Pakistan: l'état d'urgence

Discussion dans 'Info du monde' créé par osiris, 5 Novembre 2007.

  1. osiris

    osiris Visiteur

    J'aime reçus:
    103
    Points:
    0
    Pakistan: le pouvoir réprime tout en promettant les législatives en janvier

    [​IMG]
    Images diffusées par la chaîne pakistanaise Geo montrant le président pakistanais Pervez Musharraf

    La situation au Pakistan a pris lundi un tour plus dramatique au troisième jour de l'état d'urgence décrété par le président Pervez Musharraf , avec la répression violente de manifestations d'avocats et la poursuite des rafles dans l'opposition et la société civile.

    Mais dans le même temps, pressé par Washington, son principal bailleur de fonds, le pouvoir a promis de maintenir les législatives pour mi-janvier comme prévu ou à une date proche.

    Environ 1.500 personnes, pour l'essentiel des avocats, des magistrats, des responsables et des militants de partis politiques, ont été arrêtées ou assignées à résidence depuis trois jours, selon des sources policières concordantes.

    L'état d'urgence a été décrété samedi par M. Musharraf, qui a invoqué la multiplication des attentats et l'ingérence du pouvoir judiciaire dans les prérogatives du gouvernement pour lutter contre les terroristes islamistes.

    Mais l'opposition ainsi que de nombreux analystes et médias pakistanais considèrent que le général Musharraf, à la tête du Pakistan depuis un coup d'Etat sans effusion de sang il y a huit ans, cherche à tout prix à conserver le pouvoir. La menace venait en particulier de la Cour suprême qui devait se prononcer ces jours-ci sur la validité de sa réélection triomphale le 6 octobre dernier, au suffrage indirect des assemblées nationales et provinciales qui lui étaient tout acquises.

    Or, M. Musharraf, pourtant l'allié-clé de Washington dans sa "guerre contre le terrorisme", s'est attiré lundi une nouvelle volée de critiques de la part de la communauté internationale, notamment de Washington et Londres qui l'ont pressé de rétablir au plus tôt le processus qui devait conduire à des élections législatives mi-janvier.

    "Les prochaines élections législatives et provinciales auront lieu selon le programme prévu", a déclaré lundi le Premier ministre Shaukat Aziz. Un peu plus tôt, M. Musharraf avait promis aux ambassadeurs en poste à Islamabad que "les efforts en cours consistent à faire en sorte de rester le plus proche possible du programme prévu pour les élections".

    Au lendemain de l'état d'urgence pourtant, les déclarations des mêmes laissaient plutôt présager une suspension du processus pour un an au moins.

    C'est que Washington, dont M. Musharraf est l'allié-clé dans sa "guerre contre le terrorisme" et qui fournit une aide financière considérable au Pakistan depuis les attentats du 11 Septembre 2001, a haussé le ton lundi, à l'unisson de la communauté internationale.

    Les Etats-Unis sont "profondément perturbés" par la crise au Pakistan, appellent à "un retour rapide" à la démocratie et confirment qu'ils réexaminaient leur aide, a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche Dana Perino, appelant à des législatives "libres et justes" en janvier.

    Davantage que de présumés terroristes islamistes après les nombreux attentats qui ensanglantent le pays depuis près de quatre mois, avec plus de 420 morts, les rafles massives réalisées depuis samedi semblent avoir visé les hommes de loi, hauts magistrats ou avocats, à la pointe de la contestation depuis plus de six mois, et des responsables de l'opposition ou des militants de partis politiques.

    "La police a arrêté de potentiels fauteurs de troubles, des gens qui violent la loi et ceux qui défient les interdictions de rassemblements", a assuré à l'AFP porte-parole du ministère de l'Intérieur, le général Javed Cheema, qui n'a, lui, pas souhaité citer de chiffres.

    Parmi les personnes assignées à résidence, figurent les magistrats qui ont refusé de prêter serment au président Pervez Musharraf après la proclamation de l'état d'urgence, à commencer par l'ex-président de la Cour suprême, le juge Iftikhar Muhammad Chaudhry, évincé dès dimanche par M. Musharraf, et d'autres membres de la haute juridiction.


    Dans le même temps, les premières manifestations contre Pervez Musharraf ont éclaté dans plusieurs villes du pays. Elles ont fait plusieurs blessés et entraîné des dizaines d'interpellations.

    Les élections au suffrage universel direct pour désigner le Parlement et les assemblées provinciales devaient consacrer mi-janvier le retour de la démocratie dans cette puissance nucléaire de 160 millions d'habitants, quasiment tous musulmans.


    Source
     

Partager cette page