Maroc – Danemark : Quand des blasphèmes freinent les échanges

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 24 Février 2006.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

    J'aime reçus:
    145
    Points:
    0
    Les échanges commerciaux avec le Danemark ne pèsent certes pas lourd sur l’ensemble des transactions internationales du Maroc, néanmoins ils ont subi, après l’énorme bévue d’un irresponsable, une chute sur certains secteurs.

    Si les transactions commerciales entre le Danemark et le Maroc sont sur le devant de la scène, ce n’est sûrement pas à cause de leur volume. Tous les observateurs se soucient de la corrélation entre les effets d’une dérive journalistique, domiciliée dans ce pays, et la poursuite des relations commerciales entre les deux pays. Bon an mal an, le solde de la balance commerciale dans le sens Maroc- Danemark est déficitaire de 400 à 500 millions de Dh, (voir Histogramme du Solde Commercial de 2000 à 2005, en encadré). Les statistiques de l’Office des Changes, qui nous sont parvenues, font état d’importations n’ayant guère dépassé 0,5% dans le total des achats du Maroc à l’étranger. Les chiffres provisoires font ressortir quelque 409,7 millions de Dh d’import, en 2005, soit à peine 0,2% du total. Dans le sens des exportations, les 31, 6 millions de Dh réalisés en 2005, paraissent insignifiants. La tendance ne risque pas de s’améliorer dans les jours qui arrivent. Sur le terrain, les consommateurs ont, en général, très clairement exprimé leur avis (Voir Témoignages, en encadré). «Au moment d’acheter un produit, savoir qu’il provient du Danemark est largement suffisant pour que je diffère cet achat, si je ne l’abandonne pas»!

    L’exception aux médicaments

    Plus d’une fois, cette boutade nous a été annoncée au cours de nos investigations pour apprécier, ne serait-ce qu’au niveau de la consommation des ménages, l’impact des caricatures blasphématoires, d’un pseudo-journaliste du Jyllands Posten, sur les échanges commerciaux entre les deux pays. Cette tendance sur la consommation se reflète aussi au niveau de certaines grandes surfaces, du moins pour les produits alimentaires.

    Après les fâcheux événements, Mme Nawal, Responsable au Département Frais chez Metro, un hypermarché de la place, nous a appris que les crèmes liquides alimentaires, importées d’ordinaire du Danemark, ont été purement et simplement stoppées. Sur cette surface, le fournisseur ne livre plus, nous a-t-on signalé. Au niveau de Marjane, M. Monadi, Chef du Département Achats de Produits Frais, en congé aurait très certainement éclairé notre lanterne sur d’éventuels produits importés du Danemark. En tout cas, excepté le cas des médicaments, notamment les doses d’insuline, qui ont représenté quelque 30% des 409,7 millions de Dh importés de ce pays, les mêmes intentions de boycott ont été exprimés. Il faut remarquer au passage que sur le listing des principaux produits importés du Danemark ne figurent que peu de produits de grande consommation. Généralement, il s’agit de graines, spores et fruits à ensemencer, de désinfectants, de produits chimiques, de machines et appareils divers, d’ouvrages finis en fonte, fer ou acier, de beurre, de machines-outils, d’ouvrages en papier..., En 2005, sur l’ensemble de ces produits, les achats marocains aux Danois n’ont pas dépassé la barre des 150 millions de Dh, soit 36,40%. Si des pharmaciens grossistes ont avoué poursuivre leurs achats, parce que disent-ils, il s’agit tout simplement de médicaments, produits hautement stratégiques, par contre, auprès de beaucoup d’autres nous avons été confrontés à un mur de silence.


    L’Export plus nuancé

    Selon M. Abou Abdillah, Vice- Président de la Fédération Nationale des Syndicats de Pharmaciens, il va falloir un peu plus de temps pour apprécier les conséquences des actes ignobles, suite à l’irrespect d’un non professionnel. Nos investigations sur l’IMS n’ont pas été plus fructueuses.
    Les exportateurs, qu’on rencontre surtout dans la branche des graisses et huiles de poissons, n’ont guère été plus bavards. Ces professionnels, qui représentent 49,68%, ayant réalisé, en 2005, 15,7 millions de Dh (CA mensuel moyen d’une PME de 200 personnes), sont suivis de loin par les confectionneurs (3,1 millions de Dh), et les branches des conserves de légumes (1,6 million de Dh), des légumes frais, congelés ou en saumure (1,1 million de Dh), de la chaussure (0,9 million de Dh), des médicaments (0,5 million de Dh), ou encore des plantes et parties de plantes (0,2 million de Dh).
    Aujourd’hui, un grand nombre d’observateurs trouvent que le plus dur est passé. Avec les différentes interventions d’hommes politiques, de diplomates, de religieux, toutes religions confondues (puisqu’elles relient!) et les campagnes d’apaisement et excuses, la tension a certes baissé d’un cran. L’ésotérisme aidant, l’économique l’emportera sur la bêtise et la bassesse.

    D. MB.

    Témoignages

    Mme B. T, employée: Que faire avec des produits venant d’un pays où les gens injurient Mahomet (psl). C’est vrai que ce n’est pas tous les Danois qui sont ainsi, mais que font-ils de la censure. Je suis pour un boycott temporaire... Cela leur apprendra.

    Mme M. Jamila, Ménagère: Tous les produits venant de ce pays sont à boycotter d’office. Même ceux qui vendent sur le Danemark doivent chercher d’autres débouchés.

    M. K. Said, Chef de Service: Ce serait une erreur de juger sur un cas. Et puis, à faire du tapage, on donne de l’importance à un minable qui ne mérite aucune attention. Sur le plan économique, il ne faut pas que ce cas nous porte préjudice... Je crois qu’il s’est excusé.

    Propos recueillis par
    Daouda MBaye

    source : la nouvelle tribune

    _________________________________________________

    propose par MATAPAYOS
     
  2. Le_Dictateur

    Le_Dictateur Visiteur

    J'aime reçus:
    85
    Points:
    0
    Re : Maroc – Danemark : Quand des blasphèmes freinent les échanges

    [​IMG]

    [​IMG]
     

Partager cette page