Moscou rejette des clauses de l'accord sur les livraisons de gaz

Discussion dans 'Scooooop' créé par zmor20, 11 Janvier 2009.

  1. zmor20

    zmor20 Le Fou

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    Un accord signé en début de matinée par Moscou, Kiev et l'Union européenne pour rétablir les livraisons de gaz à destination de l'Europe semble sur le point de s'effondrer dimanche soir, la Russie ayant rejeté des clauses manuscrites ajoutées au document par l'Ukraine.

    Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a proposé une rencontre lundi à Bruxelles entre diplomates russes et européens pour trouver une solution à la crise, qui prive de chauffage des centaines de milliers d'habitants des Balkans par un froid glacial.

    La signature provisoire de l'accord et le déploiement d'observateurs à la frontière entre les deux pays laissait penser que la réouverture des vannes par la Russie était imminente. Mais Moscou a jugé l'accord nul et non avenu après l'avoir reçu en début de soirée.

    "Je ne peux qualifier ces stipulations et ces ajouts autrement que comme une insulte au bon sens et une violation des accords conclus précédemment", a déclaré le président russe Dimitri Medvedev.

    "Ces initiatives, en réalité, visent à remettre en cause les accords sur la surveillance du transit du gaz, elles sont clairement provocatrices et destructrices (...) J'ordonne donc au gouvernement de ne pas appliquer le document signé hier (dans la nuit de samedi à dimanche)", a ajouté Medvedev.

    L'UKRAINE JUGE NE PAS AVOIR DE DETTES ENVERS GAZPROM

    Moscou accuse Kiev de siphonner du gaz à destination de l'Europe à son profit. L'accord prévoit de régler ce point de litige et de rétablir les livraisons de gaz vers l'Europe en déployant cinq missions d'observateurs dans les stations de compression à la frontière russo-ukrainienne.

    Ces experts, dont certains sont déjà arrivés sur leur lieu de mission, doivent contrôler l'envoi du gaz par les Russes et l'usage qu'en fait l'Ukraine.


    Mais l'accord tel que l'a renvoyé Kiev à Moscou dans la journée et dont Reuters a obtenu copie est assorti d'une clause additionnelle. Il y est affirmé que l'Ukraine n'a pas siphonné de gaz destiné à l'Europe et qu'elle n'a pas de dettes envers le distributeur russe Gazprom.

    En marge de la querelle sur les tarifs du gaz à l'origine de la crise, Gazprom réclame également à l'Ukraine le remboursement d'une dette de 2,1 milliards de dollars.

    La déclaration additionnelle précise que la Russie doit fournir du gaz supplémentaire à l'Ukraine pour maintenir la pression dans les gazoducs - requête que Moscou rejette tant qu'il n'y a pas eu d'accord sur les prix.

    L'Union européenne n'a pas encore réagi à ce nouveau rebondissement, mais la Commission estimait précédemment qu'une déclaration jointe au document par l'Ukraine n'affecterait pas la substance de l'accord.

    SOLUTION LUNDI À BRUXELLES ?

    Ce report de la reprise des livraisons est propre à aggraver la situation dans les 18 pays touchés par le conflit gazier et menacés de pénurie, alors que le grand froid frappe les pays des Balkans. Un cinquième du gaz européen est d'origine russe et transite par l'Ukraine.

    Les spécialistes estiment que le gaz russe mettra 36 heures à arriver en Europe une fois que les vannes seront rouvertes.

    Vladimir Poutine a proposé dimanche soir au président de la Commission européenne José Manuel Barroso que les diplomates russes et européens se retrouvent lundi à Bruxelles pour trouver un nouvel accord, a indiqué une source gouvernementale russe.

    Les ministres européens de l'Energie étaient déjà convenus de s'y rencontrer pour étudier des moyens d'épargner à l'Union de nouvelles crises énergétiques.

    Ils devraient évoquer l'idée d'une "solidarité énergétique" permettant aux pays membres de faire appel à leurs voisins en cas de crise. Cette solidarité, déjà observée cette semaine entre plusieurs pays, est cependant contrariée par le manque de gazoducs au sein de l'Union, problème qui sera aussi soulevé lundi selon des diplomates.



    source:

    http://www.liberation.fr/depeches/0...clauses-de-l-accord-sur-les-livraisons-de-gaz
     
  2. zmor20

    zmor20 Le Fou

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    Le gaz russe n'arrive toujours pas en Europe, la crise s'aggrave

    La crise gazière s'est aggravée, l'Ukraine et la Russie s'accusant mutuellement d'avoir empêché la reprise initialement prévue pour mardi du transit du gaz vers les pays européens, une situation jugée inexcusable par l'UE.


    "Dans la matinée, Gazprom a commencé à réaliser le plan de rétablissement des livraisons de gaz à l'Europe. L'Ukraine a bloqué toutes nos actions en vue du transit du gaz vers l'Europe", a déclaré Alexandre Medvedev, le numéro deux de la société gazière russe Gazprom.

    L'entreprise publique ukrainienne des hydrocarbures Naftogaz a admis bloquer le transit gazier qui devait reprendre mardi matin, mais a expliqué sa position par le fait que Gazprom avait posé des "conditions de transit inacceptables".

    Selon Kiev, la Russie a voulu introduire le gaz dans un gazoduc qui n'est pas prévu pour l'exportation, mais pour la consommation intérieure, des accusations immédiatement rejetées par Gazprom.

    Si l'Ukraine s'était servie de ce gazoduc pour l'exportation, "nous aurions été obligés de laisser sans gaz les régions d'Odessa, de Lougansk, de Donetsk et de Dnipropetrovsk" dans le sud et l'est ukrainiens, a déclaré le patron de Naftogaz, Oleg Doubina.

    Le PDG de Gazprom, Alexeï Miller, a démenti ces allégations, déclarant que le gaz avait été envoyé "uniquement dans les gazoducs d'exportation" ukrainiens.

    Pour sa part, le président ukrainien Viktor Iouchtchenko a lui qualifié de "chantage" la suspension par la Russie le 1er janvier de ses livraisons de gaz vers l'Ukraine.


    Moscou cherche à "attiser (le mécontentement dans) les régions sensibles (russophones) de l'est", a-t-il ajouté.

    Dans la soirée, le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a suggéré que le réseau de gazoducs ukrainiens n'était "peut-être pas en état" d'assurer les livraisons, tout en appelant les représentants russes à dialoguer avec leurs collègues ukrainiens pour tenter de résoudre le "problème".

    A Bruxelles, où l'on s'était dans un premier temps prudemment réjoui de l'annonce de la reprise partielle du transit vers 07H00 GMT, la Commission européenne a fermement dénoncé cette nouvelle exacerbation de la guerre gazière, qui intervient en dépit des efforts intenses fournis par les Européens pour régler le conflit.

    Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a appelé M. Poutine pour lui faire part de la "déception de l'UE". Le système de gazoducs ukrainiens "est fermé", lui a répondu M. Poutine, d'après un communiqué du gouvernement.

    "La situation est inacceptable", a réagi un porte-parole de la Commission. "Il n'y a plus d'excuses" pour empêcher un retour à des livraisons complètes de gaz russe à l'Europe, a-t-il dit.

    Dans la soirée, la Commission a affirmé que les experts européens avaient désormais "un plein accès aux salles de contrôle" permettant de voir le transit de gaz russe via l'Ukraine, mais qu'aucune molécule de gaz ne passait plus dans les gazoducs sous surveillance.

    La signature d'un accord lundi entre Kiev, Moscou et Bruxelles sur le déploiement d'observateurs était la condition posée par Moscou à la reprise des livraisons de gaz à l'Europe. Ces espoirs d'un retour à la normale ont été douchés mardi.


    D'autres différends russo-ukrainiens sont par ailleurs à prévoir. Kiev et Moscou considèrent notamment chacun que c'est à l'autre partie de fournir le gaz dit "technique", quelque 21 millions de m3 quotidiens qui servent à mettre les gazoducs ukrainiens sous pression.

    Enfin, concernant le coeur même du conflit gazier entre la Russie et l'Ukraine, il n'y a toujours pas de solution en vue, aucun accord n'étant intervenu sur le prix des livraisons de gaz russe aux Ukrainiens pour 2009.

    Faute de contrat, Moscou a arrêté l'approvisionnement de l'Ukraine dès le 1er janvier 2009 et a ensuite accusé Kiev de siphonner le gaz destiné aux Européens, d'où la décision de la Russie d'interrompre toutes ses livraisons de gaz vers l'Europe afin de mettre un terme à ce "vol".

    Le gaz russe représente un quart de la consommation de l'UE, dont 80% transite par les gazoducs d'Ukraine. La coupure a provoqué, en pleine vague de froid, des dégâts économiques très importants en Europe --surtout en Slovaquie et en Bulgarie, deux pays de l'UE qui dépendent de Moscou pour la quasi-totalité de leurs besoins en gaz.

    Les Premiers ministres de ces deux pays, le Bulgare Sergueï Stanichev et le Slovaque Robert Fico, sont attendus à Moscou mercredi pour des pourparlers urgents, a dit M. Poutine. Bratislava a confirmé, mais pas Sofia.

    De son côté, le président roumain, Traian Basescu, a indiqué dans un entretien téléphonique avec M. Poutine qu'il partageait la position de la Russie sur la question du transit de gaz via l'Ukraine vers l'Europe, a fait savoir le service de presse du gouvernement russe.



    source:

    http://www.lexpress.fr/actualites/1...roid-de-la-russie-et-de-l-ukraine_731368.html
     

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