Mon Oasis à moi...

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par titegazelle, 4 Avril 2008.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    Il y a deux ans que j'ai écrit ce texte, j'espère qu'il est à sa place. Merci de m'avoir lue.

    """J'errais dans un désert sans fin et sans repère sous un soleil accablant. Oui, j'ai erré, erré sans cesse en essayant d'arriver jusqu'à ces mirages qui me narguaient à l'horizon. Je courrais jusqu'à ces mirages pour s'envoler dès que je m'en approchais. Je luttais contre les tempêtes de sable qui me jetaient, sans pitié, à terre et je m'accrochais à la vie pour ne pas sombrer dans les sables mouvants.
    Si pendant le jour le soleil me brulait la peau, la nuit me couvrait de son manteau glacial. Malgré tout, je résistais car, au fond de mon être, une petite voie me répétait "courage, n'oublies pas que je suis là". La nature était déchainée, féroce et moi, pauvre petit grain de sable parmi cette immensité, que pouvais-je faire? Sinon me laisser emporter. Puis, comme toute chose sur terre ne dure jamais, la tempête finit par se calmer et le voile de poussière qui m'enveloppait se mit à se disperser, tout doucement. Au plus profond de mon désespoir, les mirages reprirent leur implacable apparition. Vaincue par tant de cruauté, je tombe à genoux désespérée.
    Puis, par miracle, l'un de ces mirages fut une palmeraie. Je m'approchais vers le premier palmier qui me tendait les bras et je me blottis contre lui. Ses grandes branches se penchèrent pour me couvrir de leur ombre. Une douce brise caressait mon visage et calmait les brulures de mon corps. L'épuisement eut raison de moi et je m'assoupis.
    Un léger bruit de ruissellement d'eau me réveilla. La nuit était tombée. La pleine lune éclairait la palmeraie. Je me dirigeais vers ce petit ruisseau sorti des entrailles de cette terre aride et m'approchai de l'eau. Je bus goutte par goutte et, mon Dieu, quelle sensation de bien être. Mon corps tressaillit de bonheur et le voile se dissipait de mon esprit petit à petit.
    Soudain, l'esprit encore confus, j'entendis l'eau me parler : "pourquoi te mets-tu dans cet état? Ne sais-tu pas que rien ne vaut la vie? Pourquoi tant de sacrifices ? Pourquoi tant de colères contenues ? Où est ton optimisme ? Ta joie de vivre, ton humour et ta persévérance ? Pourquoi est-ce que tu ne penses pas à ton bien être, d'abord".
    Je lui répondis : "Oui la vie est précieuse, je viens de le comprendre maintenant que je t'ai rencontrée. J'ai passé ma vie à donner, donner, toujours donner de moi-même et donner tout l'amour que j'aie. Mon amour pour ces gens là était immense, plus vaste que ce désert, plus vaste que la terre entière et encore plus vaste que l'univers. Je ne demandais rien en retour, juste un peu de considération ou un petit mot, un mot gentil pour me faire comprendre que j'avais bien donné ce que je possédais dans le cœur. Mais l'ingratitude humaine m'a déçue, m'a trahie. Elle a oublié tout ce que je lui avais donnée, tout ce dont je me suis privée pour la contenter, en prenant soin de ne jamais la blesser ni la contrarier. En fin de parcours, je réalise que tout ce que je leur donnais les éloigna de moi, me laissa dans le désarroi et dans le vide absolu. Mon amour se transforma de colère en colère mais jamais de haine ni de rancœur. Je n'ai jamais connu ces sentiments mesquins et vils. Car si je les avais connus, je ne serai pas dans l'état où je me trouve maintenant".
    La douce voix me répondit : "Penche-toi vers moi et regarde-toi dans mon miroir".
    Je me penchai vers l'eau et vis mon visage brûlé par le soleil, les yeux gonflés par les larmes de ma vie.
    Je lui dis : "Ce n'est pas mon visage ça".
    Elle me répondit : "Mais bien sur que ce n'est pas le tien, car d'habitude tu n'agis pas de cette manière quand tu passais par des situations insurmontables. Plonge ton visage dans mon miroir".
    Je plongeais mon visage dans cette eau pure et fraiche et je sentis mon corps reprendre vigueur et mon esprit s'éclaircit". Je fis quelques pas jusqu'au bout de l'oasis pour savoir où s'arrêtait cette eau qui coulait continuellement. Le cours d'eau, arrêté par une petite dune, se perdait dans le sable incessamment. Cette eau perdue s'infiltrait dans ce sable pour parvenir jusqu'aux racines des palmiers afin de leur donner la vie.
    Cette révélation me fit éclater en sanglots et je me mis à pleurer, pleurer, pleurer toutes les larmes de mon corps et de mon passé. Je vis mes larmes tomber dans cette eau miraculeuse et je réalise, soudain, que mes larmes n'étaient rien, absolument rien, elles ne représentaient rien car elles se confondaient dans l'eau et disparaissaient dans le cours du ruisseau. Que suis-je par rapport à toute cette immense générosité et devant tant d'humilité ?
    Alors, je prie le Seigneur pour qu'à l'avenir je verse des larmes de joie et de bonheur, qu'Il continue toujours à emplir mon cœur de cet amour confiné dans mon être et pour rien au monde, oui, pour rien au monde je ne l'échangerai même s'il m'arrivait, encore une fois, de ne rien recevoir en retour.
    Mon amour était bien loti dans mon cœur. Il y réside depuis la nuit des temps et, si par un moment désespéré, ce cœur révolté me fit oublier mon vrai visage alors qu'il suffisait de le voir dans le miroir de la vie.
    Si je fus aveuglée par la colère durant le cours de ma vie, j'avais oublié que cet amour me protégeait contre les affres du temps et la mauvaise fois des gens.
    Mon esprit reprit son chemin lumineux et la paix, la sérénité reprirent subitement leur place dans mon cœur.
    J'ai trouvé, enfin, mon oasis à moi. A l'horizon, une lueur apparut. C'était l'aube qui se levait. Quelques rayons dorés dans un ciel nacré dirigèrent leur lumière sur mon oasis. Je me sentais si légère que je m'envolais de bonheur. Avec une éternelle reconnaissance, je me retournai pour voir mon oasis. Le cours d'eau miroitait.
    Si je devais refaire ce parcours, je le referai encore avec tout mon amour. Car, mon oasis à moi est une émeraude sertie de diamants dont l'écrin fut l'immensité du désert.

    Dieu soit loué."""


    titegazelle, 2006
     
  2. imadici

    imadici Pr. Ìpşø Fąċŧǿ...

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    Ton texte m'a rappelé l'accent de PAULO COELHO le celèbre ecrivain brasilien l'auteur de L'ALCHIMISTE dont a fait une description attrayante du déser!
    tres beau ce que tu as ecrit...Bonne continuation!
     
  3. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    choukran Imadici

    Merci pour ton com, Imadici. J'adore Paulo Coelho. Je lis et relis "l'Alchimiste" et je ne m'en lasse jamais. Tout ce que fait ce grand génie de la littérature est très beau.
    Bonne fin de soirée[06c]
     
  4. imadici

    imadici Pr. Ìpşø Fąċŧǿ...

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    je t'en prien, c'est avec mon grand plaisir !
    Oui y a "le zahir " "mektoub" et autres...des merveilles!
    bonne fin de soirée à toi également
     

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