Manuel Chavez président de l'Andalousie

Discussion dans 'Info du bled' créé par oisis73, 13 Novembre 2006.

  1. oisis73

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    «Les problèmes dus à l'émigration illégale vont au-delà du cadre hispano-marocain»
    INTERVIEW • Manuel Chavez Gonzalez
    Pour le Sahara, il faut un accord qui satisfera les parties dans le cadre des Nations Unies

    Comment expliquez-vous que même dans les moments de crise entre Rabat et Madrid les relations du Maroc avec le Gouvernement de l'Andalousie ont toujours été excellentes ?


    Je distinguerais deux plans: d'une part, même si c'est sûr que les relations entre le gouvernement de l'Andalousie et le gouvernement du Maroc ont toujours été bonnes, même aux moments compliqués ; elles ne peuvent être pleinement fructueuses que dans un contexte de bon voisinage entre l'Espagne et le Maroc. D'autre part, les bonnes relations entre le gouvernement de l'Andalousie et le Maroc sont évidentes et sont la conséquence de notre conviction commune que la prospérité des deux rives de la Méditerranée passe par une bonne collaboration basée sur la confiance mutuelle.

    Au gouvernement de l'Andalousie, nous sommes satisfaits du fait que l'actuel Gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero considère de nouveau le Maroc comme un objectif prioritaire de notre action extérieure. Ce défi stratégique de l'Espagne a beaucoup plus d'importance pour l'Andalousie. Pour des raisons économiques comme la pêche et la présence croissante des entreprises espagnoles dans ce pays ; pour des raisons stratégiques, comme la sécurité dans la Méditerranée ; et également pour des raisons historiques et culturelles, etc.

    Pour l'Espagne, et pour l'Andalousie en particulier, il est de notre intérêt d'avoir de bonnes relations avec le Maroc. Pour cela, au sein du gouvernement de l'Andalousie nous collaborons pour que les relations entre les deux pays soient meilleures.

    Quelle est la position du Gouvernement de l'Andalousie sur des problèmes qui continuent a perturber les relations entre Rabat et Madrid, comme l'émigration clandestine, le dossier du Sahara et Sebta et Melilia ?

    En premier lieu, je ne considère pas que ces questions perturbent les relations entre les deux pays. Je crois qu'elles ne perturbent pas les relations bilatérales et qu'elles ne doivent pas les perturber. En tout cas, il s'agit de trois questions très distinctes. En ce qui concerne l'émigration clandestine, c'est un problème qui va au delà des relations hispano-marocaines.

    S'il est juste de reconnaître qu'au cours des deux dernières années, la coopération entre l'Espagne et le Maroc s'est améliorée notablement pour désamorcer, dans la mesure du possible, le phénomène des “ pateras ”. Même ainsi, je crois que cette coopération doit continuer a s'accroître pour éviter le trafic et l'exploitation des êtres humains soumis a l'émigration illégale. Reconnaissant les efforts des deux gouvernements, je réclamerais encore un nouveau souffle a cette lutte contre les mafias de l'émigration. En ce qui concerne le Sahara, personne ne peut nier au Gouvernement espagnol son intérêt pour arriver à un accord qui satisfera les parties, dans le cadre des Nations Unies. Et Sebta et Melilla, avec les positions respectives connues, ne constituent pas un sujet qui doit affecter une bonne relation entre les deux pays.

    Est-ce que vous ne croyez pas que l'Union européenne n'apporte pas l'aide suffisante au Maroc dans sa lutte contre le fléau des flux des émigrés subsahariens ?

    Les problèmes dus à l'émigration illégale vont au-delà du cadre hispano-marocain. Elles ont pris des dimensions mondiales. Le phénomène des “cayucos” dans les Iles des Canaries est une démonstration de la nécessité d'affronter globalement un défi qui a un caractère global.

    Le Maroc, qui subit dans son territoire l'immigration illégale subsaharienne, et l'Espagne, et, pour des raisons évidentes, l'Andalousie en particulier, sont les premières lignes de ce phénomène migratoire, qui à d'innombrables facettes positives, mais aussi ses risques et inconvénients. Ce qui exige qu'on affronte avec une gestion intégrale cet énorme défi dont les dimensions humaines et politiques ne peuvent être laissées de côté.

    Une gestion intégrale passe inévitablement par la coopération au développement, des accords avec les pays d'origine et de transit des émigrés, un contrôle frontalier, la répression des mafias et aussi l'adéquation des flux migratoires dont les économies européennes, l'espagnole comme l'andalouse, vont encore avoir besoin.

    Dans ce sens, chaque jour, la dimension européenne de ce phénomène est plus évidente. C'est probablement celle qu'on est en train de vivre et qu'on va continuer à vivre dans les prochaines années au sein de l'Union européenne. De cette évidence, l'UE doit extraire les conséquences, pour que la question de l'émigration devienne une authentique priorité dans l'agenda politique communautaire.


    C'est ça la position du gouvernement de l'Espagne, qui est en train de réaliser un effort très sérieux auprès des institutions communautaires, et qui compte sur l'appui du gouvernement de l'Andalousie.

    Comment évaluez-vous l'état actuel des relations bilatérales entre Rabat et Madrid, d'une part, et entre Rabat et le gouvernement de l'Andalousie, d'autre part ?

    Je crois sincèrement que la normalisation des relations entre les deux pays était un impératif de sens commun et de l'intérêt aussi bien de l'Espagne que du Maroc et nous nous en félicitons.

    L'expérience de l'éloignement des années antérieures nous a démontré, même si ce n'etait pas nécessaire de le dé montrer, qu'une relation loyale, franche et avec un véritable esprit de collaboration est bénéfique pour nous tous et c'est un élément de stabilité dans la Méditerranée.

    En ce qui concerne le Gouvernement de l'Andalousie, en 2006, on va entamer notre ambitieux Plan de développement transfrontalier (PDT) 2003-2006, qui va supposer un investissement global supérieur a 30 millions d'euros.

    On est déjà en train de travailler pour que le nouveau PDT, qui va renforcer notre coopération avec le Maroc, qui est déjà positive, soit inclus dans un nouveau plan dans la nouvelle politique de voisinage de l'Union européenne. Sans doute, cela sera-t-il une nouvelle occasion pour renforcer les relations entre l'Andalousie et le Maroc.

    Que pensez vous de l'initiative de S.M. le Roi Mohammed VI relative à l'autonomie du Sahara sous souveraineté marocaine ?

    Comme vous le savez, l'Espagne appuie la position des Nations unies, qui consiste à trouver une solution juste, définitive et acceptée par les parties.

    C'est un engagement du président du gouvernement espagnol et de son ministre des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, de qui on ne peut avoir le moindre doute sur son engagement personnel et politique pour contribuer à une solution qui mette fin a ce long conflit, qui n'est bénéfique pour personne.

    Le gouvernement espagnol, avec l'appui du gouvernement de l'Andalousie, spécialement intéressé par une solution pour plusieurs raisons, part de la base que seulement pourrait prospérer une formule, respectueuse de la légalité internationale, et qui soit acceptée par les parties que les Nations Unies reconnaît.

    Vous ne croyez pas que Rabat et le gouvernement de l'Andalousie, par leur proximité géographique, ont beaucoup à faire pour renforcer les liens bilatéraux dans plusieurs domaines ?

    Naturellement que oui. L'Andalousie veut apporter le maximum possible pour renforcer les relations de bon voisinage entre l'Espagne et le Maroc.

    Et pour cela, en effet, nous devons multiplier les efforts en matière de coopération, échanges à tous les niveaux et, surtout, renforcer une relation de confiance mutuelle qui doit être la base d'une relation qui bénéficie aux deux rives de la Méditerranée.

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    Rabat-Séville : des relations au beau fixe

    Les relations entre le Royaume et l'Andalousie ont effectué un grand pas en avant. Il n'en demeure pas moins que les deux nations doivent développer un partenariat bénéfique de part et d'autre.
    Le Maroc est donc une priorité pour l'Andalousie. Pour ce faire, le gouvernement autonome de cette région du sud de l'Espagne entend donner de nouveaux moyens à ce choix.

    Un choix prioritaire également pour le gouvernement de Zapatero.
    Aussi, la coopération économique et commerciale sera mise en avant pour améliorer les échanges qui sont en deçà du niveau des relations politiques qui lient le Maroc à l'Espagne.
    Il est certain que l'on cherche à initier un nouveau mode de partenariat qui soit à la fois dynamique et constructif.

    Les échanges économiques ne reflètent toujours pas les immenses potentialités que recèlent les deux parties. Des échanges qui caractériseront la nouvelle dynamique à même de promouvoir une coopération tournée particulièrement vers l'accroissement des opportunités dans divers domaines d'activité.
    Un v½u qui sera réalisé à court terme d'autant plus que les jalons de cette nouvelle coopération sont bien dessinés.

    le matin​
     

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