Onze millions de dirhams pour répandre la culture des droits de l'Homme

Discussion dans 'Info du bled' créé par freil, 16 Janvier 2006.

  1. freil

    freil Libre Penseur

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    Dans le cadre de l'Initiative européenne pour la promotion de la démocratie dans le monde, les ONG marocaines ont bénéficie d'une des aides les plus importantes de ce programme.

    Belle cagnotte pour les ONG marocaines ! Onze millions de dirhams pour promouvoir la culture des droits de l'homme au Maroc. C'est la somme consacrée cette année pour le deuxième appel à propositions lancé par la délégation de la Commission européenne à Rabat. De quoi s'agit-il ? «L'Initiative européenne pour la démocratie et les droits de l'homme (IEDDH) est l'instrument par lequel la Commission européenne soutient les initiatives des acteurs de la société civile dans le domaine de la promotion des droits de l'homme, de la démocratie et de l'État de droit.

    Environ 100 millions d'euros sont disponibles chaque année au sein de l'IEDDH, répartis équitablement entre les différentes régions du monde. Avec un montant annuel de 11 millions de dirhams destiné à des ONG locales, le Maroc est bénéficiaire d'une des enveloppes les plus importantes de ce programme au niveau mondial». Ce nouvel appel servira à financer à hauteur de 90% de projets répondant à deux campagnes thématiques spécifiques «Promotion d'une culture des droits de l'homme» et «Promotion du processus démocratique». Qui peut donc bénéficier de cet argent ? «Toute organisation non gouvernementale à but non lucratif, des établissements publics de l'enseignement supérieur, ainsi que des médias ayant leur siège au Maroc», répond-on à la délégation de la Commission européenne à Rabat.

    En septembre dernier, suite au premier appel à propositions lancé dans le cadre de ce programme, 11 ONG marocaines ont bénéficié de plus d'un million d'euros de subventions (voir liste P. 13) pour la mise en ½uvre d'activités directement liées à la promotion de la démocratie.

    Pour ce qui est de la deuxième édition, la date limite de remise des propositions est fixée au 20 mars prochain. Par ailleurs, une première session d'information à l'attention des associations intéressées par cet appel aura lieu, jeudi 19 janvier au siège de la délégation de la Commission européenne à Rabat, suivie par d'autres dans plusieurs villes du Royaume (voir tableau, P. 11). De même, pour que les candidats ne se perdent dans des généralités et pouvoir proposer des projets bien ficelés, «il est très important de lire très attentivement les lignes directrices de l'appel à propositions. Elles expliquent en détail le contenu du dossier ainsi que la façon dont il sera évalué (administrativement et qualitativement).

    D'un autre côté, les demandeurs doivent veiller à présenter des propositions de projets concrets répondant à une ou plusieurs priorités du programme, destinés à des groupes cibles soigneusement identifiés, et conçus pour atteindre des résultats et objectifs clairs dans une période de temps déterminée. Les propositions doivent respecter les formulaires standard. Enfin, nous conseillons les organisations de prendre contact avec la délégation de la Commission européenne à Rabat pour d'éventuelles demandes de renseignement», indique Fatiha Hassouni, chargée de projets-secteur société civile à la délégation de la Commission européenne au Maroc.

    Mais remplir ces formulaires pour postuler à l'appel de propositions n'est pas chose facile surtout pour les associations débutantes. «Il est vrai que les formulaires de l'Union européenne (UE) sont assez lourds et fastidieux à remplir. A cet effet, je voudrais signaler que nous avons été invitées par le Parlement européen à Bruxelles en décembre dernier, pour participer à une audition publique afin d'exposer les difficultés rencontrées dans les procédures financières de la Commission européenne.

    Les exigences de l'UE et les conditions spécifiées dans les contrats de subvention sont très contraignantes quant aux dispositions administratives et financières (rapports d'activités et financiers périodiques détaillés, audit…). Pour soumissionner, il faut avoir un certain savoir-faire dans l'élaboration de projets, dans la mise en ½uvre et le suivi d'activités et surtout dans la transparence des dépenses effectuées», indique Rabia Boujibar, coordinatrice de projets à l'Association démocratique des femmes au Maroc (ADFM), ayant bénéficié des fonds de l'IEDDH grâce à son projet d'encourager l'accès des femmes aux postes de décision et aux mandats électoraux, présenté lors de la première édition.

    Depuis 1992, la Commission européenne a inclus dans tous ses accords avec des pays tiers une clause faisant du respect des droits de l'homme et de la démocratie un élément essentiel des relations de l'Union. Afin d'offrir une base légale pour toutes les actions européennes en matière de droits de l'homme et de démocratisation, le Parlement européen a créé en 1994 l'IEDDH pour rassembler des lignes budgétaires traitant de la promotion des droits de l'homme. Les Vingt-Cinq sont également engagés dans la promotion de la démocratie à travers le programme MEDA qui est le principal instrument financier de l'UE au service du partenariat euro-méditerranéen, né de la Déclaration de Barcelone de 1995 (Processus de Barcelone).

    Un processus dont le 10e anniversaire célébré en novembre dernier a été mis à mal par l'absence d'une grande partie des chefs d'Etat de la rive sud-méditerranéenne. «Durant de nombreuses années, l'Europe a regardé vers l'Est en quête d'une réunification qui est aujourd'hui pratiquement achevée. Le moment est donc venu pour les Européens de se concentrer dans une plus large mesure sur les relations avec le Sud. Nous ne devrions toutefois pas sous-estimer ce que nous avons obtenu.

    Au nombre des objectifs que nous avons atteints, il convient de mentionner la conclusion, cette année, des négociations de tous les accords d'association euro-méditerranéens, complétés par le processus d'Agadir, base solide qui doit nous permettre d'aller de l'avant dans la voie de la création d'une zone de libre-échange. (…)
    Le programme MEDA, et les prêts de la Banque européenne d'investissement fournissent chaque année près de trois milliards d'euros au développement économique de la région. Force est toutefois de reconnaître que la dimension politique du processus de Barcelone a été freinée par la persistance du conflit au Proche-Orient, conflit qui a parfois été utilisé comme prétexte pour ne pas aller de l'avant», estime l'Espagnol Josep Borrell, président du Parlement européen, dans son discours devant la première Assemblée parlementaire euroméditerranéenne réunie en mars dernier au Caire.

    Enfin revenons à la coopération Maroc-UE, rappelons que le Royaume est le premier bénéficiaire des fonds de MEDA, dont la première tranche se situe de 1996 à 1999 et la deuxième de 2000 à 2006. «Depuis 1996, les dons de l'Union européenne au Maroc n'ont cessé d'augmenter illustrant le partenariat d'excellence qui les unit. Ainsi, aujourd'hui, le portefeuille de projets au Maroc se monte à plus d'1 milliard 250 millions d'euros, le montant des décaissements en 2004 s'élevant à 167 millions d'euros, et le programme 2005-2006 se monte à 275 millions d'euros».


    Ce programme de développement qui s'achèvera cette année a permis au Maroc de réaliser plusieurs projets «aussi bien dans l'appui au secteur privé pour aider l'entreprise à relever les défis du futur, à la santé, au développement rural, que pour les grands travaux d'infrastructure (rocade méditerranéenne, par exemple) et l'appui aux réformes voulues par le Maroc, concernant la modernisation de l'administration publique, l'assurance maladie obligatoire et les transports».


    LEMATIN
     

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