PEDOPHILIE-Le pape parle de "jacasseries" : que veut-il dire ?

Discussion dans 'Nouvelles (9issass 9assira) & Chroniques' créé par @@@, 29 Mars 2010.

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    Alors qu'il est frappé de plein fouet par les scandales de pédophilie au sein de l'Eglise, Benoît XVI a tenu des propos ambigus dans son homélie du dimanche des Rameaux.

    Le pape Benoît XVI, a tenu des déclarations, dans son homélie du dimanche des Rameaux, le 28 mars, non dénuées d'ambiguïté, en pleine tempête provoquée par les scandales de pédophilie au sein de l'Eglise catholique.

    "Jésus marche devant nous et va vers le haut. Il nous conduit vers ce qui est grand, pur (...) vers le courage qui ne se laisse pas intimider par les jacasseries des opinions dominantes", a déclaré le souverain pontife, sans toutefois évoquer directement les attaques dont il est l'objet.

    Or, cette semaine, Benoît XVI a été au coeur d'une polémique de grande ampleur pour s'être refusé à sanctionner, en 1996, un prêtre américain accusé d'avoir commis des viols répétés sur 200 enfants sourds entre 1950 et 1974. Vendredi, l'organe officiel du Vatican, l'Osservatore romano, avait dénoncé "une tentative ignoble d'atteindre à tout prix" le pape, après ces révélations faites par le New York Times et reprises dans le monde entier.

    "L'homme peut choisir une voie facile et éviter toute fatigue. Il peut même s'abaisser vers le vulgaire. Il peut sombrer dans les marécages du mensonge et de la malhonnêteté", a affirmé le pape sans mentionner ces affaires.


    Comment interpréter de telles déclarations ?

    Explication de texte

    Le vaticaniste du quotidien italien Il Fatto (gauche) Marco Politi, interrogé par l'AFP, reste très prudent sur l'interprétation des propos du pape. "Jacasseries est un terme qu'a déjà utilisé à plusieurs reprises Benoît XVI pour désigner les choses futiles, matérialistes", relève-t-il.


    En revanche, souligne Marco Politi, "il n'a jamais parlé de 'jacasseries' à propos des abus sexuels" qu'il a toujours qualifiés au contraire de "crimes abominables".

    Pour lui, la véritable réponse du pape aux accusations d'"étouffement" des affaires de pédophilie, en particulier lorsqu'il était préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (de 1981 à 2005), est contenue dans la déclaration de son porte-parole faite samedi.

    Le père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican, avait affirmé que "l'autorité du pape" n'était "pas affaiblie mais confirmée" par "les récentes attaques médiatiques" qu'il avait plutôt minimisées, tentant de calmer le jeu en estimant qu'elles ne constituaient "pas une surprise".

    La manière dont l'Eglise affronte la question des abus sexuels de mineurs "est cruciale pour sa crédibilité morale", avait ajouté le porte-parole.
    "Sans indulgence et sans complaisance qui seraient déplacées, il n'est pas possible de ne pas reconnaître toutefois l'effort extraordinaire de prévention qui a été réalisé", avait-il estimé.


    Entre accusations et défense

    Benoît XVI a prononcé cette homélie pendant la messe du dimanche des Rameaux, qui ouvre la Semaine sainte et commémore, chez les chrétiens, l'entrée du Christ à Jérusalem, accueilli par une foule en liesse brandissant des rameaux d'olivier, à quelques jours de la Pâque juive.

    Cette fête coïncide avec la "journée mondiale de la jeunesse" célébrée par les jeunes catholiques du monde entier dans chaque diocèse.

    Des dizaines de milliers de jeunes s'étaient d'ailleurs rassemblés sur la place Saint-Pierre à Rome pour écouter la messe et l'Angelus du pape qu'ils ont applaudi avec ferveur et acclamé aux cris de "vive le pape".

    Mais au même moment, une cinquantaine de manifestants britanniques, réunis devant la cathédrale de Westminster, à Londres, appelaient Benoît XVI à démissionner. "Le pape a joué un rôle direct dans la dissimulation des abus sexuels", a estimé le militant des droits de l'homme, Peter Tatchell, lors de la manifestation londonienne.

    Le souverain pontife a toutefois reçu de nombreux soutiens, dont celui de l'archevêque de Westminster, Vincent Nichols. "Le pape ne démissionnera pas, franchement il n'y a aucune raison pour lui de le faire", a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision britannique BBC. "En fait, le contraire est vrai. Il est le seul parmi tous les autres à Rome qui a pris cette chose à bras le corps", a ajouté Vincent Nichols.

    Le chef de l'Eglise catholique polonaise, Henryk Muszynski, a lui aussi défendu le pape. Selon l'agence de presse PAP qui a rapporté ses propos, il a déclaré que les critiques adressées au pape Benoît XVI constituaient des attaques personnelles contre le souverain pontife et une tentative pour décrédibiliser l'Eglise.

    Idem du côté de l'archevêque de New York, Timothy Dolan, qui, dans son homélie lors de la messe des Rameaux, a qualifié Benoît XVI de "chef de la purification, de la réforme et du renouveau dont l'Eglise a tant besoin". Timothy Dolan a toutefois déclaré que les révélations d'abus sexuels sur mineurs par des prêtres en Irlande et en Allemagne, ainsi que le rappel du cas d'un prêtre dans l'Etat américain du Wisconsin "nous a mis à genou une fois encore" et a davantage assombri la Semaine sainte, la période la plus sacrée du calendrier chrétien.
     

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