Manifestation de Casablanca, une marche à "caractère politique"

Discussion dans 'Info du bled' créé par titegazelle, 4 Avril 2014.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Le ministre de la Communication Mustapha El Khalfi, a indiqué, jeudi à Rabat, que la manifestation annoncée par trois centrales syndicales, le 6 avril à Casablanca, revêt un "caractère politique".


    S’exprimant lors d’un point de presse tenu à l’issue du Conseil de gouvernement, M. El Khalfi a affirmé que "les syndicats avaient adressé un mémorandum au gouvernement que l’Exécutif a traité avec transparence et responsabilité".

    Après avoir rappelé que "le Maroc a traversé des étapes importantes dans le domaine des libertés syndicales", le ministre a souligné que "le gouvernement a formulé des réponses précises à l’ensemble des revendications", estimant que "ces revendications sont nombreuses et certaines d’entre elles paraissent irréelles".
    Faire face aux défis sociaux


    Et le ministre de rappeler que le gouvernement avait pris l'initiative de convier les centrales syndicales aux sessions de dialogue social, afin de traiter toutes ces questions d'autant plus que les départements ministériels viennent de finaliser leurs réponses, insistant sur le fait que le gouvernement considère le Dialogue social comme "un mécanisme politique pour faire face aux défis sociaux" qui se posent pour le Maroc.

    L'Union marocaine du travail (UMT), la Confédération démocratique du travail (CDT) et la Fédération démocratique du travail (FDT) avaient appelé à l'organisation d'une marche, le 6 avril à Casablanca, pour dénoncer la dégradation des conditions sociales et économiques de la classe ouvrière.


    Crédit image : Une marche en protestation contre la vie chère | Ph: Idrissi Mohsine

    Menara / 04.04.2014 : 10h06
    Manifestation de Casablanca, une marche à "caractère politique" | Portail Menara.ma
     
  2. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Miloudi Moukharik :
    la marche du dimanche est éminemment syndicale


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    Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’UMT


    «La marche du 06 avril n’a pas de vocation politicienne» récuse avec force le secrétaire général de l’UMT, Miloudi Moukharik lors d’un entretien exclusif accordé à Menara.

    «Après avoir épuisé tous les moyens de persuasion et de dialogue avec le gouvernement, les trois centrales syndicales l’UMT, la CDT et la FDT ont pris l’initiative d’organiser cette marche nationale de protestation». Les propos sont de Miloudi Moukharik secrétaire général de la l’UMT.

    Il affirme dans un entretien exclusif avec Menara.ma que les trois centrales syndicales ont toujours recherché la meilleure manière d’aller vers une saine conception du dialogue avec le gouvernement.

    Dans cet esprit Moukharik rappelle que les centrales syndicales ont adressé le 11 février 2014 un mémorandum commun qui décline de manière responsable l’essentiel de leurs revendications avec un échéancier précis allant à fin du mois de mars 2014.

    La marche, un acte citoyen responsable

    Moukharik regrette que le gouvernement n’ait pas saisit cette initiative à sa juste valeur. Il affirme par ailleurs que l’organisation de cette marche nationale à l’initiative des trois centrales syndicales est un acte citoyen responsable. Il aurait été problématique que cette demande sociale ne soit pas prise en charge par les syndicats et laisser ainsi le terrain vide à des forces occultes qui auraient squatté l’espace de la revendication sociale selon des agendas autres.

    La réaction du porte-parole du gouvernement nous rappelle les années de plomb
    A la question de savoir si la marche du 06 avril est éminemment politique comme cela a été affirmé par le porte parole du gouvernement, le secrétaire général de l’UMT répond sans ambages : «notre marche du dimanche procède d’une démarche purement syndicale. Et quand le porte-parole du gouvernement la qualifie de marche politique ou instrumentalisée à des fins politiciennes, cela nous rappelle l’ère qui prévalait durant les années 60, 70 et 80 du siècle dernier».

    «El Khalfi commet un impair grave»

    Cette appréciation n’a qu’une signification à notre avis, celle de faire peur à l’instar des années de plomb quand politique voulait dire subversif. Quand M. El Khalfi s’aventure sur ce terrain il commet un impair grave et se trouve en décalage avec les évolutions que le Maroc a connu depuis lors en adoptant une posture offensive fondé sur le sentiment de faire peur ».

    Pour Moukharik les revendications légitimes portées par les trois centrales syndicales sont purement sociales et il ne saurait y avoir aucun amalgame de quelque nature que se soit.

    «Notre décision commune d’organiser la marche est exécutoire ce dimanche»

    A la question de savoir si l’appel à la marche pouvait être reporté si le gouvernement invite les trois centrales à un dialogue, Moukharik est catégorique : notre décision commune d’organiser la marche est exécutoire ce dimanche. Elle aura bien lieu. Cela dit je vous informe que nous avons reçu lundi 31 mars un simple fax laconique signé de la main du Chef du gouvernement sous la forme d’une convocation administrative pour le mardi 13 avril 2014. Nous avons été désagréablement surpris par la forme et le contenu de cette convocation. Nous considérons qu’il s’agit là d’un manque de tact de la part du gouvernement et d’un manque d’égard pour les centrales syndicales sensé être un partenaire fondamental dans la gestion des affaires sociales. »

    «Nous ne sommes pas dans une logique de confrontation»

    Les trois centrales syndicales réunies dans le cadre de cette marche devront tenir une séance d’évaluation de la marche du 06 avril afin d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

    Cependant Miloudi Moukharik a tenu à garder une perspective optimiste en espérant que « le gouvernement saisisse cette main tendue des centrales syndicales. Nous ne sommes pas dans une logique de confrontation, tout au contraire nous sommes dans une posture de dialogue fécond car les enjeux sont beaucoup plus grands. Il s’agit pour nous de l’intérêt bien compris de notre pays. Nous avons toujours présent à l’esprit l’intérêt suprême de la nation qui ne souffre d’aucun genre de surenchère.


    Menara.ma / Entretien réalisé par Driss AISSAOUI / 04.04.2014 : 17h20
    Miloudi Moukharik : la marche du dimanche est éminemment syndicale | Portail Menara.ma
     
  3. popo40

    popo40 Accro

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    Un mécanisme politique pour faire face aux défis sociaux , tout en reprochant aux syndicats une marche à caractères politique, monsieur le ministre de la communication ne cherche t'il pas tout simplement des alliances dans un seul but de fragiliser la contestation? ces syndicats en question sont ils vraiment sincère et apolitique?
     
  4. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Au lieu d'être matures, tous ces partis et syndicats (envers qui j'ai tout le respect) font trop de manifestions sans jamais exprimer une solution aux problèmes qui se posent.
    Manifester pour manifester sans proposer aucune alternative, c'est tout simplement "un coup d'épée dans l'eau."
     
  5. popo40

    popo40 Accro

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    ce comportement porte atteinte à la compétitivité et l'envie de travailler, pire encore ces agissements ne sont sont qu'un levier qui bloque toute évolution et fait peur aux investisseurs et financiers étrangers, une copie des syndicats francais....
     
  6. Med Omar

    Med Omar MoUl DéTaILS-GaRoU PiPaS Membre du personnel

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    Casablanca : une marche nationale contre la politique du gouvernement Benkirane

    Une marche ouvrière nationale initiée à l'appel de trois centrales syndicales, à savoir l'Union marocaine du travail (UMT), la Confédération démocratique du travail (CDT) et la Fédération démocratique du travail (FDT), a été organisée dimanche à Casablanca pour protester contre "la dégradation" des conditions sociales et économiques de la classe ouvrière et des salariés.
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    La marche, placée sous le signe "une marche nationale de protestation pour la défense du pouvoir d'achat, la dignité, la liberté et la justice sociale", a vu la participation des leaders desdits syndicats, d'acteurs politiques et associatifs ainsi que des représentants d'organisations syndicales sectorielles basées dans différentes régions.

    Les participants à la marche, des milliers de personnes, ont scandé des slogans contre "le blocage" du dialogue social, le "retard" accusé par le gouvernement quant au règlement des questions et préoccupations des salariés et travailleurs, dénonçant "l'indifférence" de l'exécutif face aux "revendications justes et légitimes de la classe ouvrière", ainsi que "le manque d'une volonté réelle" d'ouvrir des négociations collectives devant déboucher sur des accords concrets au profit de la classe ouvrière.

    Les manifestants ont déployé des banderoles appelant, entre autres, à apporter des solutions aux dossiers en suspens, appliquer dans sa totalité l'accord du 26 avril 2011, protéger les libertés syndicales, associer les travailleurs à la réforme du système de la retraite et de la caisse de compensation et préserver le pouvoir d'achat de la classe ouvrière.

    Dans son intervention, le Secrétaire Général de l'UMT, Miloudi Moukharik, s'est d'emblée félicité du "succès" de cette marche de protestation qui a réuni des représentant de tous les secteurs d'activités venus de toutes les régions du Royaume, à leur tête les provinces du sud, relevant que les revendications de la classe ouvrière sont légitimes et portent sur l'augmentation des salaires, la préservation du pouvoir d'achat, la majoration du SMIG et sa généralisation aux ouvriers du secteur agricoles, ainsi que la revalorisation des pensions de retraite, la généralisation de la couverture sociale, la révision et la réactivation du code de travail et la protection des libertés syndicales.

    Tout en appelant le gouvernement à reprendre le dialogue social, il a fait remarquer que la marche de Casablanca a eu des échos aux niveaux national et international comme en témoigne le niveau de participation et les messages de soutien adressés, selon lui, aux centrales syndicales par différentes organisations syndicales internationales.

    Pour sa part, le secrétaire général adjoint de la CDT, Abdelkader Zair a appelé le gouvernement à "tirer les enseignements de cette marche ouvrière qui constitue un message de la classe laborieuse au chef du gouvernement appelé aujourd'hui à répondre aux revendications de cette classe à travers la négociation et la satisfaction de ses revendications", ajoutant que le chef de l'exécutif "doit donner l'exemple en adoptant une politique d'austérité au lieu de demander à la classe ouvrière de faire cet effort".

    Le secrétaire général de la FDT, Abderrahmane Al Azzouzi a, quant à lui, mis l'accent sur "l'importance de cette étape de lutte pour réaliser l'unité syndicale et renforcer la capacité de la classe ouvrière à relever les défis en vue de faire aboutir ses revendications justes", invitant le gouvernement à "faire une lecture saine et positive du message que lui adresse aujourd'hui l'ensemble des fonctionnaires et salariés, et à reprendre de manière sérieuse et responsable le processus des négociations relatif aux dossiers revendicatifs". "les travailleurs, a-t-il poursuivi, aspirent à un dialogue réel et non de forme, devant déboucher sur des résultats à la hauteur des attentes de la classe ouvrière".

    Il a par ailleurs souligné que cette marche a bénéficié d'un grand soutien de la part des organisations de la société civile et politique nationales.

    De son côté, M. Abdelali Mastour, acteur associatif et président du club de la citoyenneté, a indiqué que cette marche vise à rappeler au gouvernement ses engagements et ses responsabilités sociales à l'égard des travailleurs et de la classe ouvrière, ajoutant que cette manifestation a été marquée par la coordination entre les syndicats et une présence populaire, à travers la participation de plusieurs acteurs sociaux civils venus appuyer les revendications sociales et les droits des travailleurs.

    Il a relevé, à cet égard, les "manquements" du gouvernement quant à la mise en oeuvre de la constitution et l'application de ses dispositions et la lutte contre la corruption via l'adoption d'une stratégie nationale et des mécanismes et institutions clairs, outre une mobilisation populaire. Ces "manquements", a-t-il dit, apparaissent aussi en ce qui concerne les engagements de l'exécutif à l'égard des catégories sociales, de la protection de leurs droits et de la garantie d'une vie digne pour les citoyens.

    La présidente de la Fédération de la Ligue démocratique des droits des femmes et coordinatrice de la Coalition civile pour l'application de l'article 19 de la Constitution, Fouzia Assouli, a pour sa part indiqué que la participation d'organisations féminines à cette marche traduit leur soutien à la classe ouvrière qui compte un grand nombre de femmes victimes de différentes formes de violence et de discrimination.

    Lors d'une conférence de presse tenue en mars dernier, les trois centrales syndicales avaient indiqué que l'organisation de cette marche est une manière d'"assumer leur responsabilité historique vis-à-vis de la classe ouvrière en s'acquittant pleinement des rôles social et politique qui leur incombent" et illustre leur "engagement patriotique" et "leur sens élevé de responsabilité en ce qui concerne le traitement du dossier social".
    MAP
    www.lavieeco.com
     
  7. Med Omar

    Med Omar MoUl DéTaILS-GaRoU PiPaS Membre du personnel

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    Une marche à trois, l’UGTM fait bande à part...

    Le gouvernement promet, sous la pression du PPS et du RNI, de reprendre le dialogue social, mais après la marche. L’UGTM, laissée sur la touche, organise sa propre marche, le même jour dans la même ville. Après la marche, si le dialogue n’aboutit pas, des grèves sectorielles seraient la phase suivante.
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    Comme il fallait s’y attendre, les syndicats passent donc à la vitesse supérieure. Après une mise en garde, un mémorandum adressé au chef du gouvernement, un autre avertissement, ils décident de battre le pavé. Une marche programmée pour ce 6 avril est inéluctable. Après ? Sans doute, des grèves sectorielles pour enfoncer le clou. Une grève générale, vu la conjoncture nationale et régionale, est exclue de facto. «Personne ne peut s’amuser à paralyser le pays par une grève générale en cette période critique», estime cet observateur. La teneur de leurs communiqués et déclarations le montre, les centrales syndicales ne sont pas près de baisser les bras. A moins que le chef du gouvernement ne se décide à s’asseoir avec eux autour de la table des négociations. C’est d’ailleurs l’option pour laquelle il penche actuellement, assurent des sources proches du gouvernement.
    Le dialogue social, en stand-by depuis l’avènement de l’actuel Exécutif, reprendrait vraisemblablement ce mois d’avril. Les syndicats auront gagné une bataille en forçant l’intraitable chef du gouvernement à revenir à la table des négociations. Ce qui est un exploit après que les deux parties aient échoué, à plusieurs reprises, à reprendre langue. La dernière tentative remonte à début décembre 2013, lorsque le chef du gouvernement a invité les centrales syndicales les «plus représentatives» à des «concertations» autour du dossier de la réforme des caisses des retraites. Invitation que les syndicats ont déclinée, arguant qu’ils ne voulaient pas «faire de la configuration». Quant au dialogue social, pourtant institué par son prédécesseur Abbas El Fassi, il n’a jamais vraiment repris sous le gouvernement Benkirane.
    Il y a bien eu des prises de contact, fin 2012, entre le chef du gouvernement et les centrales syndicales, mais jamais une reprise sérieuse du dialogue. Aujourd’hui, le chef du gouvernement, après la fâcheuse expérience avec l’Istiqlal, s’essaie aux vertus du dialogue. A moins que ce ne soit un stratagème pour calmer les esprits. Il faut dire que le gouvernement s’apprête à faire une série d’annonces à l’occasion de la rentrée parlementaire. De quoi faire de l’ombre à ses adversaires politiques et par la même occasion diluer l’effet de la marche des syndicats. Abdelilah Benkirane table également, confie-t-on, sur une faible participation à cette marche, ce qui devrait lui permettre de négocier dans des conditions plutôt confortables. Sa position aurait été autre s’il négociait sous la pression et dans la perspective d’une marche populaire.

    La politique n’est jamais loin
    Quelles que soient les intentions du gouvernement, Abdeslam Seddiki, ministre de l’emploi et des affaires sociales, multiplie les sorties médiatiques pour rassurer l’opinion publique et dire combien le gouvernement est disposé à reprendre les négociations avec les syndicats et les autres partenaires sociaux. Il va même un peu plus loin en assurant que le mémorandum remis par les trois centrales au chef du gouvernement, le 11 février, «pourrait très bien servir de base pour les futures négociations». Pour toute réponse, les centrales syndicales maintiennent leur marche. Une marche qu’elles veulent, d’ailleurs, dénuée de toute motivation politique.
    Cela se dégage aussi bien dans l’ensemble des communiqués et déclarations sanctionnant les rencontres des trois centrales, mais aussi dans leur propre attitude. En gros, les syndicats remercient les forces politiques qui ne cessent de les appuyer dans leur action mais tiennent à l’autonomie et l’indépendance de leur décision.
    Tout le monde sait combien le parti de l’USFP s’est investi, depuis plusieurs mois, dans le rapprochement historique entre la CDT et la FDT. De même que la récente rencontre entre le Premier secrétaire de l’USFP et le staff dirigeant de l’UMT est qualifiée d’exploit tout aussi historique. La dernière prise de contact entre les deux entités remonte aux années 60, soit avant même la création de l’USFP, elle-même. Bref, c’est pour dire que «l’action syndicale, quels que soient sa portée et ses objectifs, n’a jamais été dissociée de l’action politique.
    L’un ne va jamais sans l’autre», comme l’affirme cet observateur. Cependant, encore une fois, les trois centrales tiennent à ne pas donner à leur action une couverture politique. Encore moins permettre à une quelconque formation d’en tirer profit pour conforter son positionnement sur l’échiquier politique. La mise sur la touche de la centrale affidée à l’Istiqlal, l’UGTM, en est une autre preuve. Le syndicat, toujours chapeauté, dans les faits, par Hamid Chabat- bien qu’officiellement c’est un comité directoire qui le dirige en attendant son prochain congrès- ne cesse d’affirmer non seulement son soutien mais son adhésion totale à la manifestation du 6 avril.
    Du moins pour le principe. Cela ne lui permet toutefois pas d’apporter son paraphe aux communiqués conjoints des trois centrales, l’UMT, la CDT et la FDT, relatifs à cette manifestation et, de facto, en faire partie. De sources syndicales, l’on craint que la manifestation soit détournée à des fins politiques et plus précisément pour servir de moyen de pression pour l’Istiqlal de Hamid Chabat dans sa bataille contre Abdelilah Benkirane. Les syndicats sont intraitables sur ce point. Leur action est voulue contre le gouvernement et non contre un quelconque parti politique, fût-ce celui du chef du gouvernement. De même, pour reprendre les termes de ce syndicaliste, les trois centrales n’ont jamais apprécié les positions prises, par le passé, par l’UGTM sous le gouvernement Abbas El Fassi. Hamid Chabat qui portait alors la seule casquette syndicale est même allé jusqu’à déclarer «Journée nationale du travail», un jour de grève décrétée par les autres centrales.

    Tout repose sur la participation
    De plus, alors que les trois centrales se limitent à des revendications d’ordre purement social (encadré), l’UGTM, elle, fait dans le mélange des genres. Le syndicat marchera pour protester contre «le manque du sens de la gestion du développement stratégique chez le gouvernement, le renoncement de l’Exécutif à la lutte contre la corruption et la prévarication, le retard de la mise en œuvre saine de la Constitution ...», pour ne citer que ces quelques points parmi une quinzaine que compte le communiqué d’appel à la manifestation. Manifestation, qui, rappelons-le, bien qu’elle ait lieu le même jour dans la même ville, partira de Derb Soltane, soit à quelques centaines de mètres de la place de la Victoire, point de départ de la marche des autres syndicats.
    Outre l’UGTM, le bras syndical du «défunt» parti socialiste (le PS absorbé récemment par l’USFP), l’ODT, veut, elle, faire cavalier seul. Cette petite centrale qui s’est distinguée en s’offrant une antenne dédiée aux travailleurs émigrés originaires de l’Afrique subsaharienne, vient de rendre public son propre programme contestataire. L’ODT annonce sa marche à elle pour le 20 avril, suivie d’une grève générale dans la fonction publique et les collectivités locales, le 15 mai. D’autres syndicats (il en existe actuellement 28 reconnus par l’État) ont assuré leur soutien à la marche des trois centrales. Seul l’UNTM est contre cette marche pour des raisons évidentes. Le syndicat affidé au PJD, dont il partage d’ailleurs la matrice, le MUR en l’occurrence, ne peut se permettre une telle infidélité au gouvernement conduit par le PJD. Mohamed Yatime, patron de l’UNTM, siège, en effet, au même titre que certains membres PJD du gouvernement au bureau exécutif du Mouvement unicité et réforme.

    Un accord avant le 1er Mai ?
    Question : qu’adviendra-t-il après cette marche? Tout dépend du nombre des participants. Ce sera un baromètre pour mesurer la pression sociale suite aux dernières décisions considérées comme impopulaires du chef du gouvernement. La marche devrait également donner une idée sur l’ampleur de la classe sociale touchée par ces mesures. Les analystes politiques estiment, par ailleurs, que de telles manifestations peuvent se révéler bénéfique pour la société vu qu’elles permettent d’évacuer la pression sociale engendrée par la crise économique.
    Du côté du parti au pouvoir, l’on espère que cette manifestation mobilise peu de monde. Cela serait considéré comme un signe de popularité du chef du gouvernement et de son parti. C’est sans doute pour cette raison que le chef du gouvernement, confie cet observateur, attend d’abord de «voir ce que pèsent vraiment ces syndicats en termes de capacité de mobilisation des masses avant d’entamer un quelconque dialogue».
    Rendez-vous donc est fixé pour la mi-avril. Ainsi, le chef du gouvernement devrait recevoir, durant tout ce mois et de manière individuelle, les cinq centrales les plus représentatives. Pour en arriver là, expliquent des sources de la majorité, il a fallu que les patrons du PPS et du RNI pèsent de tout leur poids pour pousser le chef du gouvernement à changer d’avis. Certes, celui qui dit ne pas vouloir «plier face au chantage» n’est, semble-t-il, pas près d’entrer dans une confrontation avec les centrales syndicales au moment où il entame la seconde moitié de son mandat. Mais il n’aurait pas apprécié le manque de patience chez les syndicats auxquels il a pourtant promis de plancher sur leurs revendications dans une réponse à leur mémorandum.
    Cela dit, le PPS n’a, par ailleurs, jamais cessé d’appeler le chef du gouvernement à reprendre langue avec les syndicats. Même le secrétariat général du PJD, le propre parti du chef de l’Exécutif, s’est fendu, le 26 mars dernier, d’un communiqué dans lequel il se joint à cet appel. Concrètement, si tout va bien, la reprise du dialogue social est donc prévue à partir du 15 avril. Il s’agit d’une première prise de contact, des pourparlers préliminaires qui devraient donner suite à de véritables négociations dès le prochain round qui aura lieu également au courant de ce mois.

    Une série d’annonces pour noyer la marche
    Le gouvernement espère arriver à un accord avec les syndicats avant la fin du mois et donc avant le 1er Mai. Il n’est pas exclu qu’il veuille ainsi couper l’herbe sous les pieds de l’opposition dont deux principales composantes, l’USFP et l’Istiqlal, prévoient des manifestations communes pour le jour de la fête du travail.
    De toutes les manières, l’on assure auprès de sources gouvernementales que ce dernier dispose déjà d’une réponse à toutes les revendications des trois centrales syndicales initiatrices de la marche. «Le mémorandum des trois centrales syndicales ne comporte pas de revendications rédhibitoires. Et il y a une volonté de trouver un terrain d’entente entre toutes les parties», pour reprendre les termes du ministre de l’emploi et des affaires sociales.
    Le gouvernement tient toutefois à assurer qu’il est aussi indispensable de prendre en compte les propositions du patronat sur certains points. N’est-ce pas la CGEM qui a, elle-même, insisté sur la participation des syndicats dans le processus du développement, à travers justement l’institution du dialogue social, lors d’une récente étude consacrée à ce sujet. Ce qui a incité certains membres de la majorité, le PPS notamment, à appeler la Primature à reprendre, sans plus tarder, attache avec les syndicats. Les négociations porteront, bien sûr, sur les engagements de l’Accord du 26 avril 2011 non encore honorés, mais aussi sur deux questions essentielles : la loi organique portant conditions et modalités d’exercice du droit de grève (art. 29 de la Constitution) et la loi organique relative aux syndicats (art. 8 de la Constitution).
    Cette reprise des négociations, si elle est effective, intervient au moment où le chef du gouvernement dispose de plusieurs cartes à la main. D’abord la signature d’une nouvelle charte de la majorité en grande pompe, prévue pour le 10 avril, soit la veille de l’ouverture de la session parlementaire de printemps. Une nouvelle charte donc, mais pas uniquement cela. La majorité se dote également d’une stratégie d’action au gouvernement et au Parlement pour le restant de son mandat. Tout cela sera décliné lors d’une rencontre entre les directions des partis de la majorité et leurs groupes parlementaires.
    A l’ouverture de la session d’avril, et juste après l’élection d’un nouveau président de la première Chambre, Abdelilah Benkirane présentera un bilan de son action, que le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement a déjà pris la peine de diffuser notamment auprès des principaux organes de presse, et le très attendu programme gouvernemental de la deuxième moitié de son mandat ou ce qui a été communément appelé «Priorités du gouvernement». Ce n’est pas tout, la stratégie de la promotion de l’emploi élaborée par les services du ministre PPS, Abdeslam Seddiki, sera également dévoilée presque en même temps tout comme une nouvelle stratégie portant sur l’industrie du ministre de tutelle. Une série d’annonces qui pourraient bien reléguer au second rang la sortie dominicale des centrales syndicales.

    Mais, que veulent les syndicats ?
    L’appel à la manifestation diffusé depuis le début de la semaine par les trois centrales, l’UMT, la CDT et la FDT, comporte neuf points. Tous sont des revendications à caractère purement social. La première des revendications est que le gouvernement «cesse de porter atteinte au pouvoir d’achat de la masse salariale et des citoyens en général». Cela bien sûr en procédant à une augmentation des salaires, du SMIG et des pensions de retraite. Le gouvernement est également sommé d’honorer les engagements pris par son précédent dans le cadre de l’Accord du 26 avril. Le respect des libertés syndicales vient en 4e position sur la liste des revendications syndicales.
    Après, ce sont les demandes habituelles: généralisation de la couverture sociale, renforcement de la couverture médicale des salariés, respect effectif du code de travail et obligation des entreprises à déclarer leur salariés auprès de la CNSS. Pour innover, les syndicats somment le gouvernement de trouver de l’emploi aux diplômés, particulièrement ceux porteurs de diplômes supérieurs. Ils exigent également de mettre fin au travail saisonnier, précaire et au travail par intérim. Enfin, et c’est vraisemblablement une touche de l’UMT, championne en la matière, les trois centrales appellent le gouvernement à promouvoir la culture des conventions collectives.
    Bien sûr, toutes ces revendications devraient être traduites en contrats clairs et responsables, mais surtout opposables à toutes les parties. Pour l’UGTM, les revendications d’ordre social sont largement saupoudrées d’une dose de positions politiques. Le syndicat s’inscrit dans la droite ligne de confrontation de l’Istiqlal avec le chef du gouvernement et son parti.
    Tahar Abou El Farah. La Vie éco
    www.lavieeco.com
     

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