Nubie - Empires de Napata et de Méroé

Discussion dans 'Bibliothèque Wladbladi' créé par titegazelle, 12 Novembre 2008.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    L'Empire de Napata

    Durant la période troublée qui suivit la fin du Nouvel Empire, l'Égypte, en proie aux luttes intestines, ne put maintenir sa domination sur la Nubie.
    À Napata, ville située au pied du Djebel Barkal où, sous la XVIIIe dynastie, Thoutmosis III installa un avant-poste militaire, une dynastie indigène mais fortement égyptianisée se développe à partir de 800 a.n.è.
    Le roi Piankhy (Piyé) entreprend la conquête de la Nubie, puis de l'Égypte et établit une nouvelle dynastie, la XXVe dite "koushite" ou "éthiopienne", les auteurs de l'Antiquité appelant la Nubie "Ethiopie".
    Avant de se replier à Napata, expulsés par les assauts de l'Empire assyrien, les rois koushites vont dominer l'Égypte durant environ un siècle. Ils donnent au pays un nouvel essor, relançant l'activité de construction dans presque tous les grands centres religieux et marquent de leur influence l'art égyptien.
    Napata devient une grande capitale au même titre que Thèbes ou Memphis et restera un centre religieux majeur de l'Empire méroïtique : la croyance voulait que le Djebel Barkal, "la montagne sacrée", abrite symboliquement le dieu Amon de Napata.
    Les Koushites empruntent à l'Égypte ses rituels funéraires et la forme de la pyramide pour leurs tombeaux, comme en témoignent le cimetière de Kourrou et celui de Nouri. Ces pyramides s'apparentent davantage à celles des tombes privées de Thèbes qu'aux pyramides de la nécropole memphite.
    Saccagée par les armées romaines puis restaurée, Napata est aujourd'hui recouverte en grande partie par la ville moderne de Karima.



    L'Empire de Méroé
    À partir de 270 A.V. notre ère s'élabore à Méroé, un peu en aval de la Sixième Cataracte, une civilisation originale où se mèlent influences égyptienne, grecque, romaine et africaine : la civilisation méroïtique. On ne sait pas exactement quand cette cité succéda à Napata comme capitale de l'empire nubien. Certains scientifiques ont pensé que le sac de Napata par le pharaon Psammétique II poussa les Koushites à déplacer leur capitale plus au sud. Cependant, si les souverains choisissent désormais de se faire inhumer dans la nécropole de Méroé, Napata reste le principal centre religieux de l'Empire.
    La population vit de culture et d'élevage, notamment de troupeaux de bovins. Les ressources minières ainsi que le commerce avec la Vallée du Nil, la Mer Rouge et l'Afrique Centrale, contribuent à la richesse du royaume. Durant des millénaires, les cultures nubiennes n'eurent pas d'écriture propre, utilisant les hiéroglyphes sur leurs monuments. Ce n'est qu'au IIe siècle a.n.è qu'apparaît un système d'écriture emprunté aux écritures hiéroglyphique et démotique, véhiculant la langue locale que la communauté scientifique internationale cherche toujours à comprendre.
    Le site de Méroé est très étendu. De nombreux sanctuaires ont été dégagés à l'extérieur de la ville et environ deux cent pyramides sont recensées dans les trois nécropoles. Toutes furent systématiquement pillées par les aventuriers attirés par le légendaire or de Méroé et ont été restaurées par l'organisation des Antiquités du Soudan. Le temple d'Amon conserve un plan traditionnel : pylône, cour, salle de la barque sacrée et Saint-des-saints.
    Par contre, les temples dédiés aux divinités indigènes sont différents : une ou deux chambres avec ou sans pylône. Le dieu guerrier à tête de lion Apédémak est le plus vénéré du panthéon méroïtique aux côtés de Sébiouméker dit "seigneur de Mousawwarat" considéré comme un dieu créateur. Le royaume de Koush eut peu de rapports avec l'Égypte perse. Il en entretint de plus nombreux avec la dynastie ptolémaïque attirée par le fer, le bétail et les produits d'Afrique noire. La domination romaine inquiéta davantage les Koushites. À la tête d'une armée, la reine (la "candace") Amanis Shaktete s'empare des points stratégiques de Basse Nubie et dévaste Philae, Syène et Éléphantine. Le préfet Pétronius envoyé par Rome la poursuit jusqu'à la Quatrième Cataracte, détruit Napata et le temple d'Amon au Djebel Barkal. Méroé échappe au désastre et restera une cité florissante mais le royaume de Koush ne tardera pas à connaître une progressive décadence.
    Les nombreux sites qui restent à fouiller, notamment la ville de Naga, nous permettront peut-être d'en savoir plus sur l'éclatement de l'empire méroïtique et sur l'héritage que lui doit l'Afrique. Les diverses influences se révèlent dans l'architecture. Le kiosque de Naga est d'un plan égyptien. Par contre, les fenêtre "romanes" dérivent de l'architecture hellenistico-romaine. De plus, des motifs typiquement méroïtiques existent dans l'ornementation architecturale.

    Les royaumes Chrétiens et l'Islam

    En 379, l'édit de Théodose le Grand proclame le Christianisme religion officielle de l'Égypte. L'évangélisation fut rapide comme en témoigne, dès le milieu du VIe siècle, l'établissement de grands royaumes chrétiens.
    L'un d'eux, la Nobadie, s'étend de la Première à la Seconde Cataracte puis dépasse cette limite pour toucher à la Makuria, elle-même étendue jusqu'au sud de l'ancienne Méroé.
    Plus au sud, le royaume d'Alodia atteint les régions où se joignent Nil Blanc et Nil Bleu.
    Certains de ces États chrétiens se sont maintenus jusqu'au début du XIVe siècle.
    En 640, les Arabes occupent l'Égypte et tentent vainement de conquérir la Nubie. Durant sept siècles, les Nubiens se sont opposés à la libre expansion de l'Islam vers l'Afrique Noire. En 1173, le cheikh Chams ed Daulah, père du sultan Saladdin, s'empare de la cité d'Ibrim, la détruit et transforme l'église en mosquée.
    Progressivememnt, la Nubie va se convertir dans sa presque totalité, les communautés chrétiennes se réfugiant en Haute Nubie.

     

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