Maroc-Espagne: Le rapatriement des mineurs se confirme

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 5 Décembre 2005.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    C’est fait, Rabat accepte le rapatriement des mineurs non accompagnés sur le territoire espagnol. A cet égard, le gouvernement de Madrid s’est engagé pour la construction, en 2006, de deux centres d’accueil à Nador et Béni Mellal. Le choix de cette dernière est motivé par le nombre important d’enfants originaires de ces villes et qui sont actuellement en situation illégale en Espagne.

    Les régions autonomes de la Catalogne et des Iles Canaries financeront également la construction d’autres unités pour les mineurs à Tanger et Agadir.
    Au cours d’une visite officielle de l’ex-chef du gouvernement de Madrid, José Maria Aznar (PP), en décembre 2003, le Maroc et l’Espagne avaient signé, en ce sens, un mémorandum mais qui butait sur les modalités de sa mise en application. La réunion de Marrakech entre responsables des deux pays de l’immigration, avec la présence de représentants des régions des Iles Canaries et de l’Andalousie, a réussi à les aplanir.
    En effet, avant la réunion des deux parties, l’opération de rapatriement des mineurs était loin d’être aussi facile que celle des immigrés clandestins adultes. Tout un travail de recherches et d’enquêtes, (cas par cas), effectué par les autorités espagnoles sur le territoire national était nécessaire. En effet, la loi espagnole exige au préalable l’identification de la famille de l’enfant non accompagné avant que ne commence le rapatriement assisté du mineur. Et même une fois cet obstacle franchi, sa reconduite n’est pas encore assurée. Une condition de taille reste à remplir: l’accord de la famille marocaine d’accepter le retour de son enfant. Dorénavant, c’est le gouvernement marocain qui sera chargé de la tutelle de ces mineurs. Une mesure qui va faciliter sûrement la tâche de la partie espagnole.
    Anticipant la signature de cet accord, Madrid a mené entre janvier 2004 et juin 2005, une campagne de recensement des mineurs non accompagnés sur son territoire, Il en ressort que 831 sont des Marocains. D’autres études effectuées par des ONG espagnoles avancent le chiffre de 3000 mineurs marocains. Rien qu’à Mellilia 300 enfants marocains errent dans les rues de cette ville occupée.
    L’autre dossier brûlant qui a été débattu lors de la réunion de Marrakech, a été l’immigration des Subsahariens. Pour le moment, Rabat refuse toute readmission de ces personne, en revanche la partie marocaine a insisté sur la totale coopération du Royaume dans toute stratégie visant la lutte contre les réseaux mafieux de l’immigration clandestine avec un intérêt particulier porté aux mesures économiques génératrices d’emplois dans les pays africains. Le Maroc et bien d’autres pays européens, concernés par ce problème, attendent la concrétisation des promesses de l’UE annoncées lors du dernier sommet Euro-Med de Barcelone.
    Depuis le début des assauts des Subsahariens à Sebta et Mellilia, Rabat a rapatrié, au cours de 22 vols aériens, 3.600 Subsahariens vers leurs pays d’origine. Cette opération a coûté au budget de l’Etat, 100 millions d’euros. Un tribut que le Maroc n’est pas disposé à payer tout seul.


    LIBERATION

     

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