Meknès: On ne badine pas avec le feu…bactérien !!!

Discussion dans 'Info du bled' créé par Le_Dictateur, 19 Juin 2007.

  1. Le_Dictateur

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    Abderrahman Hilali, directeur de la direction de végétation et de la répression de la fraude au ministère de l’Agriculture.M. Hilali, qui animait une rencontre de sensibilisation au profit des agriculteurs d’El Hajeb, a indiqué que son département veille au contrôle des plants importés, précisant que plusieurs actions ont été entreprises pour limiter la propagation de cette bactérie.

    Le feu bactérien constitue «une menace réelle pour l’arboriculture» notamment le poirier, le pommier, le cognassier et le néflier, selon M. Hilali qui insiste sur la mobilisation de tous les intervenants pour lutter contre ce fléau.

    Pour sa part, Hicham Saoud, chef du service de la protection des végétations à la délégation provinciale de l’agriculture à Meknès, a fait savoir que depuis son apparition au Maroc en 2006, la maladie a touché 4 fermes dans les communes rurales de Ain Orma, Ait Ouallal et Dar Oum Soltane dans la préfecture de Meknès, précisant que 45 ha des arbres fruitiers touchés ont été arrachés et incinérés et 21 ha ont été traités.


    Parmi les mesures mises en place pour lutter contre cette maladie, qui s’attaque aux rosacés à pépin, ainsi qu’aux espèces ornementales, figurent le contrôle a posteriori et minutieux de toutes les importations, l’intensification du contrôle et la prospection exhaustive dans différentes fermes et pépinières, a-t-il relevé.

    Il a aussi évoqué la prochaine promulgation d’un arrêté rendant obligatoire la lutte contre le feu bactérien des rosacés à pépin dans la province de Meknès, l’introduction de l’analyse bactériologique dans la production des plants en tant que condition pour leur commercialisation, l’interdiction du transport des ruches et des plantes de rosacés à pépin et plantes-hôtes des zones infestées, la sensibilisation de producteurs.

    Le responsable a souligné la nécessité d’encourager la multiplication locale des plants produits au Maroc, d’importer seulement les plants en repos végétatif pour minimiser les risques d’introduction de la bactérie et déclarer le lieu de plantation envisagée auprès du service de la protection des végétaux au niveau du point d’entrée.

    Pour M’barek Fatmi, professeur à l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II, le feu bactérien, provoqué par la bactérie Erwinia amylovora, est l'une des plus dangereuses maladies des poiriers, des pommiers et de quelques autres espèces de rosacés, des fruits à pépin et des plantes ornementales.La même source met en garde contre une propagation rapide de cette bactériose et les dangers qu’elle représente pour l’arboriculture, en raison de sa très haute virulence et de l'absence de moyens de lutte efficace.

    Il a plaidé pour une stratégie nationale et locale de lutte à laquelle adhèrent les producteurs, les pépiniéristes, les associations professionnelles, les autorités locales et les chercheurs.

    De son côté, le gouverneur de la province d’El Hajeb a indiqué que cette rencontre vise la sensibilisation aux dangers que représente cette bactérie, mettant l’accent sur l’esprit de citoyenneté dont ont fait preuve les agriculteurs sinistrés. A cet égard, il a appelé tous les acteurs à prendre les mesures préventives qui s’imposent pour éradiquer cette maladie et permettre à la région de Meknès-Tafilalet de jouer son rôle dans le développement de l’agriculture.

    Dans des conditions climatiques favorables, cette bactérie peut «brûler» un poirier en production pendant une saison. La menace semble être encore plus grave si l’on prend en considération qu’il n’y a pratiquement pas de moyen de lutte efficace, une fois le feu bactérien installé dans un verger ou dans une pépinière. La meilleure solution pour éviter les pertes économiques importantes pouvant être causées par cette maladie, consiste à empêcher son introduction dans un pays, une région voire une plantation.

    Les bactéries envahissent la plante-hôte par les fleurs ou par les parties encore herbacées des jeunes rameaux. Du point d’infection, elles progressent par le rameau, puis les branches pour atteindre finalement le tronc et les racines. Suite à l’infection, les fleurs et les feuilles des bouquets floraux flétrissent et noircissent.

    Dans des conditions favorables, des branches entières peuvent flétrir et se dessécher en quelques jours. EIles ont l’air d’être brûlées, ce qui a donné le nom à la maladie. La pointe encore herbacée des jeunes rameaux infectés se recourbe en forme de crosse. A la différence d’autres maladies, les organes (fleurs, feuilles, fruits) infectés et desséchés restent attachés à l’arbre. Un chancre peut se développer sur l’écorce.

    Par temps très humide, on observe l’écoulement de gouttelettes visqueuses de couleur d’abord laiteuse, devenant brunâtre par la suite. Cette sécrétion contribuera à propager la bactérie par des insectes, des oiseaux, du vent, de la pluie et de l’homme (les outils de taille).Originaire de l’Amérique du nord, le feu bactérien a été détecté pour la première fois en 1957 en Europe.

    A partir des premiers foyers, la maladie s’est disséminée dans la plupart des pays européens, surtout au nord et à l’ouest du continent. Mais, elle a aussi atteint la partie est du bassin méditerranéen (sud-est de l’Europe, nord-est de l’Afrique, outre le sud-ouest de l’Asie).

    La vitesse de dissémination de cette bactérie est très rapide: entre 1982 et 1990, quinze nouveaux pays ont été contaminés. Et elle continue à se propager dans de nouvelles régions. Au Maroc, les conditions climatiques favorables et l’abondance de plantes-hôtes constituent un risque très élevé d’apparition du feu bactérien, d’où la nécessité de prendre des mesures draconiennes pour éviter une dissémination rapide de ce fléau.


    Mouhcine Abou Nada
    Libération
     

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