Pas de dévaluation, en dépit des faiblesses de l’économie

Discussion dans 'Info du bled' créé par Casawia, 14 Juin 2005.

  1. Casawia

    Casawia A & S Forever

    J'aime reçus:
    145
    Points:
    0
    La dévaluation du dirham n’est pas à l’ordre du jour du gouvernement. Le ministre des Finances, M. Fathallah Oualalou a démenti, « catégoriquement », la rumeur circulant à ce propos, qualifiant d’ « infondées » les « spéculations » sur la valeur du dirham et d’injustifiées les « attitudes » qui se « nourrissent de la rumeur ».


    La dévaluation de la monnaie nationale étant, à l’heure actuelle, hors de question, le ministre des Finances n’en a pas moins souligné les éléments et facteurs d’ordre économique qui concourent à la formulation de diagnostics et de conclusions sur le cours du dirham.


    Et bien que M. Oualalou admette que le commerce extérieur se soit dégradé et qu’il n’évoque que les quatre derniers mois de l’année en cours, qui ont connu une telle dégradation, et impute cette situation aux facteurs exogènes, liés au renchérissement du prix du pétrole et au renforcement de la position de nouveaux acteurs sur le marché européen. Sa constatation occulte la gravité de la situation dans ce secteur et la quasi-impossibilité pour l’entreprise marocaine à soutenir la concurrence sur les marchés extérieurs dans la situation actuelle où elle se trouve. Celle-ci manque de compétitivité et seule une véritable mise à niveau, accompagnée d’une politique industrielle favorisant la productivité réduisant les coûts des facteurs de production peuvent procurer à l’entreprise des chances au niveau de la compétition.

    A l’heure actuelle, l’entreprise fait plutôt face à des menaces de libre-échange et de la concurrence qu’elle n’est l’objet des nécessaires restructurations et d’une mise à niveau elle-même nécessaire dans le cadre d’une politique économique et industrielle déterminée. Or, celle-ci n’existe pas pour l’heure. Il n’y a pas de visibilité économique.

    Le commerce extérieur ne s’est pas subitement dégradé au cours des quatre derniers mois, mais le grave déficit qui le caractérise et le recul des exportations sont structurels et chroniques, s’accumulant sur les longues périodes pour s’aggraver davantage avec l’ouverture de l’économie et la concurrence et les facteurs, comme le renchérissement du prix du pétrole importé.

    La compétitivité, dit encore le communiqué du ministère des Finances, figure parmi les priorités de l’action du gouvernement et de la politique économique qui visent à améliorer le climat de l’investissement. Les actions et mesures prises à cet effet dans le cadre des lois de finances en particulier, ainsi que les réformes d’ordre économique sont limitées et n’ont pas d’impact sur la compétitivité de l’entreprise. Pire encore, les enquêtes, comme celle portant sur le secteur industriel, viennent confirmer une dégradation et un recul au niveau des performances de ce secteur dus, aussi bien à des facteurs inhérents à la gestion et à la production, qu’au climat de l’investissement et des affaires, à l’absence, des réformes, voire à l’impertinence et à l’inefficience de celles entreprises jusqu’à présent.

    M.N.
    L'opinion
     

Partager cette page