Noureddine Miftah interrogé par la police judiciaire

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 26 Novembre 2005.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    Le directeur de la publication d'«Al Ayyam» a été convoqué hier par la police judiciaire de Casablanca, à la suite d'une demande d¹ouverture d'enquête sur le dossier publié par cet hebdomadaire et intitulé : « les secrets du harem du palais sous trois Rois». L'interrogatoire a duré quatre heures, de 9 à 13 heures.

    Plus de vingt questions ont été posées au directeur d'«Al Ayyam». Selon des sources proches de cette affaire, Noureddine Miftah a été questionné sur «certains faits» et sur l'origine de certaines photos. Il lui a été demandé également de clarifier «la signification de quelques expressions» figurant dans les textes du dossier incriminé et de «révéler ses sources».
    Entre diverses questions, une question revenait tel un leitmotiv : «Ne considérez-vous pas que cela porte atteinte à l'image du Maroc, à l¹honneur de la personne de SM le Roi et de la Famille royale ?».
    Au directeur de la publication, il lui a été reproché d'avoir «publié une information fausse» et de ne pas «avoir pris l'autorisation (du Palais royal) de publier des photos de la Famille royale».
    S¹agissant des documents qui prouvent la véracité de l'entretien réalisé par l'hebdomadaire avec l'ancien médecin du Palais royal, François Cleret, Noureddine Miftah a remis «l'enregistrement intégral» de l'interview à la police judiciaire. Il a aussi justifié ce dossier par sa «volonté d'accompagner les changements opérés par SM le Roi, y compris dans les questions qui demeurent des tabous».
    Après l'audition du directeur d'«Al Ayyam», c'était le tour de l'auteur du dossier incriminé, Meriem Moukrim. L'opération devait être similaire.
    D¹autre part, les sociétés d'impression et distribution de cet hebdomadaire, Ecoprint et Sapress, également concernées par cette enquête n'ont pas encore été saisies par la police judiciaire.
    Abdelmounïm Dilami, actuellement en déplacement à l'étranger, suit cette question de près. «A valeur d'aujourd'hui (NDLR : hier dans la matinée), nous n'avons pas été contactés», nous a-t-il déclaré.
    En tant que président de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux, il n'a pas «été saisi» à ce sujet.
    Pour Mohamed Selhami, directeur de MHI, l'affaire «paraît sérieuse, à la lecture du communiqué du Parquet». «Cela risque d'aller loin. C'est ce que nous craignions», a-t-il affirmé.
    Rappelons que le procureur du Roi près le tribunal de première instance de Casablanca-Anfa a ordonné l'ouverture d'une enquête «exhaustive, approfondie et précise» sur un dossier publié par l'hebdomadaire «Al Ayyam» dans son numéro 204 (6/12 novembre 2005) sous le titre «les secrets du harem du palais sous trois Rois».


    ALBAYANE

     
  2. dina.life

    dina.life Visiteur

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    Re : Noureddine Miftah interrogé par la police judiciaire

    comme d'habitude on s'attend à ce qu'un journaliste courageux ecrire un article ouvertement exprimé pour l'attaquer en justice. C'est vraiment malheureu de voir encore des cas similaires dans notre pays aprés les longs discours sur la démocratie, la liberté d'expression, la nouvelle ère... vraiment c'est bien dommage :-(
     
  3. ABOU IMANE

    ABOU IMANE SAHBANE

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    Re : Noureddine Miftah interrogé par la police judiciaire

    achna8ya l3ala9a bine addimo9ra6ya..ou asrare l7arime dyal l9ssare?wache 8ade assa7afa mab9a 3and8a 3lache tdwi?awe 8ouwa man6i9 jalbe akbare 3adade men l9ourra2?7ourryate ta3bire 8ya tadwi 3al l3yalate lli 3aychate fel l9ssare?bazze....
     
  4. issam

    issam Visiteur

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    Re : Noureddine Miftah interrogé par la police judiciaire

    Liberation (Ma) 24/11/2005)

    Ce mercredi 23 novembre, Noureddine Miftah était toujours comme groggy, ne sachant pas encore s’il fallait en rire ou pleurer. La veille, il apprenait à la télévision que son journal, “Al Ayam”, était l’objet d’une enquête ordonnée par le procureur du Roi près le tribunal de première instance d’Anfa. “Nous l’avons a appris grâce au journal télévisé et la MAP ! Nous, on n’a rien reçu, pas de convocation, pas de notification, rien. En fait, nous sommes devant le cas aberrant suivant : il y a l’information mais pas d’évènement !”, s’exclame le directeur de l’hebdomadaire casablancais, prompt à parler “d’intimidation via les médias publics”.
    En effet, l’information est tombée dans le JT de la soirée de mardi 22 novembre. Solennel et raide comme la justice, un communiqué annonçait l’ouverture d’une enquête “exhaustive, approfondie et précise” sur un dossier publié par l’hebdomadaire Al Ayyam dans son numéro 204, paru dans la semaine du 6-12 novembre sous le titre des “secrets du harem du palais sous trois Rois”. Le téléspectateur apprendra dans la foulée que cette enquête qui sera menée par la police judiciaire de Casablanca vise directement Noureddine Miftah en sa qualité de responsable de la publication et la journaliste –lauréate du Prix de la presse l’an dernier- Maria Moukrim qui a signé le dossier incriminé.
    Celui qui préside aux destinées d’Al Ayyam a du mal à croire que le dossier relatif au harem royal représente une violation de la loi. “D’abord nous avons traité d’un thème, le harem, qui appartient à l’histoire de ce pays. Nous avons publié l’interview de l’auteur d’un livre qui évoque ce sujet. Nous n’avons pas porté de jugement sur la question. Au contraire, nous avons écrit qu’il y avait même recul de ce phénomène et parlé de la révolution de Mohammed VI qui a rendu publique son épouse”, se défend Noureddine Miftah. “Nous n’avons pas peur d’aller devant la justice et je suis convaincu que c’est le droit de chacun de réclamer justice devant les tribunaux mais à condition que cela se fasse dans les règles et que l’on nous donne les moyens de nous défendre”.
    Au commencement du dossier sur les secrets du harem du palais sous trois rois, il y a donc un ouvrage, paru il y a quelques années, “Le cheval du Roi”, dont l’auteur est un ex-médecin de la cour, François Cléret. “Le récit n’est d’aucun apport nouveau. Ce qu’il raconte sur le harem de Mohammed V et de Hassan II, résumé par Al Ayyam, n’a rien d’extraordinaire pour les familiers de nos contrées au siècle dernier ou pour les Marocains. La vie de la cour et de ses femmes, le faste des rois, ils le connaissent par ouie-dire, de tradition et de mémoire”, résume le journaliste-chroniqueur Jamal Berraoui.
    Avec cette nouvelle affaire qui ne manquera pas de secouer de nouveau le microcosme médiatique et alors même que le verdict n’a pas encore été rendu dans le procès fait à Tel Quel par la député Halima Assali, la question de la liberté de presse est conviée à la barre. Faut-il tout écrire ? Faut-il se faire une raison comme on adopte une religion et accepter les oukazes de lignes rouges non codées ? Le droit à la vie privée serait-il en train de faire enfin son entrée dans les m½urs marocaines ? Autant d’interrogations qui n’en finissent pas de se poser en ces temps de transition.
    Fahd Yata est formel : “la liberté de la presse ne se conçoit pas sans la responsabilité. Dans le concept de responsabilité, il y a une composante essentielle, le respect de la vie privée d’autrui et notamment celle des hauts responsables et des plus hautes institutions du pays et de leurs familles”. Pour le directeur de “La Nouvelle Tribune”, “dans l’évocation de sujets dits sensibles, le journaliste a le devoir de se déterminer en fonction de la pertinence de l’analyse ou de l’information qu’il entend délivrer à ses lecteurs”. “On ne manquera pas de s’interroger sur l’intérêt que peut représenter pour le lecteur marocain l’évocation de questions qui n’ont pas de réelle importance ni sur le plan historique, ni sur le plan informationnel et encore moins pour la conscientisation des masses populaires”, affirme F. Yata, tout en prenant le soin d’insister sur “la nécessaire préservation de la plus grande liberté d’action des journalistes. Sauf que chacun a le devoir de respecter ce qui fonde la bienséance et les principes d’une bonne éducation simplement”.
    Avec l’évocation des harems des rois - sujet qui appartient à l’histoire, martèle le patron d’Al Ayyam- sommes-nous dans l’intrusion de la vie privée fût-elle royale ? En tout cas, ce n’est pas la première fois qu’une publication marocaine s’engouffre dans la vie intime de la famille royale. En avril dernier, Al Jarida Al Oukhra consacrait un long dossier consacré “aux détails intimes de la vie de SAR la Princesse Lalla Salma”. Un dossier suivi immédiatement d’un communiqué cinglant et plein de leçons du directeur du protocole royal. Commentaire inspiré –presque visionnaire –du journaliste Naïm Kamal paru sur les colonnes de l’Opinion une semaine après ces faits : “De tout temps, la vie des grands a attiré la curiosité des foules comme le miel attise l’appétit des ours, mais rien ne saurait justifier une presse de voyeurisme qui ne peut à terme que déboucher sur un journalisme de paparazzi.
    Au sortir des assises de la presse que nous venons de vivre pour faire la part des choses entre la responsabilité et la liberté, il est important de rappeler que même les hommes publics ont droit à préserver une part d’intimité, ce jardin secret que chacun de nous cherche à garder pour y vivre en toute liberté à l’abri des regards par effraction. Ce dont il s’agit encore dans la mise en garde du protocole Royal, c’est vraisemblablement de prévenir les surenchères commerciales, qui n’épargneront personne, auxquelles risque de donner lieu dans un interminable à qui mieux mieux, le dossier d’Al Jarida Al Oukhra” .

    Le citoyen et la justice, garants de la libre expression
    Faut-il incriminer la liberté de presse ? La liberté d’expression aurait-elle ses propres règles dans un pays en transition démocratique ? Jamaleddine Naji, expert en communication et enseignant à l’ISIC balaie d’un revers de la main l’interrogation. “Il faut d’abord poser le jeu démocratique et il se fait à travers la profession et la justice. Dans une démocratie, le citoyen est vigilant, jaloux de ses droits face à tous les pouvoirs, y compris ceux des médias. En démocratie, le journaliste sert le citoyen en même temps qu’il le craint. En fait, l’environnement de démocratie se résume à travers le slogan Etat de droit. Maintenant, le recours à la justice peut devenir démesuré. D’une part, parce que le citoyen et la citoyenneté n’ont pas aidé à l’aiguisement de la capacité professionnelle et déontologique du journaliste et d’autre part quand le recours à la justice est l’unique source plus ou moins riche et indemne de la règle de droit. Autrement dit, l’exercice de la liberté d’expression dans une démocratie dépend de deux acteurs, source de l’exercice des droits, libertés et devoirs, le citoyen et la justice”.
    Reste le principe de la bonne foi. Noureddine Miftah n’a de cesse de le rappeler : son hebdo a traité d’un thème appartenant à l’histoire en plus d’interviewé l’auteur d’un ouvrage. “Le principe de la foi du journaliste qui doit toujours être défendu ne le dédouane pas de la précaution de faire attention à la portée délictuelle ou à la violation des droits. La source n’est pas là pour masquer la responsabilité du journaliste”, rétorque J. Naji qui rêve à une jurisprudence du procès du délit de presse et non pas d’opinion car livrant “un grand exercice intellectuel et de débat sur la démocratie, liberté et le respect des droits humains”.
    Délit de presse ou atteinte à la liberté d’expression? La réponse viendra dans un procès condamné à être exemplaire dans le respect des droits des uns et des autres et celui du principe sacro-saint du débat contradictoire entre les parties.
    L’ancien président de la 17ème chambre parisienne en charge des délits de presse, le juge Legrelier, en avait fait presque son épitaphe : “Moins il y a de procès de délit de presse, plus il y a de conciliabules de couloirs et de négociations qui dévoient liberté d’expression et journalisme”.


    Narjis Rerhaye
     

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