Nadal ou la défaite qui en dit long

Discussion dans 'Tennis' créé par simo160, 9 Mai 2011.

  1. simo160

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    Pour le N.1 mondial, l'heure est à la remise en question à 15 jours de Roland-Garros. Depuis la finale de Madrid, hier, Novak Djokovic sait qu'il peut battre Rafael Nadal sur terre battue. Il lui a fallu 10 matches pour cela, 9 défaites entre 2006 et 2009 pour comprendre et combler ses lacunes.

    L'incroyable série de Rafael Nadal sur terre battue a donc eu une fin. L'Espagnol ne renouvellera pas son exploit de la saison dernière. L'an passé, il avait réussi le Grand Chelem sur terre, en étant titré à Monte-Carlo, Madrid, Rome et Roland-Garros. Cette année, il lui manquera au moins celui de la capitale espagnole. La faute à un Novak Djokovic au sommet de son art. En s'inclinant pour la première fois face au Serbe sur terre battue, le N.1 mondial a mis un peu plus en lumière ses lacunes face au N.2 mondial qui a désormais les clés pour dompter l'indomptable. Jouant souvent trop court, poussé à la faute en coup droit comme en revers, Nadal n'a pu opposer que son coeur en défense, comme sur ce passing exceptionnel, réussi entre les jambes et transformé en lob, qui lui a offert sa première balle de break de la seconde manche. Un coup digne des plus grands joueurs, insuffisant toutefois pour le sortir d'affaire.

    Avec un mental inébranlable depuis la fin 2010, le Serbe a enfin un niveau de jeu à la hauteur de ses ambitions. Avec une forme physique comme jamais, ses phases de jeu sont impressionnantes d'efficacité, ses attaques aussi tranchantes que ses répliques assassines. Face au lift de Nadal qui fait tant de mal aux autres joueurs du circuit, Djokovic a montré qu'il possédait, en plus, l'arme absolue : son revers à deux mains. Et ce, y compris sur terre battue. C'est désormais vérifié. En prenant la balle très tôt, parfois même à hauteur d'épaule, le Serbe n'a pas subi le lift de Nadal, qui s'est révélé sans effet dimanche sur la terre battue madrilène, il est vrai, plus rapide qu'ailleurs. Mais sans un physique à la hauteur pour tenir la cadence infernale de l'Espagnol, le Serbe aurait certainement craqué, comme lors de leur joute mémorable lors de la demi-finale madrilène de 2009.

    Djokovic : "Quelque chose qui me faisait défaut par le passé"


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    "C'est probablement ma plus belle victoire, de celle que l'on place tout en haut", s'est laissé dire le Serbe, désormais victorieux de 32 matches de suite cette saison. "Je jouais Rafa dans sa ville, dans son pays, avec le soutien des gens. Dans ces circonstances, j'ai joué un match incroyable. Je suis content d'être capable de jouer mon meilleur tennis quand j'en ai besoin. C'est peut-être quelque chose qui me faisait défaut par le passé. Je ne croyais pas assez que je pouvais battre Rafa ou Roger (Federer) dans ces grands tournois, ces grands moments. Mais maintenant, c'est différent." Pour tenir ce discours, il a fallu 10 matches sur terre battue, dont 9 défaites entre 2006 et 2009 pour combler ses lacunes. Mais maintenant, Novak Djokovic sait qu'il peut le faire.

    En faisant la loi dans la diagonale grâce à ce revers de feu réalisé à la perfection, il a réussi à repousser son adversaire loin derrière sa ligne de fond, le pousser à la faute ou le mettre carrément à plusieurs mètres de la balle. Peu de joueurs peuvent réussir à lui résister de la sorte, quelle que soit la surface. On pense à Andy Murray, Juan Martin Del Potro. Egalement à Robin Söderling qui était, jusqu'à ce dimanche, le dernier joueur à avoir battu le Majorquin sur terre battue. Il faut être un joueur avec un toucher exceptionnel, comme Roger Federer pour ne pas le citer, pour y être parvenu avec un revers à une seule main sur surface ocre. Mais le Suisse n'y est parvenu que deux fois dans sa carrière. C'est pour cette raison que la question du physique est très importante : Djokovic n'a pas eu de faille similaire à celui de samedi face à Thomaz Bellucci en demi-finales. S'il avait eu un long moment d'absence dimanche face à Nadal, plus long qu'en fin de premier set lorsque l'Espagnol est revenu de 0-4 à 5-5, un troisième set aurait été joué à coup sûr, avec une issue finalement beaucoup moins évidente.

    Nadal : "La surface n'est pas une excuse"

    "Je n'ai pas joué mon meilleur tennis aujourd'hui. Il a extrêmement bien joué, en particulier avec son revers", analyse justement le Majorquin qui a été incapable de faire reculer le Serbe ou de trop le décaler pour mieux le prendre de vitesse. "Ce coup lui a permis de très bien ouvrir le court. J'ai joué un peu trop court. Je dois être plus agressif sur mon coup droit. C'est ce que je dois travailler sur mes prochains matches, pas seulement face à Novak. Les conditions ici étaient un peu plus difficiles, car la surface est plus rapide. Mais ce n'est pas une excuse. Il est mentalement très fort maintenant, il ne fait pas d'erreur. Il joue avec avec énormément de confiance."

    La question est de savoir si Novak Djokovic sera capable de rééditer pareille performance sur terre battue, d'autant plus au meilleur des cinq manches à Roland-Garros, le prochain objectif affiché de Nole. Si son physique reste fort, il n'y a aucune raison pour qu'il n'y parvienne pas. Il a réussi à résister à Nadal deux fois de suite sur dur à Indian Wells et Miami. Et une troisième fois avec brio sur terre à Madrid. Il ne faut pas oublier qu'il a sciemment zappé Monte-Carlo pour se reposer et préparer son jeu sur terre chez lui à Belgrade... Son timing est donc parfait. A Rome, dans le sixième Masters 1000 de la saison qui a débuté dimanche, la donne sera sensiblement la même. A ceci près que la surface sera plus lente qu'à Madrid et que Nadal aura la semaine pour commencer à rectifier le tir. Et trouver une solution pour faire déjouer le Serbe à son tour. Car il ne faut pas oublier que la plus grande capacité du Majorquin est sa rapide faculté d'adaptation à ses adversaires, comme aux surfaces sur lesquelles il joue... Sa place de N.1, pas encore menacée malgré la perte de son premier titre sur terre, est à ce prix.



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