Pakistan : Musharraf inculpé pour "haute trahison"...

Discussion dans 'Info du monde' créé par titegazelle, 31 Mars 2014.

  1. titegazelle

    titegazelle سُبحَانَ اللّهِ وَ بِحَمْدِهِ Membre du personnel

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    ... une première

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    L'ancien président pakistanais Pervez Musharraf a été inculpé lundi par un tribunal spécial pour "haute trahison", un crime passible de la peine capitale et une première historique pour un ex-chef de la puissante armée au "pays des purs".

    M. Musharraf, 70 ans, était escorté par un convoi d'une dizaine de véhicules et de policiers armés pour cette audience reportée à de nombreuses reprises pour des raisons de sécurité et de santé, l'ancien homme fort du Pakistan étant hospitalisé depuis janvier pour des problèmes cardiaques.

    Le Premier ministre Nawaz Sharif, grand rival de Pervez Musharraf, au pouvoir de 1999 à 2008, avait mis sur pied en novembre dernier ce tribunal spécial afin de juger l'ex-président pour "haute trahison", un crime passible de la peine de mort au Pakistan.

    La juge Tahira Safdar a lu l'acte d'inculpation de "haute trahison" à M. Musharraf, une première dans l'histoire du Pakistan, géant musulman gouverné par les militaires pendant trois décennies depuis son indépendance en 1947.

    Elle a formellement accusé le "général Musharraf" de trahison pour avoir imposé l'état d'urgence, suspendu la Constitution et limogé des juges en 2007 alors qu'il était au pouvoir.


    Le principal intéressé s'est aussitôt levé pour plaider "non coupable".

    "On dit que je suis un traître, alors que j'ai été chef de l'armée pendant neuf années, que j'ai servi au sein de l'armée pendant 45 ans et que j'ai combattu dans deux guerres. Est-ce cela de la trahison?", a-t-il lancé.

    "Je ne suis pas un traître. Pour moi, un traître est une personne qui vole l'argent public et vide les coffres de l’État", a ajouté M. Musharraf dans un discours passionné au cours duquel il a vanté le bilan de ses années au pouvoir, marquées, selon lui, par un redressement de l'économie, et peu d'attentats.

    Musharraf a-t-il agi seul ?

    L'inculpation de Pervez Musharraf témoigne d'un certain rééquilibrage dans les relations, traditionnellement houleuses, entre civils et militaires au Pakistan, estimaient des analystes.

    "Le procès pour trahison du général Musharraf est sans précédent dans l'histoire politique et judiciaire du Pakistan. C'est une opportunité pour le système judiciaire de montrer que personne n'est au-dessus des lois", a déclaré Sam Zarifi, directeur pour l'Asie de la Commission internationale des juristes (ICJ).

    Devant la cour, l'ancien président a déclaré avoir suspendu la Constitution après avoir consulté le Premier ministre et son conseil des ministres, une affirmation qui n'est pas anodine.

    L'article 6 de la Constitution prévoit des accusations de "haute trahison" pour quiconque suspend ce texte par la force, ou "aide" une personne à le faire, d'où l'intérêt de M. Musharraf d'impliquer des personnalités de l'époque pour forcer le tribunal à faire le procès d'un gouvernement en entier, voire de l'armée, et non d'un seul homme, selon des analystes.

    Du coup, le procès risque de s'éterniser et d'apparaître comme un véritable règlement de compte du pouvoir actuel contre ses rivaux politiques et les militaires.

    Départ à l'étranger ?

    Pervez Musharraf avait mis fin en mars 2013 à quatre années d'exil entre Dubaï et Londres afin de participer aux élections pakistanaises et "sauver" le pays de son marasme économique et du péril taliban.

    Mais la justice a invalidé sa candidature et l'a assigné à résidence pour son rôle présumé dans les meurtres de son ex-rivale Benazir Bhutto, du chef rebelle baloutche Akbar Bugti, et de l'assaut meurtrier de l'armée contre des islamistes retranchés dans la mosquée Rouge d'Islamabad.

    L'ancien chef militaire a été libéré sous caution dans ces affaires mais ne peut quitter le pays car son nom figure sur une liste de personnes interdites de séjour à l'étranger.

    M. Musharraf avait demandé en vain à la justice de radier son nom de cette liste afin de se rendre aux États-Unis pour y suivre des traitements ou aux Émirats arabes unis pour voir sa mère malade.

    Les avocats de M. Musharraf ont encore demandé lundi à la justice d'autoriser leur client à voyager à l'étranger pour se rendre au chevet de sa mère "sérieusement malade", assurant qu'il reviendra au pays pour la suite du procès.




    Mise à jour : lundi 31 mars 2014 15:23 | Par AFP

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