MOULAY HADIF ALAOUI. Le mauvais génie de Hassan II

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par @@@, 12 Juin 2009.

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    Purges militaires, séquestration des enfants Oufkir… On lui prête la supervision des dossiers “noirs” du règne hassanien. Portrait d’un personnage cruel, craint… et méconnu.

    Droit comme un I. L’air sévère. Costume trois pièces ou jellaba officielle. Et tarbouche toujours vissé sur un crâne dégarni façon Kojak, personnage principal de la série culte américaine. Moulay Hafid Alaoui se présentait ainsi dans la plupart des photos officielles ou privées de Hassan II, jamais bien loin de son roi. Et pour cause, ce général
    officiellement en charge du protocole royal durant trois décennies jusqu’à sa mort en 1989 (dix ans, donc, avant la mort de son roi), a été l’homme le plus proche du monarque. Son premier relais et, quelque part, son pendant. “Moulay Hafid était bien plus que le patron du protocole. Il était l’homme à tout faire de Hassan II dans à peu près tous les domaines : vie privée, business, armée, etc.”, confirme ce témoin de l’époque, avant d’ajouter : “Il n’était peut-être pas très connu du public comme un Réda Guédira ou un Driss Basri, mais il était de par sa proximité particulière avec Hassan II l’un des hommes les plus puissants et les plus craints du pays”. L’autre numéro deux du royaume, peut-être, le vrai. Un homme quasi unanimement détesté par les habitués du Palais et autres puissants du royaume. Un homme secret aussi, sur lequel ses proches refusent encore de s’épancher (TelQuel a sollicité sa famille pour les besoins de cette enquête, sans succès). Un homme sur lequel, aujourd’hui encore, quasiment tout reste à dire…

    Au nom de la France
    Moulay Hafid Alaoui a vu le jour en 1910 (un certain flou a toujours entouré sa date de naissance exacte) à Douirat, une petite localité non loin d’Errachidia. Pas très studieux en classe, ce fils d’un riche propriétaire terrien s’installe au début des années 1930 à Meknès. Là-bas, les portes de la prestigieuse école militaire de Dar Beida, créée en 1918 par Lyautey pour former les officiers marocains de l’armée française, lui sont grandes ouvertes. “Le niveau des candidats n’avait pas d’importance pour intégrer Dar Beida. Le protectorat donnait la priorité aux fils de notables et dignitaires du Makhzen”, explique ce haut gradé à la retraite. A sa sortie de Dar Beida, le lieutenant Alaoui se donne corps et âme pour honorer le drapeau tricolore. Alors que les officiers les plus brillants de sa promotion sont gratifiés d’un complément de formation à Saint Cyr en France ou Tolède en Espagne, lui doit se contenter d’une affectation locale. Sa mission : “calmer” coûte que coûte les ardeurs de la résistance dans son combat pour l’indépendance du Maroc. “Il n’avait aucun scrupule à le faire”, appuie le journaliste et historien Abdellatif Jebrou, avant de poursuivre : “Un jour, à la Résidence, il s’est vanté en public d’avoir liquidé quelques jours plus tôt des résistants dans l’Atlas. Je les ai tués comme des mouches, disait-il”.
    Au milieu des années 1940, Moulay Hafid est redéployé dans l’administration. Il est nommé khalifa dans la médina de Casablanca où il est officiellement le représentant du sultan. “Il était sur le papier le représentant du sultan mais au final, il n’avait de comptes à rendre qu’au commandement militaire français” précise Jebrou, qui donne une idée sur les rapports qu’entretenait le khalifa Alaoui avec le mouvement nationaliste : “A l’époque, Moulay Hafid rendait entre autres des jugements dans des affaires où des résistants étaient sur le banc des accusés”, raconte-t-il.
    Le 20 mars 1953, soutenu par la Résidence, le pacha de Marrakech, Thami Glaoui, réunit autour de lui une vingtaine de pachas, caïds et autres notables du pays. Objet de cette rencontre : faire signer à tout ce beau monde une pétition demandant l’abdication et la déposition du sultan Mohammed Ben Youssef. Moulay Hafid Alaoui est parmi les premiers à apposer sa signature au document. En contrepartie, il est promu au grade de caïd à Settat. Et continue de défendre les intérêts de la France avec un certain zèle. “En 1954, il a violemment réprimé les commerçants de Settat, qui ont fermé boutique en signe de protestation contre l’exil du sultan”, raconte Jebrou. En réaction à cet évènement, la résistance le met en tête de liste des personnalités à abattre. Il sortira indemne d’un attentat, mais avec une vilaine blessure à l’épaule “dont il s’est toujours plu à dire que c’était une blessure de guerre”, souligne ce témoin de l’époque.

    Adoubé par Mohammed V
    Le mouvement national va avoir finalement gain de cause. Le 16 novembre 1955, après un peu plus de deux ans d’exil, d’abord en Corse puis à Madagascar, le sultan Mohammed Ben Youssef, devenu entre-temps Mohammed V, est de retour dans son pays. Contre toute attente, Moulay Hafid Alaoui, parvenu jusqu’au grade de lieutenant-colonel dans l’armée française, prend encore du galon. Il est nommé par le roi au poste de gouverneur de la région de Marrakech. “Il ne faut pas être étonné de ce geste, Moulay Hafid était avant tout un parent de Mohammed V (voir encadré) pour qui la famille était quelque chose de sacré”, explique Midhat René Boureqat, courtisan de l’époque, qui vit aujourd’hui dans la région parisienne.
    Bien entendu, le lien de parenté entre Mohammed V et Moulay Hafid n’explique pas à lui seul le geste royal. “A l’époque, la monarchie avait peur de l’hégémonie du parti de l’Istiqlal. Elle s’est donc entourée de nombreux marocains ayant collaboré avec la France parce qu’elle était sûre qu’ils lui seraient fidèles. Donnés pour perdus, cette main tendue était la seule chance de survie pour tous ces hommes” analyse avec le recul l’historien Mustapha Bouaziz.
    Moulay Hafid ne fera pas de vieux os dans son fauteuil de gouverneur. Quelques mois seulement après sa nomination, une délégation de la tribu des Rhamna débarque, remontée, au siège du parti de l’Istiqlal. Les hommes sont venus protester contre le racket imposé par les représentants du roi, dont Moulay Hafid Alaoui, dans la région des Rhamna. C’est Mehdi Ben Barka qui les reçoit au nom de l’Istiqlal, leur promettant d’organiser une rencontre avec Mohammed V. Une fois devant le monarque, la délégation réclame la tête des accusés, présents eux aussi lors de l’audience royale. Moulay Hafid tente de se défendre, accusant l’Istiqlal de vouloir l’évincer par n’importe quel moyen. Ce qui n’était pas complètement dénué de sens. Mehdi Ben Barka l’interrompt et lui lance sur un ton menaçant : “Moulay Hafid, tu devrais apprendre à te taire. L’encre avec laquelle tu as signé la demande d’abdication et de déposition de ton roi n’a pas encore séché”. En sortant de l’audience royale, Moulay Hafid est tout simplement relevé de ses fonctions. Il n’est plus au service de Sa Majesté. Mais pas pour longtemps…

    Le “filtre” de son roi
    Quelques jours seulement après avoir été remercié par Mohammed V, Moulay Hafid Alaoui retrouve sa place dans le sérail grâce au prince héritier, Moulay Hassan, qui l’invite à rejoindre son cabinet. “Ce n’est pas vraiment étonnant de sa part, réagit Midhat Bourequat. Le prince héritier avait beaucoup de sympathie pour Moulay Hafid qui, du temps du protectorat, l’a souvent accompagné dans des soirées privées, notamment dans certains cercles à Casablanca, à l’époque où il était encore khalifa”.
    Quelles sont les fonctions précises de la recrue princière ? Réponse de ce courtisan de l’époque : “Moulay Hafid ne faisait pas grand-chose. Il gravitait autour du prince héritier, en attendant son heure”. Qui vient le 26 février 1961, à la mort de Mohammed V, suite à une banale opération chirurgicale. Fraîchement intronisé, le jeune Hassan II (32 ans) compose son équipe dont fait partie Moulay Hafid Alaoui, parachuté à la tête du protocole royal. Un poste stratégique qui lui permet de se rapprocher davantage de Hassan II et de devenir un de ses principaux collaborateurs. “En plus d’être le régisseur des palais et le garant du respect des us et coutumes de la monarchie, Moulay Hafid est très vite devenu l’homme de confiance de Hassan II”, confirme ce courtisan de l’ère hassanienne. C’est simple : Moulay Hafid Alaoui est le “filtre” de Hassan II. Sans son aval, impossible d’arriver jusqu’au souverain. “Quand vous aviez un différend avec lui, vous pouviez toujours courir pour décrocher une audience royale”, ajoute notre source.
    Moulay Hafid Alaoui est également une des rares personnes à avoir accès à toutes les enceintes des palais, même les plus privées (voir encadré). Il est aussi l’œil du roi dans l’armée. “C’était un peu l’espion de Hassan II chez les militaires. Il rapportait les moindres faits et gestes des hautes gradés à Sa Majesté”, explique cet officier à la retraite. Beaucoup l’ont payé de leur carrière, certains de leur liberté.
    Surtout, Moulay Hafid Alaoui est l’homme des “missions spéciales” auprès du monarque. C’est lui par exemple qui est désigné pour “faire le ménage” parmi les chorfa que Hassan II trouvait beaucoup trop nombreux à son goût. Ou pour “superviser” la séquestration de la famille Oufkir au lendemain de l’attaque du Boeing royal le 16 août 1972. Quelques années plus tard, Raouf Oufkir dressera ce portrait peu reluisant de Moulay Hafid Alaoui dans Les invités (Ed. Flammarion, 2003) : “Grand prêtre du palais, âme damnée du commandeur des croyants, ce général de pacotille est la créature de son maître. C’est l’homme des affaires réservées, le régisseur des oubliettes royales, le cerbère des jardins secrets du monarque”.

    L’âme damnée de Hassan II
    De par sa proximité avec le roi et la confiance aveugle dont il jouit auprès de lui, Moulay Hafid Alaoui est tout-puissant. Tout le monde le craint, l’évite. Celui que la reine mère, Lalla Abla, appelle le “mauvais génie” de son fils, se montre cruel, parfois vulgaire, avec ceux qui croisent son chemin. “C’était vraiment dangereux de se frotter à lui. Il pouvait vous rendre la vie très difficile s’il le voulait”, raconte ce haut fonctionnaire à la retraite qui se souvient de “courtisans tombés en disgrâce à cause de lui, de ministres insultés et bousculés en public, de membres du protocole condamnés au cachot pour des raisons totalement futiles, etc.”.
    Un souvenir raconté par ce témoin de l’époque en dit long sur la personnalité atypique de l’homme de confiance du roi. A la fin des années 1960, Moulay Hafid Alaoui fait appel à un paysagiste du ministère de l’Habitat pour quelques travaux dans sa villa à Rabat. Le fonctionnaire passe trois jours à prendre soin du jardin de celui qui vient d’être promu général, puis rentre chez lui. Quarante-huit heures plus tard, son ministre de tutelle débarque chez lui en catastrophe lui annonçant que “l’maâlem” (le maître) l’a convoqué. Connaissant la réputation de Moulay Hafid, le paysagiste fait le déplacement, la peur au ventre, pensant que son hôte n’est pas satisfait de son travail et qu’il va le lui faire payer cher. Une fois arrivé, le paysagiste est surpris de recevoir les félicitations du “maâlem”, qui va jusqu’à lui demander : “As-tu un besoin quelconque, un service à me demander??”. Prenant son courage à deux mains, l’invité expose son problème : “Ma femme, qui est médecin, a été mutée à Tétouan alors que je travaille à Rabat. Cette situation est invivable, mon général”. Le paysagiste n’a pas encore fini de parler que Moulay Hafid Alaoui décroche son téléphone pour appeler directement le ministre de la Santé : “Dis-moi, toi, c’est quoi cette manière de traiter les gens ? L’homme travaille à Rabat et tu envoies sa femme à Tétouan. Quand il va se coucher, tu vas lui envoyer ta mère ou quoi ?”.

    Monsieur peaux de bananes
    Autre anecdote parlante : un jour, Hassan II demande à Driss Basri, tout nouveau ministre de l’Intérieur et étoile montante du Makhzen (nous sommes à la fin des années 1970), de sélectionner les plus brillants éléments de son département pour les mettre au service du Palais. Mais le monarque oublie d’en faire part à son fidèle Moulay Hafid. Le lendemain, les “sélectionnés” débarquent en tenue officielle (jellaba blanche et tarbouche rouge) dans le bureau du général qui les reçoit à sa manière : “Sortez, déguerpissez, hors de ma vue, bande de… ! Ce gamin de Driss (Basri) vous envoie ici pour m’enquiquiner, il ne manquait plus ça”. Et pour punir un des visiteurs qui traîne les pieds en partant, le maître des lieux lui lance sa babouche en plein visage. Du pur Moulay Hafid Alaoui…
    Malgré ses outrances, le général est plutôt un fin calculateur. Il ne s’attaque pas aux puissants. Du moins pas frontalement. “Pour ceux qu’il ne pouvait pas atteindre, il concoctait des pièges machiavéliques qui devaient au final entraîner leur chute”, explique ce haut gradé à la retraite. Notre source nous révèle une des tentatives de Moulay Hafid Alaoui de mettre dans l’embarras la gendarmerie et son jeune commandant, Housni Benslimane, qui commençait alors à lui faire de l’ombre. L’anecdote, donc : à la fin des années 1970, l’orchestre de la gendarmerie se prépare depuis deux semaines pour jouer les hymnes nationaux à l’arrivée d’un chef d’Etat africain à l’aéroport Mohammed V à Casablanca, en présence de Hassan II. A J-1, le protocole royal informe les musiciens que l’hymne du chef d’Etat en question a été changé. “En fait, cet hymne avait été changé deux semaines avant, mais on ne l’a su qu’à la dernière minute. Moulay Hafid Alaoui était au courant du changement, mais il l’a gardé pour lui. Il voulait que Housni Benslimane se trompe le jour J. Heureusement, au sein de l’orchestre, il y avait un officier français qui a eu vent de la modification et qui a pu se débrouiller à temps le nouvel hymne, via ses contacts dans l’Hexagone”.

    La méthode Moulay Hafid
    “A la mort de Moulay Hafid Alaoui, il aurait fallu tout un camion pour emmener de son bureau les titres fonciers qu’il avait accumulés durant sa vie”, répètent avec exagération toutes les personnes contactées pour évoquer le souvenir et la personnalité de l’homme de confiance de Hassan II. Qu’en est-il exactement ? “C’est un secret de polichinelle, Moulay Hafid Alaoui a accumulé une fortune considérable”, répond cette source bien informée, expliquant comment le patron du protocole royal s’est accaparé de nombreux terrains publics. Même son de cloche du côté de Raouf Oufkir, qui accuse dans Les Invités le général d’avoir fait main basse sur les biens de sa famille au lendemain du décès de son père, le général Mohamed Oufkir : “Notre maison sera d’abord ouverte au pillage, puis rasée au bulldozer quelques années plus tard. Le général Moulay Hafid, grand ordonnateur des palais royaux, officiera à la rapine en s’octroyant, ainsi que quelques personnalités, la part du lion”.
    Racket, abus de pouvoir, etc. Les témoignages accablants abondent. Comme cet entrepreneur, mandaté dans les années 1980 par le Palais pour mener un chantier dans un pays africain. “Une fois le travail fini, j’ai demandé à être payé auprès du client, lequel m’a répondu, à ma grand surprise, que le règlement s’est fait auprès du général Moulay Hafid. Pour récupérer mon argent, j’ai dû laisser une grosse commission derrière moi”, nous explique-t-il.
    Toujours est-il qu’à la mort de Moulay Hafid Alaoui, une bonne partie de sa fortune aurait été récupérée par le Palais. A l’instar de ce qui a pu se passer avec d’autres anciens collaborateurs de Hassan II. “Il y a une règle propre au Makhzen, qui dit que l’argent qui se fait sur le dos de la monarchie doit revenir à la monarchie”, explique notre source.


    Le souffre-douleur de Sa Majesté
    Moulay Hafid Alaoui se permettait tout, ou presque. En tout cas beaucoup plus que les simples sujets de Sa Majesté. Un exemple, encore un, nous est fourni par cette surprenante anecdote, telle qu’elle a été rapportée par le commandant Mahmoud Tobji (Les officiers de Sa Majesté, Ed. Fayard, 2006) : “En 1976, Hassan II avait invité à Ifrane un chef d’Etat africain. Ce dernier était en retard. Agacé, le roi faisait les cent pas quand, tout à coup, sentant une odeur de haschisch, il cria : Mais qui se permet donc de fumer dans ma maison?? De peur d’être sévèrement sanctionné par Moulay Hafid, un serviteur répondit : C’est Saïd, votre cuisinier, Majesté ! Hassan II n’était pas dupe, il savait que le coupable s’appelait Moulay Hafid, mais il a simplement dit, en parlant du cuisinier : Qu’il aille fumer dans la forêt !”.
    Dur, sévère, imprévisible, grossier… “Il répercutait sur les autres les humiliations que lui faisait endurer au quotidien son roi, qui le traitait malgré toute sa fidélité et sa totale soumission comme un moins que rien”, croit savoir cette source bien informée, dont la théorie repose sur un souvenir personnel. Au milieu des années 1980, Moulay Hafid Alaoui est dans son bureau en compagnie d’un proche parent lorsqu’il sermonne sévèrement et gratuitement son adjoint de l’époque, un certain Abdelhak Mrini (actuel directeur du protocole royal) avant de lui ordonner de quitter les lieux. Mal à l’aise, l’invité, qui est un ami de Mrini, demande avec beaucoup de tact à Moulay Hafid Alaoui d’éviter de s’adresser à son second sur ce ton devant lui. Le général surprend son interlocuteur en répliquant : “Ah, si tu voyais comment l’autre m’a parlé ce matin, et comment il me traite tous les jours, tu comprendrais que j’aie besoin de me défouler sur les autres”.
    On l’aura compris, “l’autre”, c’est Hassan II. Un Hassan II qui a toujours, tout de même, défendu son protégé, qu’il appelait “le chauve”. “A maintes reprises, des proches du roi, dont des membres de sa propre famille, sont venus lui demander de relever Moulay Hafid de ses fonctions, arguant que plus personne ne pouvait le supporter. Le roi leur répondait à chaque fois… que c’est bien parce que les gens n’aimaient pas Moulay Hafid Alaoui qu’il avait décidé de le garder auprès de lui”, explique Abdellatif Jebrou avant de conclure : “Ces gens-là ont oublié que Hassan II n’aimait pas qu’on lui impose des choses”.
    Le roi a donc “gardé” son fidèle compagnon jusqu’à son décès, le 14 octobre 1989. “Mais depuis le début des années 1980, déjà, il avait considérablement réduit ses apparitions publiques à cause de la maladie”, explique cette source qui se souvient de l’une des dernières apparitions publiques du général préféré de Hassan II. C’était dans un palace casablancais, lors d’une manifestation culturelle. Ce jour-là, Moulay Hafid lance au ministre de la Pêche un : “Moul houte (poissonnier), viens ici !”. Pas étonnant que, vingt ans après sa mort, on ne trouve quasiment personne pour dire du bien du “mauvais génie” du roi.




    Sérail. Un homme parmi les femmes
    Hassan II avait une confiance aveugle en Moulay Hafid Alaoui. La preuve : le général était sans doute le seul collaborateur du monarque à avoir accès à toutes les enceintes des palais, dont les harems. “Moulay Hafid Alaoui pouvait non seulement y pénétrer mais il pouvait également adresser la parole aux femmes du palais, ce que presque personne n’avait le droit de faire”, nous confie cet habitué des palais du temps de Hassan II. Pourquoi un tel privilège ? “Parce que Moulay Hafid avait également pour mission de surveiller les femmes. D’ailleurs, les rares fois où elles partaient en voyage à l’étranger, notamment à la Mecque, il les accompagnait”, explique l’ancien courtisan Midhat Boureqat. Et gare à celles qui osaient dire du mal de Sidna ! “Moulay Hafid rapportait tout au roi”, confie notre source avant de conclure : “C’est pour cette raison que les femmes du palais le craignaient et haïssaient tant”.



    BIO EXPRESS
    1910 (date controversée). Voit le jour à Douirat, près d’Errachidia
    1940. Devient khalifa à Casablanca 1953. Signe une pétition pour l’abdication du sultan Mohammed Ben Youssef, avant d’être nommé caïd à Settat
    1954. Réprime dans le sang une manifestation de commerçants de Settat, qui demandent le retour du sultan
    1956. Désigné gouverneur de la région de Marrakech avant d’être relevé de ses fonctions quelques mois plus tard.
    1960. Placé à la tête du protocole royal
    1972. Le général Oufkir s’est “suicidé de cinq balles dans le dos”. Moulay Hafid est présent aux côtés de Hassan II et du général Dlimi au moment des faits.
    1989. Décède après une longue vie au service du Palais



    http://www.telquel-online.com/376/couverture_376.shtml
     
  2. anaayoub

    anaayoub Accro

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    kane khatir hada ta howa kay t3awdo 3Lih chi 7wayj f chkal mais ta wa7ed ma 3araf l7a9i9a
     
  3. ID^^

    ID^^ Accro

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    rbbi chi résumé
     

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