Moukawalati relancée : Pour donner l’envie d’entreprendre à tous les jeunes

Discussion dans 'Info du bled' créé par Info du bled, 20 Février 2009.

  1. Info du bled

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    Moukawalati retrouve une nouvelle «vie». La cible de ce programme est désormais élargie. Aux jeunes de montrer ce qu’ils sont capables d’en faire.
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    Réalisme. C’est le maître mot qui a marqué les propos de Nizar Baraka, ministre des Affaires Générales et de Jamal Rhmani, ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, venus à Casablanca ce lundi 9 février, pour expliquer aux journalistes ce que le gouvernement veut faire de Moukawalti. L’entreprise n’était pas facile, surtout qu’il était communément admis que ce programme, trop ambitieux à son départ, a échoué. Bien sûr, pour tous ceux qui avaient entendu en 2006 des ministres répéter à l’envi que Moukawalati allait permettre la création de 30.000 entreprises, c’est sûr qu’ils ne pouvaient crier qu’à l’échec en apprenant qu’il n’en a été créé jusqu’à présent que moins de 2000. D’où le réalisme forcé de Nizar Baraka et de Jamal Rhmani.
    Tirant les enseignements nécessaires des erreurs commises lors du lancement de Moukawalati, les deux ministres se sont relayés pour expliquer que le gouvernement a décidé de relancer ce programme sur de nouvelles bases. D’emblée, la cible de ce projet qui ne manque pas d’ambition aujourd’hui encore, a été élargie. Désormais, Moukawalati est ouvert à tous les jeunes dont l’âge ne dépasse pas 40 ans. Certes, il faut savoir lire et écrire pour présenter son projet aux guichets de Moukawalati, mais il n’est plus exigé d’avoir un quelconque diplôme. Mais, ce n’est pas l’unique mesure inscrite dans le plan de relance. Désormais, la communication sera renforcée pour redonner cette envie perdue d’entreprendre aux jeunes marocains. Il sera procédé également à la simplification des procédures, notamment par le renforcement de la proximité à travers l’élargissement du réseau des guichets Moukawalati. Il est prévu également d’associer davantage les banques et leurs agences locales dans cet effort collectif visant l’encouragement de la création de très petites entreprises et par ricochet la lutte contre le chômage des jeunes.
    Concernant le volet financier, Nizar Baraka assure qu’il n’y a pas de problème d’argent, mais c’est plutôt l’absence d’une véritable culture entrepreneuriale qui pose problème. Et c’est donc pour ressusciter le rêve de devenir patron chez les jeunes que sera axée la campagne de communication qui sera lancée dans ce cadre. L’objectif est de créer un flux suffisamment important de «nouvelles graines d’entreprises». A présent, l’objectif tracé par le gouvernement n’est plus de voir naître 30.000 jeunes TPE, mais que la moitié des demandes de financement qui seront présentées, soient acceptées. La «stratégie Moukawalati» ne s’arrête pas là. Déjà au départ, ce processus permet l’accompagnement de tout porteur de projet dont le montant d’investissement ne dépasse pas 250.000 dirhams, dès la naissance de son idée de créer son entreprise. C’est ce qui permet au futur entrepreneur d’élaborer son business plan, d’effectuer une étude du marché en bonne et due forme… Après acceptation du dossier, suit la phase critique du démarrage. Là aussi, le jeune patron sera épaulé pour convaincre la banque de lui accorder un financement. Le tout sans que Moukawalati ne fasse les formalités à la place de l’intéressé. Puis, un suivi post-création est également prévu. Moukawalati est bien reparti pour réussir, cette fois-ci. Les exemples à suivre, ne manquent pas. Le plus parlant est celui d’une jeune fille, diplômée de l’OFPPT, qui a ouvert une toute petite entreprise de chaussures qui grandit aujourd’hui. Au point qu’elle emploie actuellement près de 30 salariés permanents. Cette entreprise, produit modèle de Moukawalati, a même décroché des contrats en Espagne. Aux futurs «Moukawilate» et «Moukawiline» de faire mieux !
    Les avantages accordés au porteur(se) de projet
    . Avance sans intérêt représentant au maximum 10% de l’investissement et dans la limité de 15.000 dirhams remboursable sur 6 ans et dans 3 de grâce.
    . Garantie du crédit assurée par l’Etat (via la CCG) à hauteur de 85%. La garantie est déléguée aux banques pour activer le traitement des dossiers.
    . Prise en charge par l’ANAPEC de frais d’accompagnement à hauteur de 10.000 dirhams par projet
    Bilan
    Depuis son lancement, le programme Moukawalati a permis d’accompagner près de 6400 projets, 1713 ont été agréés par les banques et 1405 débloqués et autofinancés. Le réseau compte actuellement 183 guichets, 68 guichets additionnels ont intégré le réseau en 2008. L’octroi des financements ne se limitant pas aux banques, les organismes de microcrédits sont associés à cette opération. L’exemple d’Al Amana est édifiant. Avec 8 guichets Moukawalati, cet organisme a contribué à accompagner 253 porteurs de projets jusqu’ à la phase de dépôt de leur plan d’affaires auprès des banques, 128 parmi ces projets ont été agréés, 118 débloqués et 21 autofinancés et 106 TPE créées ayant généré 263 emplois. Les branches d’activités ainsi que les lieux de création sont variés.
    Grâce au soutien d’Al Amana, un Centre de soins esthétique a été créé à Aït Melloul, tout comme une école maternelle qui sert aussi de garderie. Dans la même ville, un atelier de fabrication de pièces de rechange automobile est né, en plus d’une usine de fabrication de matériaux de construction… A Tanger, un jeune a investi dans l’énergie solaire, un autre dans l’élevage. Les deux sont ravis aujourd’hui d’avoir osé entreprendre. Preuve de la bonne conduite de ces projets, aucun impayé n’est signalé par Al Amana.
    Banques : Moukawalati présenté comme produit à part entière
    Tout prête à croire qu’avec le nouvel élan que devra prendre Moukawalati, les banques vont doubler d’ingéniosité pour attirer les porteurs de projets. Dans ce cadre, la BMCE, par exemple, présente BMCE Istitmari comme solution de financement du projet de création d’une entreprise qui s’inscrit dans le cadre du Programme National «Moukawalati». Ce financement est complété par une avance sans intérêt accordée par la Caisse Centrale de Garantie, peut-on lire sur le site de la banque. BMCE Istitmari promet à l’entrepreneur en herbe qui présente un projet viable de première installation ou de création validé par l'ANAPEC sans que le montant du projet d'investissement ne dépasse les 250.000 Dhs (500.000 Dhs en cas d'association de 2 personnes), de le faire bénéficier de l’exonération totale des frais du dossier et d’engagement sur le dossier d’investissement; de réserver une réponse à sa demande dans un délai de 15 jours et de lui accorder, en cas d’acceptation de son dossier, un crédit avec un taux avantageux qui pourrait atteindre 100% du coût d’investissement.
    L'OFPPT acteur majeur de Moukawalati
    Dès le lancement du programme « les Initiatives Emploi » en 2005, l’OFPPT est devenu un acteur majeur du programme Moukawalati pour l'appui à la création d'entreprises. Dans cette perspective, 40 Guichets d’Aide à la Création d’Entreprises ont été créés et couvrent toutes les régions du Royaume. L’OFPPT a également procédé à la formation et la certification de 135 accompagnateurs issus des différents opérateurs du programme (CCI, AMANA, FONDEP, …..) et à l’adaptation des outils de sélection et des contenus de la formation dispensée aux porteurs de projets.
    L’Office a formé plus de 1900 candidats, à la création et à la gestion d'entreprises et a ainsi contribué à l’éclosion de près 500 entreprises qui génèrent près de 2500 emplois. Soit 78 candidats formés et 24 entreprises créées en moyenne par Guichet de l’OFPPT.
    En 2009, le nombre de guichets connaîtra une progression de 50%, passant de 40 à 60 guichets. L’Office assure aussi un appui dit «Post Création», avec l’appui financier du Millenium Challenge Account, dont le montant s’élève à plus de 10 millions de dollars.
    Etalé sur 5 ans, ce projet vise en particulier, le renforcement de ses capacités (outils de travail, ressources humaines); l’accompagnement, dans une phase pilote, de 200 jeunes entreprises en 2009; et de 1.800 entreprises durant les cinq prochaines années.
    A noter que les lauréats de l’OFPPT représentent plus de la moitié des créateurs d’entreprises avec 55%. Ils investissent surtout dans le secteur industriel.




    Source : lereporter.ma
     

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