Mariée un mois sur deux à un marocain

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par @@@, 13 Août 2009.

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    ans visa, le mari de Malika Ziani ne peut pas la rejoindre en France. Depuis janvier 2007, la Riomoise est contrainte d'inventer le mariage par alternance.

    Tous les deux mois environ, Malika Ziani rejoint son mari au Maroc. Trois jours de car pour effectuer Riom-Berkane, au Maroc. 250 euros à chaque fois qui ont mis cette Riomoise de 47 ans au RMI sur la paille. C'est le prix de l'amour. « Je préfère me priver de manger, de payer mon loyer, mon EDF... pour aller le voir ».

    Un mariage blanc ?
    La solution ? Un visa long séjour que Kamal, le mari, s'est déjà vu refuser deux fois par le consulat de France à Fès. « Le dossier que vous avez déposé ne contient pas la preuve de votre intention de mener une vie commune avec votre conjointe française en France », a-t-on écrit au jeune marocain de 32 ans. « Une vie commune ? Comment ? Il ne peut pas venir à Riom ? ». Sans ce visa, pas de titre de séjour.

    En toile de fond de ce témoignage, il y a la volonté de l'État de lutter contre les mariages blancs, ces unions factices dont l'unique objet est d'obtenir des papiers. À l'initiative du ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire, un groupe de travail a été constitué en avril. Il est chargé de faire des propositions pour renforcer la lutte contre les mariages de complaisance.

    En réaction, un collectif d'associations a lancé, le 22 juillet, une campagne d'envoi de témoignages au ministre Éric Besson. Elles dénoncent « un climat de suspicion généralisée propice au développement de pratiques illégales » (*).

    Malika ne veut pas « frauder », Kamal s'est déjà fait expulser une fois. Maintenant, il reste au Maroc. Il lui demande même de venir vivre avec lui. Mais elle refuse.

    « Je suis française. Ma mère était française, mon père algérien. Ma vie est ici. J'ai trois enfants d'un premier mariage. Je vais être grand-mère. Et non, je n'ai pas fait un mariage blanc. J'aime mon mari, il m'aime. Je vais me battre pour qu'on nous laisse vivre en paix ! ». Elle se dit quand même « fatiguée de prêcher dans le désert ».

    Mon mari prendra n'importe quel travail


    Elle est desservie, elle le sait, par les quinze ans qui les séparent et par sa condamnation à trois mois de prison avec sursis, en janvier 2006, pour aide au séjour d'un étranger en situation irrégulière. « Il habitait chez moi. C'est pour ça. On s'est rencontré en décembre 2005, à Riom. Le coup de foudre. Il était déjà en France depuis quatre ans. On n'a pas parlé papiers. Sinon, vous croyez que j'aurai fait toutes les démarches pour le mariage ». C'est elle qui insiste. Lui ? « Il n'y tenait pas spécialement. C'est moi. Je voulais me caser ! ».

    Ils sont dénoncés. Trois jours avant le mariage, qui devait avoir lieu à la mairie de Riom, Malika est placée en garde à vue. Kamal est interpellé le lendemain. Il est expulsé immédiatement. Le couple tient bon. Après un an de démarches, ils se marient à Fès, en janvier 2007. « Après ça a été le parcours d'obstacles pour récupérer le livret de famille. « J'ai dû prendre un avocat ». Elle gagne.

    Et rebelote pour le visa. Me Chautard fait appel de la décision de refus de visa « auprès d'une commission du ministère des Affaires étrangères à Nantes et subséquemment auprès du Conseil d'État ». Mais ça dure. Malika est surendettée. Elle ne peut plus multiplier les voyages.

    « J'ai fait rédiger le bail à nos deux noms pour l'appartement. Mon mari prendra n'importe quel travail ! Vous croyez que j'aurais fait tout ça si c'était un mariage blanc ». Malika s'accroche à son extrait de mariage, à son passeport. Bourré de tampons, il atteste ses allers-retours. Elle est fatiguée « mais amoureuse ».


    http://www.lamontagne.fr/editions_l..._deux_a_un_marocain@CARGNjFdJSsHFB8ABR8-.html
     

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