empire, eux, ont toujours appelé leur pays Manden et non Mali. Mais il est bon de savoir que les Peuls (ethnie nomade présente au Mali depuis la création de l'empire) appellent les habitants du Manden : Malinké, littéralement «la bonne chance». On en déduit que les "mandenka" eux-mêmes appellent leur pays Manden et les Peuls appellent ce pays : Mali ( "conclure un arrangement", "porter chance") et ses habitants Malinké ( "Ceux qui portent chance").


    Géographie

    L'empire du Mali s’étendait entre le Sahara et la forêt équatoriale, l'océan Atlantique et la Boucle du Niger soit sur les actuels Mali, Burkina Faso, Sénégal, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Mauritanie et une grande partie de la Côte d'Ivoire.
    Il était un carrefour important entre les peuples nomades du Sahara et les peuples de l'Afrique noire équatoriale.
    Son économie reposait sur l'agriculture, l'artisanat, l'exploitation des mines d'or, et le commerce de l'ivoire vers le bassin méditerranéen.


    Capitale de l'empire du Mali

    À la lumière des sources et des études historiques disponibles, il est impossible aujourd'hui de savoir où se trouvait la capitale du royaume du Mali. Le plan suivant propose donc de revenir succinctement sur les différentes articulations des recherches et sur les dernières hypothèses émises par les historiens.

    Les sources relatives à la capitale du royaume du Mali

    Il existe plusieurs types de sources qui nous renseignent sur la capitale.


    Les sources écrites des géographes arabes et des
    Tarikh

    Pour la période de l'apogée du royaume (XIII[SUP]e[/SUP]-XV[SUP]e[/SUP] siècle) nous disposons des récits de trois géographes et voyageurs arabes. Tout d'abord al-Umari (1301-1349) nous livre des informations sur la ville qui datent d'avant 1340 par le biais d'un informateur. Le géographe suivant est Ibn Battuta (1304-1368). Sa relation est la plus importante concernant l'histoire du royaume du Mali en général. C'est le seul à s'être rendu dans le Sahel au cours d'un voyage débuté en février 1352 et achevé en décembre 1353. Il séjourna huit mois dans la capitale et nous donne des informations très précises sur la structure de la ville. La description de son trajet pour s'y rendre comporte de nombreuses zones d'ombre et demeure le point le plus interprété par l'historiographie.

    Enfin le dernier grand auteur pour cette période est Ibn Khaldoun (1332-1406) qui a recueilli des informations depuis le Caire. Notons que les traductions et des éditions des manuscrits, quand elle nous le donne, comporte toutes un nom différent pour désigner la capitale.


    On retrouve le même problème dans les chroniques (Tarikh) du XVI[SUP]e[/SUP] et XVII[SUP]e[/SUP] siècle, respectivement le Tarikh al-Sudan d'Abderrahmane Es Saâdi et le Tarikh al-Fattach qui retracent l'histoire de l'empire du Songhay mais accorde une petite place à l'histoire royaume du Mali. Ainsi au final pour le nom de la capitale nous disposons de plusieurs traductions et vocalisations pour le nom de la capitale (Malli, Byty, Bini, Bani, Yani', liste non exhaustive). Dès lors tous ces noms renvoient-ils au même lieu ou désignent-ils la même capitale ?

    Les sources orales et archéologiques

    Il n'est pas exact de parler de sources archéologiques pour la capitale puisqu'à ce jour elle n'a pas été encore retrouvée. Cependant plusieurs sites apparaissent dans l'historiographie. Niani-Madugu, Mani-Koura ou Mali-Tombo, et enfin Niani sur le Sankarani, petit village près du fleuve Sankarani dont le site archéologique a été fouillé lors de trois campagnes en 1965, 1968 et 1973. Ce dernier site fait l'objet d'un développement ci-dessous.

    Enfin le dernier type de source concerne les traditions orales, récits formalisés dont la transmission est assurée par la caste des jeli déjà présente sous le royaume du Mali et toujours présente dans certains villages du Mali aujourd'hui, dont le plus connu est Keyla.

    Les premières hypothèses (1841-1912)

    Cooley, géographe anglais, est le premier à émettre en 1841 une hypothèse sur la capitale. Il la situe près du village de Samee, près du fleuve Joliba. Binger, officier français qui traversa le Sahel, donne en 1892 une localité toute différente, le site de Nianimadougou, près de Yamina. Ces hypothèses ont en commun la rive gauche du fleuve Niger. Elles n'ont pas été reprises par l'historiographie. C'est Maurice Delafosse qui le premier donne une vraie consistance au sujet. En 1912, dans son ouvrage Haut-Sénégal-Niger il donne raison à Binger dans un premier temps, avant de s'orienter vers une nouvelle hypothèse qui s'est imposée comme un paradigme sur la question.


    Niger est la capitale du Mali (1923-1958)

    C'est la période où les publications sur la question de la capitale atteignent leur apogée. Les administrateurs coloniaux, Delafosse tout d'abord, puis Vidal et Gaillard par la suite, établissent, par une série d'articles, un lien formel entre le nom de Niani du site près du Sankarani, et le nom présentdans les sources écrites. Un paradigme s'est formé et il est clairement un lien causal fort des fouilles archéologiques qui se sont opérées à Niani.

    Les campagnes archéologiques à Niani (1965-1973)

    Le Polonais Filipowiak a mené les campagnes de fouilles sur ce site. Il a été assisté du spécialiste de l'histoire du Mali, D. T. Niane et entretenait une correspondance avec Raymond Mauny le spécialiste français du Soudan médiéval, professeur en Sorbonne. À l'issue des fouilles il a publié en 1979 un ouvrage qui présente les conclusions de ses travaux, Études archéologiques sur la capitale médiévale du Mali. Il y affirme avoir trouvé la capitale du royaume du Mali.


    La remise en cause des résultats de Filipowiak arrive vite. En effet, les conclusions de ses travaux sont connues avant la sortie de son livre. Meillassoux et Hunwick, en reprenant l'itinéraire d'Ibn Battuta propose de nouvelles localisations. Mauny avant eux avaient pointé les contradictions des écrits de Filipowiak avec les résultats des analyses au carbone 14.

    Vers la remise en cause du site de Niani comme capitale,
    le renouvellement des
    Hypothèses
    Face à cette impasse des tentatives de retrouver la capitale à l'âge d'or, les historiens se tournent vers la capitale primitive (Conrad, Greenn) et utilisent désormais des termes plus neutres, comme cour des Mansa ou cour royale des Mansa, pour supplanter le terme de capitale étant donné que les dernières hypothèses tendent à envisager le caractère mobile ou nomade de la cour entre plusieurs villes (idée véhiculée par la communauté historienne anglo-saxonne). La question reste donc en suspens, les sites ayant été étudiés n'ayant pas donné de résultats probants. La capacité heuristique du travail des sources semble entamée, ce qui explique un certain abandon de la question. Peut-être faut-il redéfinir l'espace et les études pour relancer les prospections sur de nouvelles aires.

    Organisation

    Sur le plan politico-administratif
    L'Empire du Mali était une confédération constituée des états tributaires et des provinces. Les provinces étaient dirigées par des gouverneurs appelés Farins ou Farba, et il y avait un Vizir, qui assumait les fonctions de premier ministre. L'empereur était secondé par un conseil des anciens (chefs militaires, civils et marabouts). Toutes les décisions politiques et administratives étaient prises en conseil.
    Il n'y avait pas de règles précises de succession au pouvoir, tantôt c'était le frère, tantôt le fils du souverain défunt qui succédait. Mais bien souvent un guerrier prestigieux usurpait le pouvoir.


    Sur le plan économique

    L'Empire était devenu prospère grâce aux mines d'or, de cuivre et un grand commerce transsaharien. Cette prospérité entraîna le progrès des villes telles que Oualata, Tombouctou, Djenne et Niani.


    Sur le plan social

    La famille étendue était la base de l'organisation sociale.


    Sur le plan religieux

    La religion officielle était l'Islam, mais il existait une certaine tolérance à l'animisme.

    Histoire

    Les origines
    La région du Manding (ou Manden) était divisée en trois provinces dirigées par les clans malinkés : les Condé régnaient sur la province du Do, les Camara sur le Bouré et les Keïta alliés aux Traoré et aux Konaté dans le Kiri. Vers 1050, le clan des Keïta l’emporte sur les autres. Ils se convertissent à l’islam et refusent la soumission à l’empire du Ghana.
    À la fin du XII[SUP]e[/SUP] siècle, règne Naré Maghann Konaté, père de Sundjata Keïta. Il chercha à s’allier avec les royaumes voisins afin de s’opposer aux nomades venant du Sahara afin de capturer des esclaves.

    Au nord, Soumaoro Kanté, roi du Sosso conquiert les petits royaumes voisins au XIII[SUP]e[/SUP] siècle et constitue une armée très disciplinée. Voulant contrôler les mines d’or, Soumaoro Kanté attaque le Manding.

    Soundiata Keïta
    La vie de Soundiata Keïta nous est connue par les traditions orales rapportées par les griots : sous la forme d'une épopée légendaire, elles en font un héros-fondateur. Néanmoins de brèves mentions du personnage et du contexte géopolitique à l'époque de son règne chez deux auteurs arabo-berbères du XIV[SUP]e[/SUP] siècle (Ibn Khaldun et dans une moindre mesure Ibn Battuta), ainsi que dans les chroniques écrites du XVII[SUP]e[/SUP] siècle, confirment qu'il fut bien un personnage historique et corroborent certains faits évoqués dans les sagas orales.

    En difficulté devant les attaques de Soumaoro Kanté, les Malinkés font appel à Soundiata Keïta. Selon la tradition racontée par les griots, Soundiata Keïta serait né handicapé et ce n’est que tard qu’il aurait pu marcher. Il aurait été persécuté par son frère aîné Dankaran Tuman, ce qui l'aurait poussé à s’exiler à Néma.

    Vers 1230, il devient roi et il réunit les clans malinkés à Siby. Selon les traditions orales, il aurait organisé une armée composée de dix mille cavaliers et de cent mille fantassins et entrepris la guerre contre le roi du Sosso. Après plusieurs batailles, c’est vers 1235 que Soundiata Keïta vainc l’armée de Soumaoro à Kirina. Selon la légende, Soumaoro disparaît dans les montagnes autour de Koulikoro. Sundjata Keïta conquiert alors tous les royaumes de la région qu’il unifie pour former l’Empire du Mali. Il est proclamé «Mansa» ce qui signifie «Roi des rois». Il met en place une organisation administrative et militaire. La population est répartie en 30 clans : 16 clans d'hommes libres; 4 clans de griots; 5 clans maraboutiques, et 5 clans d'artisans. Pour rassembler ces clans, il instaure le système de parenté à plaisanterie. Il met en place deux gouvernements militaires au Nord à Soura et au Sud à Sankaran. Il établit la capitale de l’Empire à Niani.


    Après ces conquêtes, le règne de Soundiata Keïta est connu pour être une époque de paix, de prospérité et de liberté suite à la proclamation de la Charte du Manden. L’empire du Mali regroupait alors des populations issues de différentes ethnies (Malinkés, Bambaras, Wolofs, Toucouleurs)
    Soundiata Keïta meurt vers 1255, vraisemblablement par noyade. Selon la légende, il se serait transformé en hippopotame.


    Les successeurs de Soundiata Keïta
    À la mort de Soundiata Keïta, plusieurs de ses fils lui ont succédé : Ouali Mansa wullen (vers 1255 - vers 1270), Ouati (vers 1270 - vers 1274), Khalifa (vers 1274 - vers 1275). Ensuite, c’est Abu Bakr (Abubakar I) (vers 1275 - 1285), petit-fils de Soundiata Keïta qui prend le trône.

    Après la mort de ce dernier, Sakoura, qui ne fait pas partie de la lignée des Keïta, s’empare du trône et règne pendant 15 ans, de 1285 à 1300 pendant lesquels il va consolider l’Empire.

    À sa mort, les descendants de Soundiata Keïta retrouvent le pouvoir avec Gao (vers 1300-1305), puis le fils de ce dernier, Mohammed ibn Gao (vers 1305-1310), enfin son neveu Aboubakri II (vers 1310-1312).

    Aboubakri II est devenu célèbre en lançant deux expéditions pour connaître les limites de l’océan. En effet, Ibn Fadl Alla Al Omari rapporte qu'Aboubakry II aurait d'abord équipé deux cents « navires » en vue d'explorer l'autre rive de l'océan Atlantique ; dont aucun équipage ne serait revenu. Puis il en affréta deux mille autres dont il prit le commandement, mais ne revint jamais de son expédition. La tradition malinké le considérant alors comme mort, ce qui en justifia la succession, en l'occurrence, par son fils Kankou Moussa.

    Kankou Moussa
    Vers 1312, Kankou Moussa (aussi Kango Moussa,Kankan Moussa,Mansa Moussa), arrive au pouvoir. C’est sous son règne que l’Empire du Mali atteint son apogée : de l'Adrar des Ifoghas à l'estuaire de Gambie.

    En 1324, il effectue un pèlerinage à la Mecque dont la tradition et les sources arabes garderont le souvenir des fastes : accompagné de milliers de serviteurs et d’esclaves, il aurait emporté tellement d’or (environ 10 tonnes) que le cours du métal précieux aurait baissé pendant plusieurs années. Sa générosité aurait frappé les esprits. Néanmoins, selon Elikia Mbokolo, Mansa Moussa aurait vendu la plupart des esclaves (8 700 à 14 000 selon des sources) en Égypte et en Arabie.

    Toutefois, Serge Daget et François Renault observent qu'à ce propos les sources arabes ne sont pas unanimes, ni sur les effectifs (de 8 000 à 14 000) du cortège de Kankou Moussa, ni sur leur statut : tantôt on parle d'« esclaves », tantôt de « sujets » ou encore de « personnes » ; sans toujours savoir s'ils ont été vendus par le Mansa Mali.

    Kango Moussa revient au Mali accompagné de plusieurs hommes de science et de culture dont Abou Ishaq es-Sahéli, originaire de Grenade qui a été l’architecte de la Mosquée Djingareyber de Tombouctou construite en 1328 à Tombouctou. Mansa Moussa meurt en 1337.


    Les successeurs de Kankou (Mansa) Moussa(Mausa) et le déclin de l’Empire du Mali
    Plusieurs empereurs se sont succédé : Mansa Maghan (1337-1341), Mansa Souleymane, frère de Mansa Moussa (vers 1341-1360), son fils Kassa (vers 1360), Mari Diata II, fils de Mansa Maghan (vers 1360-1374), son fils Moussa II (vers 1374-1387), Magha II (vers 1387-1389), et l'usurpateur Sandaki (vers 1389-1390).

    Après la mort de Mansa Souleymane, des querelles de successions affaiblissent l’Empire qui sera attaqué par les Mossi, les Touaregs puis les Songhaïs. Entre le XVI[SUP]e[/SUP] siècle et le XVII[SUP]e[/SUP] siècle, Le Mali se réduit à ses dimensions d’origine.



    Empire songhaï

    L'Empire Songhaï, ou empire des Songhaï, est un État de l'Afrique de l'Ouest qui exista entre le XV[SUP]e[/SUP] siècle et le XVI[SUP]e[/SUP] siècle. Sa capitale était Gao.

    Histoire
    L'État Songhaï fut fondé à Koukia au VII[SUP]e[/SUP] siècle, suite aux métissages qui s'effectuèrent entre les Sonrhaïs, et les Berbères dirigés par le chef Za el-Ayamen, qui fuyaient devant l'invasion arabe. Ce métissage entre Songhaïs et Berbères donnera la dynastie des Dia.
    Initialement petit royaume au niveau du fleuve Niger au VII[SUP]e[/SUP] siècle, qui sera vassal des empires du Ghana et du Mali, il devient empire, durant le XV[SUP]e[/SUP] siècle. L'empire Songhaï s'étendait sur plus ou moins le Niger, le Mali et une partie du Nigeria actuels.

    Vers 1010, les rois de Koukia s'installèrent à Gao et se convertirent à l'islam. La ville voisine de Tombouctou devient le point de regroupement des caravanes et le centre du commerce transsaharien, ce qui en fait non seulement la métropole économique de l'empire mais aussi le principal centre religieux et intellectuel. Cette cité mystérieuse s'honore alors de nombreux monuments en pisé (mélange de terre et de paille), telles les mosquées Djingareyber, Sidi Yaya et Sankoré. Le Français René Caillié la découvrira bien plus tard.

    Vers l'an 1300, le Songhaï passe sous la coupe de l'empire du Mali. Mais il retrouve son indépendance sous le règne de Sonni Ali Ber de la dynastie des Si (1464-1492) qui combat les Peuls et les Touareg, ainsi que les lettrés musulmans de la ville sainte de Tombouctou. Sonni Ali tente de préserver la culture africaine de son royaume.

    Le successeur de Sonni Ali, Sarakollé Mohammed Touré (1493-1528), soninké originaire du Tekrour, prend le contrepied de sa politique, achève d'islamiser le royaume avec une extrême brutalité que rapporte le voyageur Léon l'Africain. Il fonde la dynastie musulmane des Askia sous laquelle l'empire songhaï largement islamisé connaît son apogée.
    Le Songhaï s'effondre en 1591 suite à l'invasion des armées du sultan marocain Ahmed al-Mansur Saadi sous le commandement de Djouder à la bataille de Tondibi. L'empire éclatera en une douzaine de principautés.

    31 souverains auraient précédé la fondation de l'empire songhaï par le chef berbère mythique Za el-Ayamen au VII[SUP]e[/SUP] siècle et ayant pour capitale Gao au Mali

    Domination malienne

    À partir de 1275, domination de l'empire du Mali, cette période est dite celle de la vassalisation. Les rois étaient appelés Sunni ou Sonni ce qui signifierait remplacement. Les rois ont continué à régner jusqu'à l'indépendance de l'empire malien.

    Dynastie Sonni

    Indépendance envers l'empire du Mali, c'est le début de la période impériale.

    Second empire songhaï
    Après l'explosion de l'empire et la soumission aux armées marocaines de Ahmed al-Mansur Saadi, la capitale est transférée de Gao au Mali vers Loulami au Niger. Les empereurs portent le nom de Dendi.

    Culture

    Le savoir, le livre et l'enseignement tiennent une grande place dans l'empire. Les étudiants et les savants viennent d’Égypte, du Maroc, d'Andalousie ou d'Allada pour suivre des cours de mathématiques, de grammaire ou de littérature à l'université Sankoré ou d'autres médersa[SUP][/SUP].

    Les Askias s'entourent de lettrés, de nombreux docteurs étrangers viennent s'installer à Gao et Tombouctou, cette dernière étant la capitale culturelle de l'État. Ils apportent les traditions académiques de Chinguetti, Djenné mais aussi La Mecque et Le Caire dont l'université al-Azhar est à cette époque le plus grand centre d'enseignement des sciences islamiques. Dès la seconde génération, les savants de Tombouctou développent leurs propres enseignements et critiques dans leurs commentaires certains ouvrages des maîtres du Caire. La liberté d'enseigner est grande, il suffit d'être titulaire d'un diplôme pour ouvrir une école[SUP][/SUP]. Les signes du pouvoir intellectuel se retrouvent dans les habits des enseignants : boubou spécifique, turban blanc et longue canne à bout pointu.

    Économie

    Il prospère rapidement grâce au commerce transsaharien et à ses mines, en expédiant vers l'Afrique du Nord du sel et de l'or mais aussi de l'ambre gris, de la gomme arabique, des peaux de léopards et des esclaves. Il reçoit en contrepartie du Maghreb des produits manufacturés (bijoux, armes, étoffes, miroirs…) ainsi que des produits agricoles (blé, chevaux…). Le Songhaï finit par entrer en conflit avec les saadiens pour la possession des mines de sel du désert.




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  6. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Pachalik de Tombouctou


    Le pachalik de Tombouctou ou pachalik du Soudan est le territoire, basé autour des villes de Tombouctou et de Gao, au Mali, qui devint une province marocaine après son annexion en 1591 et qui demeure gouverné par les Marocains et leurs descendants jusqu'au début du XIX[SUP]e[/SUP] siècle.


    Histoire

    Émergence des Saadiens au Maroc
    Les Saadiens, princes de la région de Tagmadert (en) dès 1509 et maitres de Marrakech depuis 1524, se font reconnaitre en tant que princes de tout le Sud du Maroc en 1527 par le Traité de Tadla.

    À l'initiative de la confrérie Chadiliya, les Saadiens mènent une «guerre sainte» contre les Portugais qui contrôlent une partie des cotes atlantiques du Maroc et leur reprennent Agadir, Safi, Azemmour et Asilah en 1541 ; ils sont alors perçus comme des unificateurs d'un pays morcelé entre différentes principautés pratiquement indépendantes du pouvoir Wattasside et des tribus montagnardes réfractaires face au pouvoir central depuis la chute de Abu Muhammad Abd al-Haqq, le dernier Mérinide.

    La prise de Fès en 1554 signifie la fin du règne des Wattassides. La réunification du Maroc est achevée la décennie suivante avec le rattachement de la Principauté de Chefchaouen en 1561, de la Vice-royauté de Debdou en 1563 et de la Principauté de Tétouan en 1567.

    Premières campagnes du Maroc face à l'Empire songhaï
    À la fin du XVI[SUP]e[/SUP] siècle, les rois Saadiens, forts de l'achèvement de la réunification du Maroc et de la bataille des Trois Rois mais ayant des besoins financiers importants, désirent contrôler les pistes sahariennes et les mines d'or et de sel, dépendant alors de l'Empire songhaï. Face à un Askia Ishaq II récalcitrant à céder les mines de Teghazza, les Saadiens décident de diriger leurs extensions territoriales vers le Sud et de les annexer.
    En 1577, les forces marocaines atteignirent Teghazza lors d'un raid et obtiennent des Songhaïs l'exploitation des salines. En 1582, une expédition mal préparée échoue devant Tombouctou.

    Le 18 février 1591, une force commandée par Yuder Pacha atteint le Niger, entre Bamba et Bourem, et y est battue en perdant la moitié de l'effectif. L'armée subsistante se dirige vers Gao, la capitale de l'Empire.
    Les deux armées se confrontent le 12 avril 1591 à Tondibi, à 50 km au nord de Gao et les Songhaïs sont mis en déroute par les Marocains, équipés d'armes à feu.


    Conquête marocaine et établissement du Pachalik
    Le territoire formant le Pachalik de Tombouctou est conquis par le Maroc en 1591, suite à la bataille de Tondibi qui voit la défaite de l'armée songhaï face à l'expédition du sultan saadien Ahmed al-Mansur, dirigée par Yuder Pacha.

    Dans les faits «pachalik» marocain, soit une province, le contrôle effectif de l'État chérifien se relâche vite et la suzeraineté marocaine ne devient que nominale au début du XVII[SUP]e[/SUP] siècle suite à la période d'anarchie qui a précédé la chute des Saadiens. Le pouvoir devient alors aux mains d'un pacha nommé par les descendants des soldats marocains, dits Armas. Le pacha, de facto indépendant, fait cependant allégeance au sultan du Maroc.
    Cette allégeance s'est renouvelée suite à l'arrivée au pouvoir de la dynastie alaouite et le contrôle marocain redevint effectif sous le règne du sultan alaouite Moulay Ismail.

    Déclin et disparition du Pachalik
    Marquée par des luttes incessantes entre les Touaregs, les Marocains et les peuples de la vallée du Niger, la période suivant la mort de Moulay Ismail en 1727 marque le début du relâchement du pouvoir marocain sur la région, la suzeraineté marocaine devenant, de nouveau, seulement nominale, le pacha faisant allégeance au sultan.

    Entre la fin du XVIII[SUP]e[/SUP] siècle et le début du XIX[SUP]e[/SUP] siècle, les Armas s'affaiblissent progressivement au profit des Touaregs et l'influence marocaine se relâche totalement. L'établissement de l'Empire du Macina par les Peuls et sa conquête de la boucle du Niger, entre la fin du premier quart et le début du deuxième quart du XIX[SUP]e[/SUP] siècle, marque la fin définitive du Pachalik.

    Chronologie


    • 1554 : Les Saadiens supplantent les Wattassides en tant que sultans du Maroc ;
    • 1585 : Conquête de Taoudeni et Teghaza ;
    • 30 mai 1591 : conquête de Tombouctou ;
    • 1599 : Les membres de l'armée de Yuder d'origine européenne (renégats) sont rapatriés au Maroc ;
    • 1603 : Guerre civile au Maroc suite à la mort du sultan Ahmed al-Mansur Saadi. Les Armas soutiennent le sultan proclamé à Marrakech, Moulay Zaidan ;
    • 1613 : Le pacha Ali at-Tilimsani demande aux Armas de lui prêter allégeance, signifiant ainsi son désir d'émancipation du Sultan ; la demande est rejetée par l'armée ;
    • 1618 : Le pacha, auparavant désigné par le Sultan, devient élu par les Armas
    • 1670, 17 septembre : Les Armas reconnaissent les sultans alaouites et leur prêtent allégeance;
    • 1729 : Raids continus des Touaregs contre Tombouctou ;
    • 1737 : Les Touaregs occupent Tombouctou pendant 3 à 4 mois ;
    • 1771 : Siège de Tombouctou par les Touaregs, famine ;
    • 1787 : L'Aménokal des Iwillimidden entre à Tombouctou, le Pachalik devient tributaire des Touaregs ;
    • 1825-1826 : Les Armas n'ont plus aucun pouvoir sur le Pachalik.

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    Bataille de Tondibi


    La bataille de Tondibi et une bataille majeure de l'histoire de l'Afrique de l'Ouest qui voit la victoire de l'armée marocaine d'Ahmed al-Mansur Saadi sur l'armée songhaï d'Askia Ishaq II. Cette bataille marque l'effondrement de la société impériale ouest-africaine dans un contexte économique et institutionnel défavorable à l'Empire songhaï. L'autorité impériale qui s'exercait à travers le contrôle du commerce transsaharien, la production d'or et de sel amorce en effet son déclin au XVIème siècle avec du développement du commerce maritime. Le morcellement politique qui résulte de la défaite de l'armée songhaï fut le préalable à la colonisation de l'Afrique de l'Ouest par les Européens.

    Déroulement

    Ahmed al-Mansur Saadi lance en 1591, sous le commandement de Yuder Pacha, une armée de 3 000 hommes, à l'assaut de l'Empire songhaï de Gao. Elle comprend 1 000 arquebusiers renégats, 1 000 arquebusiers andalous, 500 spahis (arquebusiers à cheval) et 500 lanciers marocains comme troupe combattante (3 000 hommes). La logistique est assurée par 600 sapeurs et 1 000 hommes conduisant 8 000 chameaux et 1 000 chevaux. Il rencontre l’askia Ishaq II à Tondibi. Le bruit et les ravages causés par les armes à feu mettent en déroute 30 000 à 40 000 guerriers songhaïs (12 avril).


    Les versions sont variables mais les différentes étapes de la bataille seraient :

    1. L'armée de Gao lance d'abord une ruse habituelle : elle lance des troupeaux de vaches rendues furieuses vers le camp ennemi. Les Marocains auraient soit laissé passer les troupeaux, soit les auraient effrayés à coups de canon.
    2. L'artillerie marocaine écrase la charge de l'infanterie songhaï. Les cavaleries s'affrontent.
    3. Les vassaux de l'empereur de Gao rompent et seule reste la garde songhai fidèle: elle s'entoure d'une corde et se laisse massacrer.
    Ishaq II se replie sur Gao, puis évacue sa capitale qui est occupée. Le vainqueur Djouder reçoit une proposition de paix refusée immédiatement par le sultan qui exige son or. L'armée marocaine pille tout ce qu'elle trouve et l'envoie au Maroc (on parle d'1 à 1/2 tonne d'or).

    Conséquences

    La capitale est transférée de Gao au Mali vers Loulami au Niger. Les empereurs portent le nom de Dendi. L'empire songhaï avait pris le relais de l'empire du Mali au XV[SUP]e[/SUP] siècle. Il était devenu l'entité politique structurante de la société ouest-africaine. L'empire songhaï ne s'en remettra jamais et aucun empire ouest-africain de cette taille ne renaîtra même si l'on trouve par la suite :

    Cette fragilisation politique facilitera la colonisation européenne de l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest.


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  7. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Abderrahmane Es Saâdi

    Abderrahman ben Abdallah ben Imran ben Amir Es Sa'di
    (ou Sâ'îdi) est né le 28 mai1596 à Tombouctou et mort sans doute aux environs de 1656 (dernière année référencée dans ses écrits). Il travailla comme notaire à Djenné en même temps qu'il était suppléant de l'imam de la mosquée de Sankoré. À partir de 1627, il devint l'imam titulaire de ladite mosquée.

    Vers 1637, Es Sa'di regagne Tombouctou, sa ville natale, où il sera nommé imam. Plus tard il occupe la charge de Kâteb, c'est-à-dire secrétaire de gouvernement. Ce qui l'amène à jouer un rôle significatif dans les affaires politiques de son pays sous protectorat Marocain. Il accumula des missions de médiation politique de grande importance entre les différents pouvoirs locaux songhay et l'administration coloniale marocaine ; parcourant le vaste pays de la boucle du Djoliba, dont il acquiert ainsi une profonde connaissance des gens, mœurs, instituons et pratiques culturelles.

    C'est imprégné de cette expérience du monde soudanien de l'époque, dans un contexte de domination étrangère, que Abderrahmane Es Sa'di entreprend vers 1655 de rédiger son Tarikh Es Soudan ; une histoire du Soudan visant à retracer le passé de la fédération du Songhay, depuis ses origines mythiques jusqu'à l'occupation marocaine.
    Son analyse détaillée des circonstances de cette occupation, et des conséquences qui en découlèrent reste un témoignage des plus précieux d'un africain du
    XVII[SUP]e[/SUP] siècle sur l'Afrique subsaharienne de cette époque.

    Abderrahman Es Sa'di eut pour maître le jurisconsulte Mohammed ben Mahmoud ben Abou Bakr, connu également sous le patronyme de Mohammed Baghayogo (ou Bakayoko). Ce savant originaire de Ouankoré serait venu s'établir à Tombouctou avec son frère, Ahmed, de retour d'un pèlerinage à La Mecque.

    Es Sa'di étudia une dizaine d'années auprès de Baghayogo, aussi bien la théologie islamique
    , la grammaire arabe, que la tradition ou la poésie :

    «Pour tout dire il fut mon professeur, mon maître et personne ne m'a été aussi utile que lui, soit par lui-même, soit par ses livres (Dieu lui fasse miséricode et lui accorde le paradis en récompense!). Il m'a délivré des diplômes de licence écrits de sa main sur les matières qu'il enseignait suivant sa méthode ou suivant celle d'autrui. Je lui ai communiqué un certain nombre de mes ouvrages ; il y a mis de sa main des annotations flatteuses pour moi ; il a même reproduit les résultats de certaines de mes recherches et je l'ai entendu en citer quelques-unes dans ses leçons, ce qui prouve son impartialité, sa modestie et son respect pour la vérité en toute circonstance»


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  8. titegazelle

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    Histoire du Mali
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    Colonisation


    Pénétration coloniale et résistances

    La pénétration coloniale française, menée par Louis Faidherbe puis Joseph Gallieni, se fait à partir du Sénégal en allant vers l’est : les français conquièrent progressivement tout le territoire de ce qui allait devenir le Soudan français puis le Mali après l’indépendance : Sabouciré en 1878, Kita en 1881, Bamako en 1883, Ségou en 1890, Nioro en 1891, Tombouctou en 1894, Sikasso en 1898, Gao en 1899.

    Cette conquête d’un territoire divisé en plusieurs royaumes s’est opérée par la force et par la diplomatie, les Français tentant de jouer les uns contre les autres, en faisant signer des traités, pas toujours respectés.

    En 1863, Louis Faidherbe évoque le projet de pénétration coloniale en ces termes :
    «Vous voulez arriver au Soudan par l'Algérie ? Vous n'y réussirez pas. Vous vous perdrez dans les sables du Sahara et vous ne les traverserez pas. Mais si, profitant des voies naturelles qui nous sont offertes, vous vous servez du fleuve Sénégal pour gagner la route du Soudan et les rives du Niger, vous y créerez une colonie française qui comptera parmi les plus belles du monde».

    Il envoie cette même année une mission de reconnaissance, la mission Quintin-Mage, puis une deuxième mission en 1879-1880, la mission Gallieni-Vallières auprès du roi de Ségou, Amadou Tall.

    Le royaume khassonké de Logo, dont la capitale Sabouciré (actuellement commune de Logo) est situé sur la rive gauche du fleuve Sénégal à 25 km. de Kayes est dirigé par le roi Niamodi Sissoko. Celui-ci refuse la pénétration coloniale française. Le 22 septembre 1878, les troupes françaises, conduites par le lieutenant-colonel Reybaud, fortes de 585 hommes, équipées de 4 canons et 80 chevaux affrontent pendant plusieurs heures les troupes du roi Niamodi Sissoko. Les Français dominent militairement et gagnent la bataille qui fait 13 morts et 51 blessés chez les Français et 150 morts chez les khassonkés, dont le roi Niamodi Sissoko[SUP]. [/SUP]Cette bataille marque le premier acte de résistance contre les Français.

    En 1880, Joseph Gallieni découvre Bamako qui «ne renferme plus actuellement qu'un millier d'habitants» et que «rien ne distingue des autres villages de la région».
    Après son installation à Kita le 7 février 1881, Borgnis-Debordes se lance dès le 16 février 1881 vers Bamako. Le 26 février 1881, l'armée française bat en retraite devant l'armée de Samory Touré à Kéniéra. Le 1[SUP]er[/SUP] février 1883, Gustave Borgnis-Desbordes, entre dans Bamako et débute la construction du fort le 5 février.

    Samory Touré fonde un Empire, le Ouassoulou, qui s'étend sur une grande partie du pays malinké, correspondant à l'actuel Mali et la Guinée et atteignant les zones forestières de Sierra Leone et du Liberia.

    L’armée était composée de Sofas bien entraînés et équipés de fusils, achetés avec les revenus tirés de la vente d'esclaves. Samory Touré résiste longtemps contre les troupes coloniales françaises, dirigées successivement par Gustave Borgnis-Desbordes, Joseph Gallieni, Louis Archinard. Samory Touré est arrêté par les Français dirigés par le capitaine Gouraud à Guélemou (Côte d'Ivoire). Il est déporté au Gabon où il meurt en 1900.

    Le roi Tiéba Traoré du Kénédougou était allié des Français. Son frère et successeur, Babemba Traoré s'oppose aux français pour résister à leur visée expansionniste. Sikasso, capitale du royaume, est prise le 1[SUP]er[/SUP] mai 1898 malgré son tata, muraille défensive. Babemba, qui refuse de se rendre, se donne la mort.


    Soudan français

    Le territoire malien, dénommé Haut-Sénégal-Niger devient, en 1895, une colonie française intégrée à l'Afrique-Occidentale française avec une portion de la Mauritanie, du Burkina Faso et du Niger. Kayes devient son chef-lieu pour laisser la place, en 1907, à Bamako.

    En 1920, elle est appelée Soudan français. Parmi les différents gouverneurs coloniaux, on peut citer Henri Terrasson de Fougères, qui fut Lieutenant-gouverneur du Haut-Sénégal-Niger en 1920-1922, gouverneur intérimaire en mars 1920, puis à nouveau le 21 août 1921 pour être ensuite nommé Gouverneur du Soudan français du 26 février 1924 à 1931.


    En vue d’assurer sa domination sur les populations africaines, le colonisateur français met en place un système très centralisé.
    Des communes mixtes, prévues par un arrêté du gouverneur général du 1[SUP]er[/SUP] janvier 1911 sont érigées dans un premier temps à Bamako et Kayes au 1[SUP]er[/SUP] janvier 1919)puis à Mopti au 1[SUP]er[/SUP] janvier 1920. Les communes de Ségou et Sikasso sont érigées respectivement en 1953 et 1954. Ces communes-mixtes sont gérées par un administrateur-maire nommé par arrêté du lieutenant-gouverneur, assisté d’une commission municipale du 1er degré composée de 8 membres titulaires (4 notables citoyens français, 4 notables sujets français) et 4 membres suppléants (2 citoyens français, 2 sujets français).

    Le 18 novembre 1955, une loi permet à plusieurs communes africaines de devenir des communes de plein exercice. C’est le cas de Bamako, Kayes, Ségou et Mopti en 1956 et de Sikasso en 1959. Dans ces communes, un collège unique élit le conseil municipal qui désigne le maire en son sein. Modibo Keïta devient ainsi le premier maire élu de Bamako. Des communes de moyen exercice, où le maire est un fonctionnaire nommé par le chef de territoire, assisté d’un conseil municipal élu par un collège unique sont érigées en 1958 : Kita, Kati, Koulikoro, Koutiala, San, Tombouctou et Gao.

    Les Français veulent développer les cultures irriguées dont les productions étaient exportées vers la métropole. L'essentiel des investissements est ainsi concentré sur l'Office du Niger, dont les coûts d'investissement sur la période 1928-1939 s'élèvent à 4 milliards de francs.

    Cette politique a permis d'augmenter les productions exportées :

    [TABLE="class: MsoNormalTable"]
    [TR]
    [TD="colspan: 3"]
    Productions agricoles au Soudan français en 1928 et 1959
    [/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD] Production[/TD]
    [TD] 1928[/TD]
    [TD] 1959[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD] riz paddy[/TD]
    [TD] 90 000 tonnes[/TD]
    [TD] 182 000 tonnes[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD] arachide[/TD]
    [TD] 35 000 tonnes[/TD]
    [TD] 105 000 tonnes[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD] coton[/TD]
    [TD] 1 000 tonnes[/TD]
    [TD] 8 500 tonnes
    [/TD]
    [/TR]
    [/TABLE]

    Le décret du 17 août 1944 crée le service de l'inspection du travail en Afrique noire, puis la loi du 11 avril 1946 abolit le travail obligatoire. Le Fonds d'investissement pour le développement économique et social pour accélérer le développement des colonies françaises.


    Vers l'indépendance :
    République soudanaise et Fédération du Mali


    Deux partis politiques dominent
    Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la vie politique reprend au Soudan français. La France souhaite l’intégration d’Africains à la vie politique. Deux collèges sont créés, un pour les citoyens français, les colons, l'autre pour les autochtones. Ce deuxième collège, plus important numériquement, comprend 4 groupes principaux d'électeurs:

    • les fonctionnaires et les agents de l'administration ;
    • les anciens militaires ;
    • les notables et les chefs indigènes ;
    • les titulaires d'un diplôme de l'enseignement à partir du Certificat d'études primaires.
    La première élection se déroule le 21 octobre 1945, quatorze candidats se présentent. Fily Dabo Sissoko, instituteur soutenu par l'administration et les chefs traditionnels arrive en tête avec 10 406 voix, suivi de Mamadou Konaté (2 905 voix,), Ibrahim Sall (1 433 voix,) et Modibo Keïta (937 voix).

    Le Parti démocratique soudanais, proche du Parti communiste français et le Bloc démocratique soudanais, officiellement proche de la SFIO mais qui se rapproche du PCF, sont créés respectivement les 6 et 26 janvier 1946. Le Parti progressiste soudanais (PSP) est créé le 13 février 1946, constitué essentiellement de notables locaux, les chefs de canton désignés par le colonisateur.

    Le Rassemblement démocratique africain (RDA) tient son congrès constitutif à Bamako du 18 au 21 octobre 1946 et le lendemain, sa section soudanaise, l'Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain voit le jour par la fusion du Bloc démocratique soudanais et du Parti démocratique soudanais. Mamadou Konaté devient président et Modibo Keïta secrétaire général de ce nouveau parti.

    Le PSP de Fily Dabo Sissoko domine dans un premier temps grâce à son implantation sur l’ensemble du territoire. Aux élections législatives de novembre 1946, la liste du PSP obtient deux députés, et aux élections législatives trois députés contre un seul pour l’US-RDA. Mais en quelques années, l’US-RDA va s’imposer. Il arrive en tête aux premières élections municipales organisées à Bamako le 12 avril 1953 ainsi qu’aux élections municipales du 18 novembre 1956. Modibo Keïta devient le premier maire élu de Bamako. Et aux élections pour l’Assemblée territoriale soudanaise de mai 1957, l’US-RDA obtient 35 députés, le PSP cinq. Dès 1959, une grande partie des membres du PSP décide de rejoindre l’US-RDA, faisant de ce dernier un parti unique de fait.

    Soudan au sein de l’Union française
    La constitution française adoptée en 1946 définie l’Union française «formée, d'une part, de la République française qui comprend la France métropolitaine, les départements et territoires d'outre-mer, d'autre part, des territoires et États associés», c’est-à-dire les colonies.
    Chaque territoire a un conseil général dont les membres sont élus par un double collège. Le conseil général n'a pas de pouvoir de décision, il adopte des délibérations à caractère consultatif. Le territoire est géré par un gouverneur qui est responsable devant les autorités centrales.

    L'échelon fédéral (Afrique équatoriale française et Afrique-Occidentale française) est doté d’un grand conseil. Le Grand conseil de l'AOF siège à Dakar. Il est constitué de 5 membres de chaque territoire. Un gouverneur général, puis un Haut-commissaire ont autorité sur la fédération.
    L'Assemblée de l'Union française composé pour moitié de représentant des conseils généraux, pour l'autre de représentant du parlement français, avait une fonction consultative.

    La loi-cadre du 23 juin 1956 consacre la territorialisation des colonies française, marquant la victoire des thèses du leader ivoirien du Rassemblement démocratique africain Félix Houphouët-Boigny sur le fédéralisme défendu par Modibo Keïta et Léopold Sédar Senghor. Chaque territoire est doté d'un Conseil de gouvernement. Les conseils généraux deviennent des assemblées territoriales avec des compétences limitées. Les Assemblées territoriales sont élues au suffrage universel direct et élisent en leur sein 5 représentants pour siéger au Grand conseil de l'AOF ou de l'AEF.

    Un chef de territoire est nommé par le gouvernement français. Il préside le conseil de gouvernement. Les décisions de ce conseil peuvent être annulées par le ministre de la France d'Outre-mer.
    Le 3 mars 1957, les élections des assemblées territoriales ont lieu dans l'ensemble des territoires. Au Soudan français, l'US-RDA obtient 57 sièges contre 7 à l'Union Dogon et 6 au PSP. Le premier conseil de gouvernement est constitué le 21 mai 1957sous la présidence de Jean-Marie Koné.
    Modibo Keïta devient secrétaire d'État à la présidence du conseil (Gouvernement Félix Gaillard du 6 novembre 1957 au 17 mai 1958).

    Fédération du Mali

    La question du fédéralisme divise les leaders africains au sein même du RDA. L’ivoirien Félix Houphouët-Boigny s'oppose à la fédération ne voulant pas que la Côte d’Ivoire devienne «la vache à lait des autres territoires». À l’opposé le Soudanais Modibo Keïta et le Sénégalais Léopold Sédar Senghor soutiennent l’idée d’une fédération.

    Le référendum du 28 septembre 1958 sur la Constitution de la République française voulue par le général De Gaulle contribue à la désunion, partageant les Africains en trois camps : les indépendantistes, les fédéralistes et les anti-fédéralistes.

    Léopold Sédar Senghor qui souhaite une Afrique de l'Ouest unie et associée à la France appelle à voter oui. L’US-RDA appelle également à voter oui. Elle pense que le pays n'est pas prêt pour l'indépendance et souhaite avant toute indépendance réaliser l'unité entre les territoires. Les Ivoiriens soutiennent cette constitution. Seul le guinéen Ahmed Sékou Touré et le nigérien Bakari Djibo appellent à voter non.

    La Guinée vote majoritairement non et devient indépendante. Les autres territoires de l’AOF votent majoritairement pour et deviennent des États autonomes au sein de la Communauté française qui se substitue à l’Union française.

    Au congrès fédéral du RDA qui se tient à Bamako en décembre 1958, les Soudanais et les Sénégalais mènent la bataille du fédéralisme. Les délégués du Dahomey et de la Haute-Volta les soutiennent.

    Le 31 décembre 1958, l'Assemblée constituante du Soudan adopte à l'unanimité une déclaration prévoyant la création d'une assemblée constituante fédérale dotée d'une délégation de pouvoir en vue de la définition des institutions fédérales.

    Le 8 janvier 1959, Modibo Keïta est élu président du grand conseil de l'AOF.
    Le 14 janvier 1959, l’Assemblée fédérale de la Fédération du Mali se réunit à Dakar. Les délégations de 4 territoires étaient représentées : le Sénégal (présidée par Léopold Sédar Senghor), la République Soudanaise (présidée par Mahamane Haïdara), le Dahomey (présidée par Alexandre Adandé) et la Haute-Volta (présidée par Maurice Yaméogo). Modibo Keïta est élu président de l’Assemblée. En quatre jours, la constitution de la Fédération du Mali est adoptée. Chaque délégation doit rentrer dans son pays pour la faire ratifier.

    Le 23 janvier 1959, l’Assemblée du Soudan adopte la constitution de la république soudanaise et la constitution fédérale. En Haute-Volta, Maurice Yaméogo change de position : après avoir défendu la Fédération du Mali, il souhaite maintenant une adhésion individuelle de son pays à la Communauté. Cette volte-face se fait sur la pression de la Cote d’Ivoire voisine. Au Dahomey, les partisans du fédéralisme échouent et le pays ne rejoint pas la Fédération. Seuls le Sénégal et le Soudan français adhérent à la Fédération du Mali.

    Le 8 mars 1959, des élections générales ont lieu.
    L'US-RDA obtient la totalité des 80 sièges de l'Assemblée territoriale.


    [TABLE="class: MsoNormalTable"]
    [TR]
    [TD="colspan: 2"]
    Résultats des élections du 8mars1959
    [/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD] Inscrits[/TD]
    [TD] 2 148 667[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD] Votants[/TD]
    [TD] 693 335[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD] Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain[/TD]
    [TD] 522 080 voix[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD] Parti progressiste soudanais[/TD]
    [TD] 167 575 voix[/TD]
    [/TR]
    [/TABLE]

    Le 31 mars 1959, le Soudan français accède au statut d’autonomie interne.

    Le 4 avril 1959, la Fédération du Mali devient officielle par la signature des accords de transfert de compétence et de coopération avec la France. La première assemblée fédérale est composée de 20 membres élus par pays, Sénégal et Soudan français. Elle se réunit la première fois le 4 avril 1959 à Dakar, capitale de la Fédération du Mali.
    Léopold Sédar Senghor est élu président de l’assemblée et Modibo Keïta devient chef du gouvernement fédéral.
    L’Assemblée fédérale vote l’adhésion de la Fédération du Mali à la communauté.

    Modibo Keïta est désigné président du gouvernement de la Fédération du Mali.
    Le lendemain, le gouvernement fédéral est constitué, à parité de Soudanais et de Sénégalais :


    • Président du conseil : Modibo Keïta (Soudan français)
    • Vice-président du conseil : Mamadou Dia (Sénégal)
    • Ministre de la Justice : Boubacar Guèye (Sénégal)
    • Ministre de l'information et de la sécurité : Tidiani Traoré (Soudan français)
    • Ministre de la Fonction publique : Ousmane Bâ (Soudan français)
    • Ministre des Finances : Doudou Thiam (Sénégal)
    • Ministre des Travaux publics Amadou Mamadou Aw (Soudan français)
    • Ministre de l'Éducation et de la Santé : Abdoulaye Fofana (Sénégal)
    Le congrès constitutif de Parti de la fédération africaine se tient à Dakar du 1[SUP]er[/SUP] au 3 juillet 1959. Il regroupe l'US-RDA, l'Union progressiste du Dahomey, le Mouvement populaire sénégalais, le Parti du rassemblement africain (PRA) et l'Union démocratique voltaïque (UDV-RDA) de Haute-Volta.

    Les négociations entre la France et la Fédération du Mali se tiennent à Paris du 18 janvier 1960 au 4 avril 1960. Les accords remettent aux deux États fédérés toutes les compétences détenues par la Communauté.
    Le président de la République française était de droit le président de la communauté. La France participe à la formation des armées fédérales et possède des bases militaires sur leur territoire.
    Ces accords sont ratifiés par l’Assemblée nationale française le 9 juin 1960 puis par le Sénat le 13 juin. Ils sont ensuite ratifiées par les Assemblées du Sénégal et du Soudan qui votent le 14 juin le transfert de leur compétence à la Fédération du Mali dans plusieurs domaines : politique étrangère, défense, monnaie, politique financière et économique commune, contrôle de la justice et de l'enseignement supérieur, organisation générale des transports communs et des télécommunications. L’indépendance est proclamée le 20 juin 1960.


    Crise de la Fédération

    Les divergences entre les Soudanais et les Sénégalais sont nombreuses. Les Soudanais souhaitent rapidement la fusion entre les deux nations pour n’en former qu’une seule. Ils souhaitent aussi éviter que Léopold Sédar Senghor ne deviennent président, fonction que doit occuper selon eux Modibo Keïta.

    En août 1960, Modibo Keïta critique les essais nucléaires français dans le Sahara, ce qui irrite le président français Charles de Gaulle et le Premier ministre Michel Debré.

    Au conseil fédéral du 19 août 1960, Mamadou Dia est déchargé de ses fonctions ministérielles qui sont confiées à Modibo Keïta, prétextant, selon une déclaration faite à Radio-Mali, des menaces graves pour la Fédération du Mali. Mamadou Dia déclare que le président Modibo Keïta vient de tenter un coup d'État.

    Le 20 août, l'assemblée sénégalaise proclame l'indépendance du Sénégal. Le gouvernement de Dakar reçoit les pleins pouvoirs pour 3 mois et l'état d'urgence est proclamé. Les frontières du Sénégal sont fermées et le trafic ferroviaire vers Kayes et Bamako est interrompu. Modibo Keïta est reconduit par train à la frontière soudanaise.
    Le 5 septembre, Léopold Sédar Senghor est élu président.

    Le 11 septembre, Claude Hettier de Boislambert, haut-représentant de la France auprès de la Fédération du Mali remettait ses lettres de créance au président du Sénégal, ce qui vaut reconnaissance de fait l’indépendance du Sénégal par la France.
    Le 28 août, le Mali et le Sénégal entrent aux Nations unies.



    .........
     
  9. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Histoire du Mali
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    Première république


    Dans une déclaration lue par Mamadou Diarrah, le congrès assigne au gouvernement des tâches prioritaires :


    • s'attaquer immédiatement et vigoureusement à la décolonisation économique ;
    • instituer rapidement des structures économiques nouvelles en renversant et en développant les circuits commerciaux dans le cadre d'une planification socialiste fondée sur les réalités africaines ;
    • user de tous les moyens pour implanter une infrastructure ferroviaire, routière, fluviale et aérienne conforme aux besoins du pays ;
    • intensifier la production agricole pour augmenter la consommation intérieure et le potentiel d'exportation;
    • user de tous les moyens pour l'implantation d'industries de transformation afin d'éviter des frais inutilement onéreux ;
    • accentuer les recherches minières pour faire du Mali un État digne de l'Afrique moderne;
    • diriger et contrôler efficacement l'économie du pays par l'État qui y pendra une part de plus en plus active, notamment par la mise en place d'un Office national du commerce extérieur et l'intensification du secteur coopératif.
    Économie de type socialiste
    Le régime souhaite une modernisation de l'agriculture dans le sens d'un socialisme collectiviste. L'État tente de lutter contre les chefferies traditionnelles et de mettre en place de collectivités socialistes dans les campagnes, afin de promouvoir le "champ collectif", cultivé par l'ensemble des villageois. Ainsi, sont mis en place des groupements ruraux de producteurs et de secours mutuels (GRPSM) au niveau des villages, regroupés au niveau des arrondissements au sein de groupements ruraux associés et au niveau des cercles au sein des sociétés mutuelles de développement rural (SMDR). Les paysans sont incités à adhérer à l'US-RDA et à participer aux « contributions volontaires » et aux « investissements humains », travaux non rémunérés tel que construction de routes ou de dispensaires.

    Le champ collectif (maliforo en bambara) est obligatoire dans chaque village. Le bénéfice de la vente de ses produits est utilisé pour l'entretien des structures coopératives et les investissements intravillageois. Les paysans s’investissent peu dans ces champs collectifs dont la production est inférieure de 30 % en moyenne par rapport aux champs familiaux.
    Les paysans sont forcés de vendre leur production de céréales à des prix très bas fixés par l'État. L’objectif est d'assurer un approvisionnement des villes, sûr et à faible coût. Mais les paysans préfèrent vendre leur production aux commerçants privés plutôt qu'à l’Office des produits alimentaires maliens (OPAM), organisme étatique qui bénéficie pourtant du monopole.

    En octobre 1960, la Société malienne d’importation et d’exportation (Somiex) est créée et se voit attribuer le monopole des exportations des productions locales et de l’importation des produits manufacturés et de biens alimentaires comme le sucre, le thé et le lait en poudre, et leur distribution à l’intérieur du pays. Ce qui mécontente les commerçants dont beaucoup ont soutenu l’US-RDA avant l’indépendance.

    Le 1[SUP]er[/SUP] juillet 1962, le gouvernement créé le Franc malien qui remplace le franc CFA. Le franc malien n’est pas convertible et la détention de l’ancienne devise est interdite. Cette décision aggrave les dissensions avec les commerçants. L’un d’eux est emprisonné pour détention de francs CFA. Le 20 juillet 1962, une manifestation de commerçant est violemment réprimée, faisant plusieurs morts. Fily Dabo Sissoko, Hamadoun Dicko, ancien responsable du Parti progressiste soudanais sont arrêté avec Kassim Touré, leader des commerçant de Bamako. Ils sont jugés pour complot contre l’État par un tribunal populaire du 24 au 27 septembre 1962 qui les condamne à la peine de mort, peine commuée en condamnation à perpétuité. Ils mourront au bagne de Kidal dans le Nord du Mali.
    Le franc malien ne parvient pas à se maintenir face aux francs Cfa. Un marché noir s’instaure par des commerçants vendant aux pays voisins du bétail ou des céréales et achetant des marchandises importées pour être revendu au Mali sans paiement des taxes et droits de douanes. Ce marché noir entraîne un manque à gagner pour le budget de l’État, déficitaire de 1960 à 1968.

    En 1961, la régie des transports du Mali est créée en vue d’assurer l’acheminement des marchandises exportées (arachides et cotons) ou importés vers et depuis le Port d’Abidjan en Côte d’Ivoire. Cet acheminement par camion a été mis en place suite à la fermeture de la ligne de chemin de fer entre Bamako et Dakar.

    La compagnie Air Mali est créée avec des avions principalement importés d’Union soviétique.

    Plusieurs industries sont créées avec l’aide financière de différents pays, comme la Société des conserveries du Mali à Baguinéda avec la Yougoslavie, l’usine céramique du Mali avec le Corée du Nord, une cimenterie avec l’URSS, la Société nationale des tabacs et allumettes avec la République populaire de Chine


    Relations internationales : non alignement et panafricanisme affiché

    Le dialogue avec la France est tendu. Le président Modibo Keïta annonce que le Mali fait partie des pays non alignés. Suite à un accord entre Paris et Bamako, les troupes françaises stationnées à Gao, Tombouctou, Nioro, Ségou et Kayes doivent être regroupées sur la base de Kati avant le 1[SUP]er[/SUP] octobre.

    En janvier 1961, Modibo Keïta, soutenant les Algériens dans leur guerre d'indépendance réclame le départ immédiat de toutes les troupes françaises stationnées au Mali, soit 2200 hommes. L'évacuation de la base française de Kati se termine en juin, celle de Tessalit en juillet et celle de Gao en août. Le dernier détachement français quitte la base aérienne de Bamako en septembre.

    Après la visite d'André Malraux, ministre d'État français chargé des affaires culturelles à Bamako en mai 1961 puis celle de Seydou Badian Kouyaté à Paris, des négociations franco-maliennes s’ouvrent à Bamako en juin entre une délégation française conduite par M. Leprette et une délégation malienne conduite par Idrissa Diarra, secrétaire politique de l'US-RDA.
    Ces discussions sont suspendues au bout de 3 semaines et reprennent à Paris le 12 janvier 1962. La délégation française est alors présidée par Jean Foyer, ministre de la Coopération et Georges Gorse, secrétaire d'État aux affaires étrangères. Après 15 jours de négociations, des accords de coopération économique, financière, culturelle entre les deux pays sont définis


    En juin 1961, le Mali décide de quitter l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA), créant de nouvelles tensions entre Paris et Bamako. Pourtant des discussions s'engagent entre les deux parties en vue d'une coopération financière. En juillet 1963, deux accords sont signés, un accord financier provisoire signé par Valéry Giscard d'Estaing, ministre français des Finances et M. Ndouré, ministre malien du Commerce et des Transports, un accord commercial signé par Raymond Triboulet, ministre français de la Coopération et M. Ndouré.

    En janvier 1967, de nouvelles négociations débutent à Paris, prévoyant le retour à terme du Mali au sein de l'UMOA. Des accords conclus en décembre 1967 prévoient à partir du 1er mars 1968 le principe de convertibilité du franc malien.

    Le Mali de Modibo Keïta entretient des relations avec les pays de l'Est et de l'Ouest. Des accords de coopération sont ainsi signés avec les États-Unis, la Tchécoslovaquie, la République populaire de Chine, la Yougoslavie et Israël. En septembre 1961, le Mali participe à la conférence des non alignés à Belgrade.

    En 1961, le Mali se tourne vers la Guinée de Ahmed Sékou Touré et le Ghana de Kwame Nkrumah qui est le premier chef d'État a effectué une visite officielle de 5 jours au Mali. Les trois pays tentent de créer une Union des États africains en mai 1961.
    En février 1961, le Mali reconnaît le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) ainsi que le gouvernement congolais installé à Stanleyville par Antoine Gizenga.
    En octobre 1963, Le Mali joue le rôle de médiateur dans le conflit qui oppose le Maroc et l'Algérie, dénommé la «petite guerre des sables».

    Les relations avec le Sénégal se normalise progressivement avec la venue d'un ministre sénégalais à Bamako en décembre 1962, la suppression des visas entre les deux pays en février 1963 ainsi que le principe de réouverture de la ligne de chemin de fer entre les deux pays puis en juin la signature de 5 accords sénégalo-maliens, précédant une rencontre entre les chefs d'État, Modibo Keïta et Léopold Sédar Senghor. Léopold Sédar Senghor est reçu officiellement à Bamako en décembre 1965, Modibo Keïta à Dakar en novembre 1966.

    Avec la Mauritanie, les accords sont tendus dès l'indépendance. Le Mali critique l'attitude des maures souhaitant poursuivre l'esclavage de maliens, la Mauritanie reproche les connivences entre le Mali et le Maroc tentant à démanteler la Mauritanie. Cependant, en février 1963, le président malien reçoit le président mauritanien Mokhtar Ould Daddah à Kayes et signe avec lui un accord frontalier.

    Le Mali joue un rôle actif au sein de l'Organisation de l'unité africaine. En décembre 1965, le mali rompt ses relations diplomatiques avec Londres pour protester contre l'attitude du Royaume-Uni en Rhodésie.

    Durcissement politique

    En 1962 a lieu le 6[SUP]e[/SUP] et dernier congrès de l’US-RDA qui institue 6 commissaires politiques en charge du contrôle du parti et de l’administration. Le mouvement de la jeunesse soudanaise, créé en 1959, est intégré au sein de l’US-RDA. Une milice populaire est mise en place ainsi qu’un service civique obligatoire et des brigades de vigilances. Ces mesures vont accroître l’impopularité du régime de Modibo Keïta.
    En avril 1964, les 80 candidats de la liste unique présentée par l’US-RDA sont élus aux élections législatives.

    Face aux difficultés économiques que connaît le Mali, auxquelles s’ajoute la rébellion des Kel Tamasheq au nord, le parti unique US-RDA est en proie aux divisions entre une aile modérée et une aile radicale. En 1967 Modibo Keïta, qui a tenté l’équilibre, s’allie avec les radicaux qui prônent la révolution active. Le bureau politique national de l’US-RDA est dissout et remplacé par le Comité national de défense de la révolution (CNDR).
    Le 22 janvier 1968, Modibo Keïta dissout l’Assemblée nationale et décide de gouverner par ordonnance.

    Le 19 novembre 1968 des quartiers officiers militaires, dont les capitaines Yoro Diakhité et Mamadou Cissoko et les lieutenants Youssouf Traoré, Kissima Doukara et Moussa Traoré renversent le régime de Modibo Keïta. Le président est arrêté au retour d’un voyage officiel dans la région de Mopti.



    Régime militaire et autoritaire
    de Moussa Traoré



    Régime d'exception

    Un Comité militaire de libération nationale (CMLN) est formé qui met en place un régime d’exception. Le 23 novembre 1968, un gouvernement placé sous l'autorité du CMLN est constitué avec le capitaine Yoro Diakité comme Premier ministre. Le capitaine Charles samba Cissokho et le chef d'escadron de gendarmerie Balla Koné sont nommés respectivement ministre de la Défense nationale et ministre de l'Intérieur, de l'Information et de la Sécurité. Deux personnalités modérées du régime de l’US-RDA font partie du gouvernement: Jean-Marie Koné qui a négocié les accords franco-malien, nommé ministre des Affaires étrangères et Louis Nègre qui conserve son poste de ministre des Finances auquel s'ajoute le Plan et les Affaires économiques.

    Le 7 décembre 1968, la constitution du 22 septembre 1960 est abolie et remplacée par la Loi fondamentale. le CMLN est l'organe suprême du pays, son président, Moussa Traoré, est chef de l'État. Le CMLN promet l'adoption rapide d'une nouvelle constitution et des élections dans l'année à venir.

    Yoro Diakité est démis rapidement de ses fonctions de Premier ministre qui sont attribués au chef de l'État. Du 10 septembre au 26 novembre 1970 il occupe les fonctions de ministre de la Défense, de l'Intérieur et de la Sécurité. Il est démis de ces fonctions au profit de Kissima Doukara. Rayé des cadres de l'armée, il est arrêté pour tentative de coup d'État le 7 mars 1971 et condamné le 31 juillet aux travaux forcés à perpétuité dans une mine de sel où il meurt de mauvais traitement deux ans plus tard. Le capitaine Malick Diallo, ministre de l'Information est condamné en même temps à la même peine. En octobre 1971, Moussa Traoré prend le titre de colonel.

    Les conseils municipaux élus sont dissous et remplacés par des délégations spéciales dont les chefs remplissaient les fonctions de maire.

    Malgré l’interdiction des partis politiques, le parti malien du travail (PMT) s’active dans la clandestinité pour la défense des libertés individuelles et l'instauration du pluralisme politique. Les militants du PMT s'impliquent au sein de l'Union nationale des travailleurs du Mali, qui, lors de son 2[SUP]e[/SUP] congrès (appelé «congrès de revitalisation des travailleurs maliens», réclame le départ des militaires. La junte militaire fait dissoudre la direction de l'UNTM et arrêter des membres du bureau syndical.


    Deuxième république : le parti unique

    Moussa Traoré fait approuver le 2 juin 1974 une nouvelle constitution créant la 2[SUP]e[/SUP] république par référendum. Le Oui l’emporte par 99,71 % mais l’opposition qualifie ce référendum de «farce».

    Le 30 mars 1976, le parti unique Union démocratique du peuple malien (UDPM) est créé. Le régime autoritaire met en place également l'Union nationale des jeunes du Mali afin de contrôler la jeunesse et réduire l’influence du syndicat étudiant, l’Union nationale des élèves et étudiants du Mali (UNEEM), qui avait des liens avec des partis clandestins comme le PMT, le Parti malien pour la démocratie et la révolution (PMDR) et le Comité de défense des libertés démocratiques au Mali (CDLDM).

    Le 16 mai 1977, Modibo Keïta meurt, officiellement d’un œdème pulmonaire. Cependant, aucune autopsie n’ayant été pratiquée, les raisons de sa mort sont incertaines : manques de soin, empoisonnement sont des raisons invoqués par les proches de l’ancien président.


    Affichage d'une volonté d'ouverture

    Moussa Traoré décide rapidement de se séparer de l’aile dure du Comité militaire de libération nationale qui lui reproche sa volonté d’ouverture. Il fait arrêter le 28 février 1978, Kissima Doukara, ministre de la Défense et de l'Intérieur Karim Dembélé et Tiécoro Bagayoko, directeur des services de sécurité, en leur reprochant une tentative de coup d'État. Le 30 avril, les directeurs de la Somiex et de la Comatex, des proches de Tiécoro Bagayogo, sont arrêté pour corruption.

    Le procès politique de «la bande des trois» a lieu du 18 au 21 octobre, Kissima Doukara et Tiécoro Bagayoko sont condamnés à mort, Karim Dembélé est condamné à 20 ans de travaux forcés. Deux ans plus tard, le 28 juin 1980, ils seront de nouveau jugés, cette fois pour détournement de fonds publics. Kissima Doukara, et Nouhoun Diawara, ancien intendant général de l'armée sont condamnés à mort pour détournement de fonds publics tandis que Tiécoro Bagayoko, ancien directeur des services de sécurité est condamné à 5 ans de travaux forcés et Karim Dembélé à 3 ans de prison.


    Le 4 mai 1978, un remaniement ministériel permet l'entrée au gouvernement de jeunes intellectuels progressistes, séduit par une prétendue ouverture démocratique, comme Alpha Oumar Konaré qui devient ministre Jeunesse, des Sports, des Arts et de la Culture.
    Lors de l’élection présidentielle du 19 juin 1979, Moussa Traoré, candidat unique, est élu, ainsi que 82 députés, tous membres de l’UDPM.


    Contestations du régime par les étudiants et élèves

    La jeunesse, et plus particulièrement les lycéens et les étudiants, sont les principaux contestataires du régime de Moussa Traoré.

    Le 7 février 1977, une grève des étudiants est lancée par l'Union nationale des élèves et étudiants du Mali (UNEEM) contre l'instauration d'un concours d'entrée pour les établissements de l'enseignement supérieur. Un accord conditionnel est signé par Samba Lamine Sow, secrétaire général de l'UNEEM, mais est contesté par la base. Le 10 février, une manifestation violente se déroule à Bamako, organisée par une fraction de l'UNEEM opposée à l'accord. Boniface Diarra, secrétaire général de l'UNEEM à l'École normale d'administration, est arrêté par la police.


    Le 22 février le gouvernement exige des parents qu'ils fassent pression sur les lycéens pour reprendre les cours, les menaçants de leur faire rembourser les frais de scolarité. Les étudiants doivent s'engager à ne pas faire grève pendant une période de 10 ans. La majorité des élèves reprennent les cours.

    Le 24 avril le ministre de l'éducation nationale annonce la dissolution du bureau de l'UNEEM et la fermeture des établissements scolaires de Bamako. Ceux-ci rouvrent le 6 mai. Le 9 mai, une manifestation est organisée pour demander la libération de B Diarra. La police interpelle de nombreuses personnes. Le 17 mai, Modibo Keïta est enterré à Hamdallaye à Bamako. Une manifestation spontanée rassemble plusieurs milliers de personnes. L'état d'urgence est décrété et une centaine de personnes sont arrêtées[SUP].[/SUP]


    Parallèlement à la mise en place du parti unique, le régime crée l'Union nationale des jeunes du Mali (UNJM), une organisation étatique censée contrôler toutes les activités de la jeunesse. Les 20 et 21 janvier 1978 se tient au congrès constitutif de l'UNEEM en tant que section de l'UNJM, le mouvement étudiant affirme sa volonté d'autonomie et de noyautage de l'UNJM. Modibo Diallo est élu secrétaire général. Du 26 au 29 juin, lors du congrès constitutif (UNJM), S. Samacké, ancien membre de l'organisation des jeunes de l'US-RDA, proche d’Alpha Oumar Konaré, est élu secrétaire général.

    En décembre 1978, le deuxième congrès de l'Uneem se tient. Le bureau est renouvelé et une ligne politique est affirmée : se démarquer du pouvoir et promouvoir le socialisme. Tiébilé Dramé, secrétaire général, fait adopter à l'unanimité le retrait de l'organisation étudiante de l'UNJM. Le 29 janvier 1979, l'UNEEM organise une marche de soutien aux élèves de la République centrafricaine contre la dictature de Jean-Bedel Bokassa. Le gouvernement malien accuse les 2000 élèves d'ingérence dans les affaires intérieures d'un autre État.


    L'Uneem boycotte le congrès constitutif de l'Union démocratique du peuple malien (UDPM) qui se tient du 29 au 31 mars. Le 1[SUP]er[/SUP] mai, l'UNEEM se retire effectivement de l'UNJM.
    Le 7 août, l'UNEEM organise une campagne d'information et de sensibilisation pour populariser ses revendications : suppression des concours dans l'enseignement supérieur et la fonction publique, dotation en cantines et internats des lycées régionaux, suppression du tronc commun, augmentation des bourses et leur paiement à terme échu. Le 26 novembre, une grève a lieu dans tout le pays pour la satisfaction des revendications. Le 26 novembre, une marche sur le ministère de l'Éducation nationale à Bamako est organisée. Des milliers d'élèves envahissent la cour du ministère et prennent le ministre en otage pour l'obliger à lire les revendications.

    Le 4 et 5 décembre, la fermeture des établissements scolaires est décidée Moussa Traoré qui limoge le directeur de la sécurité. Le 17 décembre, le gouvernement décide d'enrôler les élèves et étudiants dans l'armée. Amnesty International dénonce l'envoi de
    375 élèves au camp des parachutistes de Djikoroni où ils sont rasés et battus.

    Le 18 décembre, les femmes de Bamako manifestent contre l'enrôlement de leurs enfants et sont rejointes par les élèves et étudiants. La police tire sur la foule. Amnesty International recense 15 morts sur l'ensemble du territoire. Le pouvoir est contraint de négocier avec l'UNNEM par la médiation de l'Union nationale des femmes du Mali et accepte les revendications des étudiants, sans fixer de délais pour leur réalisation. Les lycées rouvrent le 14 janvier 1980.

    Le 15 janvier, au 2[SUP]e[/SUP] congrès de l'UNJM, Sory Coulibaly, secrétaire du bureau exécutif de l'UDPM, annonce la dissolution de l'UNEEM. Le gouvernement décide qu’une seule organisation peut représenter la jeunesse ; l’Union nationale des jeunes du Mali. Le 13 février, une manifestation de lycéens arpente les rues de Ségou. La police intervient. Deux morts sont recensés et un élève et un enseignant sont arrêtés.
    Le 18 février, se tient un congrès extraordinaire de l'UNEEM. Abdoul Karim Camara, surnommé Cabral, est élu secrétaire général. Un mot d'ordre de grève pour réclamer la libération personnes arrêtées à Ségou, la restauration de l’UNEEM et le paiement des bourses.


    Le 8 mars 1980, alors que le Mali accueille les chefs d'États des pays riverains du Sahara, l'UNEEM souhaite profiter de la présence de la presse internationale pour porter ses revendications. Des milliers de scolaires se regroupent dans le centre-ville de Bamako. Les manifestants s'en prennent aux vitrines des supermarchés, aux voitures de l'administration et aux bâtiments de l'État. La police réprime violemment les manifestants.
    Les familles de Cabral et de Seudiou Mamadou Diarrah, secrétaire à l'information, sont arrêtées pour obliger les deux leaders étudiants à se rendre. Cabral est arrêté et torturé, obligé à prononcer à la radio un appel à la reprise des cours. Le 16 mars, il décède en prison en raison des tortures et de l'absence de soin. Le 19, un sit-in avenue de l'indépendance à Bamako rassemble plusieurs milliers d'élèves et étudiants qui réclament le corps de Cabral.


    Des manifestations de soutien au régime sont organisées le 9 et le 22 mars mais rassemblent peu de monde. Le 29 mars, Moussa Traoré annonce la libération de tous les élèves, étudiants et professeurs et «pardonne les exactions des étudiants et élèves». Le 31 mars, les cours reprennent. Du 8 au 12 avril se réuni le premier conseil national de l'UDPM. Constatant la faillite du parti et condamnant «l'attitude irresponsable des élèves et étudiants », il décide la tenue d'un congrès extraordinaire pour dynamiser le parti et la mise en place d'associations villageoises appelées-t-on ainsi qu'un service national de la jeunesse.

    Le 14 avril, les forces de l'ordre interviennent violemment contre les élèves du lycée de Badalabougou à Bamako : dix élèves sont blessés. Le mouvement de grève reprend pour demander le paiement des bourses et l'autorisation de l'UNEEM.


    En juin, les élèves et professeurs désertent les écoles et boycottent les examens pour protester contre le non-paiement des salaires et des bourses. Le 28 juin, les élèves et étudiants ayant obtenu le paiement des bourses reprennent les cours. Le 2 août, Alpha Oumar Konaré et T Diarra sont remplacés respectivement au ministère de la jeunesse et de l'éducation par N'ji Mariko et le général Sékou Ly...

    Combat pour le multipartisme

    En 1979, le Parti malien pour la démocratie et la révolution (PMDR) appelle, lors de sa conférence de Tombouctou en 1979, «les patriotes et démocrates maliens» à s’unir pour combattre le régime de Moussa Traoré.

    En 1984 est créé le Front démocratique des patriotes maliens, en 1986 le Front national démocratique populaire (FNDP) qui comprend le Parti malien du travail (PMT), le PMDR, le PDPM, rejoint en 1989 par l'US-RDA.

    L'Union nationale des travailleurs du Mali tient son conseil central extraordinaire les 28 et 29 mai 1990 et déclare : «Considérant que le parti unique constitutionnel et institutionnel ne répond plus aux aspirations démocratiques du peuple malien ; […] le conseil central extraordinaire rejette en bloc le dirigisme politique qui entrave le développement de la démocratie au Mali […] opte pour l'instauration du multipartisme et du pluralisme démocratique».

    Le 15 octobre 1990 est créée l'Association des jeunes pour la démocratie et le progrès (AJDP).


    Le 18 octobre 1990, le Comité nationale d'initiative démocratique (Cnid) est créée à Bamako par Mountaga Tall et Demba Diallo, afin d’agir à visage découvert pour le multipartisme.

    Une semaine plus tard, le 25 octobre 1990, l’Alliance pour la démocratie au Mali est créée par des militants du PMT, du PMDR, du FDPM et de l’US-RDA créent l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma), présidée par Abdrahamane Baba Touré.

    Ces associations vont mobiliser la population, en organisant des marches à Bamako et dans d’autres villes du pays. Le 10 décembre 1990, le Cnid organise une manifestation pacifique qui réunit 10 000 personnes à Bamako. Le 30 décembre 1990 une marche unitaire est organisée par le Cnid et l’Adéma à Bamako. Entre 30 000 à 50 000 personnes y participent.
    Le régime interdit d’activité l’Adéma et le Cnid le 18 janvier 1991.

    Le 18 janvier 1991, une nouvelle manifestation est organisée à Bamako. Mountaga Tall, le leader du Cnid est blessé par un tir de grenade lacrymogène. Le lendemain, une manifestation a lieu à Ségou.


    Le 3 mars 1991, une marche unitaire rassemble le Cnid, L’adéma, l’Association pour la justice, la démocratie et le progrès (AJDP) et la Jeunesse libre et démocratique (JLD). Le 17 mars 1991, l’Adema, le Cnid et l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) organisent une marche silencieuse en souvenir de Cabral, leader étudiant assassiné le 17 mars 1980.

    Le Comité de coordination des associations et des organisations démocratiques, communément appelé Mouvement démocratique voit le jour le 22 mars 1991. Il est constitué par le Cnid, l’Adéma, l’AJDP, le JLD, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), l’Association malienne des droits de l'homme (AMDH), l’AEEM et le barreau.
    Le 26 mars 1991, Moussa Traoré est arrêté par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré. Un comité de réconciliation nationale est formé par les militaires.


    Économie

    Sous le régime militaire, les champs collectifs et l'obligation de vente des céréales sont abandonnés. À partir de 1972 sont créés les Opérations de développement rural (ODR), ayant pour mission de vulgariser de nouvelles techniques de culture, d'approvisionner les paysans en matériel agricole et en intrants (engrais) et de commercialiser leurs productions. Les ODR sont centrés sur les cultures de rentes (riz, arachide, coton) au détriment des cultures traditionnelles locales tel le mil, le sorgho ou le maïs.

    Il faut attendre la fin des années 1970 pour que ces cultures vivrières trouvent leur place au côté des cultures de rente. Les paysans se sont pas associés aux décisions les concernant, les ODR servent uniquement l'intérêt de l'État avec comme objectif d' «intégrer les paysans à l'économie capitalisme mondiale».

    Les cultures de rentes (Arachide, 28 000 tonnes et le coton, 108 000 tonnes en 1980-1981), rapportent des devises à l'État qui permet de résorber le déficit chronique de la balance des paiements. Ainsi, le coton représente entre 40 et 50 % des recettes d’exportations.


    La grande sécheresse de 1973-1974 a profondément touché le Mali : 38 % de la population est sinistrée, les 2/5 du cheptel est mort, les productions vivrières sont réduites de 37 %.


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  10. titegazelle

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    Histoire du Mali
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    Suite et fin
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    Transition démocratique




    Le Comité de réconciliation nationale rencontre les organisations démocratiques regroupées au sein du Comité de coordination des associations et des organisations démocratiques (CCAOD). Ils décident de constituer le Comité transitoire pour le salut du peuple (CTSP), qui comprend dix militaires et quinze représentants des organisations démocratiques dont 4 représentations des associations de jeunes et deux du mouvement de rébellion du nord. Le CTSP, présidé par Amadou Toumani Touré assume les fonctions de gouvernement provisoire.

    Le CTSP organise une conférence nationale du 29 juillet 1992 au 12 août 1992 afin d’élaborer une nouvelle constitution et définir le processus électoral.
    Le multipartisme est reconnu et une charte des partis politiques a été établi par une ordonnance CTSP le 10 octobre 1991.

    Les maliens approuvent par référendum le 12 janvier 1992 la nouvelle constitution. Le oui l’emporte avec 98,35 % des suffrages. Des élections municipales sont organisées la semaine suivante le 23 février et le 8 mars puis des élections législatives le 23 février et le 8 mars. Sur les 48 partis déjà créés, 22 participent aux élections et 10 obtiennent des élus. L’Adéma-Pasj, avec 76 députés sur 116, obtient une large majorité absolue. Le nouveau gouvernement signe un pacte national de réconciliation avec les Touaregs le 11 avril 1992qui prévoit notamment : l’intégration des ex-rebelles dans les services publics (corps en uniforme et administration générale) et dans les activités socio économiques; l’allégement du dispositif militaire dans les régions du Nord; le retour de l’administration et des services techniques dans le Nord; la reprise des activités économiques et la mise en œuvre de programmes de développement socio-économique d’envergure pour le moyen et le long terme.
    L’élection présidentielle du 12 et 26 avril 1992 clôt le processus électoral de l’année 1992. Le candidat de l’Adéma-Pasj Alpha Oumar Konaré l’emporte au second tour face à Tiéoulé Mamadou Konaté, candidat de US-RDA et devient le premier président de la 3[SUP]e[/SUP] république.


    Troisième république

    Premières élections démocratiques depuis Modibo Keïta
    En février 1993, Moussa Traoré est condamné à mort (il sera gracié en 2002).
    Des élections législatives ont lieu au Mali en 1997. Inscrites dans un processus électoral incluant l’élection présidentielle et les élections communales, elles se déroulent dans un climat tendu entre l’opposition et le pouvoir. Une révision du code électoral est votée quelques semaines avant le scrutin. Un premier tour, organisé dans la confusion le 13 avril 1997, est invalidé par la Cour constitutionnelle.

    Le refus du gouvernement d’interrompre le processus électoral comme demandé par l’opposition regroupée au sein du Collectif de l’opposition (Coppo) aggrave les tensions. Les élections ont finalement lieu les 20 juillet 1997 et 3 août 1997. Alors qu’une grande partie de l’opposition a appelé au boycott, le parti du président Alpha Oumar Konaré, l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice remporte largement les élections. L’approche des élections de 1997 crée un climat tendu entre la majorité et l’opposition. Le gouvernement tente de réformer la loi électorale pour créer une Commission électorale nationale indépendante (Ceni) chargée d’organiser les élections et modifier le mode de scrutin.

    L’opposition, qui craint que cette réforme renforce le parti au pouvoir saisi la Cour constitutionnelle qui censure le 25 octobre 1996 le projet de loi adopté par l’assemblée nationale. Le gouvernement présente un nouveau texte qui est adopté par l’Assemblée nationale le 14 janvier 1997. Trois jours plus tard, la Ceni est mise en place et prépare dans la précipitation les élections législatives dont le premier tour a lieu le 13 février 1997. Le scrutin se déroule dans la confusion, en raison notamment de l’absence de listes électorales fiables.
    L’opposition réclame l’annulation du scrutin, la suspension du processus électoral, la démission du gouvernement et la dissolution de la Ceni.
    La Cour constitutionnelle annule le scrutin mais le processus électoral se poursuit.

    L’opposition, qui se réunit au sein du Collectif des partis de l’opposition (Coppo), décide de boycotter les élections à venir. À l’élection présidentielle, le président Alpha Oumar Konaré se retrouve face à un seul candidat, Mamadou Maribatrou Diaby, candidat du petit Parti pour l'unité, la démocratie et le progrès (PUDP) et est réélu avec plus de 95 % des suffrages. Le 8 juin 1997, le président est investi pour un second mandat de cinq ans dans un climat tendu.

    Les élections législatives qui se tiennent en juillet sont elles aussi boycotté par une grande partie de l’opposition. Le scrutin qui se déroule dans un climat de violence donne la victoire à l’Adéma-Pasj qui obtient 128 des 147 sièges. Les violences se poursuivent avec notamment le lynchage d’un policier lors d’un meeting de l’opposition le 10 août 1997, entraînant l’arrestation des principaux leaders de l’opposition, Me Mountaga Tall, président du CNID, Almamy Sylla, président du collectif de l'opposition, Youssouf Traoré de l'UFDP, Seydou Badian Kouyaté de l'US-RDA, Mohamed Lamine Traoré, ancien ministre de l'Intérieur, leader du MIRIA, Fanta Diarra, présidente des femmes du Congrès national d'initiative démocratique (CNID).


    La décentralisation est l’une des œuvres la plus importante de la 3[SUP]e[/SUP] république. Si elle faisait partie des discours des deux premières républiques, elle n’avait jamais été mise en acte. Le 11 février 1993, une loi définie les collectivités territoriales du Mali qui sont les régions, le district de Bamako, les cercles, les communes urbaines et les communes rurales, chacune étant dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière et aucune ne peut établir ou exercer de tutelle sur une autre collectivité.

    Les collectivités s’administrent librement par des assemblées ou conseils élus qui élisent en leur sein un organe exécutif. Le 16 octobre 1996, 684 communes rurales sont créées et viennent s’ajouter aux 19 communes urbaines existantes.

    Retour au pouvoir d'ATT
    Le 1[SUP]er[/SUP] septembre 2001, Amadou Toumani Touré, dit ATT, demande et obtient sa mise en retraite anticipée de l’armée pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle. Il est élu président du Mali en mai 2002 avec 64,35 % des voix au second tour. Son adversaire Soumaïla Cissé, ancien ministre, obtient 35,65 % des voix. Il nomme Ahmed Mohamed ag Hamani comme premier ministre en le chargeant de réunir un gouvernement de grande coalition.

    Le 29 avril 2007, Amadou Toumani Touré est réélu au premier tour avec 71,20 % des voix, mais cette élection est contestée par les principaux candidats de l’opposition.
    Les relations commerciales, politiques et culturelles avec la France se ralentissent tandis que celles avec la Chine, la péninsule arabique et les États-Unis se renforcent. L'élite intellectuelle et les étudiants se tournent vers les États-Unis, aux débouchés plus prometteurs et à la politique migratoire plus ouverte. Les commerçants s'orientent avec les pays arabes et du golfe, la proximité religieuse, tel le pèlerinage à La Mecque, favorisent ces échanges

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    Chronologie du Mali

    Empire du Ghana


    Empire du Mali



    De l’Empire songhaï à la pénétration coloniale

    La colonisation française







    La décolonisation

    République soudanaise : 24 novembre 1958 au 21 septembre 1960

    • 1958 : Modibo Keïta est élu président de l'Assemblée constituante de la Fédération du Mali qui regroupe le Soudan français, le Sénégal, la Haute-Volta et le Dahomey.
    • 1960 (20 juin) : indépendance de la Fédération du Mali qui regroupe le Sénégal et le Soudan Français.
    • 1960 (20 juillet) : Modibo Keïta est nommé chef du gouvernement de la Fédération du Mali.
    • 1960 (20 août) : le Sénégal se retire de la Fédération du Mali.
    • 1960 (22 septembre) : proclamation de l’indépendance du Soudan français qui devient la république du Mali. Modibo Keïta devient président de la république.
    La première république

    • 1961 (20 janvier) : Modibo Keïta, rencontrant l’ensemble du corps diplomatique, annonce sa décision de demander à la France d’évacuer ses bases militaires à Bamako, Kati, Gao et Tessalit. L’occupation de ces bases militaires par l’armée française résultait d’un accord passait entre la France et La Fédération du Mali. Le nouveau président malien considère que ces accords sont caducs après la dislocation de la Fédération.
    • 1962 (30 juin) : création du franc malien. Plusieurs opposants, dont Fily Dabo Sissoko sont emprisonnés.
    • 19621964 : première rébellion touarègue
    • 1964 (13 mai) : Modibo Keïta est réélu président.
    • 1966 (2 mars) : Une loi fixant le code municipal en République du Mali accorde à toutes les communes un statut commun
    • 1967 : Modibo Keïta suspend la constitution et créé le Comité nationale de défense de la révolution (CNDR). La dévaluation du franc malien amène un mécontentement général.
    La dictature de Moussa Traoré

    • 1968 (19 novembre) : le général Moussa Traoré organise un coup d’État et renverse Modibo Keïta.
    • 1968 (22 novembre) : le capitaine Yoro Diakité est nommé à la tête d’un gouvernement provisoire.
    • 1968 (6 décembre) : la constitution est abrogée et remplacée par une loi fondamentale.
    • 1969 (19 septembre) : Moussa Traoré remplace Yoro Diakité à la présidence



    • 1991 (22 mars) : manifestations des opposants à Moussa Traoré réprimées dans le sang.
    • 1991 (26 mars) : un coup d’État militaire renverse Moussa Traoré. Un Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP) est mis en place avec sa tête le colonel Amadou Toumani Touré.
    La démocratie
    La transition

    • 1991 (29 juillet au 12 août) : conférence nationale chargée de préparer le retour à la démocratie.
    • 1991 (8 août) : La région de Kidal est créée. Cinq nouvelles communes urbaines (Banamba, Niono, Diré, Dioïla et Bandiagara sont également créées
    • 1992 (14 février) : référendum qui approuve une nouvelle constitution instaurant la troisième république.
    • 1992 (9 mars) : élections législatives remportées par l’ADEMA/PASJ.
    • 1992 (11 avril) : signature d’un pacte pour la paix et la réconciliation entre les Touaregs et le gouvernement.
    • 1992 (26 avril) Alpha Oumar Konaré est élu président de la République.
    La 3[SUP]e[/SUP] république





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    A SUIVRE

    Conflit malien de 2012-2013

     
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    Conflit malien de 2012-2013


    [​IMG]
    Carte de l'extension maximale (courant janvier 2013)
    des territoires contrôlés par les rebelles touaregs
    et les islamistes (contour rose).

    Description : Carte du rébellion touareg au Azawad,
    au nord de Mali indiquant attaques des rebelles au 5 avril 2012

    Source : Travail personnel based on File:Azawad Tuareg rebellion 2012.svg
    Auteur : Orionist (original design), GeoEvan
    (modifications, updates), WhisperToMe (translation)

    Utilisateur : GeoEvan
    Ce fichier est disponible selon les termes de la licence
    Creative Commons paternité – partage à l’identique 3.0 (non transposée)

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    Le conflit malien de 2012-2013 oppose dans le nord du Mali l'armée régulière de ce pays aux rebelles touaregs du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et au mouvement salafiste Ansar Dine, alliés à d'autres mouvements islamistes.

    La rébellion est déclenchée le 17 janvier 2012 par l'attaque de camps militaires maliens dans le nord du pays par des combattants du MNLA. Le nom de guerre de l'Azawad est également parfois utilisé pour décrire spécifiquement le conflit avec le MNLA et les indépendantistes touaregs, mais il est important de préciser que ce nom n'est absolument pas adapté en ce qui concerne les autres groupes tels qu'AQMI ou le MUJAO qui cherchent à établir un État islamique dans tout le pays.

    Le MNLA revendique l'autodétermination et l'indépendance de l'Azawad qui correspond aux trois régions maliennes de Kidal, Tombouctou et Gao. Le 5 avril 2012, avec la prise de Douentza, les rebelles touaregs annoncent la fin de leur offensive, et déclarent le jour suivant l'indépendance de l'Azawad. Inscrit dans une série de conflits généralement appelés «conflits touaregs », ou «rébellion touarègue», bien que le MNLA démente tout caractère ethnique, cette guerre civile engendre des conséquences néfastes pour les populations de ces régions dont une partie se réfugie dans les pays voisins (Mauritanie, Algérie, Niger et Burkina Faso), avec d'autres conséquences pour les habitants déjà confrontés à des difficultés alimentaires.

    À la fin des hostilités avec l'armée malienne début avril, le MNLA et les islamistes tentent d'accorder leurs différences d'opinions pour la mise en marche du nouvel état. Le 27 juin, les islamistes du MUJAO entrent en conflit avec le MNLA pour le contrôle de Gao. Au terme des combats, ils parviennent à prendre le contrôle de la ville aux dépens des Touaregs, et le conflit entre ces derniers et les islamistes s'étend au reste du territoire. Au 17 juillet, les Touaregs ont perdu le contrôle de toutes les principales agglomérations du nord du Mali.

    Le 11 janvier 2013, face à l'avancée des rebelles au-delà de la ligne de séparation des deux Mali et la prise de la ville de Konna, verrou stratégique dans la marche sur Bamako, l'état d'urgence est déclaré dans le pays ; une intervention de la France (opération Serval) est lancée. Des troupes de la CEDEAO (MISMA) viennent en renfort et la France demande à l'ONU d'accélérer l'arrivée de troupes d'appui et la mise en place d'une mission de formation de l'Union Européenne au Mali.


    Contexte

    Géographie humaine et rébellions touarègues
    Les Touaregs appartiennent à l'ensemble ethno-linguistique Amazigh (Berbères). Leur population générale est difficile à évaluer et serait aux alentours de 1,5 million, dont 550 000 au Mali, 800 000 au Niger, 50 000 en Algérie et au Maroc, le reste au Burkina Faso et en Libye.

    Ce conflit s'inscrit dans une suite d'insurrections généralement baptisées «rebellions touarègues», qui a opposé certains membres du peuple touareg aux gouvernements du Mali et du Niger.


    Depuis 1916, on compte plusieurs conflits principaux :

    • La révolte de Kaocen (1916-1917), au Niger.
      À partir de 1958, le Mouvement populaire de l'Azawad (MPA), revendique la constitution d'un État touareg.
    • La rébellion touarègue de 1962-1963 au Mali, généralement appelé "première rébellion touareg", qui fut très durement réprimée par l'armée malienne.
      Frappés également par la sécheresse des années 1970, les Touaregs se réfugient en Algérie et en Libye où dans les camps les jeunes sont entraînés et enrôlés par l'armée.
      En 1988, le Mouvement populaire de libération de l'Azawad (MPLA) est créé.
    • La rébellion touarègue de 1990-1995 au Mali et au Niger. Elle débuta en 1990, deux ans après la création du Mouvement populaire de libération de l'Azawad. Au Mali, une première période de conflit (octobre-décembre 1990) aboutit à la signature des Accords de Tamanrasset en 1991 et du Pacte national en 1992, mais qui ne marqua pas la fin définitive des hostilités. Des conflits réapparurent en 1994-1995 et la paix fut finalement scellée le 27 mars 1996 à Tombouctou lors de la cérémonie de la Flamme de la Paix, durant laquelle les rebelles touaregs brûlèrent 3 000 armes utilisées durant la rébellion.
    • Le soulèvement touareg du 23 mai 2006 au Mali, aboutissant aux accords d'Alger (signés le 4 juillet 2006).
    • La rébellion touarègue de 2007-2009, au Niger et au Mali.
    Conséquences de la guerre civile libyenne
    Dans les mois suivant la guerre civile libyenne, le Sahel voit des milliers de combattants touaregs — ayant supporté soit Khaddafi soit les rebelles libyens — rentrer au Niger et au Mali avec un vaste armement issu de la guerre et de la chute du régime. Natie Pléa, alors ministre malien de la Défense, précise que le risque qu'une organisation comme Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) se saisisse d'un arsenal pouvant servir à des fins terroristes était une «vraie source d'inquiétude» pour les pays de la région, inquiétude partagée par l'envoyé des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest.
    Les services secrets algériens préviennent qu'AQMI prévoit une série de kidnappings d'Occidentaux en profitant de l'instabilité de la région suite aux évènements du Printemps arabe. Le 23 novembre 2011, deux Français sont kidnappés au nord du Mali. Le 25 novembre, un Néerlandais, un Sud-Africain et un Suédois sont enlevés et un Allemand tué à Tombouctou. AQMI revendique les deux actions.


    Forces en présence

    MNLA
    Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) est un groupe politique et militaire indépendantiste créé le 16 octobre 2011 par la fusion du Mouvement national de l'Azawad (MNA), constitué de jeunes intellectuels et de militants politiques, avec les guérilleros de l'ex-Alliance Touareg Niger-Mali (ATNM) d’Ibrahim Ag Bahanga, leader des rébellions touaregs de 2006 à 2009, décédé dans un accident de voiture le 26 août 2011. Des Touaregs qui ont fui le Mali après les rébellions des années 1990 et s’étaient engagés dans l’armée libyenne sous le régime de Mouammar Kadhafi et qui ont regagné le Mali à sa chute ont rejoint le MNLA.
    Le 4 février, le MNLA communique la liste des sept membres de son comité exécutif, dirigé par le secrétaire général Bilal Ag Cherif. Mohamed Ag Najem est chef d'état-major et Hamma Ag Sidi Mohamed est le porte-parole officiel du MNLA.

    Mossa Ag Attaher, chargé de communication du MNLA déclare que l’objectif est de «se libérer du colonialisme malien» sur le territoire de l’Azawad qui correspond à trois régions administratives maliennes, celles de Tombouctou, de Gao et de Kidal.
    Le 21 février, dans une interview à Jeune Afrique, Mahmoud Ag Aghaly, président du bureau politique du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) déclare que «
    les populations du nord et du sud du Mali sont trop différentes pour composer un État ensemble, comme le Mali et le Sénégal n'étaient pas faits pour être un seul pays. C'est pour ça que nous en appelons à la communauté internationale, afin qu'ils convainquent le Mali de nous donner notre indépendance».

    Dans une interview au journal algérien El Watan, Mossa Ag Atter, chargé de la communication au bureau politique du MNLA, affirme que le «le MNLA n’est pas une rébellion, ni un groupe armé. C’est un mouvement révolutionnaire qui œuvre pour la libération des régions nord du Mali, que nous appelons Azawad. Le mouvement revendique le droit d’autogestion, le droit politique et le droit aux populations autochtones vivant sur ce territoire de décider pour elles-mêmes et par elles-mêmes. Aujourd’hui, suite à toutes les frustrations et toutes les déceptions nées des relations malsaines avec le Mali depuis des années, il est impératif de devenir indépendants et de s’octroyer le droit de s’autogérer». Il indique également que «le MNLA ne reconnaît aucun accord. La revendication est claire et aucun de ces accords ne prend en considération la libération de l’Azawad. De ce fait, nous ne prendrons pas part à ces accords caducs qui ne servent que les intérêts de l’Etat malien. De toute façon, ils n’ont jamais été respectés et, dans ces circonstances, ils ne représentent que l’ombre d’eux-mêmes».

    Le MNLA a installé son quartier général dans les collines autour de Zakake, au nord de Kidal. Il revendique un millier d'hommes. Le MNLA est équipé de fusils d'assaut, des missiles sol-sol et sol-air, des lance-roquettes multiples BM-21 et des mortiers récupérés en Libye.

    Mouvements islamiques
    Le 11 mars, l’Agence France-Presse annonce que selon plusieurs sources concordantes, «un mouvement islamiste dénommé «Ansar Dine», créé par une ancienne figure des rébellions touarègues maliennes des années 1990, Iyad ag Ghali, combat auprès des rebelles touaregs contre l’armée malienne dans le nord-est du Mali». Des combattants d’Aqmi de la cellule dirigée par Abdelkrim Taleb - accusée «d’être l’auteur de la mort de l’humanitaire français Michel Germaneau dont Aqmi, qui le retenait en otage, avait annoncé l’exécution en juillet 2010», - sont actifs au sein d’Ansar dine. Le mouvement islamique appelle à l'application de la charia au Mali. Le 19 mars, le MNLA publie un communiqué précisant «la République pour laquelle nous nous battons est basée sur les principes de la démocratie et de la laïcité », prenant ainsi ses distances avec le mouvement Ansar Dine.

    Courant janvier 2013, une scission intervient au sein d'Ansar Dine, un nouveau groupe islamiste voit le jour, le Mouvement islamiste de l'Azawad.
    Chérif Ousmane Madani Haïdara, prédicateur malien a tenu à faire la distinction entre son association homonyme Ansar Eddine basée à Bamako qui prône la tolérance et refuse la charia et le mouvement intégriste d’Iyas Ag Ghali. Ansar Dine est allié avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Des responsables du groupe terroriste pratiquant les enlèvements d’Occidentaux ont été invités par Iyad ag Ghali à Gao.
    Deux autres mouvements intégristes sont présents dans le nord du Mali. Le Mouvement pour l'Unicité et le Jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), un groupe dissident d’AQMI, a revendiqué l’enlèvement des diplomates algériens au consulat de Gao.
    Le mouvement islamique nigérian Boko Haram est également présent à Gao avec une centaine de combattants.


    Forces armées maliennes au début du conflit
    L'armée malienne a installé son quartier général à Gao. Le général Poudiougou, chef d'État-major général des armées, installé à Bamako coordonne la lutte contre la rébellion. Fidèle du président Amadou Toumani Touré, il connaît bien la région de Kidal pour y avoir été en poste. Les généraux Kalifa Keïta, chef d'état-major de l'armée de terre, et Wali Sissoko, adjoint au chef d'état-major de l'armée de l'air sont sur place à Gao, ainsi que les colonels-majors El Hadj Gamou, Touareg de la tribu Imghad qui a été commandant de la région militaire de Gao et Mohamed Ould Meidou, Maure, ancien commandant de la région militaire de Mopti.

    Un millier d'hommes déployés fin décembre sont sous leurs ordres. Ils ont le soutien de milices arabes et touarègues ralliées aux autorités maliennes. L'armée est équipée de 4x4, de blindés de reconnaissance de type BRDM, de véhicules de transport de troupes de fabrication sud-africaine (RG-31 Nyala) et de blindés légers ainsi que de deux hélicoptères de combat Mil Mi-24, entretenus et pilotés, pour certains, par des Ukrainiens, et d'avions de reconnaissance.
    Les États-Unis fournissent un léger soutien logistique aux forces armées et à la population civile. Certains militaires maliens touaregs ont déserté et ont rejoint le MNLA, comme le lieutenant-colonel Mbarek Ag Akly, le colonel Iba Ag Moussa ou le colonel Hassan Ag Mehdi, haut fonctionnaire au ministère malien de la Défense.


    Forces internationales
    France
    Depuis le 11 janvier 2013, la France intervient, dans le cadre de l'opération Serval, sous mandat de l'ONU (résolution 2085 de l'ONU).
    Le 2 février 2013, François Hollande est accueilli en héros à Tombouctou, 22 jours après le début de l'opération Serval, puis prononce ensuite un discours place de l'indépendance à Bamako, aux côtés du président du Mali Dioncounda Traoré. Il y affirme sa détermination à éradiquer le terrorisme au Mali, qui bien que chassé vers le Nord "n'a pas encore été vaincu". De plus, il appelle le peuple malien à établir une démocratie solide lors des prochaines élections prévues en Juillet.


    Union européenne
    Une mission de formation de l'Union européenne au Mali a été lancée en décembre 2012 pour former les militaires maliens. Cette mission est commandée par un général français.

    Mission de formation de l'Union européenne au Mali
    La Mission de formation de l'Union européenne au Mali (en anglais European Union Training Mission in Mali ou EUTM Mali), est une politique de l'Union européenne décidée dans le cadre de la Politique étrangère et de sécurité commune, approuvée par le Conseil de l'Union européenne en plusieurs étapes:

    • Le 10 décembre 2012, un « concept de gestion de crise » au Mali est approuvé par les ministres des affaires étrangères de l'UE qui concluent à la «nécessité d'avancer rapidement dans le processus de planification et de préparer une décision du Conseil instituant la mission».

    • Le 17 janvier 2013, la mission est instituée, ce qui crée le fondement juridique de la mission, mais il est précisé que le lancement de la mission fera l'objet d'une décision ultérieure.
    Les buts de la mission sont «la formation et l'entraînement de bataillons des forces armées maliennes, ainsi que d'unités d'appui tactique et de soutien logistique du combat, y compris en matière de droit humanitaire international, de protection des civils et de droits de l'homme».

    Il est prévu en décembre 2012 de fournir 200 instructeurs pour une durée de 15 mois. Du «personnel d'appui et de protection des forces» sera aussi déployé. Les entraînements auront lieu au nord-est de Bamako. Le coût de la mission est de 12,3 millions d'euros.
    Selon le ministre de la Défense espagnol, Pedro Morenés, l' Espagne fournira 40 à 50 instructeurs militaires. La Roumanie a promis d'envoyer 10 militaires, la République tchèque, 50, et la Bulgarie, . Le Portugal lui enverra 7 militaires au Mali.
    Dans le contexte de l'Opération Serval, des sources diplomatiques font état du démarrage effectif de l'EUTM Mali au début de février 2013.

    Le commandement de la mission est confié le 17 janvier 2013 au général français, François Lecointre, jusqu'alors commandant de la 9e brigade légère blindée de marine. Il déclare à la presse le 22 janvier : «ce qui est important, c’est de comprendre que même s’il y a une action urgente qui est conduite par la France et la MISMA, l’Union Européenne, même si elle accélère sa mise en place, travaille sur le moyen et le long termes».


    Tchad
    Une force tchadienne prépositionnée au Niger, qui compte 550 hommes le 24 janvier, intervient au Mali en ouvrant une route par l'Est vers Gao. Elle a pour commandant en chef le général Oumar Bikimo, basé à Bamako, où il assure la coordination avec la MISMA. Elle se compose de l'unité antiterroriste commandée par le général Abdérahmane Youssouf Meïry, de la force de la direction générale des services de sécurités des institutions de l’État (DGSSIE) dirigée par le général Mahamat Idriss Déby Itno, fils du président Idriss Déby, et de la garde présidentielle. Les forces militaires occupant Kidal depuis le 30 janvier sont composées, outre des forces françaises, de 1 800 soldats tchadiens, soit la quasi intégralité du contingent fourni par N'Djamena.

    Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest
    La Force internationale africaine de l'Union africaine et de la CEDEAO, dans le cadre de la Mission internationale de soutien au Mali (MISMA), comprend des contigents du Sénégal, du Nigéria, du Niger, du Burkina Faso, de Togo et du Bénin.
    Outre son soutien logistique avec l'envoi d'un appareil C-130 au Mali, le Royaume-Uni a annoncé l'envoi de 240 soldats pour former l'armée malienne et aider les troupes françaises.



    [TABLE="class: MsoNormalTable"]
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    Troupes promises par les États de l'Afrique de l'Ouest
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    [TD] [​IMG] Nigeria
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    1 200
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    [TD] [​IMG] Sénégal
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    500
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    [TD] [​IMG] Niger
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    500
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    [TD] [​IMG]Togo
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    500
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    [TD] [​IMG] Burkina Faso
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    500
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    [TR]
    [TD] [​IMG] Bénin
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    650
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    [TD] [​IMG] Guinée
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    144
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    [TD] [​IMG] Ghana
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    120
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    [TD] [​IMG] Liberia
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    une section
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    [TD] [​IMG] Sierra Leone
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    une compagnie de maintenance
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    [TD] MISMA[/TD]
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    4 114
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    [/TR]
    [/TABLE]

    Les troupes de la MISMA sont en cours de déploiement sur le théâtre malien.
    Au 29 janvier 2013, les contingents africains atteignent l’effectif de 2 900 hommes avec notamment plus de 500 Nigériens, près de 400 Togolais, près de 200 Nigérians, plus de 150 Burkinabés, une centaine de Béninois et une cinquantaine de Sénégalais. La MISMA doit à terme mettre sur pied une force de 4 bataillons de 500 hommes chacun ainsi que les appuis et soutiens associés.


    Soutien international
    Plusieurs pays ont confirmé leur soutien logistique, d'informations, médical et/ou humanitaire.
    Parmi ceux-ci, les États-Unis ont annoncé qu'ils partageraient leurs informations et participeront aux ravitaillements aériens des appareils français.
    L'Allemagne a confirmé son soutien logistique et médical.
    La Belgique a annoncé la mise à disposition de deux avions de transport C-130 Hercules et deux hélicoptères Agusta A109 médicalisés (dont un de réserve).
    Le Canada a annoncé l'envoi d'un avion de transport C-17 et le Danemark l'envoi d'un avion C-130.
    Le ministère des affaires étrangères français affirme que l'Algérie a ouvert son espace aérien aux appareils français mais selon le journal Jeune Afrique les avions français sont en réalité passé par le Maroc et ces déclarations n'ont eu pour but que de forcer la main aux autorités algériennes.


    D'autres pays se disent prêts à apporter leur soutien : la Turquie, l'Espagne et la Russie.
    Le Conseil de sécurité de l'ONU et Ban Ki-Moon, secrétaire général de l'ONU, ont également soutenu l'action française selon Gérard Araud, ambassadeur de la France auprès des Nations unies.




    A SUIVRE

    CONFLIT
     
  12. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Conflit



    Rébellion touarègue (janvier-avril 2012)


    Le 17 janvier 2012, des combattants du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) attaquent les troupes de l'armée malienne à Ménaka dans le nord du Mali. Le 18 janvier, des combattants du MNLA attaquent les camps militaires situés à Aguel'hoc et Tessalit. Dans la nuit du 19 au 20 janvier 2012, selon des sources concordantes citées par l'Agence France presse, l'armée malienne reprend le contrôle des trois villes attaquées par le MNLA. Le 24 janvier, les combats reprennent avec les attaques par le MNLA, qui aurait été soutenu par le groupe salafiste Ansar Dine d’Iyad Ag Ghaly, de plusieurs villes du nord-est du Mali: Aguel'hoc, Andéramboukane et Léré. Les rebelles reprennent la ville d'Aguel'hoc. Pour la première fois, des membres d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et des rebelles du MNLA auraient attaqué conjointement. Le 26 janvier, les rebelles touaregs attaquent les campements militaires d'Andéramboukane, à la frontière avec le Niger, puis de Léré, proche de la frontière mauritanienne. Le 31 janvier, des combats ont lieu à Niafunké.

    Dans la nuit du 3 au 4 février, des tirs à l'arme lourde ont été entendus dans la ville de Kidal, dont les rebelles tentent de prendre le contrôle. Le 4 février, le gouvernement malien et l'Alliance démocratique du 23 mai pour le changement, lance depuis Alger un appel urgent au cessez-le-feu. Bilal Ag Cherif, secrétaire général du MNLA déclare dans une interview au journal arabophone algérien El Khabar ne pas être concerné par cet appel au cessez-le-feu. Le 6 février, les rebelles font évacuer les populations de la ville de Tessalit (environ 4000 personnes) vers des campements en brousse, à Abamco, Savohak, Efali (Terist) et Assowa afin d'éviter qu'elles ne soient victimes des conflits.
    La situation sanitaire est préoccupante et fait l'objet d'une mission de la Croix-Rouge le 7 février. Le 7 février, le MNLA attaque tôt le matin le poste militaire de
    Tinzawatène, situé à quelques kilomètres de la frontière algérienne. L'armée malienne repousse les assaillants.

    Mais le 8 février, après deux jours de combat, le MNLA prend le contrôle de Tinzawatène. Le 10 février, l'armée malienne effectue des bombardements, via 5 hélicoptères, des positions rebelles situées à 15 km de la ville de
    Kidal.
    Le 11, le MNLA affirme qu'un convoi de l’armée malienne, sous les ordres du Colonel-Major Alhaji Ag Gamou, qui a quitté les villes de Kidal et d’Anefif en direction de
    Tessalit a subi une embuscade au niveau de Tinsalane.
    Le 12 février, l'armée malienne reprend le contrôle de
    Léré, sans qu'il y ait de combat et selon RFI, sous les applaudissements de la population.
    Le 13 et le 14 février, des violents combats opposent les renforts de l’armée malienne aux combattants du MNLA à plusieurs kilomètres de la ville de
    Tessalit.
    Le 15 et le 16 février, les combats continuent entre les rebelles et l'armée malienne pour le contrôle de Tessalit. Le 16 février, les rebelles du MNLA reprennent Léré, l'armée malienne s'étant repliée en direction de Nampala.
    Le 18 février, des combattants du MNLA attaquent deux localités situées dans la région de Mopti. À
    Hombori, ils ont attaqué la gendarmerie qui a été saccagée et pillée. À Youwarou, le MNLA a attaqué le village, enlevant un soldat de la garde nationale et sabotant le réseau téléphonique.
    Le 29 février, les affrontements reprennent entre l'armée malienne et les rebelles du MNLA autour de Tessalit. Le
    1[SUP]er[/SUP]mars2012, l'armée malienne effectue plusieurs raids contre des positions du MNLA. Des combats ont eu lieu le samedi 3 et le dimanche 4 mars.

    Dans la nuit du 10 au 11 mars, le MNLA prend le contrôle du camp militaire de Tessalit. Le ministre de la Défense et des Anciens Combattants précise dans un communiqué que face aux agressions à répétition des assaillants, «composés des combattants dits du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), d’AQMI, d’Ansar Dine, des trafiquants de drogues et des renforts venus de divers horizons», le commandement militaire a décidé «l’évacuation temporaire du Camp de Tessalit» et «l’organisation de convois d’évacuation et d’escorte des civils vers d’autres garnisons». Baye Ag Diknan, officier du MNLA, affirme à RFI avoir « pris le camp suite à des assauts successifs», où le MNLA avait engagé près de 600 combattants. Le MNLA affirme qu’il y a eu des morts coté malien et que des soldats maliens ont été faits prisonniers ainsi que leurs familles, et que du matériel militaire («des mortiers, lance-roquettes, mitrailleuses et même des blindés») a été récupéré.

    Le 18 mars 2012, le mouvement Ansar Dine, qui déclare contrôler les localités d’Aguel’hoc et de Tessalit, a appelé à l’application de la Charia par la lutte armée.
    Le 20 mars, le mouvement Ansar Dine affirme dans un communiqué contrôler l’Adrar des Iforas, au nord-est du Mali et occuper Tinzawaten, Tessalit et Aguel’hoc. Il annonce vouloir remettre 110 prisonniers civils et militaires au Haut conseil islamique du Mali. Ansar Dine affirme contrôler la localité de Tinzawaten, prise et revendiquée précédemment par le MNLA le 8 février.


    Coup d'État militaire


    Dans la nuit du 21 au 22 mars, un coup d'État militaire renverse le président malien Amadou Toumani Touré. Le lieutenant Amadou Konaré, porte-parole du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État (CNRDR), présidé par Amadou Sanogo, annonce la suspension de la constitution et la dissolution des institutions de la République. Il justifie le coup d’État par «l'incapacité du gouvernement à donner aux forces armées les moyens nécessaires de défendre l'intégrité de notre territoire national».

    Poursuite des combats


    Le 22 mars, le MNLA prend possession du camp militaire d'Anéfif, abandonné par l'armée malienne qui s'est retirée à Gao.
    Le 25 mars, selon une source citée par RFI, le colonel de l’armée malienne Malick Ag Acherif et trente de ses hommes auraient déserté et rejoint le MNLA. Des affrontements meurtriers ont opposé le MNLA et un convoi de l’armée appuyé par un groupe songhaï, le Ganda Izo, entre
    Ansongo et Ménaka.
    Le 26 mars, le MNLA encercle la ville de
    Kidal. Des combattants du mouvement Ansar Dine seraient également sur place.
    Le 29 mars, le MNLA, soutenu par Ansar Dine attaquent conjointement la ville de
    Kidal, le mouvement touareg par le nord, le groupe armé islamique par le sud.
    Le 30 mars, Ansar Dine et le MNLA s'emparent de la ville et de la garnison de Kidal. Les forces gouvernementales se replient sur
    Gao à 350 km au sud.
    Le 31 mars,
    Alassane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire et président en exercice de la Cédéao a déclaré que l’organisation ouest-africaine avait «mis en alerte les forces d'attente au sein de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest», qui compte 2 000 hommes, afin de «préserver à tout prix l'intégrité territoriale du Mali» tout en souhaitant «éviter la guerre». Toujours au 31 mars, le MNLA s'empare de Gao, ainsi que de la ville de Sango sur la frontière avec le Niger.
    Le 1[SUP]er[/SUP] avril, la junte militaire ordonne à l'armée malienne de cesser les combats et de laisser la ville de Gao "ouverte". Les rebelles pénètrent dans Tombouctou. À cette date, le MNLA et Ansar Dine, allié avec Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), contrôlent toutes les localités du nord du Mali.
    Le 4 avril, le
    MNLA annonce mettre fin unilatéralement aux opérations militaires à compter du 5 avril à minuit (TU).
    Le 6 avril 2012, par un communiqué publié sur son site, le MNLA déclare proclamer «irrévocablement, l’État indépendant de l’Azawad à compter de ce jour».

    Tentative d'accord entre MNLA et Islamistes


    Deux mois après le coup d'État, les autorités de transition peinent à restaurer l’intégrité territoriale du Mali. Le 21 mai, le président de transition Dioncounda Traoré est agressé et blessé à Bamako par des manifestants. Il est temporairement conduit à Paris pour des examens médicaux.
    Le 24 mai, des rencontres sont organisées à Tombouctou entre les principaux responsables d'Ansar Dine et d'AQMI. Son chef Abdelmalek Droukdel conseille à ses combattants d'imposer «graduellement» la charia pour y «réussir la création d'un État islamique» dans un message rendu public.
    Le 27 mai 2012, Ansar Dine et le MNLA annoncent leur fusion dans un «protocole d'accord» transmis à l'AFP. Celui-ci indique que «le mouvement Ansar Dine et le MNLA proclament leur auto-dissolution dans l'Azawad. Les deux mouvements créent le Conseil transitoire de l’État islamique de l'Azawad».


    Conflit entre islamistes et touaregs (juin-novembre 2012)

    Le premier affrontement entre Ansar Dine et le MNLA éclate pendant la nuit du 7 au 8 juin, à quelques kilomètres de Kidal, les combattants de deux véhicules se fusillent, faisant au moins trois blessés graves.
    Le 25 juin, un enseignant et élu local de Gao, Idrissa Oumarou, assez apprécié localement, est abattu par des inconnus à moto, alors qu'il rejoignait son domicile dans un quartier de la ville.
    Le 26 juin à Gao, des centaines d'habitants, majoritairement songhaïs et peuls, ont marché contre les groupes armés qui occupent la ville. Cette manifestation d'une foule en colère, suivant les obsèques d'Idrissa Oumarou, se termine par une douzaine de blessés par balles, dont deux gravement à la tête. Le MNLA est accusé par des manifestants d'être à l'origine des tirs, mais réfutant cela, le mouvement indépendantiste touareg reporte la faute sur le MUJAO, l'incertitude demeurant encore au sujet de ces responsabilités. Ainsi se traduit violemment l'ambiance extrêmement tendue à Gao entre le MNLA et le MUJAO, visant le contrôle de la ville et opprimant sa population, cernée par les groupes armés dominants actuels et insurgée contre l'insécurité urbaine sévissant depuis leur arrivée à la fin mars 2012.

    Le 27 juin au matin, d'intenses combats se déroulent à Gao dans plusieurs quartiers, opposant directement pour la première fois dans la ville, le MNLA aux groupes islamistes, notamment le MUJAO (Mouvement pour l'Unicité et le Jihad en Afrique de l'Ouest) un groupe dissident d’AQMI, et Ansar Dine. Les islamistes radicaux du MUJAO auraient rapidement pris l'avantage et encerclé le quartier général du MNLA, siège de son conseil transitoire de l'Azawad situé à l'ancien gouvernorat de la ville, puis l'ont pillé et vidé après en avoir violemment délogé les indépendantistes touaregs, qui ont fui la ville et même le camp militaire situé à son entrée. Le MNLA reconnait avoir perdu cette bataille, mais resterait cependant déterminé à continuer le combat, alors que le bilan provisoire de cet affrontement serait lourd : au moins vingt morts et des dizaines de prisonniers.
    De plus, le secrétaire général du MNLA, Bilal Ag Acherif, aurait été blessé et évacué à
    Ouagadougou au Burkina Faso pour y être soigné, et un de ses hauts responsables, le colonel Bouna Ag Tahib, serait mort. Selon les affirmations, ce 27 juin au soir, de Mahamadou Djeri Maïga, un des responsables du MNLA réclamant l'aide de la communauté internationale, des combattants d'AQMI auraient combattu auprès du MUJAO, et un des chefs d'AQMI, Moktar Bel Moktar, aurait organisé l'attaque avec tout leur arsenal de guerre. Gao est désormais sous le contrôle exclusif du MUJAO, le MNLA ayant abandonné ses positions dans la ville, qui a retrouvé le calme le 27 juin au soir.
    Quant au gouvernement de transition malien, il reste encore impuissant devant cette situation de quasi chaos, et ne pourrait alors que soutenir la population de Gao par le verbe.
    Le 29 juin, le MNLA annonce la mort de
    Mokhtar Belmokhtar suite au combat du 27, mais un communiqué d'AQMI signé de son nom dément cela le 7 juillet 2012.
    Dans les premiers jours de juillet, sept des mausolées de Tombouctou classés quelques jours auparavant sur la liste du patrimoine mondial par l'UNESCO, sont détruits par des combattants d'Ansar Dine.
    En août 2012, les islamistes du MUJAO proclament l'interdiction de diffuser toute musique profane sur les radios privées installées dans le nord du Mali.
    Fin août, les islamistes avancent vers le sud en prenant Douentza.
    Plusieurs mutilations de mains et/ou de pieds, au nom de la charia, sont constatées durant cette période de tyrannie islamiste terrorisant les populations locales au nord du Mali, région appelée Azawad par les indépendantistes principalement touareg.


    Intervention étrangère (janvier 2013)


    Le 10 janvier 2013, la situation militaire se dégrade rapidement pour l'armée malienne. Les insurgés lui prennent la ville de Konna. Ils se dirigent vers Mopti, dernier verrou avant la capitale, Bamako. Le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, appelle alors le président français, François Hollande, et lui demande une aide immédiate. Le président français décide dès le 11 janvier dans l'après-midi d'engager l'armée française : c'est le début de l'opération Serval. De l'aide logistique venant de plusieurs nations arrivent au fil des jours pour appuyer cette mission et le déploiement de la mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine.

    Dans la nuit du 11 au 12 janvier, des frappes de Mirage 2000 et d'hélicoptères Gazelles détruisent une demi-douzaine de véhicules ainsi qu'un centre de commandement, stoppant une colonne islamiste qui se dirigeait vers Mopti. Un pilote de Gazelle français est tué pendant l'opération. De plus durant cet assaut l'armée française aurait tué douze civils maliens. Le 12, les troupes maliennes reprennent la ville de Konna, annonçant la mort d'une centaine d'islamistes. Les troupes maliennes subissent également des pertes, entre 11 et 36 selon les sources. Un haut responsable d'Ansar Dine, Abdel Krim, est tué lors des combats.
    Le 13 janvier, les moyens aériens français bombardent les environs de Konna, Léré et Douentza. Des Mirages attaquent également les éléments islamistes à Gao, provoquant le départ des troupes du MUJAO de la ville. Les résidents font part de 60 morts islamistes lors de l'attaque française.
    Le 14 janvier, les troupes islamistes contre-attaquent et prennent la ville de
    Diabaly, à 400 km de Bamako, en passant par la Mauritanie pour éviter les attaques françaises. Un responsable d'AQMI, Abou Zeid, dirige l'opération.
    Au 16 janvier, la situation à Konna est confuse, le commandement français précisant qu'on ne tenait pas la ville où se trouve encore des éléments islamistes. Dans le même temps, les troupes françaises et maliennes engagent directement le combat au sol à Diabaly pour tenter de reprendre la commune aux rebelles.
    Le 17 janvier au soir, l'armée malienne annonce avoir repris aux terroristes la ville de Konna, tuant 6 djihadistes, détruisant un nombre indéterminé de véhicules (quelques) et prenant possession de 8 autres véhicules.
    Le 21 janvier, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, annonce la reprise par les armées malienne et française des villes de Diabaly et Douentza.
    Le 25, après des bombardements, les Français reprennent l'aéroport de Gao, au nord-est du pays, important centre de logistique pour les Islamistes, avant de s'emparer de toute la ville le 26 janvier.

    Le 27 janvier, l'aviation française bombarde des positions stratégiques islamistes sur Kidal et sa région, dans l'extrême Nord-Est du Mali, détruisant notamment la maison du chef du groupe armé Ansar Dine. Les États-Unis ont par ailleurs accepté de ravitailler en vol les avions français. En effet, le ministère français de la Défense confirme dans son point sur la situation au Mali, «une vingtaine» de frappes dans les régions de Gao et Tombouctou, mais pas sur la maison du leader islamiste.
    Le 28 janvier, les forces franco-maliennes reprennent Tombouctou, à l'issue d'une opération terrestre et aérienne menée dans la nuit pour contrôler les différents accès de la ville, et empêcher ainsi des « exfiltrations ennemies », selon l'état-major des armées françaises.
    Le 29 janvier 2013, le MNLA, annonce que les villes de Kidal, Tessalit, Léré, In Khalil, Anefis, Tinzawatène, Tessit et Talatayt sont sous son contrôle.
    Dans la nuit du 29 au 30 janvier, au cours d'une opération aéroportée, l'armée française prend position sur l'aérodrome de Kidal, situé au sud-est de la ville. De plus, depuis quelques jours, l'aviation française procède à des frappes aériennes assez importantes dans le secteur où les terroristes se sont probablement retirés après avoir quitté les grandes villes.
    Le 30 janvier, la France appelle au dialogue avec la population du Nord-Mali. Le même jour, 4 soldats maliens sont tués et 5 autres blessés par l'explosion d'une mine entre Gossi et Hombori.
    Le 6 février, une mine explose au passage d'un véhicule de l'armée malienne, tuant quatre soldats. Le MUJAO revendique la pose de mines dans le nord du Mali.
    Le 8, un kamikaze touareg se fait exploser à proximité de soldats maliens, en blessant légèrement un.


    Réactions


    Dans l'ensemble, la majorité des états africains, ainsi que les états occidentaux, ont soutenu l'intervention de la France. En France même, entre 60 et 70 % des Français déclarent soutenir l'intervention.
    Des critiques et doutes voient le jour dans l'opinion française, quand la presse s'interroge sur une attitude «néo-colonialiste» de la France. Le terme de «guerre contre le terrorisme» est contesté. On craint un enlisement dans une guerre longue comme en Afghanistan. La presse dénonce également le risque d'instrumentalisation de cette guerre à des fins domestiques.
    Des critiques sont exprimées également au niveau associatif et international (Algérie).
    Le Réseau Voltaire, connu pour ses positions volontiers polémiques, adresse le 16 janvier une lettre ouverte au président François Hollande. Reporter sans frontières dénonce, le 16 janvier 2013, l'impossibilité pour les journalistes de mener à bien leur travail sur le terrain. «En période de conflit, c’est aux journalistes et à leurs médias, et non aux militaires, de déterminer les risques qu’ils sont prêts à prendre dans la collecte de l’information», a déclaré Reporters sans frontières.


    Conséquences

    Situation des Droits de l'Homme

    Au nord du Mali
    L'organisation non-gouvernementale Médecins du Monde annonce le 6 février la suspension temporaire de «ses activités sanitaires et nutritionnelles dans le nord du Mali», alertant sur «la dégradation sécuritaire au Mali (qui) risque de priver les populations d'une aide indispensable». Le 5 avril, Amnesty International publie un communiqué que les régions du nord sont «au bord d'un désastre humanitaire majeur», précisant que «toute la nourriture et les médicaments stockés par les grandes agences humanitaires ont été pillés et la plupart des travailleurs humanitaires ont fui» avec comme conséquence des populations qui «font face à un risque imminent de graves pénuries alimentaire et médicale qui pourraient entraîner de nouvelles pertes humaines». Amnesty International relate «dans les villes de Gao et de Ménaka, des femmes et des jeunes filles ont été enlevées de chez elles et auraient été violées».
    L’Agence France-Presse relate des témoignage d’habitants et d’organisations non-gouvernementales faisant état d’enlèvements et de viols de femmes, de saccages et de pillages d’édifices publics et privés à Gao et Tombouctou.
    Le 8 avril, Maliki Alhusseini Maiga, président du Collectif des ressortissants du Nord-Mali (Coren) dénonce lors d’une conférence de presse tenue à Bamako les exactions des rebelles dans le nord du pays : «Aujourd’hui, nous faisons face à un désastre humanitaire parce que notre pays est occupé par des terroristes et des extrémistes islamistes qui ont tué des centaines de nos frères à Gao, Kidal et Tombouctou (...) Ils ont violé nos sœurs, ont brûlé les bâtiments administratifs. Ils ont détruit nos villes et ils terrorisent la population». Il demande la mise en place d’un corridor humanitaire afin de secourir les maliens bloqués dans la région.


    Exactions des islamistes
    82 soldats maliens ont été égorgés ou tués d’une balle dans la tête le 24 janvier 2012 après la bataille d'Aguel'hoc par des combattants d'Al-Qaida au Maghreb islamique.
    D'après, Human Rights Watch, 7 soldats maliens, dont 5 blessés, sont exécutés sommairement par des islamistes lors de la prise de la ville de Konna. Selon un rapport d'Amnesty International, cinq soldats maliens blessés et un civil ont été exécutés sommairement par les islamistes le 14 et le 15 janvier à Diabaly

    Exactions de l'armée malienne
    Le 9 septembre 2012, le MNLA accuse l'armée malienne d'avoir exécuté 16 civils de l'Azawad le 8 septembre à Diabaly. Toujours d'après le MNLA, 9 autres civils sont exécutés par des soldats maliens près de Sokolo le 22 octobre et 52 autres sont exécutés le 25 octobre à Tolletene près de Djoura, dans la Région de Mopti.
    En janvier 2013, le MUJAO accuse l'armée malienne d'avoir massacré 40 soupçonnés de liens avec les Islamistes.

    Selon des habitants, après la bataille de Konna, plusieurs prisonniers islamistes ou des suspects sont exécutés sommairement par des soldats maliens dans des camps militaires à Sévaré, parmi lesquels des blessés pris à Konna, des témoins évoquent notamment un charnier de 25 à 30 corps ou des cadavres jetés dans des puits.

    Selon la FIDH, les forces de sécurité maliennes auraient arrêté et sommairement exécuté des citoyens maliens accusés d'«intelligence» avec les islamistes. La FIDH parle d'une dizaine de cas présumés à Sévaré. Selon un habitant de Mopti, d'autres arrestations et exécutions auraient eut lieu dans cette ville. Le FDIH met en garde contre les tensions ethniques et les sentiments de vengeance nés du conflit. D'après un rapport d'Human Rights Watch, au moins 13 personnes ont été exécutés sommairement par des soldats maliens et 5 autres ont disparu entre le 9 et le 18 janvier à Sévaré, Konna et les villages environnants.

    Selon l'agence d'informations en ligne mauritanienne ANI qui cite des témoins oculaires, les corps de plusieurs personnes, dont trois commerçants arabes arrêtés par l'armée malienne, sont découverts dans le désert près de Tombouctou 8 février, information non confirmé selon Jeune Afrique.


    Populations déplacées et réfugiées
    Le 18avril2012, l'OCHA estime qu'il y a eu "plus de 268 000 déplacés suite à la crise au nord du Mali, dont plus de 161.000 réfugiés au Niger, au Burkina Faso, en Mauritanie et en Algérie".
    Le 15août2012, le Bureau des Nations unies pour la coordination des Affaires humanitaires (Ocha) publie un rapport faisant état au 10 août de 261 624 réfugiés maliens enregistrés dans les pays voisins et 174 000 déplacés à l’intérieur du territoire malien.
    Le 15 janvier 2013, l'ONU estime à près de 150000 le nombre de maliens réfugiés dans les pays voisins, et à 230000 le nombre de personnes déplacées dans le pays. On compte 54100 réfugiés en Mauritanie, 50000 au Niger, 38800 au Burkina Faso, et 1500 en Algérie


    Destruction de mausolées
    Le 28 juin 2012, l'UNESCO classe Tombouctou sur la liste du patrimoine mondial en péril à la demande du gouvernement malien. Visiblement en représailles contre cette décision, au moins une trentaine de membres armés d'Ansar Dine commencent le 30 juin à détruire trois mausolées qu'ils jugent impies, devant une population non-armée déconcertée. Le 1[SUP]er[/SUP] juillet, sept des seize mausolées érigés pour certains des 333 saints que compte la ville sont déjà détruits. La procureure de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda qualifie les faits de «crime de guerre». L'islamologue Roland Marchal commente : «dans un moment de crispation, mettre l’accent sur la préservation des mausolées n’était peut-être pas la méthode la plus habile pour protéger ces sites».


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    Nom de la page : Conflit malien de 2012-2013
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    A SUIVRE/ OPÉRATION SERVAL

     
  13. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    OPÉRATION SERVAL


    L'opération Serval, en référence au
    félin africain, est une intervention militaire de l’armée française menée au Mali depuis le 11 janvier2013, à la demande du gouvernement du Mali.

    L'opération a pour objectif de soutenir les troupes maliennes cherchant à repousser une offensive des groupes armés islamistes qui ont pris le contrôle de l'Azawad, la partie nord du pays. Les buts de cette intervention tels qu'exprimés par le président français, François Hollande, le 15janvier2013 sont d'arrêter l'avancée en direction de Bamako des forces djihadistes, sécuriser la capitale du Mali et permettre au pays de recouvrer son intégrité territoriale.


    Contexte


    Depuis le
    17janvier2012, un conflit armé oppose dans le nord du Mali l'armée malienne aux rebellestouaregs du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et au mouvement salafiste Ansar Dine, alliés à d'autres mouvements islamistes. Le MNLA revendique l'autodétermination et l'indépendance de l'Azawad qui correspond aux trois régions maliennes de Kidal, Tombouctou et Gao.
    Le gouvernement malien refuse ces revendications, défendant l'intégrité du territoire malien.
    Le mouvement Ansar Dine de l'ancien combattant touareg
    Iyad ag Ghali défend, lui, l'instauration d'une république islamique avec l'application de la charia.

    Ce conflit s'inscrit dans une série de conflits généralement appelés «conflits touaregs», ou «rébellion touareg», bien que le MNLA démente tout caractère ethnique. Il engendre des conséquences néfastes pour les populations de ces régions dont une partie se réfugie dans les pays voisins (Mauritanie, Algérie, Niger et Burkina Faso), avec d'autres conséquences pour les habitants déjà confrontés à des difficultés alimentaires.
    La branche sahélienne d'Al-Qaïda AQMI joue également un rôle important dans l'insurrection malienne. Leurs intérêts convergents amènent Ansar Dine à rencontrer ses principaux dirigeants en mai2012 à Tombouctou. Cette alliance stratégique entre groupes islamistes exclut les rebelles touaregs et octroie aux jihadistes le contrôle des principales villes de l'Azawad, où la loi islamique est instaurée.


    Chronologie

    Chute de Konna et appel du président malien (du 1[SUP]er[/SUP] au 10 janvier)
    Le 1er janvier, de source proche du médiateur burkinabé, une délégation d'Ansar Dine aurait remis une « plateforme politique » au président burkinabé à Ouagadougou. Celle-ci réclamerait que le Mali choisisse entre laïcité et intégrité du territoire.
    Le 3 janvier, Iyad ag Ghali fait savoir à l'agence mauritanienne privée Sahara Médias qu'il retire l'offre de cessation des hostilités faite le 21 décembre à Alger, au lendemain de la résolution 2085 du Conseil de sécurité des Nations unies du 20 décembre.
    Le 5 janvier, selon une information d'Al Arabiya, une centaine de véhicules remplis d'armes, probablement venus par Tombouctou, sont vus se dirigeant dans la direction de Mopti.
    Le 6 janvier, bien que notant qu'Ansar Dine « [remet] un peu en cause le principe de la cessation des hostilités », le ministre burkinabé des affaires étrangères Djibrill Bassolé maintient une réunion prévue pour le 10 janvier entre Ansar Dine, MNLA et émissaires maliens.
    Le 7 janvier plusieurs convois de pick-ups fortement armés s'avançent jusqu'à Boré, à 25 km des positions maliennes, après l'installation quelques jours auparavant d'une base arrière des djihadistes à Bambara Maoudé. L'armée malienne affirme avoir procédé à des «tirs de sommation» dans la nuit du 7 au 8 janvier, puis progressé entre Konna et Douentza tandis que l'ennemi reculait.

    Les djihadistes attaquent Konna le 10 janvier à 8 heures 30. C'est la première fois depuis neuf mois qu'ils reprennent le combat contre l'armée malienne. D'intenses combats ont lieu jusque vers 16 heures, après quoi l'armée malienne en difficulté se replie vers Sévaré. Un porte-parole du ministère français des affaires étrangères réagit le 10 janvier en demandant le «déploiement rapide d'une force africaine au Mali ainsi que de la mission européenne de formation et de conseil», et en renouvellant un «appel à une fin immédiate de la progression des groupes armés rebelles vers le Sud du Mali».
    Le même jour, le conseil de sécurité de l'ONU réuni en urgence à la demande de la France communique sa «profonde inquiétude relative aux mouvements militaires et aux attaques de terroristes islamistes signalés dans le nord du Mali, en particulier la prise de la ville de Konna» et l'ambassadrice des États-Unis auprès de l'ONU Susan Rice indique que les autorités maliennes ont fait parvenir au conseil de sécurité de l'ONU une demande d'aide militaire consistant pour l'essentiel en une demande adressée à la France. L'ambassadeur français auprès de l'ONU, Gérard Araud, précise qu'il s'agit d'une lettre du président malien Dioncounda Traoré adressée à Ban Ki-moon qui l'a communiquée au conseil de sécurité, et que la France fera connaître sa réponse le lendemain.
    Le même jour, un reporter du magazine allemand Der Spiegel assiste à des atterrissages d'avions Transall français à l'aéroport de Sévaré.


    Décision d'intervention de la France (11 janvier)
    Le 11janvier à 10 h 30, lors de ses vœux au corps diplomatique, François Hollande indique que la France répondra, aux côtés de ses partenaires africains, à la demande des autorités maliennes, dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, et se déclare «prêt à aider l'arrêt de l’offensive des terroristes» si elle devait se poursuivre.
    Vers 11 heures, le président français après avoir réuni un conseil de défense, donne l'ordre aux armées françaises d'engager les combats en appui de l'armée malienne dans le cadre de l'opération Serval, qui «durera le temps nécessaire».
    À 11 h 45 un témoin indique à RFI avoir assisté à un échange de tirs entre deux hélicoptères et des djihadistes à Konna. Exigeant une enquête sur la mort de cinq civils, Amnesty International s'appuiera, le 1[SUP]er[/SUP] février, sur des témoignages de militaires et d'un ministre maliens pour affirmer que «les bombardements ont effectivement eu lieu dans la matinée du vendredi 11 janvier», ce que démentira le porte-parole de l'état-major français : «il n'y a pas eu d'intervention française dans la matinée du 11 janvier sur Konna».
    Vers 16 h, soit cinq heures après l'ordre d'engagement donné par le président de la République, plusieurs hélicoptères d'attaque Gazelle du 4[SUP]e[/SUP] RHFS équipés de canon M621 de calibre 20 mm ou de missiles HOT, entrent en action et attaquent les colonnes de rebelles se dirigeant vers Konna, détruisant quatre véhicules et entraînant leur repli. Durant cette offensive, le lieutenant Damien Boiteux, pilote d'une des Gazelle engagées, est mortellement touché à l’aine par une balle d'arme légère qui sectionne son artère fémorale.
    À 17 h François Hollande prononce une brève allocution télévisée dans laquelle il indique que l'armée française a engagé le combat aux côtés des forces maliennes. L'opération a officiellement pour but de mettre un coup d’arrêt brutal à l’avancée des groupes jihadistes vers le sud du Mali et d’assurer la sécurité des quelque 5 000 ressortissants français présents dans le pays.
    Le 15 janvier, lors d'une visite aux Émirats arabes unis, François Hollande a indiqué les «trois buts» de l'opération : stopper l'avancée en direction de Bamako des forces djihadistes, «sécuriser Bamako, où nous avons plusieurs milliers de ressortissants» et «permettre au Mali de recouvrer son intégrité territoriale» en appuyant la mission confiée aux forces de la Cédéao, tout en soulignant que la France n'a pas vocation à rester au Mali. Initialement, la visite du président français aux Émirats était à dominante économique. Il y était accompagné de nombreux chefs d'entreprises parmi lesquels Christophe de Margerie, Pierre Mongin, Henri Proglio,Augustin de Romanet, Jean-Cyril Spinetta, Jean-François Cirelli.
    Avant le déclenchement de l'opération, François Hollande a consulté par téléphone des chefs d'État africains, dont le président sud-africain Jacob Zuma, alors que ceux-ci ne l'avaient pas été lors de l'intervention de 2011 en Libye.


    Frappes aériennes des 12 et 13 janvier
    Le 12janvier2013, le ministre de la Défense français, Jean-Yves Le Drian, annonce lors d'une conférence de presse que l'armée de l'air a mené des frappes aériennes sur plusieurs objectifs qui ont permis de détruire des véhicules, ainsi qu’un poste de commandement et des moyens terroristes abrités dans des hangars de la région de Konna. Il révèle également que des moyens de l'aviation de chasse de métropole, en particulier des Rafale, sont placées en alerte. Les attaques initiales ont été guidées par un patrouilleur maritime Atlantique 2, venu du Sénégal, ainsi que par des moyens satellites.
    Le même jour, François Hollande déclare à l'issue d'un conseil restreint de défense réuni au palais de l'Élysée qu'un «coup d’arrêt a été porté et de lourdes pertes ont été infligées à nos adversaires» tout en soulignant que la mission des forces armées françaises n'est «pas achevée» et que celle-ci se poursuivra conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.
    Le 13janvier2013, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, déclare que la progression des groupes islamistes vers le sud est stoppée et que la France a commencé à «s'occuper des bases arrière des terroristes». De son côté, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, annonce que des raids aériens français sont conduits en permanence dans le nord du pays et assure que l'engagement français dans le cadre de l'opération Serval a empêché les islamistes de s'emparer de la capitale malienne.
    Pour d'autres précisions sur les frappes aériennes des 12 et 13 janvier, voir le paragraphe «Armée de l'air» ci-dessous.


    Contrôle de la ligne Diabaly-Konna (du 14 au 21 janvier)
    De nouvelles incertitudes se font jour les 14 et 15 janvier, tandis que la France renforce son dispositif.
    À l'ouest, le 14 janvier, une force djihadiste d'environ 400 hommes, touaregs mais aussi arabes et noirs francophones et anglophones, répartis dans 47 véhicules divisés en deux colonnes, s'empare de Diabaly après des combats avec l'armée malienne qui y possède un camp militaire de 400 hommes. Arrivés vers six heures du matin, les djihadistes mettent un blindé malien hors de combat, et tandis qu'un groupe écrase l'une des trois positions maliennes constituées aux abords de la ville après que les renseignements français eurent signalé l'arrivée de l'ennemi, un autre groupe pénètre au centre de la ville où se trouve le camp militaire. Les Maliens sont mis en déroute en moins de trois heures. Commandés par Ousmane Haïdara, ancien capitaine de l'armée malienne qui a commandé la garnison de Diabaly de 2007 à 2009, les djihadistes connaissaient parfaitement le terrain. Cette action suscite en réplique des frappes aériennes françaises la nuit suivante. Selon des sources maliennes, le lendemain en fin d'après-midi, des militaires français et maliens quittent Niono et se dirigent vers Diabaly par voie terrestre.
    Le 15 janvier, des troupes françaises quittent l'aéroport de Bamako dans une trentaine de véhicules blindés, se dirigeant vers le centre du pays. Leur mission est de protéger le pont-barrage de Markala sur le fleuve Niger, à une trentaine de kilomètres au nord-est de Ségou, et d’en empêcher l’accès aux combattants islamistes, lesquels se trouvent à 80 km de là.
    À l'est, alors que l'armée malienne avait assuré le 12 janvier contrôler «totalement» Konna, Jean-Yves Le Drian déclare en conférence de presse dans la soirée du 15 janvier : «la ville de Konna n'a pas encore été reprise par les forces armées maliennes». Il annonce une augmentation progressive, de 750 à 2 500, du nombre de militaires français engagés sur le théâtre malien.
    Dans la soirée du 15 janvier, des habitants de Gao rapportent que les télécommunications y ont été coupées.
    Le 17 janvier, l'armée malienne publie un communiqué indiquant : «nous avons repris le contrôle total de la localité de Konna, après avoir fait subir de lourdes pertes à l'ennemi», ce qui est confirmé par le ministère français de la Défense le 18 janvier.
    Le 18 janvier, tandis que le maire de Diabaly parle d'«opérations de ratissage» en cours dans sa ville contre les islamistes, le ministère français de la Défense se contente d'affirmer à 18 heures 30, qu'«il n'y a aucun combat à Diabaly à cette heure».
    Le 19janvier2013, les forces françaises et maliennes entament un déploiement vers les villes de Niono (270 km au nord-est de Bamako et 60 km au sud de Diabaly) et Sévaré (ville aéroportuaire à 630 km au nord-est de Bamako, au sud de Konna).
    Le 21 janvier, le ministère français de la Défense déclare que les villes de Diabaly et Douentza ont été reprises par l'armée malienne.


    Sécurisation de la boucle du Niger (du 22 au 28 janvier)
    Le 22 janvier, un camp d'AQMI est bombardé par l'aviation française à Tombouctou. Le 24, d'autres positions sont bombardées à Ansongo.
    Selon une source sécuritaire malienne, au cours de la nuit du 26 au 27 janvier, l'armée de l'air française aurait mené une campagne de frappes aériennes dans la région de Kidal et ciblé plusieurs objectifs terroristes dont un camp militaire ainsi que la maison du fondateur du groupe islamiste Ansar Dine, Iyad ag Ghali, qui tenterait depuis de négocier son asile avec la Mauritanie. Cependant, cette information est réfutée par une source militaire française qui indique le même jour que «la maison d'Iyad Ag Ghaly est toujours debout. Il n'y a pas eu de frappes dans la région de Kidal».

    - Prise de Gao (25 janvier)
    Dans la nuit du 24 au 25, un pont routier est dynamité par les islamistes à Tassiga pour faire obstacle à la progression vers Gao des troupes africaines regroupées au Niger. L'armée de l'air française poursuit ses raids aériens, jeudi 24janvier2013, sur des objectifs dans le secteur d'Ansongo, à proximité du fleuve Niger. Le vendredi 25janvier2013, Français et Maliens reprennent Hombori et 160 militaires burkinabés prennent la relève des Français à Markala.
    Le 25 janvier 2013, sur le fuseau ouest du front, le groupement tactique interarmes français (GTIA) composé de plus de 600 éléments du 21[SUP]e[/SUP] RIMa et du 2[SUP]e[/SUP] RIMa entame avec l'appui d’unités maliennes et du groupement aéromobile (GAM) une progression vers Tombouctou, via Léré. L'objectif est de sécuriser Léré, près de la frontière mauritanienne, et de reconquérir Tombouctou, fief d'Al-Qaida au Maghreb islamique. La progression est cependant rendue difficile par l’état des pistes mais le détachement engagé dans cette reconnaissance ne rencontre pas de résistance.
    Le même jour, le ministère de la Défense français annonce qu'une opération aéroterrestre conduite par les forces spéciales françaises et appuyée par les forces aériennes a permis de prendre le contrôle de la zone de l'aéroport de Gao ainsi que du pont de Wabaria, situé sur le fleuve Niger. Il indique également que plusieurs éléments terroristes qui ont pris à partie les forces françaises au cours de l'opération ont été détruits. Le dispositif sur la zone de Gao, jusqu'alors sous contrôle des terroristes du MUJAO, est renforcé avec l’engagement par voie terrestre de 350 militaires maliens et d’une unité du GTIA mené par le 21[SUP]e[/SUP] RIMa ainsi que par l’aéroportage par avion de transport de plusieurs véhicules et d'unités tchadiennes et nigériennes. Le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major des armées françaises, indique le 27 janvier que «la prise de contrôle de Gao, qui compte 50 000 à 60 000 habitants, par les soldats maliens, tchadiens et nigériens est en cours». Le 28 janvier, un hélicoptère Tigre français engage le combat contre un groupe de djihadistes dans la région de Gao, causant la mort de dix d'entre eux et détruisant plusieurs de leurs pick-ups, ce qui porte à 25 le nombre de djihadistes tués lors de la reprise de Gao.
    Dans la nuit du 30 au 31 janvier, un véhicule de l'armée malienne saute sur une mine entre Hombori et Gossi, quatre soldats maliens sont tués et cinq autres blessés. Le 31 janvier, un bataillon malien et un bataillon nigérien rejoignent Gao. Le 6 février, quatre civils meurent dans l'explosion de leur véhicule causée par une mine sur la route entre Douentza et Gao.


    - Prise de Tombouctou (27 janvier)
    Dans la nuit du 27 au 28 janvier, les 600 militaires du GTIA21[SUP]e[/SUP] RIMa ou encore «la plus grande partie de la force Serval, entre 700 et 800 hommes» suivant l'estimation d'un capitaine, prennent le contrôle de l'aéroport international de Tombouctou ainsi que des accès de la ville. Partis de Niono le 18janvier, ils ont effectué le trajet de 900 kilomètres de Diabaly à Tombouctou en cinq jours, surmontant 80 ensablements, dont une série de 27 ensablements ayant paralysé la progression pendant 12 heures.
    Ils sont précédés par le parachutage sur Tombouctou d'une compagnie du 2[SUP]e[/SUP] REP appuyée par plusieurs patrouilles de chasse, des hélicoptères du groupe aéromobile de l'ALAT et des moyens de surveillance (ATL2, Harfang). Le 28janvier, le porte-parole de l'état-major des armées annonce que les forces françaises et africaines contrôlent désormais la «boucle du Niger» entre les deux chefs-lieux de régions Tombouctou et Gao, et indique que les troupes maliennes sont chargées de mener la reprise de Tombouctou. La reprise de Tombouctou a pu se faire sans «aucun coup de feu, aucune goutte de sang, même pas de résistance passive avec des pièges» a indiqué le commandant en chef de l'opération, le colonel Frédéric Gout. Durant cette opération, un djihadiste a été capturé à Léré et un engin explosif a été désamorcé dans la zone de l'aéroport de Tombouctou. Le matériel pris aux djihadistes se résume à fort peu de choses dont un véhicule de transport de troupes BTR-60. Un dépot contenant plusieurs tonnes de vivres et de carburant est découvert à 50 km au nord de Tombouctou dans la semaine du 4 février.


    Opérations dans le Nord du Mali à partir du 28 janvier

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    Description : Mirage 2000D 133-JC de l'escadron de chasse 2/3 Champagne
    basé à la base aérienne 133 Nancy-Ochey au dessus de l'Afrique
    le 29 janvier 2013 durant l'opération Serval.
    Photo prise un KC-135 Stratotanker du 100th Air Refueling Wing de l'U.S. Air Force
    basé à RAF Mildenhall.

    Date : 29 janvier 2013, 12:22:08
    Source : http://www.mildenhall.af.mil/photos/mediagallery.asp?galleryID=1402
    Auteur : Captain Jason Smith, USAF
    Utilisateur : L'amateur d'aéroplanes
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    taken or made during the course of the person's official duties.
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    pris ou réalisé au cours de l'exercice de fonctions officielles de la personne.
    En tant que travail du gouvernement fédéral américain,
    l'image ou le fichier est dans le domaine public»

    ____________________________

    Le 28 janvier, les combattants du
    MNLA déclarent avoir pris sans combat les villes de Tessalit, Tessit, In Khalil, Tinzawatène, Léré, Anéfif, Talataye et Kidal , dont le contrôle est également revendiqué par le MIA. Une équipe de journalistes de l'AFP qui a parcouru la route de Niono à Tonka ne signale pas, le 29 janvier, la présence du MNLA à Léré, où un habitant interviewé confie : «on a peur parce qu'on ne voit pas les militaires». Le MNLA se dit prêt «à travailler avec la France pour l’éradication des groupes terroristes» ; en revanche, il refuse de laisser entrer l'armée malienne dans les territoires sous son contrôle, disant craindre des représailles contre les populations.
    Le 28 janvier, les forces tchadiennes et nigériennes prennent le contrôle des villes d'Andéramboukane et Ménaka. Ansongo est reprise le 29 janvier par des troupes nigériennes et maliennes venues du Niger. Selon un habitant, les combattants islamistes qui ont quitté Ansongo le 27 janvier seraient toujours présents à 35 km de là, à Tina Hama et Tinguerguerre.
    Le 29, selon un communiqué du ministère français de la Défense, des forces tchadiennes «ont quitté leur base de Ménaka et font mouvement vers le nord du pays afin de soutenir l’action des forces armées maliennes dans cette zone». Un porte-parole du MNLA annonce le 5 février que ce mouvement contrôle Ménaka.


    - Prise de Kidal (30 janvier)
    Dans la nuit du 29 au 30 janvier, les forces spéciales françaises prennent possession de l'aérodrome de Kidal, situé au sud-est de la ville, à la suite d'un raid héliporté et d'un poser d'assaut effectué avec un avion de transport. La saisie de la plate-forme de Kidal est confirmée dans la journée du 30janvier par Jean-Yves Le Drian, qui annonce que les opérations y sont fortement contraintes à cause d'une tempête de sable. Le même jour, l'aéroport international de Tombouctou est rouvert à la circulation aérienne après remise en condition des infrastructures de piste par les sapeurs du 17[SUP]e[/SUP] RGP, parachutés la veille. Le ministère français de la Défense annonce également que l'aviation française procède depuis plusieurs jours à des frappes aériennes «assez importantes» dans la région d'Aguel'hoc, située dans l'Adrar des Ifoghas, à une centaine de kilomètres au nord de Kidal.
    Réalisées par des avions de chasse et des hélicoptères d'attaque, ces frappes permettent le traitement de 25 objectifs. «Les objectifs visés étaient des centres de commandement, des dépôts logistiques, des centres d'entraînement», selon le porte-parole de l'état-major, le colonel Thierry Burkhard. Ces opérations représentent plus de 135 sorties aériennes dont près d’une trentaine dédiées à l'aviation de chasse.
    Le 31 janvier, de source militaire malienne, une unité de reconnaissance malienne aurait rejoint les éléments français qui ont pris possession de l'aéroport de Kidal deux jours plus tôt. Le même jour, les forces tchadiennes parviennent à Kidal où elles participent à la sécurisation de la ville, le général tchadien Mahamat Idriss Déby Itno indiquant : «on n'a pas eu de problèmes avec les gens du MNLA, avec qui on a une très bonne relation d'ailleurs».
    Le même jour, les effectifs français engagés dans le cadre de l'opération Serval atteignent un nouveau maximum avec 4 600 soldats mobilisés, dont 3 500 sur le territoire malien. 4 000 soldats français sont présents sur le sol malien, cinq jours plus tard, le 5 février.


    - Opérations de sécurisation du Nord et annonce d'un retrait de forces (du 1[SUP]er[/SUP] au 7 février)
    Le 2 février, deux commandants islamistes sont arrêtés par des combattants du MNLA près de la frontière algérienne ; il s'agit de Mohamed Moussa Ag Mohamed, numéro trois d'Ansar Dine et ancien responsable de la police islamique de Tombouctou, et de Oumeïni Ould Baba Akhmed, du MUJAO. Les prisonniers sont ramenés à Kidal.
    Les forces militaires occupant Kidal depuis le 30 janvier comprennent, outre les forces spéciales françaises, deux sections du 1[SUP]er[/SUP] RCP ainsi que 1 800 soldats tchadiens, soit la quasi-totalité du contingent fourni par N'Djamena.
    Selon le journal tchadien N'djamena-Matin, 24 soldats tchadiens ont été tués et 11 autres blessés le 5 février, suite à une embuscade tendue par les jihadistes lors d'une patrouille au nord de Kidal. L'information n'a été ni confirmée ni démentie par les autorités maliennes ou tchadiennes. Le gouvernement tchadien n'a cependant fait mention que de 11 hommes blessés lors d'un accident de la circulation.
    Le même jour après le départ des forces nigériennes pour Gao, une quarantaine de combattants du MNLA prennent le contrôle de la ville de Ménaka.
    Le 6 février, le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius, déclare dans une interview au quotidien Metro que le nombre de soldats français au Mali devrait commencer à diminuer «à partir de mars, si tout se passe comme prévu». La porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem a précisé à l'issue de la réunion du Conseil des ministres que «Pour ce qui est du Mali, le président de la République a confirmé ce matin que si tout se passe comme prévu, à partir du mois de mars, les troupes déployées devraient diminuer».
    Au nord, des soldats français et tchadiens, partis de Kidal, entrent à Aguel'hoc le soir du 7 février.
    Selon plusieurs déclarations, dont celle d'Abdul Wahid Al-Nour, commandant de l'Armée de libération du Soudan, des centaines d'islamistes, majoritairement des combattants d'Ansar Dine, se sont réfugiés au Darfour.
    Un convoi de treize véhicules lourdement armés transportant des rebelles maliens est combattu par des gardes-frontières libyens au sud de la Libye à la fin de la semaine du 28 janvier, ce qui se conclut par cinq arrestations et la fuite de la plupart des véhicules en direction du nord.


    - Prise de Tessalit (8 février)
    Une nouvelle opération aéroterrestre visant à s'emparer de la région de Tessalit est menée par les forces françaises dans la nuit du 7 au 8 février. Des éléments français des forces spéciales sont parachutés dans un premier temps sur l’aéroport de Tessalit afin de sécuriser la piste, permettant le poser d’assaut d'un avion de transport qui débarque les premiers éléments chargés de sécuriser l’aérodrome. Ceux-ci sont rejoints par une cinquantaine de soldats du 1[SUP]er[/SUP] RCP, initialement basés à Kidal, et acheminés par l’escadron de transport des forces spéciales afin de renforcer ce dispositif et de permettre aux forces spéciales de lancer des patrouilles en vue de s’assurer du contrôle de la ville. Parallèlement, le SGTIA blindé du 1[SUP]er[/SUP] RIMa réalise un raid blindé de plus de 500 kilomètres à partir de Gao afin de rejoindre dans la matinée du 8 février les éléments français déployés dans la zone de Tessalit. Le dispositif est ensuite complété par les éléments des forces armées tchadiennes, partis de Kidal dans la journée du 7 février. Cette opération est exécutée avec l’appui d’hélicoptères et d’appareils de l’armée de l’air qui ont réalisé pour cette seule nuit plus d’une trentaine de sorties dont une douzaine dédiée aux frappes afin de sécuriser la zone.
    Le lendemain, le 9février, 10 sapeurs parachutistes du 17[SUP]e[/SUP] RGP sont parachutés sur l'aéroport de Tessalit avec près de 14 tonnes de matériel de réhabilitation et de vivres. Menée dans l'objectif de réhabiliter la piste entravée par plusieurs buttes de terre, cette nouvelle opération aéroportée est réalisée par deux Transall et un Hercules de l'armée de l'air en provenance d'Abidjan. Le 11 février, la piste en latérite est remise en état sur toute sa longueur, permettant l'atterrissage des avions de transport militaires.


    - Combats dans la région de Gao
    Début février, les affrontements se poursuivent dans la région de Gao entre les troupes franco-maliennes et des groupes de combattants du Mujao. Le 5 février, des islamistes effectuent des tirs de roquettes sur des positions militaires françaises et maliennes. Le lendemain, quatre civils maliens sont tués par l'explosion d'une mine entre Gao et Douentza. Le 8, un kamikaze se fait exploser à Gao, à proximité de soldats maliens, l'un d'entre eux est légèrement blessé. Le lendemain, deux jeunes hommes portant des ceintures explosives sont arrêtés à 20 kilomètres de Gao. Dans la nuit du 9 au 10 février, un nouveau kamikaze se fait exploser à un poste de contrôle à l'entrée nord de Gao, sans faire de victimes. Quelques heures plus tard, un commando du MUJAO pénètre jusqu'au centre de la ville et engage le combat avec la garnison malienne. Ces attaques ont été rapidement contrôlées par les forces armées maliennes, appuyées par les forces françaises, fournissant un soutien terrestre et aérien. Le ministère français de la Défense annonce que les forces maliennes et de la MISMA reprennent le contrôle de la ville le 11 février.
    Le 9 février, 4 véhicules ennemis avec à leur bord des hommes lourdement armés sont identifiés par une patrouille de Mirage 2000D dans la région de Gourma, entre Gao et Tombouctou. En étroite coordination aérienne avec les Mirage 2000D, deux hélicoptères Tigre HAP, accompagnés d’un hélicoptère Puma du groupement aéromobile (GAM) basé à Gao, sont engagés et détruisent deux des véhicules.
    Le 12 février, les forces maliennes du colonel Ag Gamou et les troupes françaises prennent le contrôle de la ville de Ménaka sans livrer de combats avec le MNLA qui abandonne la ville. Trois rebelles sont cependant arrêtés. Le MNLA accuse la France d'avoir tendu un guet-apens à Abdoul Karim ag Matafa, un membre du conseil transitoire de l'État de l'Azawad, et trois autres combattants rebelles et menace d'user de représailles avant de se rétracter quelques heures plus tard.



    SUITE / Les forces en présence
     
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    OPÉRATION SERVAL
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    Suite 1

    Les forces en présence




    Forces françaises


    Forces spéciales
    Les premières troupes françaises à intervenir sont celles des forces spéciales du COS prépositionnées au Sahel dans le cadre du dispositif Sabre qui se déploient dans le secteur de l'aéroport de Mopti-Sévaré.
    Depuis lors, les forces spéciales continuent d'assurer des missions de reconnaissance et d'appui de l'armée malienne. On estime, selon certaines sources (les détails des opérations spéciales sont classifiés secret défense), que plus de 200 commandos, appartenant aux trois armées, sont impliqués dans l'opération Serval, ce qui représenterait l'une des plus grosses opérations jamais menées par le COS.

    L'opération aéroterrestre du 25 janvier qui permet aux militaires franco-africains de reprendre simultanément l'aéroport de Gao ainsi que le pont de Wabaria est marquée par l'implication décisive des forces spéciales du COS, confirmée par l'état-major français.
    Chargé de sécuriser les zones de l'aéroport et du pont autour de Gao, un détachement de commandos est infiltré par voie aérienne et terrestre, sous appui aérien rapproché. Des combats opposent immédiatement les forces spéciales aux rebelles jihadistes, en particulier à proximité du pont stratégique de Wabaria, au cours desquels 15 terroristes sont tués.
    Plus tard dans la nuit, 10 autres individus à bord d'un 4x4 sont neutralisés par des tirs d'appui aérien menés par un hélicoptère d'attaque Tigre HAP. Un détachement du Commando parachutiste de l'air n° 10, spécialisé dans la saisie de plateformes aéroportuaires, sécurise ensuite l'emprise de l'aéroport après y avoir effectué une reconnaissance et débarrassé la piste des obstacles qui la recouvraient pour y permettre l'atterrissage des avions de transport tactique de l'escadron de transport 3/61 Poitou débarquant hommes et matériels des troupes franco-africaines.
    Les forces spéciales des trois armées sont déployées dans l'Adrar des Ifoghas afin de mener des missions de renseignement humain et vraisemblablement de guidage de frappes aériennes.

    Armée de terre
    Les forces spéciales sont rapidement renforcées par la projection à Bamako par avions C-130 Hercules et C-160 Transall de 200 militaires du 21[SUP]e[/SUP] RIMa prélevés sur le dispositif Épervier, basé au Tchad ainsi que d’un peloton de légionnaires du 1[SUP]er[/SUP] REC d’Orange.

    La montée en puissance des effectifs de l'armée de terre se poursuit avec le déploiement d'une compagnie du 2[SUP]e[/SUP] RIMa, stationné à Auvours, qui rejoint Bamako au cours du week-end du 12 au 13 janvier.

    Parallèlement, un renforcement des moyens aéromobiles de l'ALAT est décidé avec l'acheminement à partir du 14 janvier 2013 d'hélicoptères d'attaque Tigre HAP, offrant des capacités de protection supérieures aux Gazelle mises en œuvre par le COS. Les moyens terrestres se voient également renforcés par l’acheminement en partie assuré par des avions C-17 Globemaster III mis à disposition par la Royal Air Force d'engins de type véhicule de l'avant blindé (VAB) et de chars légers de type ERC-90 Sagaie et AMX-10 RC, en provenance du Tchad et de France.

    Une soixantaine de véhicules blindés prélevés sur le dispositif Licorne déployé en Côte d'Ivoire est acheminée à l'aéroport de Bamako par voie terrestre dans la nuit du 14 au 15 janvier afin de renforcer les moyens français luttant contre les forces djihadistes. Ces engins, notamment des blindés légers de type ERC-90 Sagaie, VBL et VAB, sont dans un premier temps cantonnés dans la capitale malienne avant d'être engagés dans les combats qui opposent l'armée malienne, appuyée par des soldats des forces spéciales et l'aviation française, aux islamistes armés. Les renforts humains associés se composent d'un sous-groupement tactique interarmées (SGTIA) de 200 militaires armé par les 3[SUP]e[/SUP] RPIMa, 1[SUP]er[/SUP] RHP et 17[SUP]e[/SUP] RGP, détachés en Côte d'Ivoire.
    L’ensemble de ces effectifs supplémentaires est commandé par un état-major tactique mis en œuvre par le 21[SUP]e[/SUP] RIMadu colonel Paul Gèze.
    Au total, au soir du 15 janvier 2013, les effectifs des forces terrestres françaises engagées au Mali s’élèvent à
    800 hommes.

    Ces effectifs au sol sont portés à
    1 400 hommes le 17 janvier 2013 puis 1 800 hommes le 18 janvier 2013, selon le ministère de la Défense, faisant de l'opération Serval la première opération extérieure de l'armée française en termes d'effectifs engagés, devant son engagement en Afghanistan.
    Le commandement des forces terrestres, dirigé par le général Bertrand Clément-Bollée, organise le déploiement des forces dans le cadre de ses missions qui sont la préparation opérationnelle des forces, le suivi de leurs capacités et le soutien organique de leur engagement opérationnel.

    Les forces françaises, qui reprennent Diabaly le 21 janvier 2013, sont notamment composées par des marsouins du 21[SUP]e[/SUP] RIMa. Parties dès l’aube de Niono, située plus au sud, elles ont été précédées par des reconnaissances aériennes effectuées par des hélicoptères Gazelle. Le même jour, l’opération Serval mobilise 3 150 militaires français, dont 2 150 sur le territoire malien.

    Les éléments du groupement tactique interarmes (GTIA) mené par le 21[SUP]e[/SUP] RIMa, partis de Bamako le 25 janvier, prennent le contrôle de l'aéroport international de Tombouctou ainsi que des accès de la ville à partir du 27 janvier. Ceux-ci sont précédés par le parachutage à 23 h 30 UTC sur Tombouctou d'une compagnie du 2[SUP]e[/SUP] REP par trois Transall et deux Hercules partis d'Abidjan. Après 4 h 30 de vol, les parachutistes sont largués à 300 mètres d'altitude et à trois kilomètres au nord de Tombouctou. Deux militaires français sont légèrement blessés au cours de l'opération. Cette opération aéroportée, préparée dans le secret, est la première réalisée par les forces parachutistes conventionnelles de l'armée de terre française depuis 2008 et constitue le plus important parachutage de forces combattantes depuis la bataille de Kolwezi en 1978.
    Le lendemain, une nouvelle opération aéroportée aboutit au parachutage de sapeurs du 17[SUP]e[/SUP] RGP et de leur matériel afin de procéder au dégagement de la piste et ainsi permettre le rétablissement du trafic aérien sur l’aéroport de la ville. Ces derniers remettent en condition les 2 000 mètres de piste en
    24 h, autorisant la réouverture de l'aéroport à la circulation aérienne.


    Armée de l'air
    Dès le début de l'opération, l'armée de l'air place en alerte ses moyens aériens basés à l'aéroport international de N'Djaména dans le cadre du dispositif Épervier et décide de les renforcer. Trois Mirage 2000D et un C-135FR du GRV Bretagne qui devaient rentrer en France restent sur place, s'ajoutant au dispositif identique qui venait les relever. Ce sont donc, en plus des deux Mirage F1 CR, six Mirage 2000D, trois C-135FR, un C-130 Hercules et un C-160 Transall qui arment le groupement air de la force Épervier dès le 12 janvier.
    Dans la nuit du 11 au 12 janvier, quatre Mirage 2000D du groupement air du dispositif Épervier effectuent des frappes dans le nord du pays à l'aide de bombes guidées laser GBU-12. Pour effectuer ces missions, les patrouilles de chasseurs sont appuyées par deux ravitailleurs C-135.
    Le 13 janvier 2013, le ministère de la Défense annonce qu'une opération de bombardement sur les forces d'AQMI à proximité de Gao a été réalisée le même jour par 3 Rafale B et 1 Rafale C partis de la base de Saint-Dizier. La mission ayant été préparée avant que l'Algérie n'autorise le survol de son territoire, les avions ont survolé l'Espagne et le Maroc. Trois Rafale ont largué 18 bombes guidées GBU-12, le quatrième conservant ses bombes AASM. Selon Jean-Yves Le Drian, les objectifs ciblés étaient des camps d’entraînement, des dépôts logistiques et des infrastructures servant de bases arrière aux groupes terroristes. Ces objectifs ont été mis hors d'usage par l'aviation française. À l’issue de ces frappes, accompagnées par deux C-135FR, les quatre Rafale ont rejoint la base aérienne de N'Djamena pour renforcer les moyens engagés dans l’opération Serval.

    Le 15 janvier 2013, les deux Mirage F1 CR de l'escadron de reconnaissance 2/33 Savoie basés à Ndjamena sont transférés sur l’aéroport international de Bamako-Sénou. Ils sont rejoints le 17 janvier 2013 par trois Mirage 2000D et leur groupe de soutien, également en provenance de Ndjamena. Dans un souci de ménagement des avions ravitailleurs français et afin de maximiser l'allonge des aéronefs, les six Mirage 2000D mobilisés opèrent tous de Bamako depuis début février 2013.

    À partir du 16 janvier 2013, l'armée de l'air déploie à Niamey, la capitale du Niger, deux drones MALE Harfang mis en œuvre par l'escadron de reconnaissance 1/33 Belfort afin d'apporter un soutien en matière de renseignement d'origine image (ROIM). Réalisant sa première mission opérationnelle au-dessus du Mali dès le 18 janvier 2013, et effectuant aussi des missions de désignation d'objectifs, l'Harfang bat, au cours de son engagement sur le théâtre malien, son record d'endurance, réalisant un vol de 26 h 10.

    Les opérations terrestres qui permettent aux forces françaises et maliennes de reprendre le contrôle de l'aéroport de Gao, puis de la ville entière et d'effectuer une avancée vers Tombouctou à partir du 24 janvier 2013 sont précédées par une importante phase de frappes aériennes sur des objectifs autour de Gao et Tombouctou. Près d’une trentaine de bombes sont larguées par les chasseurs de l'armée de l'air sur des cibles terroristes au cours des nuits du 24 au 26 janvier. Au total, près de 30 sorties aériennes sont effectuées pendant cette période. Deux Rafale supplémentaires sont déployés le 25 janvier 2013 et immédiatement engagés pour ces frappes, portant à 12 le nombre d'avions de chasse déployés pour les opérations aériennes.

    L'armée de l'air stationne au Sénégal un AWACS Boeing E-3F Sentry de la base aérienne 702 Avord. Cet avion radar est déployé au-dessus du Mali afin de coordonner les opérations aériennes françaises, notamment lors des opérations aéroterrestres aboutissant au parachutage du 2[SUP]e[/SUP] REP sur Tombouctou.
    Au bénéfice des forces spéciales ou conventionnelles, l'armée de l'air déploie sur le territoire malien une centaine d'éléments de ses trois unités de Commandos parachutistes de l'air, soit 20 % de leur effectif total. Le CPA 20 est opérationnel dès le 12 janvier 2013, puis rejoint par les CPA 10 et 30, remplissant un large spectre de missions parmi lesquelles le guidage d'appui aérien rapproché, voire la saisie de plateformes aéroportuaires.


    Marine nationale
    Les avions de patrouille maritime Atlantique 2, de l'aviation navale, sont utilisés pour les missions d’observation et de renseignement.
    Le 18 janvier, le nombre d'Atlantique 2 stationnés à Dakar est porté à cinq, au lieu d'un en condition normale. L’Atlantique 2, est en fait la clé de voûte de l’opération Serval. Ces
    «sentinelles du ciel peuvent opérer durant 14 heures, un avantage considérable pour «durer» et offrir une permanence sur zone. Ils disposent en outre d’importants moyens de détection : radar, système de détection électro-optique permettant d’obtenir des images de jour comme de nuit, moyens d’écoute, transmission de données… Sans oublier des postes d’observation aménagés dans la carlingue, d’où des guetteurs peuvent observer le terrain survolé. Les avions de PATMAR disposent également d’un atout essentiel. Ils disposent d’un véritable équipage, constitué d’une vingtaine de marins, dont des spécialistes de la détection. D’où leur surnom de «frégates volantes» puisqu’à l’instar d’un bâtiment, cet équipage offre une capacité de réflexion, d’analyse et de compréhension de l’environnement, qu’il peut partager avec l’état-major et les autres moyens engagés. Une valeur ajoutée que ne peut par exemple pas offrir un drone aérien.»

    [​IMG]
    Description : Le BPC Dixmude (L9015), le 14 juillet à Toulon,
    un jour après son arrivée de Saint-Nazaire pour armement.
    Date : 14 juillet 2011, 15:38:40
    Source : Travail personnel
    Auteur : Rama
    Ce fichier est disponible selon les termes de la
    licence Creative Commons paternité partage à l’identique
    ______________________________

    Pouvant emporter quatre bombes guidées laser GBU-12 de 250 kg, guidées depuis le sol ou à l'aide du pod de désignation d'un avion de chasse, les ATL2 participent également aux frappes aériennes conduites au nord-Mali par l'armée de l'air.


    Le 22 janvier 2013, escorté par l'aviso Lieutenant de vaisseau Le Hénaff, le bâtiment de projection et de commandement Dixmude quitte le port militaire de Toulon avec 1 820 tonnes de matériel militaire dont 50 tonnes de munitions et environ 140 véhicules de tout type tels que des VBCI, des chars AMX-10 RC ou des Renault GBC 180, ferroutés depuis le nœud logistique du 4[SUP]e[/SUP] RMAT de Miramas.
    Le BPC arrive au port de Dakar le 28 janvier et y débarque son fret dont des dizaines de véhicules ainsi qu'un second GTIA, armé par le 92[SUP]e[/SUP] RI et le 1[SUP]er[/SUP] RIMa. Le GTIA prend la route vers le Mali après remise en condition des matériels. La colonne de matériels quitte Dakar le 1 février et atteint Bamako trois jours plus tard, après un long périple routier via Kayes, avant de poursuivre le 5 février vers Gao.

    Le bâtiment civil MN Eider affrété pour l'opération quitte Toulon le 28 janvier avec l'ensemble des matériels de la 1[SUP]re[/SUP] brigade logistique, soit 2 700 tonnes de chargement, dont environ 250 véhicules. Il transporte de nombreux camions et quelques blindés de combat (VAB, VBCI) destinés à compléter les unités déjà projetées, ainsi que des dizaines de VBL, de PVP et de Peugeot P4. Il arrive à Dakar le 3 février.

    Forces maliennes
    Début février 2013, les effectifs de l'armée malienne sont estimés par le ministre des affaires étrangères malien Soumeylou Boubèye Maïga à moins de 3 000 militaires opérationnels sur un effectif théorique de 14 000 hommes.

    En avril 2012, les effectifs de l'armée malienne sont estimés à 22 000 militaires, tous corps confondus.
    À cette date, les deux avions SIAI Marchetti SF.260 offerts par la Libye en 2010 ne sont pas opérationnels. Deux des quatre hélicoptères Mi-24 sont utilisables mais sans pilote depuis le départ des pilotes ukrainiens qui les pilotaient, dans le contexte du coup d'État du 22 mars 2012. Le Mali possède aussi un avion Basler BT-67.
    Plusieurs des quarante blindés amphibies légers du type BRDM et des quarante transports de troupe BTR, acquis en 2010, se sont retrouvés entre les mains de la rébellion en 2012. Lors du conflit de 2012, le colonel Alhaji Ag Gamou s'est réfugié au Niger avec 500 hommes, dont 396 sont des Touaregs, équipés de 8 BRDM et 77 véhicules 4x4. Le 17 janvier 2013, le président nigérien, Mahamadou Issoufou, annonce qu'il pourrait reprendre le combat avec les forces de la Cédéao. Le 21 janvier, RFI prévoit sa participation aux combats aux côtés des Nigériens et des Tchadiens.

    En janvier 2013, le commandant en chef des armées est le président de la République par intérim Dioncounda Traoré, le ministre de la Défense est le colonel-major Yamoussa Camara, le chef d'état-major général est le colonel-major Ibrahima Dahirou Dembélé.

    Une mission de formation de l'Union européenne au Mali a été créée en décembre 2012 pour former les militaires maliens. Cette mission, commandée par un général français, entre dans le cadre du soutien militaire annoncé décrit ci-dessous et commencera sa mission en février 2013.

    Forces islamistes
    Les groupes islamistes sur le terrain au Mali sont estimés, selon les sources, de 2 000 à 5 000 hommes environ. Les services algériens estiment, eux, le nombre de combattants islamistes aguerris entre 1 500 et 2 000, entourés de divers groupes criminels et de mercenaires attirés par l'appât du gain. Par ailleurs, selon le New York Times, trois des quatre unités d'élite maliennes à commandement touareg formées par les États-Unis dans les années 2000 sont passées dans le camp des rebelles lors du conflit de 2012.

    Les djihadistes disposent, pour l'essentiel, d’armes d'infanterie provenant des arsenaux libyens ou achetées à des trafiquants d'armes grâce aux revenus tirés de trafics divers (drogue, êtres humains, etc.) et des rançons d'otages : fusils d'assaut AK-47, fusils de précision Dragunov, mitrailleuses légères de 7,62 mm, mitrailleuses lourdes de 12,7 mm et 14,5 mm ou encore lance-roquettes RPG-7. Les djihadistes possèdent des pick-ups équipés de canons jumelés de calibre 23 mm, d'une portée de plus d'un kilomètre. Ils détiendraient également de «grandes roquettes russes» transportables en pick-up et des canons de 107 mm.
    En mars 2011, Idriss Déby affirme qu'AQMI possède des missiles sol-air et RFI fait état de sources d'informations indiquant la possession par AQMI de SA-7. Cette possession de SA-7 reste évoquée par la presse française dans le contexte de l'opération Serval, mais avec des doutes sur les compétences des djihadistes pour en assurer la maintenance et l'utilisation. Ils possèderaient également quelques missiles antichars français Milan, qu'ils se seraient procurés dans les arsenaux libyens.


    Appui militaire des autres pays à l'opération

    Dès ses débuts, l'opération Serval fait l'objet d'un soutien global de la communauté internationale. La majorité des États membres des Nations unies ainsi que les principales organisations régionales ont fait part de leur soutien diplomatique tandis que plusieurs pays occidentaux proposent un appui militaire à l'opération française.

    Forces combattant au côté de la France et du Mali
    Forces tchadiennes
    Le président Idriss Déby indiquait le 15 janvier que le Tchad «ne devrait pas tarder à intervenir militairement au Mali, s'il reçoit une demande expresse des autorités de Bamako». Le 16 janvier, le Tchad annonce l'envoi d'un régiment d’infanterie de 1 200 hommes et deux bataillons d’appui, soit environ de 2 000 hommes.
    Une force tchadienne prépositionnée au Niger, qui compte 550 hommes le 24 janvier, intervient au Mali en ouvrant une route par l'Est vers Gao. Elle a pour commandant en chef le général Oumar Bikimo, basé à Bamako, où il assure la coordination avec la MISMA. Elle se compose de l'unité antiterroriste commandée par le général Abderrahmane Youssouf Meïry, de la force de la direction générale des services de sécurités des institutions de l’État (DGSSIE) dirigée par le général Mahamat Idriss Déby Itno, fils du président Idriss Déby, et de la garde présidentielle.
    Au 29 janvier 2013, 1 400 soldats tchadiens sont déployés au Mali et depuis début février, 1 800 militaires tchadiens, soit la quasi intégralité du contingent, sont basés à Kidal. Les éléments de l'Armée nationale tchadienne participent aux opérations françaises dans le nord-est du Mali, à proximité de l'Adrar des Ifoghas depuis le 7 février 2013. Partis de Kidal, ces derniers renforcent le dispositif français à la suite de la prise de Tessalit.

    Les troupes de la MISMA sont en cours de déploiement sur le théâtre malien.
    Au 29 janvier 2013, les contingents africains atteignent l’effectif de 2 900 hommes avec notamment plus de 500 Nigériens, près de 400 Togolais, près de 200 Nigérians, plus de 150 Burkinabés, une centaine de Béninois et une cinquantaine de Sénégalais. La MISMA doit à terme mettre sur pied une force de 4 bataillons de 500 hommes chacun ainsi que les appuis et soutiens associés.


    Soutien militaire engagé
    Depuis le début de l'opération Serval, plusieurs pays proposent leur soutien militaire aux forces armées françaises :


    • Belgique : la Belgique met à disposition deux avions de transport C-130 Hercules et deux hélicoptères Agusta A.109BA pour missions d'évacuation médicale hors des zones de combat. Ces aéronefs sont intégrés au dispositif français et passent sous son commandement le 18 janvier 2013, date à laquelle les C-130 belges effectuent leurs premières rotations entre la France et Bamako. Ces missions emploieront environ 80 militaires belges dont 70 doivent être transportés en Côte d'Ivoire par Airbus A330 militaire. Le ministre des Affaires étrangères affirme vouloir «jouer un rôle logistique et de formation».

    • Canada : le Canada met à disposition un C-17 d'abord pour une durée d'une semaine à partir du 15 janvier, puis prolonge la mission jusqu'au 15 février.

    • Danemark : le Danemark annonce la mise à disposition d'un avion de transport en soutien à l'opération militaire française. Un C-130 danois est à la Base aérienne 105 Évreux-Fauville le 15 janvier. Le jeudi 24 janvier, cet appareil a quitté la base d'Évreux pour la Corse, puis s'est envolé le lendemain 25 janvier pour le Sénégal.



    • États-Unis : par la voix du secrétaire à la Défense Leon Panetta, les États-Unis se déclarent le 14 janvier 2013 prêts à fournir à la France un «appui logistique» et une aide en matière de renseignement, et pourraient prêter des drones de surveillance. Le 15 janvier 2013, l'état de rupture des relations diplomatiques entre Bamako et Washington suite au coup d'état du 22 mars 2012 est mentionné par des responsables du Pentagone comme faisant obstacle à une participation militaire immédiate des États-Unis. Le 15 janvier, le président de la commission des affaires étrangères de la chambre des représentants des États-Unis, Ed Royce, se déclare favorable à une aide dans le domaine de la logistique et du renseignement. Le 17 janvier, les États-Unis acceptent d'effectuer jusqu'à 30 rotations d'avions de transport, à charge alors pour la France d'en payer le coût à hauteur d'environ 20 millions de dollars puis finalement, devant les protestations, à titre gracieux. L'aide en avions de ravitaillement en vol et en avions de surveillance demandée par la France reste en suspens. Le 22 janvier, un porte-parole du United States Africa Command déclare que des C-17 américains ont commencé à convoyer du matériel d'Istres à Bamako. Le 26 janvier, le drone d'observation Global Hawk patrouille au-dessus du Mali. Le 27 janvier, les États-Unis déclarent qu'ils acceptent de fournir les moyens de ravitaillement en vol que la France a demandés. Selon une source militaire américaine, il s'agit de trois KC-135 de la base aérienne de Morón. Un premier avion ravitailleur américain participe aux opérations de soutien des opérations aéroportées le 28 janvier. Le porte-parole du département de la Défense des États-Unis, le commandant Rob Firman indique, qu'à la date du 3 février 2013, les C-17 de l'US Air Force ont accompli 30 vols pour transporter quelque 610 hommes et 760 tonnes d'équipement et de provisions. En outre, il annonce que les tankers américains ont effectué neuf missions de ravitaillement et transporté 180 000 litres de carburant au profit de l'aviation française depuis le 27 janvier.

    • Pays-Bas : le 17 janvier, les Pays-Bas déclarent qu'ils offrent déjà un soutien logistique via l'European Air Transport Command et qu'ils envisagent de fournir des avions pour des transports en France ou en Afrique. Les Pays-Bas prévoient la mise à disposition d'un DC-10 et d'un KDC-10.


    • Russie : en sus du soutien diplomatique à l'opération, la France loue des avions Antonov An-124 avec leurs personnels aux compagnies civiles russes Volga-Dnepr Airlines et 224e brigade volante notamment pour convoyer des hélicoptères Cougar. Une source diplomatique russe anonyme rattache cette action au cadre onusien de la MISMA et envisage de fournir au Mali des instructeurs militaires.

    Soutien militaire annoncé


    • Italie : le ministre des affaires étrangères Giulio Terzi di Sant'Agata déclare le 16 janvier que l'Italie est prête à fournir un soutien logistique aux opérations militaires. Le 17 janvier, il est précisé qu'il s'agit de deux avions C130 Hercules et 24 soldats pour l’opération EUTM Mali, cet engagement devant être soumis pour approbation au Parlement de la République italienne. Le 28 janvier, l'Italie annonce que faute d'accord politique entre les différents partis, le pays renonce à envoyer ses avions de transport tactique, et ne peut donc pas participer au soutien militaire de l'opération Serval.

    • Norvège : le ministre des affaires étrangères Espen Barth Eide déclare le 5 février que son pays participera d'au moins une des trois manières suivantes : «Le financement de la force d'intervention africaine, une participation au dialogue national au Mali ou une contribution à une mission européenne.».
    Soutien militaire envisagé

    • Mauritanie : initialement non volontaire pour participer à la force africaine, la Mauritanie pourrait participer à Serval sur demande de Bamako, a indiqué le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz après avoir rencontré François Hollande à Abou Dhabi.
    • MNLA : les touaregs du MNLA se sont dits prêts à aider l’armée française à lutter contre les djihadistes.
    • Pologne : en voyage officiel à Paris le 28 janvier 2013, le président du Conseil des ministres polonais, Donald Tusk, déclare soutenir l'intervention militaire française «depuis le début» et annonce qu'une décision devrait être prise pour assurer un «soutien organisationnel et logistique» aux opérations en cours au Mali, notamment à l'opération Serval.


    A SUIVRE/ Réactions
     
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    Réactions


    Soutien diplomatique


    • ONU : le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon espère que la décision d'intervention du gouvernement français s'inscrira «en accord avec l'esprit» de la résolution 2085 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée en décembre 2012. Le 22 janvier 2013, il réaffirme son soutien à l'opération Serval en saluant la «décision courageuse de déployer des troupes au Mali à la suite de l’avancée préoccupante de groupes extrémistes vers le sud du pays», tout en exprimant son inquiétude quant à un impact de l'opération sur les civils et les droits de l'homme ;
    • Union africaine : le président de l'Union africaine, Thomas Boni Yayi, s'est félicité de la décision de la France d'intervenir militairement au Mali pour repousser les groupes armés islamistes et soutenir les troupes maliennes ;
    • Union européenne : le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, soutient l'opération au titre qu'«il est urgent de stopper les terroristes et d'assister le gouvernement du Mali à retrouver le plein contrôle de son territoire». Le 18 janvier, les ministres des Affaires étrangères de l'UE prévoient de consacrer 50 millions d'euros pour supporter la force d'intervention africaine et de renforcer l'aide au développement à Bamako. Les conditions de cette assistance seront discutées à la réunion des donateurs de la Misma organisée le 29 janvier à Addis Abeba en marge d'un sommet de l'Union africaine.
    • L'OTAN salue «l'action très rapide de la France pour repousser l'offensive des organisations terroristes» ;
    • Dès le vendredi 11 janvier 2013, l'engagement français reçoit le soutien diplomatique des États-Unis, du Royaume-Uni et de l'Allemagne ;
    • Algérie : le 12 janvier 2013 ministère des Affaires étrangères algérien exprime son soutien «sans équivoque» à un appui des troupes françaises auprès des autorités de transition maliennes et décide d'autoriser le survol de son territoire aux aéronefs militaires français ;
    • Russie : le vice-ministre des Affaires étrangères russe déclare le 14 janvier 2013 qu'il considère l'opération «légitime».
    • Maroc : après un entretien téléphonique le 14 janvier entre le roi Mohammed VI et François Hollande, le cabinet royal publie le communiqué : « deux chefs d’État se sont concertés sur la situation au Mali en particulier à la suite des derniers développements enregistrés dans ce pays ». François Hollande a annoncé que le Maroc a autorisé le survol de son territoire par les avions français. Le pays exprime officiellement le 25janvier2013, par la voix de son ministre de l'Intérieur, Mohand Laenser, l'appui «sans réserve» du Maroc à l'intervention française au Mali, tout en ajoutant que «nous considérons que l'intervention française est opportune, pertinente, car elle vise à défendre l'intégrité territoriale du Mali».

    Autres réactions diplomatiques

    • Organisation de la coopération islamique : le 15 janvier, le secrétaire de l'OCI, Ekmeleddin Ihsanoglu a déclaré l'opération «prématurée» et réclamé un cessez-le-feu. Le lendemain, il change sa position et affirme dans un communiqué son «soutien total» à l'opération et sa «solidarité avec la République du Mali» ;

    • Égypte : Après que son ministère des Affaires étrangères ait réclamé «une solution pacifique au conflit» et déclaré la mosquée Al-Azhar compétente pour «éradiquer la rhétorique islamique extrême», le président égyptien Mohamed Morsi a dénoncé l'intervention militaire française;

    • Tunisie : le ministre des Affaires étrangères, Rafik Abdessalem, a marqué son opposition à l'opération : «d'une façon générale, nous sommes contre une intervention étrangère dans tous les cas de figures». Mais après une rencontre le 16 janvier avec l'ambassadeur de France, il dit : «nous savons que l’intervention française a été engagée suite à la demande du pouvoir à Bamako, au Mali. Il y a de réels dangers sécuritaires au Mali qui ne menacent pas seulement ce pays frère, mais également les pays de la région, parmi lesquels la Tunisie», ce que Businessnews.com.tn interprète comme un «changement de cap» et tunisienumerique.com comme un «revirement ».

    • Chine : le porte-parole du ministère des Affaires étrangères affirme le 14 janvier que la Chine «défend toujours les efforts réalisés par le gouvernement malien pour sauvegarder sa souveraineté et son intégrité territoriale» et demande la mise en place «aussi vite que possible» de la force internationale prévue par la dernière résolution de l'ONU ;


    • Turquie : avant le déclenchement de Serval, le 9 janvier, le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, avait déclaré durant une visite au Niger que si la voie diplomatique n'est pas possible, «une intervention [militaire] ne pourrait être considérée que comme un remède de dernière solution». Le 16 janvier, après avoir dit que la Turquie «respecte l'intégrité territoriale et la stabilité politique du Mali», le porte parole du ministère des affaires étrangères Selcuk Unal répond à une question sur l'opération française en disant que «la Turquie ne préfère pas les actions et les opérations unilatérales». Un communiqué du ministère des affaires étrangères du 17 janvier réclame «la mise en œuvre rapide de la Résolution 2085 du Conseil de sécurité des Nations unies», soutient les résolutions de l'OUA et de la Cédéao sur le Mali et fait part de la concertation le même jour entre le ministre des affaires étrangères Ahmet Davutoğlu et le secrétaire de l'Organisation de la coopération islamique Ekmeleddin Ihsanoglu.

    • Émirats arabes unis : évoquant une aide humanitaire, le ministre des Affaires étrangères, Anwar Mohammed Gargash, déclare le 16 janvier : «nous sommes en consultations étroites avec les pays voisins du Mali et les organisations internationales pour rallier les efforts fournissant de l'aide aux citoyens maliens».

    • Libye : soucieux des répercussions sécuritaires en Libye, le ministre des Affaires étrangères, Mohammed Abdulaziz, demande le 24 janvier la mise en place d'une «diplomatie préventive», et envisage l'envoi à terme d'une force de maintien de la paix de l'ONU au Mali après le départ des Français.
    Réactions politiques en France

    La France déclenche l'opération Serval le 11janvier2013 alors que le président François Hollande avait affirmé trois mois jour pour jour auparavant, le 11octobre2012, qu'«on peut donner un appui matériel, on peut former, mais la France n'interviendra pas». Il ajoutait lors d'un entretien donné à des journalistes de France 24, RFI et TV5 Monde qu'«il n’y aura[it] pas d’hommes au sol, pas de troupes françaises engagées».
    Ce renversement politique reçoit un soutien quasi unanime de la classe politique et de l'opinion française. En contraste, il convient de noter les prises de position réservées de Dominique de Villepin et Valéry Giscard d'Estaing à droite et de Noël Mamère (EELV) et Jean-Luc Mélenchon (PG) à gauche ainsi que l'opposition d'Olivier Besancenot (NPA) à l'extrême gauche.
    Dominique de Villepin estime qu'«aucune des conditions de la réussite n'est réunie». Valéry Giscard d'Estaing, tout en approuvant l'arrêt de l'avancée vers Bamako des forces djihadistes, met en garde contre des frappes aériennes qui toucheraient les populations civiles et contre ce qu'il appelle «une évolution (…) de type néo-colonialiste ». Le 16 janvier, Alain Juppé émet des doutes sur la pertinence d'une opération au sol. La direction du NPA (Olivier Besancenot, Philippe Poutou et Christine Poupin) publie, le 21 janvier dans Libération, une tribune dans laquelle ils font part de leur opposition totale à la guerre.
    Pour renforcer la surveillance du territoire face aux menaces terroristes, le plan Vigipirate, déjà au stade rouge de par le passé, est «renforcé».
    Le Premier ministre informe le Parlement le 16janvier2013 du déroulement des opérations. Un nouveau débat devrait avoir lieu le 27 février au Parlement.


    Réactions politiques au Mali


    En septembre 2012, un porte-parole de l'ex-junte déclarait «Nous ne voulons pas de soldats de la Cédéao sur notre sol», tout en accueillant favorablement l'envoi de formateurs et d'appui logistique notamment aérien, puis en décembre 2012, il est rapporté qu'Amadou Sanogo a déclaré à la télévision publique ne pas être «opposé» au déploiement d'une force internationale dans le nord du Mali.
    Le 13janvier2013, en réaction à l'opération Serval, Amadou Sanogo déclare que la France a joué «un rôle capital» aux côtés de l'armée malienne.
    À Kidal, le 24 janvier 2013, un dirigeant d'Ansar Dine, Alghabass Ag Intallah déclare quitter ce mouvement pour fonder un nouveau mouvement nommé «Mouvement islamique de l'Azawad», et réclame un cessez-le-feu et la poursuite des pourparlers entamés avec les diplomaties algérienne et burkinabée, en vue d'une «large autonomie» de l'Azawad.
    L'État d'urgence instauré le 11 janvier est prorogé de trois mois par l'assemblée nationale le 25 janvier.
    À Kidal, le 27 janvier, des manifestants, principalement des femmes, réclament «une solution négociée avec le MNLA».
    Dans un communiqué, le MNLA parle d'exactions de l'armée malienne sur les populations de l'Azawad et critique l'«incapacité» de la France à y faire face.
    L'Assemblée nationale adopte le 29 janvier à l'unanimité une «feuille de route» prévoyant que les élections seront organisées après le recouvrement total de l'intégrité territoriale du Mali, et que les opérations de vote utiliseront la biométrie. Le président par intérim indique le même jour en marge d'une réunion de l'OUA à Addis Abeba qu'il espère organiser les élections avant le 31 juillet 2013.

    SUITE/
    Prise d'otages en Algérie (16 au 19 janvier)


     
  16. titegazelle

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    OPÉRATION SERVAL
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    Suite 3





    Prise d'otages en Algérie
    (16 au 19 janvier)




    [​IMG]
    Description : Map of In Aménas hostage crisis based
    on
    http://www.guardian.co.uk/world/interactive/2013/jan/17/algeria-amenas-gas-field-hostages-interactive.
    Map SVG is from
    http://openstreetmap.org/?mlat=27.9l;mlon=9.12 © OpenStreetMap contributors.
    Date : 2013-01-23 13:38 (UTC)
    Source : Ce fichier est dérivé de : World_map_-_low_resolution.svg World map - low resolution.svg
    Auteur : World_map_-_low_resolution.svg: Al MacDonald [1]/ twitter account @F1LT3R derivative work: Cmglee
    Ce fichier est disponible selon les termes de la licence

    Creative Commons paternité – partage à l’identique 3.0 (non transposée)

    _____________________________

    Au matin du
    16janvier2013, soit cinq jours après le début de l'opération Serval, un groupe islamiste prend en otage plus de 700 personnes, essentiellement de nationalité algérienne, mais aussi une quarantaine d'Occidentaux de nationalités norvégienne, japonaise, française, américaine et britannique travaillant sur une plateforme gazière co-exploitée par BP, Statoil et Sonatrach à In Amenas, dans le sud-est de l'Algérie, proche de la frontière libyenne. Les ravisseurs, au nombre d'une trentaine, se revendiquent de la katiba de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, récemment destitué d'Al-Qaida au Maghreb islamique, baptisée brigade Al-Mouthalimin. Ils réclament, entre autres, «l'arrêt de l'agression au Mali» et menacent de faire exploser le site si les forces armées algériennes qui encerclent la plateforme ne se retirent pas.
    Toutefois, il apparaît que la prise d'otages a été préparée bien avant le déclenchement de l'opération française au Mali et que la demande de l'arrêt de cette action est seulement opportuniste.


    Le 17 janvier dans l'après-midi, l'Armée algérienne a lancé l'assaut sur la plateforme gazière.

    Le 18 janvier, les services de sécurité algérien publie un nouveau bilan : 573 Algériens et près de 100 des 132 otages étrangers auraient été libérés. Le site n'est pas entièrement sécurisé et les combats se poursuivent.
    La prise d'otages s'est terminée le 19 janvier au matin après un assaut des forces algériennes sur le dernier réduit des assaillants.
    Selon le premier ministre algérien,
    Abdelmalek Sellal, lundi 21 janvier, trente-sept étrangers de huit nationalités différentes (dont un Français, trois Américains, deux Roumains, trois Britanniques, six Philippins et sept Japonais) ont été tués de même qu'un Algérien, la plupart exécutés «d'une balle dans la tête». Cinq étrangers sont toujours portés disparus après l'attaque.


    _______________________________
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    Source : Article Opération Servalde Wikipédia en français (auteurs)
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    _______________________________



    Pour en savoir plus sur la prise d’otages en Algérie :
    Prise d'otages d'In Amenas
    Mokhtar Belmokhtar.
    _______________________

    SUITE/
    Chronologie des événements
     
  17. titegazelle

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    Chronologie des événements



    [​IMG]
    Carte de la rébellion touareg à l’Azawad, au nord du Mali
    indiquant attaques des rebelles au 5 avril 2012
    Description : Carte du conflit au nord du Mali
    Date : sans
    Source : Travail personnel
    Cette image vectorielle contient des éléments, éventuellement modifiés, qui ont été extraits de :
    Source SVG image Mali relief location map.jpg (par Carport).

    Cette image vectorielle contient des éléments, éventuellement modifiés, qui ont été extraits de :
    Source SVG image Mali2 location map.svg (par NordNordWest).

    Auteur : Orionist
    Ce fichier est disponible selon les termes de la licence
    Creative Commons paternité – partage à l’identique 3.0 (non transposée).
    ________________________​

    [TABLE="class: infobox_v2"]
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    [/TR]
    [TR]
    [TD="class: infoboximage, align: left"][/TD]
    [/TR]
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    [TH="class: infoboxsoustitre, align: center"]Informations générales[/TH]
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    [TH]Date[/TH]
    [TD]Depuis le 11janvier2013
    (1 mois et 6 jours)

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    [/TR]
    [TR]
    [TH]Lieu[/TH]
    [TD]Azawad
    [​IMG]16°16′00.00″N 00°03′00.00″O
    [/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD]Casus belli[/TD]
    [TD]Offensive vers le sud des djihadistes d'Ansar Dine, du MUJAO et d'AQMI à partir du 9 janvier 2013.
    [/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TH]Issue[/TH]
    [TD]En cours
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    [TR]
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    [TR]
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    Belligérants
    [/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="width: 50%, align: left"][​IMG]France
    [​IMG]Mali[/TD]
    [TD="width: 50%, align: left"][​IMG] Islamistes :

    [/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="class: infoboxsoustitre, colspan: 2, align: center"]
    Commandants
    [/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="width: 50%, align: left"][​IMG]François Hollande
    (président de la République française)
    [​IMG]AmiralÉdouard Guillaud
    (chef d'état-major des armées)
    [​IMG]Général de brigadeGrégoire de Saint-Quentin
    (commandant de l'opération Serval)
    [​IMG]Général de brigadeBernard Barrera
    (commandant des opérations terrestres)
    [​IMG]ColonelLaurent Rateau
    (commandant de la composante aérienne)
    [​IMG]Dioncounda Traoré
    (président de la République du Mali)
    [​IMG] Colonel-major Ibrahim Dahirou Dembele

    (chef d'état-major général)

    [/TD]
    [TD="width: 50%, align: left"][​IMG]Iyad ag Ghali
    (leader d'Ansar Dine)
    [​IMG] Abdel Krim
    (haut responsable d'Ansar Dine, tué par une frappe aérienne française)
    [​IMG]Omar Ould Hamaha
    (leader du MUJAO)
    [​IMG]Abdelmalek Droukdel
    (leader d'AQMI)

    [/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="class: infoboxsoustitre, colspan: 2, align: center"]
    Forces en présence
    [/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="width: 50%, align: left"][​IMG]Armée de l'air française

    [​IMG]Marine nationale (Aviation navale)

    [​IMG]Armée de terre

    [​IMG]COS

    • 250 à 300 commandos en provenance de toutes les unités du COS
    • Plusieurs hélicoptères du 4[SUP]e[/SUP] RHFS
    [​IMG]Direction du renseignement militaire

    [​IMG]Gendarmerie nationale

    Soutien de forces combattantes :
    [​IMG]Union africaine et CEDEAO :


    [​IMG]Armée nationale tchadienne

    Soutien logistique, renseignement, aide médicale et/ou humanitaire :
    [​IMG]Royal Air Force


    [​IMG]Royal Canadian Air Force

    [​IMG]Composante air

    [​IMG]Luftwaffe

    [​IMG]Flyvevåbnet

    [​IMG]Ejército del aire


    • instructeurs
    [​IMG]Royaume-Uni
    [​IMG]États-Unis

    Soutien de formation :
    [​IMG]Union européenne :



    Autres soutiens :

    [​IMG]Russie
    [​IMG]Algérie
    [SUP]

    [/SUP][/TD]
    [TD="width: 50%, align: left"][​IMG] Islamistes :

    • 5 000 à 10 000 combattants (Ansar Dine)
    • 1 000 combattants (AQMI)
    • 500 combattants (MUJAO)
    [/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="class: infoboxsoustitre, colspan: 2, align: center"]
    Pertes
    [/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="width: 50%, align: left"][​IMG]France :

    • 1 pilote de Gazelle du 4[SUP]e[/SUP] RHFS tué
    • 2 hélicoptères Gazelle endommagés
    [​IMG]Mali :

    • 11 à 58 morts (Konna)
    • 5+ morts (Diabaly)
    • 4 morts (mines)
    • 11 civils à Konna dont 3 enfants
    • 1 blessé (Gao)
    [/TD]
    [TD="width: 50%, align: left"][​IMG] Islamistes
    200+ morts

    • ~ 46 à 101 morts (Konna)
    • ~ 50 morts(Diabaly)
    • ~ 85 morts(Gao)
    • 72 véhicules détruits
    [/TD]
    [/TR]
    [/TABLE]
    [/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="class: infoboxsoustitre, align: center"]
    Conflit malien de 2012-2013
    [/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD="class: infoboxsoustitre, align: center"]Batailles[/TD]
    [/TR]
    [TR]
    [TD]Rébellion touarègue de 2012 :
    Ménaka (1[SUP]re[/SUP])Aguel'hoc - TinzawatèneTinsalaneGoumakoura -
    Tessit
    - Fatélé - TessalitSoudereTin-Hama - Kidal


    Coup d'État militaire de 2012 au Mali
    Djicoroni

    Conflit entre islamistes et touaregs :
    Gao (1[SUP]re[/SUP])
    - Tagarangabotte - Ménaka (2[SUP]e[/SUP])

    Opération Serval :
    Konna
    DiabalyGao (2[SUP]e[/SUP])Gao (3[SUP]e[/SUP])[/TD]
    [/TR]
    [/TABLE]



    FIN
     
  18. titegazelle

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    Dans les coulisses
    de la gestion de crise au Mali


    Du président de la République aux soldats sur le terrain, du ministre de la Défense aux stratèges militaires, de Paris à Bamako et Tombouctou. Document exclusif sur la gestion de la crise au Mali.

    Décryptage de la chaîne de commandement.
    Quels sont les objectifs de l’intervention et comment se définit la communication en temps de guerre ?

    Un reportage du
    31/01/2013 d’Anouk Burel, Alexandra Deniau, Jean-Marc Nouck Nouck et Pierre Jean Perrin
    __________________________________

    Il ne faut pas prendre à la lettre
    ce que racontent certains médias occidentaux
    car ils ont tendance à diaboliser tout ce qui touche à l'Islam.
    __________________________________






     
  19. titegazelle

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