ONU : la taxe sur les billets d'avion avance

Discussion dans 'Scooooop' créé par milagro, 15 Septembre 2005.

  1. milagro

    milagro Visiteur

    J'aime reçus:
    61
    Points:
    0
    Taxe sur les billets d'avion. La proposition française a franchi une nouvelle étape mercredi aux Nations unies avec l'adoption d'une déclaration signée par 66 pays en faveur des "sources innovantes" de financement du développement.



    L a proposition française d'instituer une taxe sur les billets d'avion pour financer l'aide aux pays pauvres a franchi une nouvelle étape mercredi 14 septembre aux Nations unies avec l'adoption d'une déclaration signée par 66 pays en faveur des "sources innovantes" de financement du développement.
    Dans cette déclaration, les pays signataires s'engagent à travailler ensemble pour "approfondir et développer" ce projet de "contribution de solidarité sur les billets d'avion", destinée à pallier l'insuffisance de l'aide publique au développement.
    Selon le dernier rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), les objectifs du millénaire sur l'éradication en 2015 de l'extrême pauvreté et de la faim dans le monde ne seront pas atteints si le niveau de l'aide reste ce qu'il est aujourd'hui.

    Idée lancée à Davos

    L'idée de taxe sur les billets d'avion, lancée par Jacques Chirac au dernier forum de Davos, consisterait à prélever sur chaque billet vendu une contribution d'un faible montant. Cet argent serait affecté en priorité à la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.


    Paris estime qu'une taxe de cinq dollars par billet en classe économique rapporterait 10 milliards d'euros par an si elle était mise en oeuvre dans le monde entier, soit un sixième de l'aide publique au développement.
    Reste à convaincre les pays développés, et en premier lieu les Etats-Unis, de la mettre en oeuvre. D'où l'énergie déployée mercredi à New York par le Premier ministre Dominique de Villepin pour "vendre" l'idée de Jacques Chirac, qui n'a pas pu venir à New York en raison des suites de son "petit" accident vasculaire du 2 septembre.


    "Groupe pionnier"

    Dominique de Villepin a successivement présenté la proposition devant l'assemblée générale, puis lors d'une conférence de presse commune avec le président brésilien Luis Inacio Lula da Silva, l'Espagnol José Luis Zapatero et le Chilien Ricardo Lagos, tous membres du groupe des six pays promoteurs de l'idée avec la France.
    Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, autre membre du groupe des six, brillait par son absence. Le chancelier Gerhard Schroder, retenu par la campagne électorale en vue des élections législatives de dimanche Allemagne, était représenté par un haut fonctionnaire.
    Le Premier ministre français a notamment confirmé qu'un "groupe pionnier" de pays établira dès 2006 ce "premier prélèvement international de solidarité sur les billets d'avion".
    Trois pays, la France, le Chili et le Royaume uni, se sont engagés à appliquer la taxe dès 2006. Le Chili appliquera dès janvier une taxe de deux dollars sur les vols internationaux, a précisé M. Lagos. Le Brésil se joindra à eux, a annoncé Lula sans donner aucun calendrier. Une conférence internationale sur le sujet sera organisée en février 2006 à Paris.

    "Sources innovantes"

    La France espère convaincre d'ici là le maximum de pays de se rallier à ce projet. Elle a obtenu un premier succès à New York avec cette "déclaration sur les sources innovantes de financement du développement", signée par 66 pays, selon M. de Villepin. En plus de la taxe sur les billets d'avion, le texte mentionne la proposition britannique de facilité financière internationale (IFF), soutenue par Paris. Il y un an, une déclaration sur le principe d'une taxation internationale pour financer le développement avait été signée par 110 pays.
    Reste que de nombreux pays développés demeurent hostiles à toute nouvelle taxe pour financer l'aide aux pays pauvres, à commencer par les Etats-Unis, premier marché mondial pour le transport aérien. L'Espagne, pourtant membre du groupe des six, n'a pas l'intention de mettre en oeuvre la taxe. La proposition rencontre aussi l'opposition des compagnies aériennes.
    Dans la délégation française, on voulait croire mercredi en "l'effet boule de neige" de cette initiative. "Se mettre à l'eau c'est difficile, surtout quand l'eau est froide", observait un proche de Dominique de Villepin.
     

Partager cette page