Nous serons 46,4 millions de Marocains en 2050

Discussion dans 'Discussion générale' créé par scountwa, 13 Octobre 2005.

  1. scountwa

    scountwa scountwa

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    · Le dernier rapport 2005 du FNUAP établit la population mondiale à 9,1 milliards

    · Santé et égalité des sexes indispensables pour y arriver

    · Au Maroc, nous mourons trop jeunes et nous ne nous soignons pas assez

    La terre tiendra-t-elle le coup avec autant d’habitants? Selon le dernier rapport du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) sur l’état de la population mondiale 2005 rendu public le 12 octobre, notre bonne vieille planète sera peuplée par 9,1 milliards d’individus en 2050, alors que nous sommes aujourd’hui quelque 6,5 milliards à la phagocyter! A cette même date, au Maroc, nous devrions avoisiner, selon les estimations du FNUAP, les 46,4 millions, sachant que pour l’organisme international, nous nous établissons en 2005 à 31,5 millions.
    Néanmoins, pour y arriver, il faudra nécessairement une bonne dose d’optimisme et de foi en l’aboutissement des projets de lutte en matière de santé (sida entre autres), de l’éradication (?!) de la pauvreté ou encore dans la préservation de l’environnement. Durant la prochaine décennie, des centaines de millions de personnes seront libérées du carcan de la pauvreté, souligne le rapport. Les vies de 30 millions d’enfants et de 2 millions de mères peuvent être épargnées. Le sida peut reculer. Des milliers de jeunes peuvent jouer un plus grand rôle dans le développement de leur pays. L’égalité des sexes et la santé sont indispensables à la réalisation de cette promesse. D’autant plus que cette année marque le commencement du compte à rebours jusqu’en 2015, date limite fixée pour la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement. “Il est temps de demander que des mesures soient prises pour libérer les femmes de la discrimination, de la violence et de la mauvaise santé qu’elles affrontent dans leur vie quotidienne”, clame pour sa part la directrice exécutive du FNUAP, Thoraya Ahmed Obaid, en présentant le rapport. Au Maroc, le FNUAP précise que non moins de 55% des femmes séropositives ont été infectées par leur mari. Là, bizarrement, le Fonds ne dispose d’aucune donnée (taux de prévalence du VIH dans des populations masculines et féminines entre 15 et 49 ans) concernant le Maroc et la Libye.
    Par ailleurs, la lutte contre la violence fait aussi partie des vecteurs de développement. En Algérie et au Maroc, le FNUAP prête appui aux efforts menés par celles qui survivent à la violence. Selon les indicateurs permettant de mesurer le progrès réalisé vers les objectifs quantitatifs et qualitatifs adoptés à la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) et les OMD, le Maroc, l’Algérie, l’Egypte, le Soudan et la Tunisie se talonnent. Aussi, le taux de mortalité infantile est de 35 pour 1.000 naissances vivantes contre 21/1.000 en Tunisie et l’espérance de vie (M/F) de 68,1/72,5 pour le Royaume contre 71,6/75,8 en Tunisie. En somme, nous mourons trop jeunes et nous ne vieillissons pas autant que chez nos voisins. Du côté du ratio de mortalité maternelle, au Maroc, il frise les 220 contre 84 pour l’Egypte, 97 pour la Libye ou encore 140 pour l’Algérie. Encore trop élevé. Si cette tendance persiste dans ces indicateurs, ce n’est pas à ce rythme que l’on risque de surpeupler la terre.

    · Mortalité infantile, VIH...

    Il faut croire qu’au Maroc, on ne se soigne pas non plus aussi bien que chez nos voisins. Selon le rapport, nous ne dépensons que 1,5% du PIB en matière de santé publique alors qu’en Tunisie, 2,9% du PIB y sont accordés et qu’en Algérie, 3,2% du PIB y sont consacrés.
    Le rapport du FNUAP est essentiellement concentré sur les femmes. Au niveau mondial, les problèmes de santé en matière de procréation (dont le VIH/sida) constituent la cause majeure de mortalité et de morbidité chez les femmes âgées de 15 à 44 ans. En fait, ils entraînent la perte de plus de 250 millions d’années de vie productive par an. Chaque année, environ 529.000 femmes meurent de causes liées à la grossesse qui sont presque entièrement évitables, déplore le rapport. Le manque d’accès aux contraceptifs modernes est la cause principale d’environ 76 millions de grossesses non recherchées dans le seul monde en développement et quelques 19 millions d’avortements pratiqués dans des conditions dangereuses. Une femme sur trois est victime à un moment quelconque de sa vie de sévices physiques, sexuels ou autres. Près de 50% des agressions sexuelles commises dans le monde entier frappent des filles âgées de 15 ans ou encore plus jeunes.
    Pour les auteurs du rapport, “les objectifs pourraient être financés si les pays industrialisés se bornaient à remplir la promesse contenue dans un accord ancien de 35 ans, d’affecter 0,7% de leur revenu national brut à l’aide publique au développement”. Pour Koffi Annan, secrétaire général de l’ONU, “nul besoin de nouvelles promesses, il faut seulement mener à terme les engagements déjà pris”. Une gouvernance et une transparence de meilleure qualité, une corruption moins répandue, un allégement accru de la dette et l’élimination de subventions agricoles dans les pays riches, comptent au nombre des éléments de l’accord mondial visant à éliminer la pauvreté.


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    Promesses



    Quand il y a près de 3 millions de personnes qui luttent pour vivre avec moins de 2 dollars par jour, plus d’un demi-million de femmes qui meurent chaque année de complications liées à la grossesse, 6.000 jeunes qui deviennent séropositifs chaque jour et des millions de femmes et de filles qui vivent dans la crainte de la violence, la réponse conforme à l’éthique est évidente. Il faut tenir, note l’équipe de rédaction, les promesses de l’action mondiale pour l’égalité et l’équité recommandées lors des conférences tenues par les Nations unies dans les années 90 et au Sommet du millénaire de 2000.
     

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